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Le coeur

Le cheminement spirituel se réalise par le coeur.  Ce dernier est l’élément essentiel et central de l’homme.  Le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) – que la Paix et le Salut soient sur lui – a dit:

« Il est dans le corps un morceau de chair qui, s’il est sain, rend tout le corps sain, mais s’il est corrompu, corrompt tout le corps.  Il s’agit du coeur. »

Allah (azwadial) – Exalté soit-Il –  dit dans un verset :

{ Allah n’a pas placé deux coeurs dans la poitrine de l’Homme [… ] }

[ Sourate 33 – Verset 4 ]

Un mystique commente ainsi ce verset: 

« La Majesté Incomparable qui t’a conféré le bienfait de l’existence n’a placé en toi qu’un seul coeur afin qu’avec lui tu n’aimes qu’Allah (azwadial) Seul, et que tu renonces à tout le reste et que tu ne le consacres qu’à Lui en t’abstenant de diviser ton coeur. »

Pour cheminer vers son Seigneur (azwadial), le coeur doit purifier son but par la sincérité et purifier sa recherche par la véracité de l’effort , car Allah (azwadial), comme l’a dit Son Messager (sallAllahou alayhi wa salam) est pur et n’accepte que ce qui est pur.

D’où l’importance, au début du cheminement surtout, d’extirper du coeur tout amour d’autre que Lui (azwadial).  La pureté de l’intention, à ce moment-là, est une condition sine qua non.

L’âme, toute âme, est aspirante à la connaissance d’Allah (azwadial).  Au plus secret d’elle-même, elle est consciente de cette recherche et de ce désir de retour :

{ Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam et les fit témoigner sur eux mêmes : « Ne suis-je pas votre Seigneur » – Ils répondirent : « Mais si, nous en témoignons » ; afin que vous ne disiez point au Jour de la Résurrection : « Vraiment, nous n’y avons pas fais attention. »} 

[ Sourate 7- Verset 172 ]

L’homme dans sa nature première et originelle est profondément croyant de par ce pacte qu’il a noué avec son Créateur dans le monde invisible des âmes.  Le souvenir de cette rencontre est à jamais gravé dans chaque âme humaine.  C’est ce qu’explicite le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) dans le hadîth suivant:

« Chaque nouveau-né vient au monde avec une nature pure, mais ce sont ses parents qui font de lui un juif, un chrétien ou un zoroastrien. »

Cette « nature pure » (fitra) est une prédisposition innée, chez chaque être humain, à connaître et à attester l’Unicité d’Allah.  Mais, par l’influence néfaste, le coeur peut être dévié de son orientation originelle :

{ Malheur, ce jour-là, aux négateurs, qui démentent le Jour de la Rétribution.  Or, ne le dément que tout transgresseur, pécheur qui, lorsque Nos versets lui sont récités, dit : « (Ce sont) des contes d’anciens! » Pas du tout, mais ce qu’ils ont accompli (comme péchés) couvre leurs coeurs.  En vérité, ce jour-là, un voile les empêchera de voir leur Seigneur. }  

[ Sourate 83 – Versets 10 à 15 ]

 Ainsi les péchés voilent le coeur dans son cheminement du retour. À l’origine, l’âme était encore dans sa nature première pure, elle pouvait recevoir la parole et « percevoir » le Majestueux (azwadial).  La purification du coeur et donc la transparence de l’âme aura pour but ultime de permettre à l’homme de « revenir à cet état », et de retrouver en lui-même la trace de cette rencontre sublime.

 Le mystère de la vie humaine, comme l’a dit un mystique, consiste en cette tension entre le désir du « retour » et l’impossibilité de le faire sans connaissance véritable d’Allah (azwadial).  Comme le dit El Ghazâlî (rahimahullâh) :

« Chaque âme, malgré les différences individuelles, est prédisposée à connaitre la « Réalité » (al-haqq).  C’est pour cela que l’âme se distingue des autres substances du monde, car elle est le lieu de la science des choses divines. »

La seule dimension de l’homme capable de connaitre et ressentir les réalités spirituelles est le coeur, miroir de l’âme. Cette âme fait partie intégrante du monde de l’au-delà et possède les moyens de l’explorer.  Ceci prend origine dans la raison, passe par l’adoration exotérique, par les sens et les membres, et finit par l’adoration ésotérique du coeur.

Si l’âme a été envoyée dans ce bas-monde enveloppée dans sa condition corporelle, c’est pour lui permettre de remplir ce « mandat » (amâna) de retour qui est sa véritable destinée ; ce « mandat » que les cieux, la terre et les montagnes ont refusé de porter :

 { Nous avions proposé le mandat aux cieux, à la terre et aux montagnes.  Ils ont refusé de le porter et en ont eu peur, alors que l’Homme s’en est chargé ; il est très injuste envers lui-même et très ignorant. } 

[ Sourate 33 – Verset 72 ]

« L’homme doit en effet acquérir en ce monde par l’usage de ses sens, et donc, sa raison, une certaine connaissance des oeuvres d’Allah (azwadial) et, par ce truchement, une connaissance d’Allah Lui-même. »

Ainsi, l’itinéraire spirituel présuppose-t-il, tout d’abord, que le coeur soit en perpétuelle purification, car plus le coeur se vide des traces de ce bas-monde, plus son miroir devient transparent, au point qu’il renvoie du profond de l’âme le souvenir de la Présence d’Allah (azwadial).  

En effet, Allah (azwadial) a donné à Son livre le nom de dhikr, qui veut dire le rappel.  Cette dénomination n’a de sens que s’il y a eu déjà une rencontre après laquelle l’oubli s’est installé.

