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Parler de ce qui ne vous regarde pas

Sachant que le capital du croyant est son temps, les instants de sa vie sont précieux et passent sans retour ; le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit : « Un des signes de perfection de la foi (islam) chez l’individu c’est l’abandon de ce qui ne le regarde pas » [D’après Tirmidhi, Ibn Majja et l’imam Malik.]

Et le récit suivant est très significatif à cet égard : on y rapporte, d’après Anas (Radhiallahu anhu) :

« Un jeune homme était tombé martyr le jour de la bataille d’Uhud, et nous avons trouvé callée à son ventre une pierre (pour alléger les effets de la faim) ; sa mère essuya la poussière du visage de son fils et dit : le paradis sera doux pour toi mon fils ! Et le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) lui dit alors :  « Et qui t’assure qu’il ne parlait pas de ce qui ne le regardait pas ? ».

Parler de ce qui ne nous regarde pas c’est dire ce qui peut être délaissé sans que ce soit un pêché, ni un mal présent ou futur ; et plus grave encore, c’est de perdre ton temps et de faire perdre à ton interlocuteur son temps, en posant des questions du genre : est-ce que vous jeûnez ? S’il vous répond par : Oui ! Son jeûne perd sa vertu ultime qui est d’être observé en secret, car l’adoration en secret est plus élevée, s’il répond par : Non ! Alors il aurait menti ; s’il ne répond pas, il aurait méprisé son interlocuteur, et s’il ruse pour détourner la question, il gaspillera son énergie etc.

Ainsi par une parole (question) sur quelque chose qui ne te regarde pas, tu as exposé quelqu’un à l’ostentation en dévoilant son jeûne ou au mensonge, ou au mépris ou une rude épreuve...

Les conditions requises pour que le contrat de mariage soit effectif

Même si le contrat de mariage est conclu et valide, il faut, pour qu’il soit effectif et non subordonné à la ratification d’un tiers, qu’il satisfasse aux conditions suivantes :

1/ Les deux parties contractantes qui participent à la formation du contrat de mariage doivent être pleinement capables, c’est à dire, sensées, pubères et de condition libre.

Si l’un des contractants n’est pas pleinement capable, soit parce qu’il est dément, soit parce qu’il est impubère, l’acte de mariage qu’il contracte est valide, mais son effet légal est subordonné à la ratification du tuteur de celui-ci. S’il le ratifie, le contrat est effectif ; sinon, il est considéré nul.

2/ Chacune des deux parties doit être qualifiée pour accomplir l’acte de mariage.

Si le contractant est un représentant non mandaté -fudûlî- et accomplit l’acte de mariage sans mandat et sans droit de tutelle ; ou s’il est mandaté mais va au-delà des pouvoirs que lui a donnés le mandant ; ou encore s’il est titulaire d’un droit de tutelle mais qu’un tiers a priorité pour s’arroger ce titre : dans tous ces cas, le contrat de mariage est valide s’il répond aux conditions de formation et de validité requises, mais il est en suspens jusqu’à ce que l’intéressé au contrat de mariage le ratifie.

Les conditions requises pour que le contrat de mariage soit contraignant

Le contrat de mariage est contraignant lorsque ses éléments constitutifs sont réunis et qu’il satisfait aux conditions qui le rendent valide et effectif. Si tel est le cas, ni les conjoints ni une tierce personne ne peuvent plus le dissoudre ou l’annuler, et il ne prend fin que par répudiation ou par décès.

Telle est la règle en matière de contrat de mariage. En effet, les fins pour lesquelles le mariage a été institué, comme fonder une union stable et assurer l’entretien et l’éducation des enfants, ne peuvent être atteintes que si le contrat est contraignant. Voilà pourquoi les docteurs de la loi ont dit :

« Les conditions requises pour que le mariage soit contraignant se résument à une seule condition: à partir du moment où le contrat est conclu, valide et effectif, aucun des deux époux n’a plus le droit de le dissoudre, car de fait,
si l’un d’eux possédait ce droit, le contrat ne serait plus contraignant. »
 

Dans quel cas le contrat de mariage est-il non contraignant ?

Le contrat de mariage est non contraignant dans les cas de figure suivants :

 Le contrat de mariage est non contraignant s’il est avéré que le mari a pratiqué une manoeuvre frauduleuse ayant pour objet d’induire sa femme en erreur, et vice-versa, comme, par exemple l’épouser sans l’informer de sa stérilité. En telle circonstance, l’épouse a le droit soit de dissoudre le contrat à compter du moment où elle a connaissance de la tromperie, soit de garder cet homme pour mari et l’accepter tel qu’il est.

On rapporte que ‘Umar (Radhiallahu anhu) a dit à un homme qui venait de se marier et qui était stérile :

« Dis à ta femme que tu es stérile et donne-lui un droit d’option. »
[ C’est-à-dire : « Laisse-lui le droit de choisir entre confirmer le mariage ou le dissoudre. »]
 

 Est aussi considéré comme vice rédhibitoire le fait qu’une femme épouse un homme censé être pratiquant et qui s’avère être dépravé. Ce vice confère à cette dernière le droit de dissoudre le contrat de mariage.
 

 Est également considéré comme vice rédhibitoire le cas qu’Ibn Taymiyya (Radhiallahu) a évoqué en ces termes :

« Si un homme épouse une femme à la condition qu’elle soit vierge, puis découvre, après consommation, qu’elle ne l’était pas, il lui appartient de dissoudre le contrat et d’exiger une indemnité consistant dans la différence entre la valeur de la dot de la femme vierge et celle de la femme qui a perdu sa virginité.  

Si le contrat est dissout avant consommation, le mari ne doit pas la dot. Le contrat n’est pas contraignant non plus dans le cas où le mari découvre chez sa conjointe un défaut tel qu’il rend malaisé les rapports conjugaux. Par exemple, le fait qu’elle soit affectée de métrorragies permanentes (istihâda), ce défaut fondant un droit à dissolution du contrat de mariage.» [ Dans AI-Ikhtibârât al-‘llmiyya wa Mukhtasar al-Fatâwâ d’Ibn Taymiyya.]
 

 On dira la même chose du cas où celle-ci est affectée d’un défaut qui empêche les rapports conjugaux, comme, par exemple, une occlusion vaginale. Sont également considérées comme vices rédhibitoires fondant un droit à dissoudre le contrat de mariage, les maladies rendant la vie commune périlleuse, comme la lèpre et la démence.

Et de même que le droit de dissolution est acquis au mari en tel cas, il est acquis à l’épouse lorsque son conjoint est affecté de lèpre, atteint de démence, castré, impuissant ou impubère.

L’opinion des juristes concernant la dissolution du mariage pour vice caché

Les juristes divergent sur cette question : d’aucuns estiment que le mariage ne peut être dissous pour vice, quelle que soit sa nature ; c’est là l’opinion de Dâwûd et Ibn Hazm  (rahimahullâh) [tous deux d’obédience dhâhirite].

Le zaydite As-San’ânî, auteur du Ar-Rawda an-Nadiyya,a dit à ce sujet :

« Sache qu’il est avéré en religion que le contrat de mariage est contraignant et produit ses effets, comme de rendre licite les rapports conjugaux, rendre obligatoire l’entretien de l’épouse et des enfants, confirmer les droits successoraux, et autres effets du contrat.

Sache également qu’il est avéré en religion qu’il n’y a rupture de mariage que par répudiation ou par décès. Par conséquent, quiconque prétend qu’il est possible de rompre le mariage par d’autres causes doit prouver qu’il est possible de contredire ce qui a été avéré en religion.

Quant aux vices que la partie adverse énumère, aucun argument clair et décisif ne permet de les déclarer fondés à dissoudre le contrat de mariage. Quant au dire prophétique sur lequel ils s’appuient, à savoir : « Rejoins ta famille ! », on rétorque que l’on peut l’interpréter comme une formule de répudiation. On dira la même chose de la dissolution du contrat pour cause d’impuissance au sujet de laquelle aucune preuve scripturaire sérieuse n’a été rapportée.

En outre, la règle veut que le mariage subsiste jusqu’à ce qu’il soit prouvé qu’il est rompu. Mais le plus étonnant dans tout cela, c’est que la partie adverse spécifie certains vices plutôt que d’autres.»
 

D’autres légistes sont d’avis que le mariage peut être dissout pour certains vices plutôt que d’autres ; c’est là l’avis de la majorité des docteurs de la loi. Ceux-ci se fondent, pour appuyer leur opinion, sur les arguments suivants :

  • Ahmad et Sa’îd Ibn Mansûr rapportent d’après Ka`b Ibn Zayd – ou Zayd Ibn Ka`b – (Radhiallahu anhu):

L’ Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) épousa une femme de la tribu des Banû Ghifâr. Une fois qu’il fut introduit dans sa chambre, qu’il eut déposé ses vêtements et se fut assis sur le lit, il remarqua une tâche
blanchâtre sur un de ses flancs. Il s’écarta alors d’elle et lui dit : « Rhabille-toi ! ».
Or, il ne reprit rien de ce qu’il lui avait donné.
 

  • Mâlik et ad-Dâraqutnî (rahimahullâh) rapportent d’après ‘Umar (Radhiallahu anhu) le propos suivant :

« Toute femme qui a induit son mari en erreur en lui cachant qu’elle était démente ou lépreuse, a droit à la dot après consommation du mariage ; toutefois elle est redevable d’une indemnité à son mari. »
 

Cependant, ceux-ci divergent sur les vices susceptibles d’être cause de dissolution du mariage : Abû Hanîfa (rahimallâh) spécifie la castration et l’impuissance; Mâlik et ash-Shâfi’î (rahimahullâh) ajoutent la démence, la lèpre, l’éléphantiasis [ Sorte de lèpre qui couvre la peau de rugosités analogues à celles de la peau de l’éléphant (ndlt)] et l’occlusion vaginale Ahmad complète par la femme qui n’a pas de périnée.

La vérité sur cette question

À dire vrai, ces deux avis ne nous satisfont ni l’un ni l’autre, car la vie de couple basée sur la quiétude, l’affection et la compassion des conjoints, ne peut prospérer lorsque l’un d’eux présente un défaut ou une maladie qui rebute l’autre, les maladies et les défauts ingrats rendant le mariage inapte au but pour lequel il a été institué. C’est pourquoi le Législateur Suprême, à savoir Dieu (azwadial), a permis aux deux époux d’avoir le choix entre accepter le mariage et refuser celui-ci.
 

L’imam Ibn al-Qayyim (rahimallâh) a apporté des précisions utiles à ce sujet lorsqu’il a dit :

« La cécité, le mutisme, la surdité, le fait qu’il ou elle ait les mains coupées ou les pieds coupés ou l’un des deux, sont les défauts cachés au conjoint parmi les plus rebutants ; les taire constitue une manœuvre frauduleuse et une tromperie des plus détestables.

En outre, c’est un acte contraire à la religion. Le Commandeur des croyants, ‘Umar Ibn al-Khattâb (Radhiallahu anhu) dit à un homme atteint de stérilité qui venait d’épouser une femme : « Dis-lui que tu es stérile, et accorde-lui un droit d’option. » Le Commandeur des croyants (Radhiallahu anhu) aurait-il dit autre chose pour des défauts plus graves ? »
 

 Puis Ibn al-Qayyim continue :

« L’analogie veut que tout vice ayant pour nature de repousser les conjoints l’un de l’autre, et rendant le mariage inapte aux buts pour lesquels il a été institué, comme la compassion et l’affection entre les époux, implique nécessairement un droit d’option. […] »
 

Yahyâ Ibn Sa’îd al-Ansârî rapporte d’après Ibn al-Musayyib (rahimallâh) le propos suivant : « ‘Umar (Radhiallahu anhu) a dit :

 » Tout mari qui épouse une femme atteinte de démence, de lèpre ou d’éléphantiasis, puis consomme le mariage et découvre le vice caché, doit lui verser sa dot pour avoir eu une relation avec elle , ceci dit,
il incombe au tuteur matrimonial de verser une indemnité au mari équivalente au dommage
qu’il a subi, à raison de la fraude dont il est l’auteur. » »
 

Ash-Sha`bî (rahimallâh) rapporte d’après ‘Alî (Radhiallahu anhu):

« A droit d’option tant qu’il n’a pas consommé le mariage, tout mari qui épouse une femme atteinte de lèpre ou de démence ou d’éléphantiasis ou d’une occlusion vaginale : soit il la retient s’il le désire, soit il la répudie.
S’il a consommé le mariage, elle a droit à la dot à raison de la relation conjugale qu’il a eu avec elle. »
 

Wakî’ rapporte d’après Sufyân ath-Thawrî, d’après Yahyâ Ibn Sa’îd (rahimahullâh), qui le tient lui-même de Sa’îd Ibn al-Musayyib (rahimallâh), que ‘Umar a dit (Radhiallahu anhu):

« Si un homme épouse une lépreuse ou une aveugle et consomme le mariage, l’épouse a droit à la dot, mais le mari peut exiger de celui qui l’a trompé qu’il lui verse une indemnité. » Puis Wakî’ fait ce commentaire :
« Ceci montre que ‘Umar n’a pas voulu énumérer ces vices cachés de façon exhaustive ou exclusive. »
 

C’est aussi le jugement qu’a rendu Shurayh (rahimallâh), « le Cadi de l’islam », lequel fut un exemple en matière de science, de pratique religieuse et de justice. Un homme qui avait un différend avec un autre prit Shurayh à partie, et lui dit : « Il prétendait qu’il me marierait à la meilleure des personnes, et il m’a marié à une aveugle ! » Shurayh répondit :  » S’il a voulu te tromper en cachant un vice. cela n’est pas permis. » [ Rapporté par ‘Abd ar-Razzâq, d’après Ma`mar, d’après Ayyûb, d’après Ibn Sîrîn]

On voit donc que jugement de Shurayh (rahimallâh) implique que tout vice caché chez une femme confère à son mari le droit de résilier le contrat de mariage.

Az-Zuhrî (rahimallâh) a dit : « Il y a lieu à résiliation du mariage pour toute maladie grave. » […]


Tout ce que nous avons dit jusqu’alors concernait le cas où le mari ne fait pas de stipulation particulière lors du contrat de mariage ; maintenant, s’il pose la condition que sa conjointe soit saine, belle, jeune, blanche ou vierge, et qu’elle ne l’est pas, il est fondé à dissoudre le mariage pour tous ces défauts.
 

Si la dissolution intervient avant la consommation du mariage, le mari ne doit pas la dot, si elle intervient après, l’épouse y a droit, mais le mari peut exiger du tuteur, si ce dernier est l’auteur de la tromperie, qu’il lui verse une indemnité.