Ainsi, la prière, le jeûne, la zakât, le pèlerinage et d’autres actes surérogatoires tels que l’évocation et le rappel du Nom d’Allah (azwadial) (dhikr), la demande (du’â), la méditation (tafakkur) etc., ainsi que tous les actes relevant des enseignements de l’islam sont des échelles vers la perfection recherchée et la transparence escomptée, et des confluants vers une purification qui mène à la vraie Vie :

{ Ô vous qui croyez!  Répondez à Allah et au Messager lorsqu’Il vous appelle à ce qui vous donne la (vraie) vie, et sachez qu’Allah s’interpose entre l’Homme et son coeur, et que c’est vers Lui que vous serez rassemblés. } 

[ Sourate 8 – verset 24 ]

Ibn ‘Atâllah Iskandarî disait dans ses Sagesses « Comment un coeur peut-il s’illuminer, alors que son miroir est imprégné par les formes illusoires de ce monde.  Ou comment peut-il partir vers Allah (azwadial) alors qu’il est enchainé par ses désirs ou comment peut-il espérer entrer dans la Proximité d’Allah sans se purifier de la souillure de l’oubli et comment espère-t-il comprendre la subtilité des secrets (spirituels) alors qu’il ne s’est pas repenti de ses fautes. »

 { Le jour où ni les biens, ni les enfants ne seront d’aucune utilité,
sauf pour ceux qui iront à Allah avec un coeur pur. }
 [ Sourate 26 – Versets 88 /89 ]

Mais l’outil est rouillé par les péchés et par l’influence extérieure, et ne peut retourner à sa nature première pure pour percevoir la lumière que par une prise de conscience qui le remet sur le chemin du retour.  La noblesse de l’homme, comme le dit Ghazâlî  (rahimahullâh)  , par rapport aux autres créatures, est qu’il est prédisposé à connaitre son Créateur (azwadial), et ceci non pas par un de ses sens ou par sa raison, mais par son coeur.  C’est lui qui oeuvre pour Lui, c’est lui qui chemine vers Lui et c’est lui qui reçoit ce qui advient de Lui (azwadial).  Les sens et les membres ne sont que ses serviteurs :

« Il est dans le corps un morceau de chair qui, s’il est sain, rend tout le corps sain mais s’il est corrompu, tout le corps est corrompu – certes, il s’agit du coeur. »

 { A réussi, certes, celui qui la (l’âme) purifie.  Et est perdu, certes, celui qui la corrompt. }
[ Sourate 91 – Versets 9 – 10 ]

C’est pour cela qu’il faut bien connaître son coeur, car celui qui le connaît, se connaît bien lui-même et celui qui se connaît lui-même connaîtra son Seigneur.  Sinon, Allah (azwadial) s’interpose entre l’homme et son coeur, c’est la perdition:

{ […] Et sachez qu’Allah s’interpose entre l’Homme et son coeur [… ] }

[ Sourate 8 – Verset  24 ]

Quand un coeur se détourne continuellement de son Créateur (azwadial), c’est la mort véritable dont les symptômes consistent à ce que l’on ne réagisse plus aux blessures de la désobéissance et que l’on ne ressente plus l’effet dévastateur de l’ignorance de la vérité et de l’adhésion aux vaines croyances.  Les causes de cette mort sont les séductions (fitna) de ce bas-monde qui assaillent les coeurs et constituent les causes de leurs maladies.  Elles peuvent être résumées dans les désirs de concupiscence (shahawât) et dans le doute (shakk).  Les premiers impliquent la corruption du dessein (al-‘azm) et de la volonté (irâda) à cheminer, les seconds impliquent la corruption de la connaissance et de la croyance.

En effet, le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

« Les séductions assaillent les coeurs une tache noire s’inscrit sur chaque coeur qui se laisse tenter par ces tentations, et une tache blanche s’inscrit sur chaque coeur qui les rejette ; jusqu’à ce que le coeur continuellement séduit devienne noirci et enflé comme une cruche usée qui ne reconnaît aucun bien et ne rejette aucun mal, et que le coeur résistant à la tentation devienne si blanc qu’aucune séduction n’atteindra préjudiciablement tant que les cieux et la terre perdurent. » [ Rapporté par Muslim.]

Ainsi, faut-il purifier le coeur de tout péché intérieur comme la jalousie (al-hasad), la haine (al-hiqd), l’orgueil (al-kibr), l’ostentation (riyâ) et, surtout, l’amour de ce bas-monde (hubbu-d-dunyâ) éphémère et illusoire.  Et pour faciliter cette tâche, il faut d’abord, purifier les membres et les sens des péchés extérieurs qui laissent un impact néfaste sur le coeur.

Selon Ibn al-Mubârak « Les péchés tuent les coeurs, les mauvaises accoutumances n’engendrent qu’humiliation (le Jour de Jugement), l’abandon des péchés est la vie des coeurs et le bien pour toi est de désobéir à ton ego (nafs). »

Ka’b al-Ahbâr a dit: «

Je suis entré chez  Aisha  (Radhiallahu anha)– Qu’Allah soit satisfait d’elle – et j’ai dit :

« les yeux de l’homme sont son guide; ses oreilles, des indicateurs ; sa langue est un interprète ; ses mains sont des ailes ; ses jambes sont un facteur (qui le transporte) et son coeur est le roi.  Si le roi est juste, ses soldats le sont aussi »

Aïsha (Radhiallahu anha) a reprit : « C’est exactement comme cela que j’ai entendu parler le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) »

     Si le coeur se soumet à l’ego, le Diable (shaytân) lui embellit les désirs et les plaisirs et lui présente les séductions de ce bas-monde jusqu’à ce que l’ego ordonne aux soldats d’assouvir ses penchants.  Mais si le coeur a la crainte d’Allah (azwadial), il se rappelle que son but sur terre est ce mandat de retour, il commence à rechercher la connaissance en se débarrassant de tout ce qui peut perturber la transparence de l’âme.