Si c’est l’épouse qui en est l’auteur, elle n’a pas droit à la dot. Si la dot a déjà été versée et qu’elle est en possession de l’épouse, celle-ci est redevable de la dot à son mari. Telle est l’opinion défendue par l’imam Ahmad (rahimallâh) dans une des deux versions qui lui sont attribuées ; c’est aussi l’opinion la plus conforme à l’analogie et aux principes de l’imam quand la stipulation est le fait du mari. […]

Or, les principes posés par l’imam (rahimallâh) impliquent qu’il n’y ait pas de différence entre la stipulation de l’époux et celle de l’épouse. Disons même que l’épouse est plus en droit de bénéficier du droit d’option en cas d’erreur sur les qualités du mari, celle-ci n’ayant pas pouvoir de répudier comme lui.

En effet, s’il est permis au mari de dissoudre le mariage en tel cas, en plus du droit qu’il a de se séparer de sa femme par d’autres moyens, à plus forte raison doit-il être permis à l’épouse de pouvoir le dissoudre en tel cas, elle qui n’a pas pouvoir de se séparer de son mari par un autre moyen.

On en conclut qu’il est permis à une femme de dissoudre le contrat de mariage en cas où le mari est affecté d’un défaut qui, même s’il ne remet pas en cause sa religion ni sa dignité, empêche celle-ci de jouir pleinement de lui.

Par conséquent, si elle stipule qu’il doit être jeune, beau, sain, et qu’il s’avère être vieux, laid, aveugle, sourd ou muet, de quel droit lui imposerait-on cet homme et l’empêcherait-on de dissoudre le contrat ? Voilà qui serait totalement contraire à l’analogie et aux principes de la Loi révélée.

Puis Ibn al-Qayyim (rahimallâh) conclut : « Est-il logique que l’on permette à l’un des deux conjoints de demander la dissolution du mariage pour une tâche de lèpre infime, et que l’on interdise sa dissolution pour une gale aggravée, alors qu’il s’agit d’un cas plus dangereux ? Et ainsi de suite pour les autres maladies incurables. […]

Pour Abû Muhammad Ibn Hazm (rahimallâh), si le mari stipule que sa femme doit être exempte de vice et qu’il en découvre un, le mariage est nul et non avenu : il n’a ni droit d’option pour vice, ni obligation d’entretien, ni droit de succession.

C’est ainsi qu’il a dit : « En réalité, celle qu’on lui amène n’est pas celle avec laquelle il s’est marié, car une femme saine n’est point une femme malade et s’il n’est pas marié avec elle, il n’y a donc pas mariage entre eux deux.»

Le mariage interreligieux ou mariage mixte

Il est permis au musulman d’épouser une femme libre des gens du livre eu égard à la parole de Dieu (azwadial):

« Vous sont permises, aujourd’hui, les bonnes nourritures. Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. (Vous sont permises) les femmes vertueuses d’entre les croyantes, et les femmes vertueuses d’entre les gens qui ont reçu le Livre avant vous, si vous leur donnez leur mahr, avec contrat de mariage, non en débauchés ni en preneurs d’amantes. Et quiconque abjure la foi, alors vaine devient son action, et il sera dans l’au-delà, du nombre des perdants. »

 [ Sourate 5 – Verset 5]
 

Ibn Mundhir a dit : « Personne parmi les compagnons n’a interdit ce genre de mariage ».

II n’y a pas de contradiction entre les deux versets, car le sens du mot polythéisme ne comprend pas les gens du Livre dans la parole de Dieu (azwadial) :

 « Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les Associateurs,
ne cesseront pas de mécroire jusqu’à ce que leur vienne la Preuve évidente »
[ Sourate 98 – Verset 1 ]

 

Uthmân (Radhiallahu anhu) s’est marié avec Na’ila Bint Farafisa Kalbiyya la chrétienne. Elle s’est convertie à l’Islam chez lui.

Hudhayfa a épousé aussi une juive de la ville persane « El-Madâin ». Jâbir (Radhiallahu anhu) fut questionné à propos du mariage avec les juives et les chrétiennes, il a répondu : « Nous les avons épousés à l’époque des conquêtes avec Sa’d Bin Abi Waqqâs »

L’abomination du mariage avec elles:

Ce mariage, même qu’il est permis, est détestable parce qu’il n’est pas sûr que l’homme ne penche vers sa femme, qu’elle le séduise, trouble son esprit et l’éloigne de sa religion et il se peut qu’il abandone la religion.

Quelques ulémas trouvent le mariage avec une non résidente dans le pays de l’Islam, illicite.

La morale de l’autorisation de ce genre de mariage:

L’islam a autorisé le mariage avec les femmes des gens du Livre pour abolir les obstacles entre les musulmans et les gens des autres Livres. Par le mariage se fait la fréquentation des individus, les familles se rapprochent les unes des autres et les chances se multiplient pour étudier l’Islam et connaître son histoire, ses principes et ses règles.

C’est un des moyens pratiques du rapprochement entre les musulmans et les gens du Livre. Une propagande de la bonne direction et de la religion de vérité.

Alors celui qui désire épouser une de ces femmes-ci doit prendre en considération ce moyen et le prendre comme objectif dans son mariage.

La différence entre le polythéisme et la religion des gens du livre :

La femme polythéiste n’a pas une religion qui lui interdit la trahison et lui impose la fidélité et l’honnêteté, qui lui ordonne de faire les bonnes actions et lui interdit les mauvaises. Elle suit sa nature, ses habitudes dans sa famille, les superstitions d’idolâtrie et ses illusions, elle peut trahir son mari et porter préjudice à la croyance de ses enfants.

Si l’homme continue à avoir de l’admiration pour sa beauté, cela va l’inciter à s’enfoncer dans sa perdition et sa séduction. S’il se détourne de sa beauté, et abhorre ses intentions, cela lui empoisonnera l’existence.

Mais il n’y a pas grande différence entre croyant et femme des gens du Livre. Elle croit en Dieu, elle L’adore, elle croit aux prophètes, à l’au-delà et son châtiment, elle croit également à l’obligation de faire les bonnes actions et à l’interdiction de commettre le mal.

La différence essentielle entre les deux c’est la croyance à la prophétie de Muhammad. Celui qui croit à la prophétie générale, rien d’autre que l’ignorance de ce que Muhammad (sallAllahou alayhi wa salam) a rapporté ne l’empêche de croire à la prophétie du dernier Messager.

La femme sera sur le point de se convaincre par sa fréquentation avec l’homme que sa religion est plus exacte, que sa légalité est meilleure. Elle sera au courant de la biographie et la conduite de celui qui a apporté cette religion, de ce que Dieu (azwadial) a confirmé par des versets clairs et évidents. Sa croyance s’affirmera, son Islam se réalisera et s’accomplira. Elle aura une double rétribution si elle est parmi les pieuses.

Le mariage d’une musulmane avec un non musulman:

Les ulémas se sont mis d’accord sur le fait qu’il est illicite à une musulmane de se marier avec un non musulman qu’il soit polythéiste ou qu’il appartienne aux gens du Livres.

La preuve c’est la parole de Dieu :

« Ô vous qui avez cru ! Quand les croyantes viennent à vous en émigrées, éprouvez-les; Dieu connaît mieux leur foi; si vous constatez qu’elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants. Elles ne sont pas licites [en tant qu’épouses] pour eux, et eux non plus ne sont pas licites [en tant qu’époux] pour elles… »
[ Sourate 60 – Verset 10 ]

La morale de cela, c’est que l’homme a le droit de prendre le pas sur sa femme, elle doit obéir à ses ordres dans le bien et il a autorité sur elle, or un athée n’a pas le droit d’autorité sur un musulman ou une musulmane.

Dieu dit :

« … Et jamais Dieu ne donnera une voie aux mécréants contre les croyants. »
[ Sourate 4 – Verset 141 ]

Ensuite un mari athée ne reconnaît pas la religion de la musulmane, il dément son Livre, ainsi que le message de son prophète. Or une famille ne peut avoir une situation stable et une vie ne peut continuer avec un tel désaccord et une telle divergence.

Au contraire, un musulman marié avec une femme appartenant aux gens des Livres, reconnaît sa religion. Et sa croyance en son Livre et son prophète est une nécessité pour sa croyance même.

Le mari a-t-il le droit de frapper sa femme ?

Je vous envoie, comme réponse à votre question, l’extrait d’un article écrit par un conférencier et dont je trouve qu’il traite bien la question que vous posez :

“Il ne suffit pas de citer un passage du Coran pour avoir tout démontré, définitivement. Car il faut également savoir comment le texte en question s’insère dans la Révélation et dans son histoire. (…)

En effet, le Coran a été révélé sur vingt-trois années, il y a eu la période mecquoise et la période médinoise, certains versets répondent à des événements circonstanciés, tel verset précède tel autre, certaines interdictions ont été révélées par étapes (le vin, ou ar-ribâ par exemple), enfin, l’absolu du message révélé est sujet à une interprétation tenant compte du moment historique – et donc relatif – que lui donne le sens. (…)

C’est en gardant ces considérations en mémoire que l’on peut aborder la question qui nous occupe ici. En effet, la question qui a trait à la femme en islam nécessite une lecture du Coran forcément précise, méticuleuse et pointue.

La société des Arabes de la Mecque était patriarcale. La femme était peu considérée et n’avais pas, à proprement parler, de véritable statut social. (…) Pendant de nombreuses années [quand le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) vit à la Mecque], les révélations vont se succéder pour faire mûrir les croyants et leur permettre, chaque jour davantage, de se distancer, de « s’arracher » pourrait-on dire, de leurs anciennes habitudes, de leurs anciens réflexes. (…) Par la Révélation et par l’exemple du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam), les premiers musulmans apprenaient à se réformer.

Bientôt, avec l’Hégire [l’émigration de la Mecque à Médine], ils allaient franchir une étape décisive dans leur éducation religieuse. (…) La société de Médine est tout à fait différente de celle de la Mecque. La femme a un rôle social bien plus important et certains clans sont organisés selon les principes du matriarcat. Très vite, les nouveaux émigrés [d’origine mecquoise] vont être troublés par les façons de faire des femmes Ansâr (femme de Médine). Présentes dans la vie publique, elles s’affirment nettement dans l’espace privé. Omar ibn al-Khattâb (Radhiallahu anhu) (qui sera plus tard le second calife de Muhammad) affirma qu’avant l’hégire “nous nous imposions à nos femmes, mais lorsque nous nous sommes rendus chez les Ansâr où les femmes s’imposent dans leur clan, nos femmes commencèrent à prendre les habitudes des femmes ansârites” (Al-Bukhârî, Muslim) (…).

Ainsi, la vie à Médine allait être une seconde étape décisive dans l‘affirmation du statut des femmes dans la société islamique. (…) La révélation de la sourate Les femmes va déterminer quelques-uns des droits intangibles de la femme. De façon claire, et après que lui fut reconnu un statut identique à l’homme sur le plan religieux, elle trouve là la formulation claire de sa personnalité juridique sur le plan familial et social. On perçoit dès lors que le Coran a mené l’homme à comprendre tout à la fois l’égalité fondamentale et la complémentarité nécessaire de la l’homme et de la femme.

(…) Il a fallu de nombreuses années pour réformer les coutumes de l’époque. A la Mecque surtout, mais à Médine également, il restait un nombre considérable de femmes maltraitées. Après être intervenu contre le meurtre des filles, le Coran détermine le mode de conduite des hommes s’il devait se trouver que leur femme les néglige ou les trahisse :

“Quant à celles dont vous redoutez (savez) la négligence (la trahison, la rébellion),
exhortez-les, éloignez-les alors dans le lit et frappez-les…”
( Sourate 4 verset 34)

Beaucoup ont vu dans ce verset la preuve que l’homme avait tous les droits, dont celui de frapper son épouse. Or, à y regarder de plus près, – et en tenant compte de nos remarques préalables – on s’aperçoit qu’il n’en est rien. Tous les commentateurs, et cela dès la première heure, ont relevé le fait qu’il y avait dans ce verset un ordre précis qui, par sa nature même, avait une fonction pédagogique pour des hommes enclins à en venir immédiatement aux mains (ce verset fut révélé après qu’une femme se soit plainte auprès du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) d’avoir été giflée par son mari – at-Tabarî).

En effet, il s’agit, d’abord, d’exhorter (« fa’izoûn hounna ») son épouse (et non pas de « l’admonester » comme l’écrivent les traductions de Masson et de Chouraqui) en lui rappelant les versets du Coran, disent les commentateurs (Ibn Kathîr, al-Qurtubî). Ce n’est que si elle persiste dans son attitude de refus qu’il convient de “l’éloigner dans le lit”, ce que l’on a interprété comme le fait de manifester clairement la volonté d’éviter tout rapport affectif.

Tous les commentateurs du Coran, du plus ancien (at-Tabarî) au plus récent, ont précisé qu’il s’agissait de passer par les étapes prescrites. Si rien de tout cela n’y fait, alors, et alors seulement, il serait permis de “frapper” : il s’agit, comme le dit Ibn Abbâs (Radhiallahu anhu) dans une interprétation qui date de l’époque du Prophète d’un coup symboliquement manifesté à l’aide de la branchette du siwâk.

Siwak

Le propos devient dès lors plus clair. A l’adresse des Arabes, il est précisé que toutes les voies doivent être utilisées avant d’en arriver à exprimer sa mauvaise humeur. Il est la dernière instance et en cela, dans son non-violence, il est la seule violence permise. Le message adressé aux hommes est on ne peut plus clair : la voie du dialogue et de la concertation avec son épouse est celle qui correspond à l’esprit qui se dégage de la Révélation. Par ailleurs, l’enseignement ne s’arrêtait pas à ce verset et à son interprétation : l’exemple du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam), plus que tout, était à même d’exprimer le comportement idéal”

(Islam, le face à face des civilisations, Tariq Ramadan, annexe IV).


Je voudrais, pour ma part, juste ajouter deux lignes pour rappeler qu’en effet, le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

“Ne frappez pas les servantes de Dieu [les femmes]“
(rapporté par Abû Dâoûd, authentifié par an-Nawawî, fa hiya-l-azîma).

Des femmes musulmanes étaient venues se plaindre auprès des épouses du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) que leurs maris les frappaient et le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) fit  une intervention dans la mosquée à ce sujet (rapporté par Abû Dâoûd, authentifié par an-Nawawî). D’autres Hadîths authentiques du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) existent encore sur le sujet. 

Aïcha (Radhiallahu anha), épouse du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) , raconte de lui :

“Jamais il n’a frappé quelqu’un, ni une épouse, ni un serviteur.
La seule occasion [où il utilisait la force de son bras contre quelqu’un]
était lorsqu’il combattait pour la cause de Dieu [contre des combattants ennemis]“
(rapporté par Muslim).

Le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit aussi :

“Le plus parfait des croyants est celui qui a le meilleur caractère.
Et les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leur femme”
(rapporté par at-Tirmidhî, authentifié par an-Nawawî).

De plus, des juristes musulmans sont d’avis que la femme battue ou maltraitée a le droit au divorce et qu’il lui suffit de porter plainte auprès du juge musulman (qâdî) Wallâhou A’lam (Dieu sait mieux).

Ahmad Anas Lala

La dot – Mahr

Parmi les gages d’intérêt et de respect que l’islam a donnés à la femme, il y a le droit d’avoir un patrimoine propre. En effet, à l’époque antéislamique, la femme n’avait ni patrimoine, ni aucune personnalité juridique et c’était à son tuteur de gérer son patrimoine lequel l’empêchait généralement d’acquérir des biens et d’en disposer.

L’islam a voulu libérer la femme de ce carcan en lui octroyant une dot et en faisant de cette prescription une obligation qui incombe au mari, ainsi qu’un droit qui lui appartient en propre. Ainsi, ni son père ni quiconque parmi ses proches n’a le droit d’en récupérer une miette, à moins qu’elle n’y consente elle-même en toute liberté.

Dieu (azwadial) dit :

« Et donnez aux épouses leur dot -mahr-, de bonne grâce. Si de bon gré, elles vous en abandonnent quelque chose, disposez-en alors à votre aise et de bon cœur. » [ Sourate 4 – Verset 4 ]
 

On déduit de cela que si l’épouse donne de ses biens sous l’effet de l’intimidation, de la peur ou de la tromperie, il n’est pas permis d’en récupérer quoi que ce soit. Dieu (azwadial) dit :
 

 » Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l’une un qintâr(15), n’en reprenez
rien. Quoi! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste?

Comment oseriez-vous le reprendre, après que l’union la plus intime vous ait associés l’un à l’autre et
qu’elles aient obtenu de vous un engagement solennel? « 

[ Sourate 4 Verset 20-21 ]
 

Outre que la dot prescrite à la femme ait un sens aussi fort, elle offre de surcroît l’avantage de mettre celle-ci dans les meilleures conditions pour accepter l’autorité du mari sur elle. Dieu (azwadial) dit :

 » Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci,
et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. » [ Sourate 4 – Verset 34 ]
 

Sans parler de l’avantage que la dot offre de renforcer les liens conjugaux et de promouvoir l’affection et la miséricorde mutuelles des conjoints.

Le quantum de la dot

La loi islamique n’a déterminé ni minimum ni maximum légal pour la dot, car les gens n’ont pas tous les mêmes richesses ni la même aisance et chaque pays a ses coutumes et ses pratiques en la matière.

La détermination du quantum de la dot a donc été laissée à l’appréciation de chacun, afin que les gens donnent en fonction de leurs moyens et suivant les pratiques qui ont cours dans leurs pays respectifs.
Les énoncés scripturaires s’accordent à dire que la seule chose obligatoire en matière de dot est que celle-ci puisse faire l’objet d’une obligation valable, et cela, indépendamment de son quantum.

ll peut donc s’agir d’une simple bague en fer ou d’une assiette de dattes ou de l’engagement de la part du mari d’enseigner le Coran à sa femme, et autres choses du même genre, dès lors que les deux parties contractantes se sont mises d’accord sur la question.

D’après ‘Âmir Ibn Rabî’a (Radhiallahu anhu), une femme de la tribu des Banû Fazâra se maria moyennant une paire de sandales. L’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) lui demanda :

« Te satisfais-tu d’avoir pour dot une paire de sandales ? ». Ayant répondu que oui, le Prophète ratifia le mariage.
[ Rapporté par Ahmad, Ibn Mâja et at-Tirmidhî, lequel qualifie cette tradition de sahih ]
 

D’après Sahl Ibn Sa’d (Radhiallahu anhu) une femme a offert en mariage sa personne à l’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam).

Un homme qui était là dit : « Ô Envoyé de Dieu ! Fais-la moi épouser. – Que possèdes-tu ? demanda le Prophète à l’homme. – Rien, répondit celui-ci. – Va chez toi et cherche bien, quand bien même n’aurais-tu qu’une bague en fer, reprit le Prophète . »

L’homme partit et revint en disant : « Par Dieu  ! Je n’ai rien trouvé, pas même une bague en fer, mais ce manteau est à moi, elle en aura la moitié. » Son bien consistait en un manteau, ajouta Sahl.  « – Que fera-t-elle de ton manteau, s’écria le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) ? Si tu le revêts, elle n’aura rien à mettre sur elle, et si c’est elle qui le revêt, tu n’auras rien à mettre sur toi. » L’homme s’assit et, après être resté longtemps ainsi, il se leva [pour partir]. En le voyant se lever, le Prophète l’appela (ou le fit appeler ) et lui dit : « Que possèdes-tu du Coran ? – Je sais, répliqua-t-il, telle sourate, telle sourate, en énumérant un certain nombre de sourates. – Eh bien ! reprit l’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam)je te donne cette femme moyennant ce que tu sais du Coran. » [ Rapporté par al-Bukhârî et Muslim ]

 Dans une version sahîh, le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) : « Apprends-lui le Coran », à savoir vingt versets selon une version rapportée d’après Abû Hurayra.

On rapporte d’après Anas (Radhiallahu anhu) que lorsque Abû Talha a demandé Umm Sulaym (Radhiallahu anha) en mariage, celle-ci lui répondit :

« Par Dieu (azwadial) ! On ne refuse pas à un homme comme toi, mais voilà ! Tu es incroyant, et moi, je suis musulmane ; il ne m’est donc pas permis de me marier avec toi. Ceci dit, si tu te convertis à l’islam, ta conversion me suffira comme dot et je ne te demanderai rien d’autre. » Et il en fut ainsi.
 

Ces traditions prophétiques prouvent qu’il est permis de constituer en dot une chose de peu de valeur. Comme il est permis de constituer en dot une utilité

Quant à prétendre que le contenu des hadiths précédemment mentionnés consistait en des prescriptions se rapportant spécifiquement au Prophète et qu’elles ont été abrogées, ou que la pratique des gens de Médine contredit ces traditions, voilà qui ne repose sur rien et qui est rejeté par les preuves scripturaires.

En effet, on sait que Sa’îd Ibn al-Musayyib, le seigneur des gens de Médine parmi les Successeurs des Compagnons, a marié sa fille moyennant une dot de deux dirhams et que nul ne l’a blâmé pour cela , au contraire, tous ont vu au travers de ce geste les signes de sa vertu et de ses qualités.

On sait aussi que ‘Abd ar-Rahmân Ibn `Awf (Radhiallahu anhu) s’est marié pour la modique somme de cinq dirhams et que l’Envoyé de Dieu n’y a pas vu d’inconvénient. D’autre part, seul le Législateur suprême, à savoir Dieu (azwadial), est habilité à fixer le quantum des choses.

Concernant le montant maximum de la dot, il n’a pas de plafond légal. Sa’îd Ibn Mansûr et Abû Ya’lâ rapportent au moyen d’une chaîne de transmetteurs qualifiée de jayyid que ‘Umar (Radhiallahu anhu) avait interdit sur la chaire que la dot ne dépasse les quatre cents dirhams.

Une femme Qurayshite le prit à partie quand il descendit de sa chaire et lui dit: « N’as-tu pas entendu Dieu (azwadial) dire :  » [ … ] eussiez-vous donné à l’une d’elles un quintal d’or  » [ Sourate 4 – Verset 20 ] « Seigneur ! Je te demande pardon, s’écria-t-il. Les gens en connaissent plus sur la religion que moi », puis il fit demi-tour, monta de nouveau sur la chaire et déclara : « Je vous avais interdit de donner aux femmes une dot de plus de quatre cents dirhams ; Je dis maintenant que chacun donne ce qu’il veut ».

On rapporte également d’après ‘Abdallâh Ibn Mus’ab que ‘Umar (Radhiallahu anhu) a dit :

« Que la dot que vous donnez aux femmes ne dépasse pas les quarante onces d’argent, car ce qui dépasse ce montant sera versé au bénéfice du trésor public. » Une femme lui rétorqua : « Il ne t’est pas permis de dire une chose pareille ! – Et pourquoi donc ? lui demanda ‘Umar (Radhiallahu anhu) interloqué. – Parce que Dieu (azwadial) dit :  » […] eussiez-vous donné à l’une d’elles un quintal d’or » lui répondit-elle. ‘Umar (Radhiallahu anhu) s’exclama alors : « Une femme a raison et un homme a tort ! »
 

 Il est blâmable de renchérir sur la dot

L’islam aspire à faciliter les voies du mariage au plus grand nombre d’hommes et de femmes possible afin que chacun profite du licite. Mais, ceci n’est possible que si les voies du mariage sont rendues faciles et que les pauvres, à savoir la majorité des gens, y ont accès. Raison pour laquelle l’islam réprouve le renchérissement de la dot et fait savoir que le mariage est d’autant plus béni par Dieu (azwadial) que la dot est modeste, et qu’une dot modeste est le signe que la femme est de bon augure. On rapporte d’après ‘Âïsha que l’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

« Le mariage qui reçoit le plus de bénédiction divine est celui qui est le moins onéreux. »
 

On rapporte aussi cette autre tradition :

« Une femme de bon augure est celle dont la dot est peu chère, dont le mariage est facilité et dont les mœurs sont bonnes ; tandis qu’une femme de mauvais augure est celle dont la dot est chère,
dont le mariage est compliqué et dont les moeurs sont mauvaises. »
 

Nombre de gens ignorent ces enseignements ou s’en détournent, préférant renchérir sur la dot au nom de coutumes païennes et refuser le mariage de leur pupille tant que le prétendant ne se saigne pas les veines et ne dépense pas des sommes mirobolantes. Comme si la femme était une marchandise dont on débat du prix et dont on fait commerce !

D’où les plaintes multiples qu’on enregistre tous les jours dans les tribunaux et la crise matrimoniale sans précédent dont souffrent à égalité hommes et femmes.

Sans parler des préjudices qui découlent de cet état de fait, lesquels entraînent une véritable dépression dans la fréquence des mariages et rendent le licite plus difficile à obtenir que l’illicite.

Le versement anticipé et différé de la dot

Il est permis d’anticiper ou de différer le versement de tout ou partie de la dot, en fonction des us et coutumes qui ont cours dans chaque pays. Cela dit, il est préférable d’anticiper le versement d’une partie de la dot, conformément au contenu du hadith suivant :

Ibn ‘Abbâs rapporte que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a défendu à ‘Alî (Radhiallahu anhu) de consommer l’union avec Fâtima (Radhiallahu anha) tant qu’il n’avait pas offert quelque chose à cette dernière. Celui-ci lui répondit qu’il ne possédait rien. – « Et le bouclier fabriqué à Hutâm que tu possèdes ? », demanda le Prophète. Et ‘Alî le lui donna.[ Rapporté par Abû Dâwûd, an-Nasâ’î et al-Hâkim, lequel déclare cette tradition sahîh ]

Ceci étant, Abû Dâwûd et Ibn Mâja rapportent d’après ‘Aïsha (Radhiallahu anha) le propos suivant :

« L’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) m’a ordonné de conduire une femme chez son mari, et cela,
avant que ce dernier lui ait donné quoi que ce soit [de la dot]. »
 

Ce dernier hadith prouve qu’il est permis au mari de consommer le mariage avant de verser quoi que ce soit de la dot. Quant à l’interdiction formulée dans le hadith rapporté par Ibn ‘Abbâs (Radhiallahu anhu), elle doit être comprise comme signifiant seulement une recommandation.

AI-Awzâ’î (Radhiallahu) a dit : « Les Compagnons recommandaient de ne pas consommer le mariage tant qu’une partie de la dot n’avait pas été donnée. »

Az-Zuhrî (Radhiallahu ) a dit : « Il nous a été rapporté dans la Sunna qu’on ne doit pas consommer l’union avec l’épouse tant qu’on ne lui a pas donné une somme d’argent ou un vêtement. Cette prescription était en vigueur chez les premiers musulmans. »

Par ailleurs, l’épouse doit se laisser conduire au domicile conjugal et ne pas se refuser à son mari, même si celui-ci ne lui a pas encore versé la dot anticipée qu’il lui avait promise, et quoique la dot lui soit acquise de droit. […]

Quand la totalité de la dot déterminée [lors du contrat de mariage] devient-elle exigible ?

La totalité de la dot qui a été stipulée dans le contrat de mariage est exigible dans les cas suivants :

1/ En cas de consommation effective du mariage, eu égard à l’énoncé divin suivant:

« Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l’une un qintâr, n’en reprenez rien. Quoi! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste?

Comment oseriez-vous le reprendre, après que l’union la plus intime vous ait associés l’un à l’autre et qu’elles aient obtenu de vous un engagement solennel? » [ Sourate 4 – Versets 20-21]
 

2/ À la mort de l’un des époux, même avant que le mariage ait été consommé, de l’avis unanime des juristes.

[…] Par ailleurs, ash-Shâfi’î, Mâlik et Dâwûd le Dhâhirite (Radhiallahu) considèrent que la totalité de la dot n’est exigible que s’il y a eu acte sexuel ; quant au tête-à-tête d’une femme et d’un homme selon les modalités évoquées ci-dessus, il ne rend exigible que le versement de la moitié de la dot. Ceux-ci se fondent sur le verset coranique suivant :

 » Et si vous divorcez d’avec elles sans les avoir touchées, mais après fixation de leur mahr versez-leur alors
la moitié de ce que vous avez fixé, à moins qu’elles ne s’en désistent, ou que ne se désiste celui
entre les mains de qui est la conclusion du mariage… » [Sourate 2 – Verset 237 ]
 

[…] Sa’îd Ibn Mansûr rapporte qu’Ibn `Abbâs (Radhiallahu anhu) a été questionné sur celui qui a répudié sa femme après qu’elle ait été conduite chez lui et prétend ne pas l’avoir touchée. Il a dit : « Il est tenu de lui verser la moitié de la dot. » ‘Abd ar-Razzâq rapporte, d’après Ibn ‘Abbâs (Radhiallahu anhu), le propos suivant : « La totalité de la dot n’est exigible que s’il s’unit à elle. »

La dot stipulée dans un contrat de mariage vicié est exigible du moment que l’union a été consommée


Si un homme contracte un mariage avec une femme et qu’il consomme l’union avec elle, puis il apparaît que ledit contrat était vicié pour une raison ou une autre, la dot stipulée est exigible dans sa totalité.