 C’est le sens du hadîth qui dit:

« Si les Diables ne voilaient pas (par les tentations égarantes) les coeurs des enfants d’Adam, ces derniers auraient vu le Royaume des cieux. » [ Rapporté par Ahmad.]

Dans ce combat, rien ne vaut l’aide et la grâce d’Allah (azwadial).  C’est Lui Seul qui a créé les coeurs et Lui Seul sait comment les préserver de leurs ennemis.  Donc, attache-toi à Lui et implore Son aide et Sa Miséricorde, et ne sois pas tel que celui qui cherche à ce que le Roi lui fasse grâce et le rapproche alors qu’il fait tout pour qu’il le refuse et l’éloigne :

{ Nous n’avons envoyé, avant toi, ni messager ni prophète qui n’ait récité (ce qui lui a été révélé) sans que le Diable n’ait essayé d’intervenir (pour semer le doute dans le coeur des gens au sujet) de Sa récitation.  Allah abroge ce que le Diable suggère et Allah renforce Ses versets.  Allah est Omniscient et Sage.  Afin de faire de ce qu’insuffle le Diable une tentation pour ceux qui ont une maladie au coeur et ceux qui ont le coeur dur.  Les injustes sont certes dans un schisme profond.  Et afin que ceux à qui le savoir a été donné sachent que (le Coran) est, en effet, la Vérité venant de ton Seigneur, qu’ils y croient alors, et que leurs coeurs s’y soumettent en toute humilité.  Allah guide, certes, vers le droit chemin ceux qui croient. } [ Sourate 22 – Versets 52 à 54 ]

Dans ce verset, Allah (azwadial)– Exalté soit-Il –  décrit 3 sortes de coeurs :

Un coeur malade (qalb marîdh) : c’est un coeur alimenté tantôt par la foi et tantôt par la concupiscence.

 Un coeur dur (qalb qâsî) : c’est un coeur mort spirituellement.  Dans cette catégorie, on peut discerner: le coeur de l’hypocrite (munâfiq).  C’est un coeur qui sait mais refuse la vérité.  Dans le Coran, Allah (azwadial) nous dit:

{ Qu’avez-vous à vous diviser en deux factions au sujet des hypocrites, alors qu’Allah les a refoulés (dans leur infidélité) pour ce qu’ils ont acquis (en actes) ? Voulez-vous guider ceux qu’Allah a égarés ?  Et quiconqu’Allah égare, tu ne lui trouveras pas de chemin (pour le ramener). }
 [ Sourate 4 – Verset 88 ]

Dans cette catégorie, il y a aussi le coeur du mécréant qui ne croit pas ; c’est un coeur voilé et couvert qu’Allah (azwadial) détourne de Sa parole:

{ Et quand tu lis le Coran, Nous plaçons entre toi et ceux qui ne croient pas en l’au-delà, un voile invisible.  Nous avons mis des voiles sur leurs coeurs, de sorte qu’ils ne le comprennent pas, et dans leurs oreilles une lourdeur.  Et quand, dans le Coran, tu évoques ton Seigneur l’Unique, ils tournent le dos par répulsion. } 

[Sourate 17 – Versets 45 /46 ]

Et enfin,

Un coeur soumis à la parole d’Allah en toute humilité (qalb mukhbit) – c’est un coeur vivant.  Il est le seul à avoir la garantie d’être guidé vers le droit chemin.

Le monde des Djinns

Ce qui est invisible n’est pas forcément inexistant

        Le fait que l’on puisse pas voir les djinns n’implique pas qu’ils n’existent pas pour autant. Tel est l’avis des matérialistes de notre époque et de ceux qui ont suivi leurs traces. En effet, combien existe-t-il de choses que nos yeux ne voient pas mais dont  les effets sont perceptibles ? Certes, les exemples sont aussi nombreux que variés. On peut citer, l’air, le courant électrique et se limiter à cela.

De plus, demandez à ces insensés qui prétendent qu’ils ne croient que ce qu’ils voient, pourquoi leur arrive-t-il parfois de voir des choses qui n’existent pas, telles que les mirages ou les hallucinations nées de l’imagination ?

De quoi sont créés les djinns ?

        Les versets du Coran et les hadiths montrent sans équivoque que les djinns ont été créés de feu.

Allah  (azwadial) dit :

 « Et Il a crée les djinns de la flamme d’un feu sans fumée » 

(Sourate 55 verset 15).

     Selon Ibn Abbas (Radhiallahu anhu), l’expression « sans fumée » signifie «de l’extrémité de la flamme ». D’autres savants pensent que cette expression signifie qu’il s’agit du plus pur et du meilleur des feux. Dieu est le plus savant ! Ce qui nous importe c’est de savoir tout simplement que les djinns ont été créés de feu et qu’ils ont donc une constitution tout à fait différente de la nôtre.

Il dit aussi : « et quant au djinn, Nous l’avions crée auparavant d’un feu d’une chaleur ardente »

 (Sourate 15 verset 27)

 Ce verset nous apporte une information complémentaire ; il nous indique en effet que les djinns ont été créés avant l’homme.  

   Allah  (azwadial) dit aussi par la bouche d’Iblis (Que la malédiction soit sur lui !) :

« Tu m’as créé de feu alors que Tu l’as créé d’argile » 

(Sourate 7 verset 12).

     Certains argueront comment pouvez-vous prendre les paroles d’Iblis comme une preuve alors qu’il se peut qu’il mente ? Nous répondrons que la preuve ne se trouve pas dans la parole d’Iblis en elle-même mais dans le fait que cette parole a été rapportée par Allah Lui-même et il ne sied pas à Allah de rapporter des propos mensongers.