Cette tradition rapportée par Abû Dâwûd (Radhiallahu ) le prouve :

« Basra Ibn Aktham épousa une femme prétendument vierge et consomma l’union avec elle, or il s’avéra qu’elle était enceinte. Basra ayant fit part de cela au Prophète (sallAllahou alayhi wa salam), celui-ci lui répondit : « La dot lui revient pour avoir rendu son sexe licite. » Puis il les sépara l’un de l’autre. »
 

Cette tradition prouve que la dot est exigible même si le contrat de mariage est vicié, et que le mariage est frappé de nullité au cas où le mari s’aperçoit que sa femme est illégitimement enceinte d’un autre.

Le versement de la moitié de la dot

Il incombe au mari qui a répudié sa femme avant de consommer l’union avec elle et qui a stipulé le montant de la dot dans le contrat de mariage, de lui en verser la moitié.

Dieu (azwadial) dit :

« Et si vous divorcez d’avec elles sans les avoir touchées, mais après fixation de leur mahr versez-leur alors la moitié de ce que vous avez fixé, à moins qu’elles ne s’en désistent, ou que ne se désiste celui entre les mains de qui
est la conclusion du mariage. Le désistement est plus proche de la piété. Et n’oubliez pas votre faveur mutuelle.
Car Allah voit parfaitement ce que vous faites. » [ Sourate 2 – Verset 237 ]
 

L’annulation de la dot

Le mari n’est pas tenu de verser la totalité de la dot à sa femme quand la séparation a eu lieu avant la consommation du mariage et que l’épouse est la cause de la séparation, comme dans les cas où elle apostasie, où elle dissout le mariage pour cause d’indigence du mari ou vice caché chez lui, où il dissout le mariage pour vice caché chez elle…

La dot est également annulée si l’épouse en fait remise à son mari avant la consommation du mariage ou si elle lui en fait don, car elle a capacité de disposer librement de la dot, elle peut l’annuler d’elle-même.

Dot réelle et dot fictive

Si les parties contractantes se mettent secrètement d’accord sur le montant d’une dot et font état d’un montant plus important dans le contrat de mariage, puis tombent en désaccord et saisissent la justice, Abû Yûsuf (Radhiallahu) considère que le juge devra assigner à l’épouse le montant de la dot sur lequel les deux parties se sont mises secrètement d’accord, invoquant le fait que seule celle-ci traduit la volonté et l’intention véritables des contractants.[…]  (se référer au livre pour plus d’informations)  

Le Mari, la belle-fille et la belle-mère

Ceux qui ont remarqué le titre m’ont posé un tas de questions : le mari, la belle mère, l’épouse ? Pourquoi pas le beau-père ? Qui vas-tu juger aujourd’hui ? Parce que c’est aujourd’hui, le tribunal de la belle-mère, de la belle-fille ou bien du mari ? Comme vous le savez ces derniers temps on choisit des titres un peu bizarres pour laisser à chacun l’occasion de réfléchir et de se situer par rapport à ce que l’on va dire plutôt que de ne s’occuper que d’un titre.

C’est un sujet très délicat et qui fait très mal au cœur et ces derniers temps beaucoup de conflits apparaissent dans nos familles alors que normalement, on est toujours fiers lorsque l’on apprend qu’un mariage va se faire, on est toujours fiers lorsque deux familles vont se rencontrer mais on est étonné de comment cela se termine et aussi de ce qu’il se passe avant que cela ne se termine. On va être sincère aujourd’hui, on va appeler ça une rencontre de sincérité même si c’est vrai que l’on se doit mutuellement le respect, mais on va parler sincèrement.

On va parler sincèrement du mari, ce jeune époux, de l’épouse, cette jeune sœur, et des beaux-parents qui sont nos parents wa al-hamdulillâh comme vous le savez. Et on va essayer de dire la vérité à chacun car chacun d’entre nous commet des erreurs. 

« Koullo bani adam khatâ»

« Tous les fils d’Adam commettent des péchés. »

Mais la porte du repentir est toujours ouverte et il ne faut jamais penser qu’il n’y a plus moyen de revenir en arrière, qu’il n’y a plus moyen d’arranger les choses car comme nous le dit Allâh (azwadial):

« […] Et quiconque craint Allah, Il Lui donnera une issue favorable,
et lui accordera Ses dons par [des moyens] sur lesquels il ne comptait pas.[..] »
[ Sourate 65 – Versets 2 et 3 ]

Celui qui a une bonne intention, qui craint Allâh (azwadial) comme il se doit et qui veut arranger les choses, Allâh (azwadial) lui trouve toujours une issue à ses problèmes. C’est pour cela que j’appelle tous nos frères et sœurs mariés, tous ceux qui vont se marier aussi afin qu’ils sachent que fonder une famille ce n’est pas quelque chose de facile et vous allez le voir, vivre avec quelqu’un que l’on ne connaît pas n’est pas une chose aisée alors qu’il s’agit de son mari ou de son épouse, que dire alors de ses parents ? Ce sont des gens qui nous sont souvent étrangers. Des fois il arrive que ce soient des proches comme les fils ou filles de ta tante mais tu restes quand même étrangère. Donc à ce moment-là comment faire pour vivre avec ces gens-là, toi, l’homme ou bien toi, la femme.

Il faut savoir aussi que maintenant lorsque l’on parle de couple c’est une génération assez jeune donc il y a des fois un manque d’expérience ou bien des petits problèmes qui ne sont pas vraiment compris. Il y a de grandes différences d’âge étant donné que maintenant entre la deuxième et troisième génération par rapport à la première et la deuxième il y en a qui ne remarque pas qu’ils ont des beaux-parents qui ont 70 ans et certains même 80 ans !

Imaginez-vous déjà si moi qui vous parle à mon âge, trente-sept ans, mon père approche les soixante-dix ans, alors que penser des jeunes avec qui le décalage est d’une trentaine d’année, que penser de ceux qui sont plus jeunes que moi qui ont dix-huit, dix-neuf ou vingt ans, qui se marient et qui ont un beau-père ou une belle-mère de soixante-dix ans.

Cinquante années les séparent !Ce n’est pas facile, tu ne peux pas t’adapter comme ça en dix minutes. C’est pour cela que l’on va pousser nos jeunes à la réflexion, pousser nos parents aussi à la réflexion. C’est vrai c’est une conférence en français mais chacun d’entre nous a une responsabilité pour transmettre.

Je n’oublierai jamais soubhan Allâh, fut un temps il y avait un cheykh ici (Radhiallahu), qui était venu dans les années 80 et un jour il avait expliqué que la vie de famille lorsqu’il y a des beaux-parents, lorsqu’il y a une belle fille et lorsqu’il y a un beau-fils, il nous disait d’imaginer si on était dans un village et que la mère se lève et sort le matin tôt et passe devant la maison de sa fille, qu’est-ce qu’elle dit ? « Ma fille tu as raison, continue à dormir, il n’y a que les fous qui sortent, il fait froid, repose toi bien et occupe-toi bien de ton mari. » Et lorsqu’elle passe à côté de la maison de son fils, elle interpelle la femme de son fils « ô mauvaise femme où es-tu ? Les gens sont sortis, ils ont balayé, ils ont nettoyé devant la maison, le feu est déjà allumé pour le repas et toi tu dors, et tu délaisses comme ça ton mari ?… Qu’Allâh  te donne ceci et cela.»

Quand j’avais entendu cette histoire, Allâh (azwadial) est Témoin,je ne devais pas dépasser les douze, treize ans et ça m’est resté dans la tête car il l’avait racontée comme un genre de blague et je me disais que c’était un peu exagéré. Et au fur et à mesure des années, avec tout ce que l’on entend ici au travail, je me suis dis soubhan Allâh, ce cheykh, (Radhiallahu), a donné le résumé de ce que l’on entend en général aujourd’hui. Il y a toujours du bien, comme vous le savez, je le rappelle toujours lorsque l’on fait des conférences, on n’est pas là pour critiquer l’un ou l’autre loin de là, c’est pour parler de nos faiblesses, de nos erreurs. Il y a toujours du bien dans la communauté et celui qui dit qu’il n’y a pas de bien il est le premier à être mauvais. Il y a du bien mais il faut seulement restructurer les choses. Comme vous le savez aussi, s’il fallait parler chacun de sa belle-mère, chacun va donner un avis différent.

Il y en a un si tu lui dis de te parler de sa belle-mère, il ne va même pas lever la tête, il va te dire « hasbunâ llâh wa ni’mal-wakil » (Allâh nous suffit, Il est Le meilleur garant)! Tu vas te dire qu’il y a un problème déjà…Tu lui dis de te parler de ton beau-père, il te dit « wa llâhi il n’y a rien à dire, je ne sais pas ».

Si tu demandes à un autre il va te décrire quelque chose de positif, comme moi par exemple si vous m’interrogez sur ma belle-mère, je pourrais faire des éloges jusqu’à demain matin. Mais est-ce que tout le monde a cette belle mère là ? Qu’Allâh la préserve.

Elle a toujours été à la hauteur et je l’ai même prise comme une mère car je n’ai pas ma mère. J’ai trouvé quelqu’un de mature, une personne qui des fois aurait pu faire des choses bizarre mais soubhan Allâh elle a toujours eu une retenue.

Alors que c’est une personne convertie mais elle a pris l’éducation qu’elle avait eu depuis qu’elle était jeune et lorsqu’elle est entrée en Islam il y a au moins une trentaine d’années, elle a pris le comportement de l’Islam, la théorie, pas les traditions, pas ce qu’on entend au pays dans les villages et autre. Non, non, non ! Elle a pris ce que l’Islam dit.

Et c’est ça un des gros problèmes qu’il y a aujourd’hui dans nos familles. Il ne faut pas fonctionner d’après la tradition de un tel ou un tel, du village un tel, de la nationalité une telle car à ce moment-là on comprend que ça ne donne rien dans la vie du couple. J’ai trouvé aussi un beau-père, qu’Allâh (azwadial) le récompense, très mature, qui aurait pu aussi s’immiscer dans la vie du couple, faire un tas de choses, il est le père…il a beaucoup de droits, mais j’ai vu une certaine maturité, une certaine retenue. Et ça, c’est une chose telle que si quelqu’un parmi vous l’a entre les mains, il doit beaucoup louer Allâh (azwadial). Parce que sinon c’est un manque et c’est très important d’avoir des beaux-parents à la hauteur. Et il y en a wa al-hamdulillâh mais des fois c’est l’inverse.

On va essayer de rappeler à chacun d’entre nous qu’arrivera un jour où va se passer deux choses :

 Soit tu vas mourir, toi la mère, toi le père, tu vas devoir rencontrer Allâh (azwadial) et tu vas devoir répondre de tout ce que tu as fait sur terre, même la plus petite injustice vis-à-vis de ceux qui étaient sous ta responsabilité et tu seras aussi récompensé pour tout le bien que tu as fait. Donc fais attention. Et pourquoi je fais cette remarque, c’est parce que dès que l’on est beaux-parents, on a un certain âge et plus on avance en âge et plus on se rapproche de la mort, c’est un peu normal. Pour les jeunes c’est la même chose, ce n’est pas parce que vous êtes jeunes et là Shaytan il se joue de vous d’une autre manière, ce n’est pas parce que vous êtes jeunes que vous devez vous dire que tout va bien, qu’il y a le temps de se repentir et autre. Non ! La mort ne prévient personne parmi nous, comme on le rappelle toujours.

 Ce couple qui se plaint ne doit pas oublier qu’un jour il va devoir à son tour être beaux-parents. Donc tous ceux que tu accuses aujourd’hui, un jour tu auras la même place, tout ceux dont tu fais l’éloge insha Allâh un jour tu vas prendre leur place et on espère que tu feras comme eux alors…Vous voyez soubhan Allâh la Terre comment elle tourne, vous voyez ce que fait le temps ?
 

C’est pour cela que je pousse nos jeunes à la réflexion et de voir ce qu’est le mariage car comme vous le savez, qui dit mariage, dit acte d’adoration, qui dit acte d’adoration dit pacte et tu dois honorer ce pacte jusqu’à la fin de ta vie. Donc tu dois faire très attention et c’est pour cela que ce n’est pas facile.

Cette coexistence pacifique à l’intérieur de cette famille, elle n’est pas facile, elle est semée d’embûches et Shaytan est au courant et sait qu’il y a des bénéfices quelque part. Il sait qu’il y a parfois de très grands bénéfices par rapport à la manière dont tu vas parler à tes beaux-parents, si par exemple il y a un débat, est-ce que tu vas t’énerver, élever la voix, lever la main, comme il arrive à certains des fois.

Comment réagis-tu, comment parles-tu ? Donc on te dit de faire attention. Ta belle-mère est comme ta mère et ton beau-père est comme ton père. Il y a un respect incroyable à avoir et à garder. Mais on va voir qu’il y a des limites parfois que l’on franchit ou bien il arrive que l’on joue sur les mots ou que l’on profite un peu de certaines situations et comme vous le verrez il y a des limites qui sont donc dépassées et même des fois des petites menaces par ci par là ou autre. Et en général lorsque tu convoques ces personnes, beaucoup d’entre elles lorsqu’elles viennent pour une médiation elle te disent :

– « tu es qui toi ?» – « Je suis l’Imam.»
– « Qu’est-ce que tu veux ?»   
« Voilà ton beau-fils ou ta belle-fille nous a appelé pour arranger les choses, pour discuter… »
– « Ce ne sont pas tes affaires !»

A ce moment là on vous dit que si ce genre d’épreuves ne sont pas travaillées, que rien n’est corrigé, que vous ne voulez pas discuter, alors comment voulez vous arranger les choses ?  Qui est- en face de toi ?  Ton fils ou bien ta fille, celui que tu as éduqué depuis qu’il est petit jusqu’à un moment où tu as envie qu’il continue le reste de sa vie heureux et que toi en tant que parent tu sois aussi heureux.

Nous allons aussi essayer de discuter de situations qui sont un peu bizarres mais qui ont été vécues. On a eu beaucoup d’histoires qui nous ont été rapportées durant toutes ces années où l’on a travaillé un peu dans ce domaine et vous allez voir que parfois ce n’est pas très beau à entendre. Ca peut étonner ou faire rire certains mais le but n’est pas là.

Aujourd’hui je vais parler du côté le plus négatif, parce que ceux qui sont bien entre eux, al-hamdulillâh je n’ai pas besoin d’en parler. Mais je veux parler des erreurs qu’il y a.  Des fois, lorsque tu discutes avec certaines belles-mères qui nous rendent visite tu les entends te dire : « oui effectivement je l’avoue, je suis mauvaise, je suis même méchante mais ne me jugez pas comme ça. Il y a un manque de respect de la part de ma belle-fille. Il y a un manque de respect dans la manière de parler, dans la manière de regarder…»

Pourtant la belle-fille ne doit pas oublier une chose, c’est qu’en face de toi il y a qui ? La mère de ton mari ! Celui avec qui tu es sensée faire du bien, alors tu dois continuer à faire du bien vers cette personne qui est au-dessus de lui et que lui-même sait qu’il est sur Terre parce qu’il a eu une mère et un père qui sont la cause de cette présence avec la volonté d’Allâh (azwadial). Et toi tu viens et tu ne remarques pas ce que tu es en train de faire, tu attaques justement ce qu’il a de plus cher, sa mère ! Comment veux-tu alors que le mari accepte ça de n’importe quelle manière ou façon. C’est illogique et ça, c’est déjà une première erreur bizarre.

Même si des fois la belle-fille pense qu’elle a raison, le respect doit quand même rester. Tu n’as pas le choix. Tous ceux qui veulent revenir aux conférences qui parlent du respect des parents ils remarqueront que ton père, ta mère, wallâhi même si des fois ils sont en tort et que tu veux leur parler, est-ce que tu vas lever la main sur ta mère, est-ce que tu vas lever la main sur ton père ? Non ! Impossible. Jamais de la vie. Un vrai musulman ou une vraie musulmane ne lèvera jamais la main sur ses parents.

Donc si on te dit en Islam que ta belle-mère est comme ta mère jamais tu ne pourras lui manquer de respect, lever la main sur elle ou quoi que ce soit. Et aujourd’hui on a entendu des disputes, des bagarres entre la fille et la belle-mère qui en viennent même aux mains quand c’est une belle-mère qui est encore jeune, à peine cinquante ans. Il y a aussi les insultes : « vieille », « vielle peau », elles ont bien appris les petits mots et elles viennent et disent ça au visage de la mère ! Impossible ! Interdiction totale ! Le respect doit rester.

Certaines belles-filles aussi profitent de la belle-mère. Il y a des belles-mères qui nous disent «c’est vrai que j’ai changé vis-à-vis d’elle mais c’est parce qu’elle me prenait pour la bonne poire… Je suis mauvaise pour tout le reste mais pour tenir les enfants, je suis bien…» Et voilà, la maman n’est là que pour le travail de l’autre.

D’autres nous disent « je suis mauvaise, mais je suis bien pour manger. Et oui,deux ou trois fois par semaine ils viennent pour manger à la maison. Tout le monde est content, pour ça, je suis bien…» Soubhan Allâh regardez déjà comment en face de vous vous avec une personne dont vous pensez qu’elle n’a pas de réaction, qu’elle ne remarque pas, alors qu’elle a compris mais elle ne parle pas.

Et ça c’est une erreur, il faut parler.

La personne elle enregistre et voit ta façon de fonctionner, c’est comme ça les beaux-parents, ils voient souvent ton fonctionnement, ton caractère. Même si des fois il y a des parents qui avouent « je n’ai pas besoin de ce beau-fils ou de cette belle-fille, j’ai toujours vécu à l’aise wa al-hamdulillâh… » mais ils veulent voir côté respect jusqu’où tu es capable d’aller, ce que tu es capable d’apporter, jusqu’où tu peux aider.

 Montrer des traces d’affection, d’amour qui prouvent que tu respectes la personne.

Et puis on verra après qu’il y a un juste milieu des deux côtés mais au moins fais le pas.

On entend aussi : « je profite, mais je ne dois rien ». Il y a pleins de sœurs qui me disent lors des médiations avec la belle-famille : « moi je suis mariée avec son fils, ça m’est égal si les enfants ne voient pas leur grands-parents ! » Soubhan Allâh ! Même si tu sais que chez les grands-parents ils vont entendre parler de religion ?

Parce que al hamdulillâh il y a des familles qui sont pratiquantes masha Allâh. Le grand-père il va peut-être apprendre ou donner des choses à ses petits enfants que même les parents ne peuvent pas donner. Ne serait-ce que le jeu. Combien de fois les enfants passent une heure ou deux heures à jouer avec le grand-père alors que toi tu es là à être fatigué ou à avoir du travail. Des fois les grands-parents donnent des choses que l’on n’est pas capables de donner. Ils ont un rôle à jouer. En fait ils ont une patience qui est très bizarre ; ils ont éduqué tabârak Allâh pendant des années des enfants et ils sont heureux, ils sont fiers de cet aboutissement de leur éducation qu’ils voient se réaliser dans le mariage de leurs enfants. Et l’on sous-estime cela.

D’autres nous avouent et nous disent que pour elles, la belle-fille, c’est une rivale. Ce qui veut dire que la belle-mère est directement aux aguets, elle surveille sa belle-fille. Et si tu vas voir du côté de la belle-fille, qu’est-ce qu’elle te dit ? « C’est vrai je l’ai senti parce que depuis que je me suis mariée avec son fils, elle me suis partout. Elle est toujours derrière. Toutes les cinq minutes elle téléphone à son fils pour savoir ce qu’on fait, où on va… » On te dit chère sœur que tu ne pourras jamais rivaliser avec ta belle-mère et ça je vous le dis à l’avance si vous voulez partir à la guerre, tu ne pourras jamais rivaliser et tu sais pourquoi ? Parce qu’elle reste une mère. Le choix n’est pas à faire, ça n’existe pas chez nous dans la religion.

Et on va voir ce point parmi les erreurs qu’il y a parce que des fois il y a des sœurs qui remarquent qu’il y a une rivalité alors la sœur vient un jour voir son mari et lui dit : « Tu choisis : ta mère ou moi.» Je vous assure que pour moi cette sœur c’est une suicidaire, une kamikaze… ! Tu crois que ton mari il va lui dire « y’a pas de problème : « Allo el walida (maman), tu dégages parce que je viens de faire un choix et vu les investissements, les pertes et tout c’est ma femme que je choisis » A’oudhou billâh ! Wallâhi, jamais de la vie ! Un frère qui craint Allâh (azwadial) ne pourra jamais. Et une sœur qui craint Allâh (azwadial) ne pourra jamais venir demander ce genre de chose. Elle ne fera jamais cela. Mais il y en a qui le font car elles pensent que c’est une affaire de rivalité mais ça ne marche pas de cette manière.

C’est pour cela que l’on te dit lorsque l’on parle de ces petites erreurs c’est parce que toi la belle-fille, tu as un certain vécu, il y a des choses que tu connais et que la belle-mère ne connaît pas. Tu as peut-être vécu chez toi à la maison d’une certaine manière et tes beaux-parents ne le savent pas. Il y a des fois par exemple des belles-filles qui oublient qu’elles ont vécu d’une manière un peu « tranquille », « gâtée », encore plus si c’était une fille unique. Alors il faut comprendre pourquoi il peut y avoir des problèmes assez graves. Quand tu as une fille unique à la maison avec que des garçons, il arrive que cette fille ce soit la reine de la maison, il ne faut pas la toucher.  S’il faut travailler dans la cuisine, non, laissez-là miskina (la pauvre), toujours miskina, faut pas la toucher, faut pas s’approcher, faut pas lui faire…Et puis du jour au lendemain elle se retrouve belle-fille dans une famille de quinze ! « elle meurt, elle est avalée, wallâhi elle va être avalée » !

Parfois le mari est tout content d’aller voir sa mère avec sa femme et il part plus tôt pour pouvoir l’aider et là elle tombe la pauvre. Et c’est là que les excuses commencent : « je ne peux pas aller chez ta mère » « Et pourquoi ? » « Je ne me sens pas bien… » « Mais il y a cinq minutes tu allais bien ! » Et la guerre commence… Qui va faire la part des choses ?

Des fois, la connaissance religieuse n’est pas la même et on a beaucoup de parents qui ne connaissent pas comme nous la religion. Ils ne savent pas. Et s’ils ne sont pas formés en religion, comment vas-tu fonctionner ?

Alors tu entends des belles-filles dire que leur belle-mère est une égarée, une innovatrice, ma belle-mère ci ma belle-mère cela ! Peut être, je dis, tu as peut-être raison, mais en disant cela de cette manière, en critiquant ta belle-mère ou ton beau-père, qu’est-ce que tu as gagné ? Est-ce que tu as arrangé quelque chose ?

Jamais ! Tu n’as rien arrangé, parce qu’elle restera dans la même situation. Alors essaye de trouver le moment opportun, le moment idéal pour aller lui parler mais d’une certaine manière.

Deuxièmement on t’a dit que tu ne connais pas le caractère parce que tu viens d’entrer dans cette famille, tu es nouvelle. Essaye alors les premières semaines, les premiers mois de rester silencieuse, de scruter, d’observer, essaye de voir comment il est ce caractère, comment elle est la belle-mère. Pourquoi ? 

Et bien ça va me permettre d’introduire le sujet de la belle-mère car jusqu’à présent je n’ai parlé que de la belle-fille.

Il arrive des fois que nos belles-mères, qu’Allâh (azwadial) les guide, le jour où elle viennent pour demander la fille de quelqu’un, elle vient avec ses meilleurs côtés, hajja mâsha Allâh ! Habillée tout en blanc, la politesse, que de belles paroles, tout masha Allah. Alors la maman de la fille elle a honte devant elle et ne peut lui refuser sa fille, d’autant qu’elle lui en a fait un éloge incroyable ! La fille mesikina quand elle rentre et voit la future belle-mère, masha Allâh, elle n’en croit pas ses yeux, impossible, elle ne parle même pas ! Et si elle parle, que pour dire du bien ! Parce que le fils il sait très bien que sa mère, surtout si c’est une nerveuse, elle peut tout casser ce jour là pour un seul mot qu’elle va lâcher ! Donc avant d’aller voir la famille de la fille, le garçon supplie sa mère de se taire et de se contenter de demander la main de la fille sans poser aucune question !

Il y a un frère qui m’a appelé un jour et me dit que sa mère lui a cassé son projet de mariage. Quand j’ai reçu sa mère pour essayer de comprendre les choses, qu’est-ce qu’elle me dit ? Qu’elle est allée voir la famille et quand la fille est rentrée dans la pièce, en fait elle ne parlait pas un mot d’arabe. Et là elle qu’est-ce qu’elle me dit ?  « Comment j’allais parler avec elle moi après !!! » Je lui réponds « mais elle va se marier avec ton fils hajja, et puis il va lui apprendre petit à petit » Mais elle n’a rien voulu savoir…

Regardez sur quoi elle s’est basée ! Elle n’a pas réalisé que les jeunes d’aujourd’hui ce n’est pas comme avant.

Alors les belles-mères sont étonnées car elles pensent qu’elles vont avoir une belle-fille comme elles ont été. Parce que nos mères et qu’Allâh (azwadial) les récompense, on n’arrive même pas à la hauteur de leurs chevilles. Elles ont subi ce qu’elles ont subi et d’une manière très silencieuse. Nos pères, pour certains d’entre eux, ont eu un caractère très dur, ils en ont fait « baver » à nos mères. Et nos mères sont restées patientes. D’autres ont été très gentils, ont fonctionné vraiment bien. Il y a des mères qui pleurent encore quatre ans après la mort de leur mari. C’était un drôle de couple les anciens. C’était un coupe très rare, on ne retrouve plus ce genre de « marque » aujourd’hui. Et c’est pour ça que la mère miskina elle a peut-être une bonne intention, elle voudrait bien que sa belle-fille soit comme elle était. Mais ça c’est impossible, ou alors c’est très rare.

Et là c’est déjà une erreur qui se fait à ce moment là, un jugement qui se fait. Et on ne peut pas. Chaque génération a sa spécificité. Il faut garder ça en tête et vous les maris il faut le dire à vos mères, à vos pères et les sœurs la même chose. Chaque époque a une spécificité incroyable, souvent qu’on ne peut même pas imaginer.

Il y a aussi des fois des belles-mères qui veulent avoir un regard sur tout. Si le fils a eu le malheur de ne pas appeler durant 24 heures, il est mort !Sa mère l’appelle le matin : « où tu étais, qu’est-ce que tu as fait ? Pourquoi tu n’as pas appelé ? Elle t’a aveuglé ?… » Et le frère meskine, il est là entre deux. Qu’est-ce qui se passe alors…

On dit à nos belles-mères que pour la vie de couple on peut donner des conseils, mais l’ingérence ça doit être très bien compris. Même les maris ne comprennent pas ça. Même nos parents font des erreurs. On doit respecter chacun dans son environnement.

Une fois que ton fils s’est marié ou que te fille s’est mariée, il y a un nouveau responsable. Qui reprend la tutelle ? Qui devient le « walid » (le père) dans le couple là ? C’est le mari. Et il a un sale rôle, vous allez le voir après. C’est le mari qui devient un régulateur, et à ce moment on ne peut pas laisser chacun rentrer dans la vie de l’autre ! Jamais !

Tu peux conseiller ton fils ou ta fille mais tu ne peux pas être celui ou celle qui va s’ingérer dans leur vie pour un oui ou pour un non et demander tous les rapports, tous ce qu’il se passe, ce n’est pas faisable je vous assure. On ne peut pas le faire de cette manière là et c’est ce qui a crée de graves problèmes ces derniers temps. Les gens commencent au fur et à mesure soubhan Allâh à venir et à vouloir savoir même ce qui se passe dans le lit conjugal. Et des fois on a des frères qui nous appellent et nous passent leur mère qui nous demande si c’est interdit qu’elle demande à son fils s’il va faire un enfant. On lui dit : « non ce n’est pas haram si tu lui demandes comme ça mais si tout les jours tu vas chez lui et tu demandes : « Alors ? Vous avez fait quelque chose ? », là tu n’as pas le droit ». On ne peut pas parler de ses relations en Islam, c’est haram, on ne peut pas, qu’Allâh vous accorde Sa satisfaction, même pas la mère avec sa fille. On ne peut pas, on ne parle pas des relations intimes. Il y a des hadith très graves dans ce domaine là.

Il y a des belles-mères qui lorsqu’elles demandent les rendez-vous que le mari a ou que sa belle-fille a, qu’est-ce qu’elle fait ? Par exemple elle sait que sa belle-fille doit sortir le lendemain à 15h, elle appelle son fils une heure avant pour lui dire qu’elle arrive. Si le fils lui dit « mais on doit sortir… », sa mère lui dit « tu n’as pas honte, tu dois sortir justement le moment où je te dis que je viens !!! ».