      Pour ce qui est de la Sunna, on peut citer le hadith du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)   rapporté par Muslim et Ahmad :  « Les anges sont créés de lumière, les djinns d’un feu sans fumée et Adam comme on vous l’a décrit »

Les demeures des djinn

 Les djinns  préfèrent les endroits non habités par les hommes tels que les déserts et les terrains vagues.

C’est pour cela que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)  sortait dans le désert pour leur rappeler Allah (azwadial), leur lire le Coran et leur enseigner leur religion. Ce fait est transmis par Ibn Abbas et Ibn Mass’oud (Radhiallahu anhu) dans le Sahih Muslim.

     Ainsi, certains parmi eux vivent dans les endroits sales (poubelles..), et d’autres vivent parmi les hommes. Les djinns vivent dans ces lieux sales afin de manger les restes de nourritures jetés par les hommes. Aussi, certains djinns vivent dans les cimetières et les ruines.

On les trouve aussi dans les toilettes et dans les salles de bain, c’est pour cela que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)  recherchait la protection d’Allah contre les démons mâles et les démons femelles lorsqu’il pénétrait dans les lieux d’aisance.

Les djinns mangent-ils et boivent-ils ?

        Les savants se sont divisés en trois groupes au sujet de savoir si les djinns mangent et boivent. Certains d’entre eux prétendent que les djinns ne mangent ni ne boivent et ceci est un propos nul et sans fondement. Un second groupe pense que certains djinns mangent et boivent et que d’autres ne mangent ni ne boivent. Tandis que le dernier groupe prétend que tous les djinns mangent et boivent.

     Al Bukhari rapporte un hadith dans lequel il est mentionné que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)  demanda  à Abu Hurayra (Radhiallahu anhu) de lui apporter des pierres avec lesquelles il puisse se nettoyer. Il dit : « N’apporte pas d’os ni d’excréments »

Plus tard, Abu Hurayra (Radhiallahu anhu) lui demanda la raison de cette interdiction. Il (sallAllahou alayhi wa salam) dit :

« Ils font partie de la nourriture des djinns. Une délégation des djinns Nasibi, qui sont les meilleurs parmi les djinns, est venue me demander des vivres pour un voyage. J’ai alors invoqué Allah en leur faveur afin qu’ils ne passent pas à proximité d’un os ou d’un excrément sans pouvoir en tirer quelque nourriture »  

Les djinns peuvent-ils changer de forme et d’apparence ?

        Les djinns ont la capacité de prendre des formes et de changer d’apparence. Selon Ibn Taymiya (rahimahullâh), ils peuvent prendre une forme humaine ou animale telle qu’une vache, un scorpion, un serpent, un oiseau. Il dit aussi que le chien noir est le diable des chiens et les djinns apparaissent souvent sous cette forme. Ils peuvent aussi apparaître sous forme d’un chat noir car en fait le noir ajoute à la force néfaste des diables.

     Il est rapporté aussi qu’Iblis prit l’apparence d’un vieil homme du Nadj lorsque les mécréants de Qoraysh s’étaient réunis à Dar An-Nadwa  (assemblée des notables de La Mecque) afin de discuter sur le sort qu’il fallait réserver à Muhammad (sallAllahou alayhi wa salam) . Iblis  – que la malédiction soit sur lui – leur avait suggéré de le tuer.

     Il faut préciser que lorsqu’un djinn prend une forme humaine ou animale alors il obéit aux lois physiques de cette forme ; à savoir, qu’il sera possible de le voir ou de le  tuer d’un coup de feu ou de le blesser d’un coup de couteau. C’est pour cela que les djinns ne restent que peu de temps sous une telle forme car ils deviennent alors vulnérables. En fait, ils profitent de leur invisibilité pour effrayer les gens.

Existe-t-il des mâles et des femelles parmi les djinns ?

        Lorsque le Prophète(sallAllahou alayhi wa salam)  entrait dans les lieux d’aisance, il récitait l’invocation suivante : « Ô Seigneur, je demande protection auprès de Toi contre les démons mâles et les démons femelles. » ( Allahouma ini a’oudoubika minal khoubthi wal khoubeyth ) (transmis par Anas et rapporté par Bukhari et Muslim.)

Ceci montre clairement qu’il existe des mâles et des femelles parmi les djinns.

Est-ce que les djinns ont des rapports sexuels et une progéniture ?

  Allah (azwadial) dit :  « qu’avant eux aucun homme ou djinn n’a déflorées » 

(Sourate 55 verset 74).

 Il dit aussi :  « Et lorsque Nous dîmes aux Anges : « Prosternez-vous devant Adam », ils se prosternèrent, excepté Iblis qui était du nombre des djinns et qui se révolta contre le commandement de son seigneur. Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour alliés en dehors de Moi, alors qu’ils vous sont ennemis ? » 

(Sourate 18 verset 50)

        Le premier verset montre que les djinns ont la capacité de déflorer donc d’avoir des rapports sexuels. Le second montre que les djinns ont une descendance issue de ces rapports sexuels d’une part et d’autre part il prouve clairement qu’Iblis est un djinn et non un ange comme certains le prétendent.

Est-ce que les djinns sont responsables de leurs actes ?

        Tout comme les humains, les djinns sont responsables de leurs actes. En effet, Allah (azwadial)  leur demandera le jour du Jugement dernier :  « Ô communauté des djinns et des humains, ne vous est-il pas venu des messagers, choisis parmi vous, qui vous ont raconté Mes Signes et averti de la rencontre de ce jour ? »  (Sourate 6 verset 130).

        Selon l’Imam Ibn Taymiya (rahimahullâh), les djinns observent des obligations en relation avec leur nature spécifique. Etant différents des êtres humains, leurs devoirs sont forcément différents aussi.

La foi et la religion des djinns

     Les djinns sont sur ce point comme les êtres humains. Ils peuvent être chrétiens, juifs, mécréants ou musulmans.

     Les musulmans parmi eux sont tout comme les musulmans parmi les hommes ; certains sont pieux, d’autres sont des pervers, d’autres encore suivent la Sunna du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)  tandis que d’autres commettent des innovations interdites. Et Allah montre que des djinns parmi eux ont dit : « Il y a parmi nous des vertueux et d’autres qui le sont moins ; nous étions divisés en différentes sectes. » (Sourate 72 verset 11)

     Ibn Abbas dit que la fin du verset « nous étions divisés en différentes sectes. » signifie « Il y a parmi nous des croyants et parmi nous des mécréants ».

Est-ce que les djinns croyants entreront au paradis ?

     Les savants sont unanimes sur l’entrée en enfer des djinns mécréants .

        L’Imam Ibn Taymiya dit que l’unanimité des savants sont d’avis que les djinns mécréants seront punis par le feu de l’enfer et l’avis le plus prépondérant sur le sort des djinns croyants est qu’ils iront au paradis.

        L’Imam Ibn Kathir dit à ce sujet que la vérité consiste à dire que les djinns croyants tout comme les hommes croyants iront au paradis. Il dit que les savants qui sont de cet avis s’appuient sur le verset suivant relatif aux houris du paradis: « qu’avant eux aucun homme ou djinn n’a déflorées » (Sourate 55 verset 74).

Les djinns ont peur des êtres humains

       L’Imam Ibn Kathir rapporte dans son Tafsir que les arabes avaient l’habitude, quand ils voulaient camper dans un lieu, de demander la protection du chef des djinns qui s’y trouvaient de peur de leur nuisance.  

     En constatant cela, les djinns accablaient les hommes par la peur, la folie et la détresse de sorte que ces derniers redoutaient la puissance des djinns à tout moment et en tout lieu.

     Ikrima a expliqué ce fait et dit : « Les djinns et les hommes se redoutaient mutuellement mais les djinns éprouvaient une crainte plus intense que les hommes. Quand les hommes descendaient dans une vallée, les djinns prenaient la fuite.  Le chef des humains disait : « Nous demandons la protection du maître de cette vallée » Les djinns se disaient alors : « Puisqu’ils nous craignent, approchons nous d’eux et accablons-les par la folie et la peur. »

Tel est le sens des dires d’Allah (azwadial) :  « Or, il y avait parmi les humains, des mâles qui cherchaient protection auprès des mâles parmi les djinns mais cela ne fit qu’augmenter leur détresse. » (Sourate 72 verset 6)

        Il ressort de ce récit que les djinns sont des êtres peureux  par nature mais qu’ils peuvent ressentir les sentiments de l’humain tels que la colère, la tristesse, la peur ou la quiétude. En fait, les djinns profitent de ces états de l’homme pour le mettre en déroute et susciter l’effroi dans son coeur. Ils sont comme ces chiens qui sitôt qu’ils ont compris que vous aviez peur vous mordent.

Les compagnons du prophète

Chaque Envoyé de Dieu a eu son cercle de disciples qui l’a soutenu et affermi dans sa mission en ce bas-monde.  Ces croyants de la première heure sont ceux aussi qui ont eu le mérite de garder et de préserver les enseignements transmis par les prophètes de Dieu aux générations futures.  Si le judaïsme a eu ses « juges » et si le christianisme a eu ses « apôtres », l’islam a eu ses « compagnons »  As-Sahâba , les proches disciples du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) qui l’ont soutenu dans son apostolat et qui ont propagé, après sa mort, son message.
 

 C’est grâce à eux que les enseignements de l’islam nous sont parvenus intacts.  Par leur dévouement et leur fidélité à la voie du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) ils ont pu nous transmettre les dires et les actes de ce qui constitue aujourd’hui, la Sunna de l’Envoyé de Dieu, deuxième fondement de l’islam après le Coran.

 N’est-ce pas grâce à eux que le Saint Coran fut conservé et protégé des altérations que connurent les précédentes Écritures saintes ?  N’est-ce pas grâce à eux que le Message du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) se propagea aux quatre coins du monde et supplanta les autres croyances tombées en désuétude ?  Le Saint Coran les a décrit ainsi :

« Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certain d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore; et ils n’ont varié aucunement dans leur engagement »


[ Sourate 33 – verset 23 ]

   Riches ou pauvres, libres ou esclaves, le seul dénominateur commun qui les liait était la foi en Dieu et la fidélité au Message du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) c’était leur raison de vivre et leur idéal pour lequel ils ont tout donné, y compris leur vie.

    À ce titre, le professeur Khâlid Muhammad Khâlid s’interroge « Qui a incité les nobles du peuple du Prophète à accourir pour embrasser ses paroles et sa religion : Abû Bakr, Talha, Az-Zubayr, ‘Uthmân ibn ‘Affân, ‘Abd Ar-Rahmân ibn ‘Awf et Sa’d ibn Abî Waqqâs (Radhiallahu anhu). Ils quittèrent tout ce qu’ils avaient comme gloire et faste pour la voie de l’épreuve ? »

En effet, qu’est-ce qui a poussé les faibles de son peuple à accourir pour être sous son étendard et le suivre, lui qui était sans armes et sans argent.  Il n’était pas à l’abri de la méchanceté et de la haine de ses proches, de son clan, de son peuple.  Ces premiers temps de l’islam où l’épreuve était grande pouvaient repousser les premiers convertis, mais la force du message les a attirés.  Seul Dieu (azwadial) savait à ce moment-là, les répercussions de la Révélation.  Par conséquent, il est du devoir de chaque croyant et de chaque croyante de connaître la vie et l’oeuvre prodigieuse des compagnons pour imprégner sa vie de leur exemple. 