Il y a même des frères qui nous appellent pour nous demander : « qui passe avant, ma femme qui attend son rendez-vous depuis trois semaines et moi qui ait pris congé exprès ou bien ma mère ? «  Et il y en a soubhan Allâh qui n’osent rien dire et qui sont entre deux feux et on va voir ça aussi.

C’est très grave parce qu’il y a des personnes qui n’imaginent pas que déjà, venir avec cet esprit un peu malsain, ça ne se fait pas en Islam. C’est grave parce que l’intention n’est pas bonne et que les actes ne valent que d’après leur intention.

On sait qu’il y a alors des histoires très bizarres qui commencent à ce moment là et c’est normal. La belle-fille, ça reste un être humain, elle est toute contente, elle s’est préparée pour passer une journée avec son mari, un pique-nique ou deux trois jours de vacances avec son mari et il y a la belle-mère qui arrive et qui casse tout… Ce n’est pas normal.

Il y a aussi des belles-mères qui se permettent de critiquer la belle-fille devant le fils. Ou alors l’appeler par des surnoms devant le mari : « elle est où la tordue ? Elle est où la pierre ? » Tu entends des mots incroyables en dialecte et autre. On ne peut pas, il faut qu’il y ait un certain respect. On ne peut pas critiquer quelqu’un, aucun être humain n’aime qu’on le critique comme ça ouvertement. On n’aime pas ça parce que l’on reste des êtres humains et parce que la personne va estimer directement que c’est rabaissant. Toutes ces remarques lorsqu’elles sont dites l’une derrière l’autre, après une semaine, deux semaines, trois semaines comment veux-tu que la personne continue d’accepter l’autre personne. C’est très rare.


La belle-mère doit aussi savoir que son fils ou sa fille n’est pas parfait. Il faut que nos belles-mères le sachent, elles doivent le savoir. Pourquoi ? Parce que des fois, nos jeunes ont une manière de parler, ils ont une manière de fonctionner parce qu’ils en ont hérité chez eux dans leur famille, alors comment elle va faire la belle-mère ? Au lieu de patienter de se dire qu’ils sont encore jeunes, qu’ils vont changer, non, elle met de l’huile sur le feu et ça n’arrange rien du tout.

 Des fois aussi la belle-mère n’accepte pas le mode de vie de sa belle-fille. Des fois la belle-mère, à chaque fois elle vient chez le fils: « qu’est-ce que tu as mangé aujourd’hui ?». Et vous savez les couples d’aujourd’hui ce sont des couples « light », tout le monde veut maigrir même le chat ! Alors l’épouse, comme elle est de l’année 2008 et que son mari c’est aussi un 2008/2009, vous savez … ce n’est plus l’autre génération où tu rentres chez la « walida » (maman) la pauvre qui prépare le plat de un mètre circulaire de lentilles pour trois semaines, bien congelé en paquets, tu rentres, tu n’as pas le choix, tu t’assois et tu manges ! Aujourd’hui le mari est au travail et sa femme toute contente l’appelle et lui demande:
– « je te fais un coulis de sauce » !? – « Oui »
– « Tu la veux gratinée ou pas gratinée ? » – « Gratinée oui »…
– « Et tu la veux comme ci ou comme ça ?»… – « Oui je préfère comme ci… »
– « Et le poivre tu le veux doux ou aigre-doux ou … »

Alors, imaginez-vous la scène … la femme, version 2008, elle est tout contente, elle a été dans un magasin spécial pour acheter une petite brindille, vous savez que l’on met sur l’assiette au bord avec le coulis de sauce, et elle te met un petit morceau de steak, 4 cm de côté sur 4 parce que ça se coupe avec un genre de petit carré métallique. Elle le coupe, elle le pose et elle met une « crotte » de purée…Ce sont des termes très spécifiques…Donc elle dépose cette « crotte » de purée et elle met une petite bougie avec un beau petit verre…

Imaginez-vous la scène avec une petite lumière tamisée et là Hajja (la belle-mère) qui rentre !!! « Qu’est-ce qui se passe ici ? Y’a quelqu’un qui est mort ou quoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ?» Alors la belle-fille elle est toute gênée. Chez les jeunes ils appellent ça l’amour… le respect… La belle mère elle te dit « Y’a quelqu’un qui est mort ou quoi ? »

J’ai eu des sœurs avec des histoires comme ça qui ont été très vexées. C’est là qu’elles ont juré « Wa llâhi c’est fini, ne me parle plus de ta mère ». Vous voyez c’est tout bête mais voilà.  Parfois on a l’inverse, le mari rentre et il entend que ça mère va venir, alors il appelle sa femme : « enlève les bougies et tout le bazar ma mère arrive… »  Ne commettez jamais cette erreur, la belle-mère doit comprendre qu’aujourd’hui les jeunes vivent autrement qu’elle avec son mari.

Des fois aussi la belle-mère a moins d’indulgence pour sa belle-fille que pour sa fille. Si sa fille est mariée, quand un problème arrive elle dit : « oh, c’est une erreur, ça arrive à tout le monde… » mais si c’est sa belle-fille… : « Ah ! Je l’avais dit qu’elle était tordue…je le savais qu’ il ne fallait pas la prendre… » Et ça, ça arrive souvent. On ne peut pas faire de différences comme ça, c’est de l’injustice, du « dhulm », il faut faire attention.

Il y a aussi les belles-mères qui rabaissent, dénigrent la fille même si elle fait tout son possible. Une fois j’ai eu le cas au bureau où une belle-fille était partie en ville pour acheter un beau pyjama pour sa belle-mère et aussi un bouquet de fleur. La pauvre, depuis le matin elle courait partout. Puis elle va chez sa belle-mère toute contente pour lui offrir son cadeau. La belle fille lui montre:  » Voilà c’est un pyjama ! » et là la belle-mère qui lui dit : « Tu m’as vue dormir avec un pyjama ? Tu sais au moins si je dors avec un pyjama ? »… Soubhan Allâh, directement elle rentre dedans ! Pourquoi ? Pourquoi être comme ça ? Le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) nous a dit de se faire des cadeaux entre nous, ça met de l’amour entre les personnes. C’est quelque chose de normal chez nous de faire des cadeaux.

Et c’est pour cela que l’on dit que rares sont les compliments. Rares sont les belles-mères qui viennent qui prennent leur belle-fille dans leurs bras pour la complimenter : « ah ma belle-fille al-‘aziza … je t’aime en Allâh », c’est rare hein ? Et la belle file qui serre sa belle-mère et qui lui dit : « ah khalti l-habiba (ma tante bien aimée) tu es comme ma mère… » Et les deux qui pleurent dans les bras l’une de l’autre…Pourquoi on n’a plus cette scène ? Pourquoi c’est directement le négatif ? Et bien c’est à cause de l’ignorance, des fois on croit bien faire, ça ne veut pas dire que la belle-mère est mauvaise, des fois c’est des caractères mais on va voir après pour les solutions in sha’a Allâh.
 

Des fois il y a aussi la jalousie, il y a beaucoup de belles-filles qui oublient et pourtant les sœurs devraient toujours garder en tête qu’une mère qui marie son enfant se dit la plus part du temps: « elle a volé mon fils.»  C’est drôle à dire et pourtant il ne faut pas sous-estimer cela.

Et si jamais la belle-fille vit à l’aise, des fois la belle-mère ne l’admet pas. Je vous donne un exemple: il arrive des fois que la mère a vécu toute sa vie sans machine à laver, sans lave-vaisselle, sans sèche-linge ; pas de micro-ondes, pas de mixer, pas de four à pain…Dans nos couples maintenant, on a tous les appareils et ta mère la pauvre ça fait juste un an qu’elle a sa machine à laver.

Alors toi tu te maries, tu es jeune, tu as de l’argent, tu as tout et c’est normal, ce n’est pas interdit, et tu achètes tout un tas de petits appareils et il y a des belles-mères qui rentrent en conflit à cause de ça. Yâ khaltî, Allâh (azwadial) a donné des choses que vous dans votre temps vous avez eu alors que vos parents ou grands-parents n’avaient pas eu. Au contraire, il faut que les belles-mères voient ce progrès pour leurs enfants comme une ni’ma (un bienfait). Hélas, pour certaines, la jalousie fait qu’elles veulent que cette fille n’ait rien à la maison. Pourquoi ? Ca aussi c’est un sujet à étudier. On ne peut pas penser comme ça. Si la personne vit à l’aise, il faut que nos parents soient contents, disent hamdullâh !

Et il y a un pourcentage qui a quel type de belle-mère ? Celles qui sont divorcées ou bien veuves. On a remarqué statistiquement que lorsqu’une femme est veuve ou divorcée, qui prend la place de son mari ? Son fils. Elle choisit souvent un de ses fils qui prend la place et à chaque fois qu’elle a besoin de quelque chose elle l’appelle, toutes les dix secondes s’il faut.

C’est là cher fils que tu as intérêt à faire attention parce que tu devras absolument apprendre à jouer 50/50 et la belle-mère devra comprendre qu’effectivement on perd un mari, ce n’est pas facile mais tu ne peux pas substituer ton fils à ton mari. Le fils oui, il doit rester, il doit rester absolument présent si jamais sa mère a besoin de lui mais la mère doit comprendre qu’il y a des heures qu’il est obligé de donner à ses enfants et s’il est intelligent, il y a alors moyen de s’occuper de tout le monde.

De la mère et des enfants. Mais à condition de mettre un juste milieu comme il se doit et dans le respect. Mais il y a des mères qui ne veulent pas, qui veulent que le fils soit là tout le temps.

Il y a encore un autre cas, c’est les filles qui se marient avec des garçons du « Bled ». Alors, la fille des fois elle est maligne… Il y en a une qui m’a raconté avec son mari et regardez un peu la « niyya », l’intention, un peu tordue, elle m’a dit, « moi j’ai pris un mari tranquille, il n’a aucune famille ici ». Je lui dis « et alors ? » Elle me dit « sa mère vient dans trois semaines » Je lui dit « c’est bien, tu as du ajr (récompense) en plus » Et là elle me dit : « non, elle m’a même menacé par téléphone, en me disant « j’arrive… » » Soubhan Allâh on dirait un gladiateur qui sort de l’arène et qui arrive chez toi…

Une fois j’ai dû appeler une belle-mère au Maroc, pour lui demandé de ne pas venir s’installer chez son fils ici en Belgique ! Car qu’est-ce qui se passe alors, la femme avant même que la belle-mère ait quitté le Maroc elle est déjà chez nous au bureau pour parler de quoi ? De divorce…  Alors le fils se pose la question de savoir qui il doit choisir  ! L’appartement avec ma femme ou partir avec ma mère ?

C’est pas un choix qui existe en Islam. Si tu as décidé de faire venir ta mère, c’est toi qui doit en subir les conséquences. Tu prépares un deuxième étage ou alors tu lui prends un logement. Et si t’as pas l’argent et bien fais tout ton possible pour que la famille là bas s’occupe de ta mère. Soubhan Allâh khaltî ! Tu as eu le bienfait de vivre toute ta vie dans un pays musulman, reste là bas, ne viens pas en Europe. Et vous savez de quoi je parle.

Il y a des mères les pauvres qui arrivent ici et elles restent mourantes dans un hôpital, puis elle devient lourde pour la famille, les enfants commencent à n’y aller qu’une fois sur deux…Comment est-ce qu’on fait ? On a même des couples qui nous appellent et j’ai même gardé une lettre que l’un d’entre eux m’a envoyée avec des questions comme preuve. Regardez les questions : Ma belle-mère est malade, combien de fois je dois lui rendre visite par semaine ? Allâhou Akbar ! Ca se pose cette question ? Ca se demande ? Cette belle-mère qui est comme ta mère, combien de fois je dois lui rendre visite ?

– Ma belle mère va venir habiter chez nous. Est-ce que je lui donne la plus grande pièce ou bien la plus petite parce qu’elle est toute maigre et petite ! C’est quoi ces questions ? On voit déjà que l’intention elle est bizarre. On dirait que c’est un animal qui arrive, tu lui prépares sa cage, la plus petite… Hacha lillâh ! Donc vous voyez jusqu’où ça va ?

« – Je prends une décision pour notre couple, est-ce que je dois appeler ma mère ? » –  » Peut-on refuser le contact avec une personne externe à la famille si ma belle-mère ne veut pas ? »  Mais qu’est-ce que la belle-mère a à voir la dedans ? Regardez jusqu’où on a été soubhan Allâh. Ca c’est comme des fois celui qui n’a pas de travail, qui n’a rien à faire il prend un clou et un marteau et il se dit « ah tien …il y a de la place sur ce mur.» Et bien il y a des couples maintenant c’est la même chose, ils ont tout vécu, ils ont tout fait, la seule chose qui leur reste c’est de savoir où est-ce qu’on va mettre un tel ou bien où est-ce qu’on ne va pas le mettre, si on va appeler ou on ne va pas appeler, si on va expliquer ou on ne va pas expliquer! C’est une grave erreur, faites attention.

Il y a aussi beaucoup de belles-mères qui jouent avec l’affectif. Elles vont jusqu’à demander à leur fils de divorcer leur femme. Et si il refuse, elle lui dit et c’est arrivé dans le bureau devant moi : « tu veux la malédiction d’Allâh  ou bien tu veux l’agrément de ta mère ? » Et une fois il y en a un qui a divorcé devant moi !!  Mon frère, crains Allâh, c’est interdit ! haram ! On ne peut pas divorcer suite à la demande de son père, de sa mère ou de qui que ce soit. Pourquoi divorcer ? Parce que ta mère ne l’aime pas ? Haram, lâ yajouz (ce n’est pas permis).

Il y a aussi des fois des belles-mères veuves ou divorcées qui viennent dormir tous les jours chez leur fils alors qu’il est marié. Ca aussi, on dit à la belle-mère, fais attention. Ton fils est marié, il a une certaine vie privée, intime. C’est important, c’est la vie de couple. Donc fais attention. Viens passer la soirée et puis on te raccompagne à la maison par exemple. Mais il y a beaucoup de problèmes à cause de ça. Vous voyez comment c’est délicat ? On veut se respecter tous, mais comment faire ? Ce n’est pas facile.

Maintenant, le mari ! Le pauuuuvre ! La victime… ! Il est celui en vérité qui est le plus à plaindre quand tu réfléchis…D’un côté sa femme, de l’autre ses parents ! Sa femme lui dit « je t’aime … » et sa mère lui dit « moi aussi je t’aime … » ! Sa femme lui dit « je veux ton bien », sa mère lui dit « moi aussi je veux ton bien! » Sa femme lui dit « suis-moi », sa mère lui dit « suis-moi ». Et là il les regarde. Et des fois il nous appelle. Il nous demande ce qu’il doit faire. Il nous dit que sa femme le menace et que sa mère l’appelle toutes les 24 heures et le menace aussi.