 Ces femmes et hommes qui méritent notre respect et notre admiration expriment bien la force de ce message et la grandeur de notre Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) qui leur a enseigné l’islam et les a aimés.  Cette fraternisation, cet amour qui les unissait ne pouvait être que le fruit d’un message divin.  Leurs épreuves et leur dévouement sont à la mesure du sentiment du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) :

« Ne dites pas du mal de mes compagnons, car je jure, par Dieu, que même si l’un d’entre vous donne en aumône l’équivalent de la montagne de Uhud, il n’égalerait pas les mérites d’un seul de mes compagnons. »  


[ Rapporté par Boukhari et Mouslim ]

La générosité du prophète

La générosité du prophète (sallAllahou alayhi wa salam) était l’exemple à citer. Il répondait  en  effet, à la demande de tout mendiant.

Un jour un homme lui demanda de lui faire don de l’habit qu’il  portait. Pour ne pas le décevoir, il entra dans sa maison, enleva l’habit et sortit pour le lui donner.

Dans les sahih,  Boukhari et Mouslim  rapportent que Anas bin Malek (Radhiallahu anhu)  a dit :

« Le prophète, n’a jamais refusé de donner une aumône à celui qui la lui demande. Un homme lui avait demandé une aumône,   et il lui avait accordé des moutons qui se trouvaient entre deux monts. L’homme accourut chez son peuple et leur dit : « O gens, embrassez l’Islam car Mouhamed est un homme généreux qui fait des dons tel un homme qui ne craint pas la pauvreté »

Lorsqu’un homme se présentait après du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) et lui demandait une des choses de la vie,   il sortait de chez lui transformé : sa religion devenait plus aimée et plus chère que la vie et  ses jouissances.

Citons   également le hadith de Boukhari rapporté par Ibn ‘Abbas (Radhiallahu anhu).

On avait  demandé à ce dernier de parler de la générosité du Messager de Dieu, il avait dit : 

« Le messager d’Allah (sallAllahou alayhi wa salam) que Dieu le  bénisse et le salue, était le plus  prodigue des hommes. Sa prodigalité atteignait son culminant au mois de  Ramadan, lorsque Gabriel  (alayhi as-salâm) venait à  sa rencontre et lui apprenait  le Coran. »

Sa   générosité ne cessait jamais , confirmons-la par des exemples  suivants

On lui offrit quatre vingt dix dihrams qu’on avait posé sur un tapis. Il les distribua, tous,  
et ne refusa pas d’accorder quelque chose à celui  qui le lui demandait.

Il donna à  Al’Abass, une si grande quantité d’or qu’il ne put la porter.

Un homme vint à lui et demanda  son aide. « Je n’ai rien à te donner », lui dit-il, « mais vas acheter ce que tu veux à  mon compte. Je rembourserai le vendeur lorsque j’aurai de  quoi le payer. »

Comment le prophète de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) ne peut-il pas être le plus prodigue de tous alors qu’il est celui qui avait dit :

« Chaque jour, deux anges descendent  le matin au bas monde, l’un d’eux dit :
« Seigneur, donne à celui qui dépense (en aumône) en compensation »  et l’autre  dit :
« Seigneur, inflige une perte à celui qui   retient son argent. »

Il est celui qui a rapporté ce hadith à provenance   divine : « Le Seigneur tout puissant a dit : Fils d’Adam, dépense et je dépenserai pour toi. »

Allah  (azwadial) a  également révélé à cet égard :

« Dis : « Mon Seigneur dispense avec largesse ou restreint Ses dons à ce qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et toute dépense que vous faites [dans le bien], Il la remplace, et c’est Lui le Meilleur des donateurs. » 

( Sourate 34, verset 39)

La Sounna envers la maladie

En ce qui concerne la maladie : tous les hadiths ont été bien clairs que la maladie efface les fautes commises dans le passé.

1 – Bukhâry et Muslim ont rapporté d’après Abu Hurayra (Radhiallahu anhu)que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :  « Celui à qui Allah (azwadial) veut faire du bien, Il le prend chez Lui.».

2 – Ils ont de même rapporté d’après le Messager d’Allah (sallAllahou alayhi wa salam) :  «Tout ce qui atteint le musulman comme la maladie, la fatigue, le malheur, la calamité même une aiguille qui le touche, Allah (azwadial) lui effacera à cause d’elle des péchés».

3 – Bukhâry a rapporté d’après Ibn Mass’ud (Radhiallahu anhu) :  «Je suis entré une fois chez le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) qui était bien malade. J’ai dit : Mais ô Messager d’Allah, tu as une grave fièvre.  – C’est que moi, répondit le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) je reçois une peine que deux personnes ne peuvent supporter. – Est-ce parce que tu reçois une double récompense ? lui demandai-je. – Oui, c’est ça. Tout musulman qui affronte une peine (celle de la piqûre d’une épine et au delà) Allah (azwadial) lui effacera ses fautes tout à fait comme un arbre qui fait tomber ses feuilles.».

4 – On avait rapporté d’après Abu Hurayra (Radhiallahu anhu) que le Messager d’Allah (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

 « Le croyant ressemble à la plante qui s’incline sous la force du vent, elle se redresse normalement, ils ont la même capacité de force. Le libertin ressemble au cèdre qui fait front contre le vent jusqu’à ce qu’Allah (azwadial) l’arrache s’il le désire.»

[Rapporté par Bukhârî]

La patience en cas de maladie

       L’homme se doit de patienter en cas de nocivité et de malheur. Il n’a reçu une chose meilleure ni plus vaste que la patience.

1 – Muslim a rapporté d’après Suhayb Bin Sinân (Radhiallahu anhu) que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :  « Je m’étonne du cas du croyant qui a du bien dans toutes ses situations – ceci n’est valable que pour le croyant – s’il remercie Allah (azwadial) en cas de joie et de satisfaction il lui accordera du bien, s’il patiente en cas de malheur, Allah lui accordera du bien »

 2 – Bukhâry a rapporté d’après Anas (Radhiallahu anhu) : J’ai entendu le Messager d’Allah (sallAllahou alayhi wa salam) dire : Allah (azwadial) le très haut dit:  «Si mon serviteur subit un malheur sur ses deux biens aimés [il veut dire les yeux] et patiente Je les lui échangerai par le paradis». 

3 – Bukhâry et Muslim ont rapporté d’après Ata Bin Rabâh que Ibn ‘Abbâs (Radhiallahu anhu) a dit: est-ce que je te désigne une femme qui ira au paradis ? – Oui, bien sûr,  répondis-je. – C’est cette femme noire. Elle est venue une fois chez le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) lui dire :

 – Je souffre de l’épilepsie et je me découvre, demande-moi la protection d’Allah (azwadial). – Si tu veux,  patienter tu iras au paradis si tu veux que je te demande la protection Allah Il te guérira, répondit le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)

 –  Non, je  patiente mais demande  pour moi à  Allah (azwadial) de ne pas me découvrir  – répliqua-t-elle.

la Plainte du malade

  Il est permis au malade de se plaindre devant le médecin et l’ami ce dont il souffre s’il ne s’agit pas d’exaspération.

On avait cité le propos du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam):  « Je souffre la peine de deux personnes ».

Ibn Mass’ud (Radhiallahu anhu) a dit :  « Si on loue Allah (azwadial) avant de se plaindre ce n’est plus une plainte. Et la plainte à Allah (azwadial) est légale». Le Messager (sallAllahou alayhi wa salam) a dit : « ô mon Seigneur je me plains à Toi de ma faiblesse »

Les actes accomplis en bon état de santé s’inscrivent au compte du malade

Bukhâry (Radhiallahu anhu) a rapporté d’après Abu Mussa Ach’ary (Radhiallahu anhu) que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit : « Si un croyant tombe malade ou voyage, ses actes en cas de santé lui seront écrites».

Le libre arbitre

La croyance en la Prédestinée comme nous l’avons décrite ne signifie en aucun cas que l’être ne possède pas sa propre volonté dans les actes qu’il choisit, ni de pouvoir sur ceux-ci. La législation et la réalité sont deux preuves attestant le libre arbitre.

1 – La législation

Allah (azwadial) dit à propos de la volonté de chacun :


« Que celui qui veut, prenne refuge auprès de son Seigneur. »
Sourate La nouvelle (An-Naba). Verset 39


« Allez à vos champs par où vous le voulez. »
Sourate 2. La vache (Al-Baqarah) Verset 223

Allah (azwadial) dit concernant le pouvoir de chacun :


« Craignez Dieu selon ce que vous pouvez, écoutez et obéissez Lui »
Sourate 64. La grande perte (At-Tagabun). Verset 16

« Dieu n’impose à chaque âme que ce qu’elle peut porter, elle sera rétribuée selon se qu’elle peut porter, elle sera rétribuée selon ce qu’elle aura accompli et elle sera punie selon le mal qu’elle aura fait. »
Sourate 2. la Vache (Al-Baqarah) Verset 286

2- La réalité

       Tout être humain sait qu’il a une volonté et un pouvoir qui lui permettent d’agir ou de ne pas agir. Il fait la distinction entre ce qui peut être sous l’effet de sa volonté, comme par exemple, marcher et qui peut arriver en dehors de sa volonté, par exemple trembler.

Cependant la volonté et le pouvoir de l’individu ne peuvent avoir lieu sans la volonté et le pouvoir de Dieu le Très Haut, Allah (azwadial) dit :


« Que celui qui le veut prenne donc un chemin vers son Seigneur, mais vous ne le voudrez que si Dieu, le Seigneur des mondes, le veut. »
Sourate 81. L’obscurcissement (At-Takwir). Verset 28-29

La création appartient à Allah (azwadial), il ne peut y avoir dans ce qui Lui appartient, quelque chose qui puisse échapper à Sa connaissance et à Sa volonté.

Le croyant

Le croyant est éveillé.

La première chose que l’Islam réclame du musulman, est d’être un vrai et sincère croyant en Allah (azwadial) , d’être puissamment lié à Lui, se rappelant toujours de Lui ayant confiance en Lui  quand il entreprend quoi que ce soit. Le musulman doit sentir, dans le tréfonds de son esprit, qu’il a toujours besoin du secours du Seigneur en dépit des efforts qu’il fait lui-même.

Le vrai musulman sincère et éveillé a un esprit ouvert quant à la magnificence de la création d’Allah Il sait que c’est Allah (azwadial) qui dirige les affaires de l’univers et de l’humanité. Il réalise les signes de son pouvoir illimité dans tous les aspects de la création. Alors seulement, sa foi en Allah (azwadial) augmentera. Il L’invoque constamment et met sa confiance en Lui :

{ En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence, qui debout, assis, couchés, sur leurs côtés, invoquant Allah et méditant sur la création des cieux et de la terre (disant) :
« Notre Seigneur ! Tu n’as pas créé cela en vain. Gloire à Toi Garde-nous du châtiment du Feu  » }


[ Sourate 3 – Versets 190-191]

Il obéit aux Commandements de son seigneur.