Dans l’Islam on n’a pas ça et c’est pour ça que vous allez comprendre que celui que je vise le plus, ce n’est ni la belle-mère, ni la belle-fille mais c’est l’époux. Le plus grand régulateur, le thermostat de la famille c’est l’époux parce que c’est lui qui a tout entre les mains. Il a le « qawwâmah », il est responsable de son couple, il connaît sa mère, son père, il connaît les limites, il connaît la religion, il sait que celui qui transgresse les limites fixées par Allâh (azwadial) il ne va faire de mal qu’à lui-même. Il connaît tout cela. Donc c’est lui le plus grand des régulateurs dans le couple, c’est lui qui doit savoir normalement quand est-ce qu’il peut dire oui ou quand est-ce qu’il peut dire non. Il a un « sale boulot » parce qu’il doit plaire aux deux. Et là on lui dit de faire attention parce que c’est lui qui va devoir savoir comment apaiser, comment faire lorsque quelqu’un vient se plaindre chez lui.

Maintenant des fois on a l’inverse. On a des hommes, des maris, qu’Allâh les guide, dès qu’ils ont un problème ils appellent leur mère. Il faut choisir quelqu’un de neutre pour une médiation car il doit être juste, sans avoir aucune pitié ni pour l’un ni pour l’autre. Il ne faut pas que le cœur aille vers l’une ou vers l’autre personne. C’est normal si tu parles à ta mère, qu’après il y ait des problèmes entre ta femme et elle. Pour une mère c’est normal de penser que son enfant est le meilleur. Un père c’est pareil. Et c’est pour cela qu’il y a des disputes entre voisins si des enfants ont fait une bêtise car aucun des deux n’accepte et chacun dit que c’est les enfants de l’autre. C’est naturel soubhan Allâh ! Donc ne va pas te plaindre chez ta mère ou ton père. Tu es un homme ! Laissez les parents tranquilles. Laissez-les vivre. Ils ne doivent rien savoir.

Ton père, laisse-le tranquille, ta mère, laisse-la tranquille. Parce que tu es des fois la cause de l’allumage entre les deux. On ne peut pas. C’est important, même si on s’emporte un peu là-dessus, c’est important. Le mari doit rester dans ses limites. C’est lui qui a reçu la responsabilité, c’est fini, il doit s’arranger dans son couple et dire les choses comme elles sont. Pourquoi ? Parce que des fois il est lâche. Des fois les maris sont très lâches. Il voit la vérité, il sait que la vérité est peut-être du côté de sa mère ou bien de sa femme d’autres fois, mais il se tait, pour faire plaisir aux deux. Ce n’est pas permis. Il ne faut jamais se taire devant la vérité.

Si ta mère a fait une erreur, passe dans un magasin, prends un petit cadeau, rentre, embrasse-lui la tête, demande lui: « ma mère j’ai une simple question ; imagine si un jour je te vois aller vers l’Enfer et je ne te dis rien, est-ce que tu accepterais ? » Ta mère, elle va te dire qu’elle voudrait que tu lui dises, que tu l’arrêtes, que tu la préviennes non ? Et là tu lui expliques le problème avec sa belle-fille et tu les réconcilies bi idhnillâh. Tu lui demandes de pardonner à ta femme insha Allâh. Explique-lui que chacun d’entre nous peut commettre des erreurs… Le mari a un rôle très important.

Il doit être aussi très diplomate et on a des maris qui ne le sont pas du tout. Quand sa femme a le malheur de lui dire: « Allâhi jazik, parle un peu avec ta mère parce que là vraiment elle fait des trucs bizarres… », qu’est-ce qu’il fait alors ? Il lui dit : « Et toi tu t’es pas vue ?»

Et directement il va critiquer sa femme. Non ! Si tu t’es mariée avec elle c’est parce qu’elle est honnête, tu ne t’es pas marié en disant al-hamdulillâh j’ai pris la plus tordue du quartier, et si tu as pris celle qui a la religion, alors tu as fait le bon choix. Et pour l’homme c’est la même chose, si on a pris un homme qui a la religion et le comportement, al hamdulillâh. Comment se marier pour la religion et après traiter l’un ou l’autre de menteur ? Ce n’est pas logique. Donc on dit au mari : « Sois quelqu’un qui va être capable de parler, de discuter. Parfois il est bon que tu laisses ta femme parler à ta mère. »

Il y a des maris toujours dans le domaine de la lâcheté, qu’est-ce qu’ils font ? D’un côté ils savent que leur mère est dure mais ils ne laissent pas leur femme lui parler, s’expliquer, s’exprimer. Pourquoi ? « Parce que chez nous à la maison on n’est pas comme ça, on parle pas à la mère. » Il ne faut pas partir comme ça avec une idée négative, non, il faut être positif et Allâh (azwadial), Il t’aide.

Il y a également des maris qui ne remarquent pas que la femme peut détester sa belle-mère sans qu’il n’y ait aucun contact entre elles. Vous savez comment ?

C’est le style de mari qui fait l’erreur par exemple toutes les cinq minutes il rentre dans la cuisine il voit sa femme préparer un œuf et il lui dit : « ah c’est comme ça que tu fait l’œuf…parce que ma mère elle le fait pas comme ça… » Elle le regarde et elle le fait comme sa belle-mère. « Ah mais tu le mets dans une assiette comme ça l’œuf… Parce que ma mère elle le met dans une assiette comme ça… » Alors la femme elle prend l’œuf et le met dans l’autre assiette…

A la fin elle sait même plus ce qu’elle va manger, son mari ou l’œuf !!!

Il y a des maris comme ça, toutes les deux secondes, ma mère ci ma mère ça, ma mère elle fait comme ci, ma mère elle fait pas comme ça. A force la femme miskina elle lui dit : « Eh bien tu sais quoi ? Va chez ta mère !!! » Certaines soeurs viennent nous voir et nous disent « soubhan Allâh on dirait que je ne suis pas marié avec lui, je suis mariée avec sa mère !!! ». Ce n’est pas bon, parce que tu casses la personne. Ta femme elle est cassée à ce moment-là. Ce n’est pas bien.

Il y a des maris, si sa femme fait une erreur avec sa mère, il ne pardonne rien. Il veut la justice directement. Mais si jamais c’est sa mère qui fait une erreur avec sa femme, qu’est-ce qu’il lui dit ? « Pardonne-lui, il faut être indulgent.» Ca c’est grave parce que la femme elle peut le pendre comment ? Et bien elle va penser que tu ne reconnais pas qu’une injustice a été commise. Il ne faut pas bien sûr venir dire à ton mari qu’il aille se fâcher avec sa mère, ça c’est haram mais il peut aller pour discuter avec sa mère et de préférence avec toi. Ca dépend si jamais tu sens que ça peut s’envenimer entre elle et toi, alors à ce moment n’y va pas et laisse ton mari aller avec ta mère par exemple parler à sa mère. 

Il existe un autre groupe dans la famille qui ont beaucoup de pouvoir mais qu’on sous-estime, ce sont les filles de la belle-mère. Ce sont souvent des « chipies ». Elles sont là, elles regardent un peu la belle-fille comment elle fonctionne. De toutes les façons, pour elles, elle ne sera jamais bien. Je connais plusieurs familles comme ça. Je ne connaissais pas ce cas et quand j’ai eu les histoires de deux ou trois je me suis dis soubhan Allâh ça va jusque là ! Et des fois dans le bureau tu as un tribunal : trois sœurs avec la belle-fille qui est là qui demande:  – « Mais qu’est-ce que je vous ai fait ? »
– « On t’aime pas c’est tout. Depuis qu’on t’a vu, ta tête elle ne nous revient pas.»

Et elles font quoi soubhan Allâh, elles vont parler à la mère pour la monter contre elle. Il y a des mères, elles sont gentilles mais elles font confiance à leurs enfants. La maman elle te dit: « Moi mes filles, c’est elles qui reconnaissent qui est mauvais ou qui est bien. Elles sentent ça, elles remarquent ça. Donc si mes filles m’ont dit que cette fille est mauvaise, alors elle est mauvaise.» Haram, c’est de l’injustice. Faites attention, les sœurs du mari doivent rester neutres dans la vie du couple. On peut se conseiller, on peut s’entraider mais faites attention lorsque ça arrive comme à des situations où on provoque la fitna, « les troubles ».

Des fois aussi on a des filles qui n’osent pas dire la vérité. J’ai eu un cas il y a quelques mois où les sœurs sont témoins qu’il y a une injustice et quand j’ai demandé à ces filles de témoigner, elles ont refusé. Pourquoi ? « Parce que ça ne se fait pas chez nous dans notre famille.» 

Ah d’accord, dans votre famille parce que vous avez vos règles mais en Islam, vous êtes en train de témoigner dans le mensonge, c’est comme si vous disiez à votre frère qu’il ne se passe rien.  Vous mentez.

Et vous commettez une injustice sur une personne, si elle lève les mains vers le ciel et demande à Allâh (azwadial) Sa justice et que la porte de l’invocation est ouverte et exaucée, wallâhi c’est grave.

Et ça on le sous estime, on n’y fait pas attention.


 A présent le beau-père… Je l’ai laissé à la fin le pauvre. Le beau père c’est spécial, c’est un peu comme « le pacha » qui est assis et qui regarde le couple de loin. Ca ne veut pas dire qu’il est « bête », et même, on a peur qu’il « s’allume », qu’il se réveille, parce que son réveil est très dur. Et même lui des fois il est à plaindre et il n’a pas forcément une bonne place parce que d’un côté il y a sa femme et de l’autre la femme de son fils. Mais c’est un homme, il est un mari, celui de sa femme, et comme pour le mari de sa belle fille, son fils, il doit être strict, il doit connaître les limites. Il doit raisonner.

Et combien de fois j’ai remarqué que le père il y a moyen qu’il arrange les choses en cinq minutes mais il n’ose pas. Comme m’a dit une fois un beau-père : « Hajja, je vis avec elle tous les jours, mais la femme de mon fils, je la vois une fois par semaine… » Qu’est-ce que tu vas dire à celui-là ? Ce n’est pas bien ! On ne peut pas fonctionner comme ça. Et des fois on n’emploie le père que pour les menaces, pour la casse ou alors pour aller au Maroc, pour aller au Tribunal, pour aller faire les démarches. On ne l’emploie que pour les petits besoins personnels comme ça, c’est assez étrange.

Mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, pas de cette manière. Des fois tu appelles le beau-père pour qu’il intervienne dans le couple et il refuse, il te dit : « c’est lui (son fils) qui s’est marié avec elle.» Soubhan Allâh !Cette phrase on l’entend tout le temps. Non ! cher père. Intervient, parle quand il faut intervenir parce que maintenant c’est nous qui te demandons de parler donc fais ton possible pour être présent.   Et il y aurait encore un tas de choses à dire, le sujet est très long mais on vous apporte des pistes, on vous montre les problèmes, pour que vous essayiez de mettre fin à cela.

Le principal c’est qu’il est important d’avoir la crainte d’Allâh (azwadial) quoi que vous fassiez, belle-mère, belle-fille, beau-fils, beau-père, s’il n’y a pas cette crainte d’Allâh, il peut y avoir n’importe quoi.

On vous rappelle aussi que nul n’est parfait et que c’est un pacte que vous avez signé entre vous et Allâh (azwadial) dans ce couple. Il faut aussi qu’il y ait de l’honnêteté parce que des fois avant même le mariage, au moment de demander la main, le futur mari il sait que sa mère ou son père est dur et il ne dit pas la vérité. C’est bien qu’il le dise à la future mariée, qu’il la prévienne sur le caractère de ses parents. Comme ça soit elle accepte soit elle refuse. Il faut dire la vérité car sinon on ne l’apprend qu’une fois marié et là comme vous le savez c’est parfois trop tard.

Il faut aussi savoir prendre ses responsabilités. Ca c’est aussi une des solutions, un remède. Si tu ne sais pas prendre tes responsabilités, comment veux-tu avancer dans ce couple ? Il faut aussi voir que le couple est un investissement, tu as le « ajr » (récompense) pour chaque minute passée avec ton épouse ou toi ma sœur avec ton époux. C’est une adoration, une ‘ibada. Donc partant de là il faut bien gérer cela et ne pas laisser les choses aller n’importe comment ou même des fois semer la discorde ou la zizanie dans ce couple.

Tu dois au mieux gérer ce que j’appelle la forteresse parce que wallâhi le couple c’est une forteresse attaquée de tous les côtés. Soir par shaytan, soit par les jaloux, soit par n’importe, il y a de tout, ceux qui sont mariés savent de quoi je parle. Donc il faut que tu sois quelqu’un qui sait gérer tout cela. Il faut aussi savoir qu’il y a des personnes qui sont très exigeantes, qui demandent trop, n’ont jamais assez et tu dois être au courant en tant qu’époux et en tant qu’épouse pour te préparer à cela pour lorsque tu seras marié(e).

Et on appelle aussi nos enfants à la patience, à l’endurance comme on appelle les futurs époux à demander à leurs parents de leur dire ce qu’est le mariage, c’est quoi être un époux, c’est quoi être une épouse et là des fois, la mère peut expliquer à sa fille ce qu’est une belle-mère, la bonne et la mauvaise, elle lui donne les deux cas comme ça le jour où il y a un problème elle est au courant. Que le mari demande à son père comment ça fonctionne avec le beau-père, comment est-ce qu’il faut parler avec comment est-ce qu’on fait.

Nous on ne nous a jamais appris ça il faut être honnête. Demandez autour de vous, chez les maghrébins c’est comme ça, tu te maries, débrouille-toi. Comment le couple a-t-il appris à vivre ensemble ? Dans les petits livres en français. Et nous notre génération, il n’y avait pas les livres en français et si tu ne savais pas lire l’arabe, on teste et on verra si ça passe ou ça passe pas. On n’était même pas au courant des règles, ni de jurisprudence ni rien du tout.

Non, une vie de couple il faut qu’il y ait un apprentissage, il faut qu’il y ait un enseignement car c’est un acte d’adoration et à ce moment là, elle doit être faite comme il se doit.

Et n’oubliez pas une chose ; il ne faut pas être de ceux qui interprètent à chaque fois toute petite situation qui apparaît dans le couple, tout problème qui apparaît, non ! Derrière le soupçon il y a un péché. Donc ne soyez pas de ceux qui ont à chaque fois des doutes.

Invoque Allâh pour ta mère, invoque Allâh pour ton père et fais de même pour tes beaux-parents et la fille la même chose, qu’elle invoque Allâh pour ses parents et ceux de son mari. Qu’Allâh (azwadial) leur ouvre les yeux, les guide et fasse que ce soient des personnes qui vous apportent des bénéfices insha Allâh.

Et on vous demande aussi de faire preuve de franchise et que les rencontre avec la belle famille ne soient pas juste d’arriver bien habillé, poser un gâteau, manger et repartir. Non ! Parlez d’un sujet de religion, faites un petit dars (cours), que le mari fasse un petit dars devant sa femme, ses parents, ses enfants. On n’a pas ça aujourd’hui, on ne parle pas de religion lorsque l’on est en famille, on ne discute de rien. Qu’Allah (azwadial) nous guide.

Soubhanaka allâhoumma wa bihamdik, ash-hadou anlâ ilâha illâ anta, astaghfirouka wa atoubou ilayk.

Morale par une petite fille

Ceci une histoire vécue qui arriva à l’époque à un homme pieux qui vivait avec sa famille et qui désirait se rendre à la Mecque pour effectuer son Pèlerinage.

(A l’époque, il fallait beaucoup de temps pour s’y rendre pour ceux qui habitaient loin, à cause des moyens de transports lents)

Ses fils, en apprenant cette nouvelle, dirent à leur père de ne pas y aller, car il était le seul qui travaillait pour subvenir au besoin de sa famille et devait donc rester pour travailler pour eux. Le père changea alors d’avis.

Il avait parmi ses enfants, une petite fille, pieuse, qui vint à lui et lui dit :

 » ô mon père, qui est-ce qui nous accorde notre subsistance si ce n’est Allah (azwadial)?

Ne t’inquiète pas ô mon père, rends-toi à ton pèlerinage, et comme le dit le Très Haut,
celui qui place sa confiance en Lui, Il subviendra à ses besoins par là où il s’y attend le moins. »

Suite aux paroles sages de sa fille bien aimée, le père décida de partir pour La Mecque…

Le temps passait lorsqu’un jour, un émir passa par cette contrée avec ses compagnons, et ressentit une immense soif. Il demanda à l’un de ses compagnons d’aller chercher de l’eau auprès des habitants de ce lieu afin de la lui ramener. Le compagnon partit donc à la recherche d’eau et il frappa à la porte de « notre petite famille ». Il leur demanda de l’eau et la famille lui en offrit avec grand plaisir.

Le compagnon apporta de l’eau à l’Emir qui fut très heureux de s’être désaltéré. Il demanda alors à son compagnon quelle était cette famille qui lui avait offert de leur eau pour qu’il puisse les remercier.

Le compagnon lui répondit que c’était la famille d’untel (Le père de famille était connu pour sa piété). L’émir demanda alors à ce qu’on le conduise jusqu’à lui afin qu’il puisse le remercier.

Arrivé sur les lieux, la famille lui expliqua qu’il était parti effectuer son pèlerinage et à ces mots, l’émir dit :

« En l’absence de notre frère, nous avons le devoir de nous occuper de sa famille » et il sortit une énorme bourse remplie de pièces d’or qu’il leur offrit. Puis il se tourna vers la multitude de compagnons qui l’accompagnaient et leur dit : « que celui qui m’aime fasse comme moi »

C’est ainsi que la maison de cette famille fut remplie de pièces d’or et d’argent.
 

Tout le monde sautait de joie … sauf la petite fille qui sanglotait …

L’émir la vit pleurer et lui demanda pourquoi.

Elle lui répondit :

« Un homme nous a regardé … et nous sommes riches … que dire du Regard de Dieu ? »

Regardons soubhan Allah comment Dieu le Très Haut s’occupe de celui qui place sa confiance en Lui, et regardons comment a réagi la petite fille, et comment elle a comparé la générosité d’un homme, et les immenses récompenses que Dieu le Très Haut nous promet, ici-bas et dans l’au-delà, pour notre obéissance et notre adoration.

Puissions-nous en tirer les bons enseignements…

sajidine.com

Une femme peut-elle conclure son propre mariage ?

La tutelle est un droit légal en vertu duquel le tuteur peut accomplir des actes à la place et sans l’accord de celui qui est sous le régime de la tutelle. Elle se divise en tutelle publique et tutelle privée. Puis, la tutelle privée se subdivise elle-même en tutelle de corps et tutelle de biens. Ce qui nous intéresse ici concerne la tutelle de corps, ou encore la tutelle matrimoniale.

Les conditions auxquelles le tuteur matrimonial doit satisfaire

Le tuteur matrimonial doit être de condition libre, sain d’esprit et pubère. Par conséquent, un homme dont la raison est altérée ou un enfant impubère ne peuvent tenir lieu de tuteurs matrimoniaux, car ils n’ont pas autorité sur leur propre personne. Ils ne sauraient donc avoir autorité sur autrui.

Outre ces trois conditions, le tuteur matrimonial doit aussi être musulman si celui qui est sous le régime de la tutelle l’est aussi, car un non musulman ne saurait avoir autorité sur un musulman.

Dieu (azwadial)  dit :

«…Et jamais Allah ne donnera une voie aux mécréants contre les croyants. »
[ Sourate 4 – Verset 141 ]
 

L’honorabilité du tuteur matrimonial n’est pas de rigueur

Le tuteur matrimonial ne doit pas obligatoirement être honorable, car à supposer qu’il soit dépravé, sa dépravation ne le dépossède pas pour autant de sa capacité à donner autrui en mariage. À moins, bien sûr, que cette dépravation n’aille jusqu’à l’immoralité, auquel cas on ne lui accordera plus crédit et il sera déchu de son droit.

Une femme peut-elle conclure son propre mariage ?

Nombreux sont les docteurs de la loi qui estiment qu’une femme ne peut conclure son propre mariage ni le mariage d’un tiers, et qu’un tel contrat est nul venant d’elle. Ils tirent argument du fait que la tutelle matrimoniale est une condition de validité obligatoire du contrat de mariage, et que celui qui contracte est le tuteur. Ils se fondent aussi sur un certain nombre de preuves scripturaires :
 

« …Mariez les célibataires d’entre vous et les gens de bien parmi vos esclaves, hommes et femmes. »
[ Sourate 24 – Verset 32]

« …Et ne donnez pas d’épouses aux associateurs tant qu’ils n’auront pas la foi…»
[ Sourate 2 – Verset 221 ]

L’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

« Pas de mariage sans tuteur matrimonial. »
[ Rapporté par Ahmad, Abû Dawûd, at-Tirmidhî, ainsi qu’In Hibban et al-Hâkim
qui le déclarent sahîh, d’après Abû Mûsâ al-Ash`arî ]

La négation « pas de mariage » doit être comprise comme se rapportant à la validité du mariage. On en déduit qu’ un mariage sans tuteur est nul, ainsi que nous le verrons dans le hadith de Âïsha (Radia Allahu ‘anha) ci-après.

At-Tirmidhî a dit : « La pratique qui prévaut chez les doctes d’entre les Compagnons du Prophète est conforme à la tradition suivante :  » Pas de mariage sans tuteur matrimonial. »

On peut citer entre autres Compagnons qui ont adopté cet avis, ‘Umar Ibn al-Khattâb, ‘Ali Ibn Abî Tâlib, `Abdallah Ibn ‘Abbas, Abû Hurayra, Ibn ‘Umar, Ibn Mas`ûd ou encore Âïsha (Radia Allahu ‘anha) .

Quant aux juristes de la génération qui leur a succédé, on peut citer Sa`îd Ibn al¬Musayyib, al-Hasan al-Basrî, Shurayb, Ibrahim an-Nakha’î, ‘Umar Ibn ‘Abd al¬`Azîz  et d’autres encore. C’est également l’avis adopté par Sufyân ath-Thawrî, al¬Awzâ’î, ‘Abdallah Ibn al-Mubârak, ash-Shâfi’î, Ibn Shibrima, Ahmad, Ishâq, Ibn Hazm, Ibn Abî Laylâ, at-Tabârî ou encore Abû Thawr  (rta). »

Le tuteur doit se munir du consentement de sa pupille avant de la marier

Outre les divergences des docteurs de la loi au sujet de la capacité de la femme à conclure son propre mariage, le tuteur de celle-ci doit obligatoirement la consulter et savoir si elle consent au mariage avant de le contracter.

En effet, le mariage est une union permanente et une association entre mari et femme. L’harmonie du couple ne perdure que si le consentement de cette dernière est pris en compte.

C’est pourquoi le Législateur suprême a défendu aux tuteurs de contraindre leurs pupilles au mariage, qu’elles soient vierges ou non, et Il a rendu le mariage invalide dès lors qu’il a été contracté sans leur consentement. 

C’est aussi la raison pour laquelle elles ont le droit de demander la dissolution du mariage et d’annuler le contrat en tel cas. On en a pour preuve les éléments scripturaires suivants :

1- Ahmad, Muslim, Abû Dâwûd, an-Nasâ’î et Ibn Mâja (rta) rapportent d’après Ibn `Abbâs (Radhiallahu anhu) le hadith suivant :

« Une femme qui a déjà été mariée -thayyib- est plus à même de disposer de sa personne que son tuteur. Quant à celle qui est vierge, on doit lui demander sa permission : son silence en tiendra lieu. »

Il faut comprendre par là que la femme qui a déjà été mariée est plus à même de disposer de sa personne en ce sens que son tuteur ne peut la donner en mariage sans son consentement, non qu’elle peut conclure son propre mariage sans tuteur.

Dans une autre version rapportée par Ahmad, Muslim, Abû Dâwûd et an¬Nasâ’î, (rta) , il est dit : « Quant à la vierge, c’est à son père de lui demander son consentement. », bien entendu avant de la donner en mariage.

2- On rapporte d’après Abû Hurayra que l’ Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

« La femme qui a déjà été mariée ne peut être donnée en mariage qu’après avoir eu son consentement; la femme vierge ne peut être donnée en mariage qu’après avoir obtenu son autorisation. –Ô Envoyé de Dieu ! Et comment savoir si elle l’autorise ? demandèrent alors les fidèles. –En gardant le silence, répondit le Prophète.»

3- AI-Bukhârî, Abû Dâwûd, an-Nasâ’î, at-Tirmidhî, Ibn Mâja et Ahmad (rta) rapportent que le père de Khansâ’ Bint Khidâm l’a mariée alors qu’elle l’avait déjà été, celle-ci refusa d’accepter le mariage et en fit part au Prophète qui annula l’union.

4- Ahmad, Abû Dâwûd, Ibn Mâja et ad-Dâraqutnî rapportent d’après Ibn `Abbâs (Radhiallahu anhu) qu’une jeune vierge vint trouver l’ Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) et lui raconta que son père l’avait mariée sans son consentement , celui-ci lui donna alors le droit de choisir.

5- D’après ‘Abdallâh Ibn Burayda, d’après son père :

« Une jeune fille alla trouver L’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) et lui tint le propos suivant : « Mon père m’a mariée à son neveu afin d’anoblir sa lignée. » Le Prophète lui a donné un droit d’annulation,
celle-ci rétorqua : « J’accepte la décision de mon père « ; »je voulais seulement que
les femmes sachent que leurs pères n’ont aucun droit en ce domaine. » »
[ Ibn Mâja rapporte ce hadith au moyen d’une chaîne de garants mentionnés dans le Sahîh.]

L’absence de tuteur matrimonial

Si le tuteur proche qui satisfait aux conditions de la tutelle matrimoniale est présent, le tuteur lointain n’a pas vocation à assumer ce rôle.  Ainsi, par exemple, dans le cas où le père est présent, ni le frère ni l’oncle ni ceux qui viennent hiérarchiquement après eux n’ont vocation à assumer la tutelle matrimoniale. Cependant, si le tuteur le plus proche s’absente durant un délai tel qu’il donne le droit au prétendant (de condition égale à la fiancée) de ne pas attendre sa décision, la tutelle matrimoniale est alors dévolue d’office à celui qui vient après lui dans la hiérarchie, et cela, afin qu’un mariage avantageux n’échappe pas à la promise.

Et il n’appartient pas au tuteur absent de s’opposer à la conclusion du mariage de celui qui lui fait suite à son retour, car par son absence, il était considéré comme inexistant, raison pour laquelle le droit de tutelle a été dévolu à celui qui lui faisait suite. Tel est l’avis des Hanafites sur cette question.

Pour ash-Shâfi’î (rta) , si le tuteur lointain donne sa pupille en mariage malgré la présence du tuteur proche, ledit mariage est nul. Maintenant, si le tuteur proche est absent, ce n’est pas au tuteur qui vient après lui de la marier, mais ce sera au juge de le faire.

Le cas de la femme qui n’a pas de tuteur ou qui ne peut atteindre le juge

Al-Qurtubî (rta) a dit :

« Si une femme se trouve en un lieu où il n’y a ni juge ni tuteur, qu’un  » voisin » la marie et assume ce rôle à leur place. En effet, il faut bien que les gens trouvent qui les marie et le fait est qu’ils font du mieux qu’ils peuvent en tel cas. » [ Voir Al-Jâmi’ li-Ahkâm al-Qur’ân d’al-Qurtubî, t. 3 ; p. 76 ]

C’est pourquoi Malik (rta) a dit de la femme indigente qu’elle pouvait être donnée en mariage par celui qui s’en occupe, car faisant partie des gens qui accèdent difficilement au juge, elle peut légitimement être considérée comme n’ayant pas de juge à sa disposition.

Tout musulman doit donc pouvoir tenir lieu de tuteur pour elle. Quant à ash-Shâfi’î (rta) , il estime que s’il se trouve dans la société une femme qui n’a pas de tuteur et qu’un homme chargé par elle de la représenter la donne en mariage, le mariage est valable, car cet acte relève de l’arbitrage -tahkîm- et l’arbitre peut tenir lieu de juge.

Le droit de tutelle matrimoniale du juge

Le droit de tutelle matrimoniale est dévolu au juge dans les cas suivants :

  • En cas de désaccord entre les tuteurs.
  • En cas d’absence ou d’inexistence de tuteur.

Ainsi, dans le cas où un homme de même condition que la promise se présente et qu’elle consent à se marier avec lui, mais que tous les tuteurs de celle-ci sont en voyage, fut-ce dans un lieu qui est à peu de distance, il appartient alors au juge de conclure lui-même le contrat de mariage entre les deux parties.

À moins bien sûr que le prétendant et la promise consentent à attendre le retour du tuteur absent, car c’est là un droit qui est acquis à cette dernière, même si le délai d’absence du tuteur est long. Des traditions se rapportent bien à ce chapitre, mais elles sont toutes douteuses.