Il n’est pas étonnant, dès lors, que le musulman sincère obéit modestement à Allah (azwadial) en toute chose. Il ne transgresse jamais Ses lois et suit les règles d’Allah même si elles contrarient ses propres passions. Or, l’épreuve de la foi du musulman réside dans le fait d’accepter les préceptes d’Allah (azwadial)  et de son Messager (sallAllahou alayhi wa salam) en toute chose, grande ou petite, sans aucune hésitation ni réserve :

«Aucun de vous ne deviendra véritablement croyant, que lorsque ses passions se plieront aux règles que je vous ai apportées»[ an-Nawawi, les 40 Hadiths  » Hadith 41  » ]

{ Non ! … Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence] } 

[ Sourate 4 – Verset 65 ]

C’est donc une soumission totale et une obéissance complète à Allah (azwadial) et à son Messager (sallAllahou alayhi wa salam). Sans une telle soumission et obéissance, il n’y a pas de foi, donc, il n’y a pas d’Islam. Le musulman sincère ne se détourne pas de l’orientation tracée par Allah (azwadial) ni des instructions apportées par son Messager (sallAllahou alayhi wa salam) que cette orientation et ces instructions le touchent en tant qu’individu ou qu’elles touchent ceux dépendant de lui (comme les membres de sa famille par exemple). Il doit avoir un sens de responsabilité envers ceux qui dépendent de lui. Si un membre quelconque de la famille du musulman se montre défectueux dans ses devoirs envers Allah (azwadial) et son Messager (sallAllahou alayhi wa salam) c’est lui qui sera responsable, car :

« Chacun de vous est gardien et chacun de vous est responsable de son troupeau (c’est-à-dire de ceux qui dépendent de vous) » [Rapporté par AI-Bukhari et Muslim]

Ce sens de responsabilité se manifeste dans le fait que le musulman sincère se dérange beaucoup lorsqu’un membre de sa famille échoue dans une chose importante. Il ne peut tolérer un tel défaut. Il se précipite donc à vérifier les causes de cet échec en dépit des conséquences que cela engendra. Mais l’homme qui ignore et néglige une telle responsabilité, est un homme dont la foi est faible et dont l’humanité est défaillante voire défectueuse.
 

Il accepte la volonté et le décret d’Allah.

Le musulman sincère est toujours prêt à accepter la volonté et le décret d’Allah (azwadial) se rappelant le Hadith :

« Qu’est-ce qu’il est étonnant le sort du musulman ! Son sort est toujours bien. S’il vit la facilité et il remercie, il sera récompensé. S’il vit la difficulté avec patience et persévérance, il le sera également ».[Rapporté par AI-Bukhari].

Or, le musulman sincère est convaincu que croire en la volonté et décret d’Allah (azwadial) est l’un des piliers de la foi et que ce qui lui arrive dans la vie ne peut pas être évité, parce que c’est Allah qui en a décidé. Son acceptation, donc, de la volonté et décret d’Allah lui sera bénéfique dans la mesure où Allah (azwadial) le considérera comme l’un des croyants obéissants.

C’est justement pour cela que le hadith indique que le comportement du croyant ne lui apporte que du bien : quand il est dans l’aisance, il est reconnaissant et cela lui apporte du bien et quand un malheur le frappe, il se résigne et cela lui apporte également du bien.
 

Il cherche le repentir auprès d’Allah.

Le musulman peut se trouver négligeant, s’écartant du chemin de la droiture,. Il pourrait commettre un péché qui n’est pas digne de lui en tant que croyant soumis et vigilant. Mais il se rappelle, tout de suite, de son Seigneur, se repent et demande pardon de ses défauts :

{ Ceux qui pratiquent la piété, lorsqu’une suggestion du diable les touche se rappellent
[du châtiment d’Allah] : et les voilà devenus clairvoyants }

[ Sourate 7 – Verset 201 ]

Le coeur plein d’amour et de crainte d’Allah (azwadial) est toujours loin d’être négligeant. Ce sont ceux qui ignorent les règles et la direction d’Allah (azwadial) qui sont égarés. Le coeur du musulman sincère cherche le repentir et demande le pardon. Il trouve sa félicité dans l’obéissance, la direction et l’agrément d’Allah.
 

Sa préoccupation majeure est l’agrément de son Seigneur.

Dans tous ses actes, le musulman sincère cherche à obtenir l’agrément d’Allah (azwadial). Peu lui importe d’être approuvé par les autres. Il peut même être sujet au courroux et à la haine des gens dans ses efforts d’obtenir la grâce divine, comme l’a dit le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam):

« Quiconque cherche l’agrément d’Allah  au détriment de plaire aux gens, Allah se chargera de lui, le protégera contre eux. Mais quiconque cherche l’agrément des autres au détriment de déplaire à Allah, Allah l’abandonnera à leur soin »


Le musulman se retient donc et freine ses passions afin de plaire à Allah (azwadial). Les barrières et le chemin de droiture sont clairement tracés pour lui. Toutefois , le musulman peut commettre des contradictions ridicules lorsqu’il obéit à une chose et désobéit à une autre. C’est-à-dire lorsqu’il considère une telle chose comme « halal » et une autre comme « haràm ». Or, il n’y a pas lieu de contradiction tant que les modèles et les principes sont clairs et sains.

On voit souvent des gens qui accomplissent dévotement leurs prières rituelles à la mosquée tout en pratiquant l’usure au marché. Quand on les voit chez eux, dans la rue, à l’école ou dans le voisinage, ils n’appliquent pas, apparemment, les règles d’Allah (azwadial) ni sur eux–mêmes ni sur leurs femmes, enfants ni sur quiconque dépendant d’eux. Ces gens ignorent la réalité de l’Islam, cette religion qui oriente le musulman de plaire à Allah (azwadial). Ce grand objectif conduit le musulman à évaluer tous ses actes à la lumière des règles tracées par Allah (azwadial). Ces gens pourraient être considérés comme « mi-musulmans ». Ils sont des musulmans nominalement. Ce dédoublement de personnalité est l’un des grands dangers rencontrés d’habitude par les musulmans.

Le bain rituel et ses obligations

La signification du bain rituel est le fait de se verser de l’eau sur tout le corps.

La preuve de cela réside dans la Parole d’Allah (azwadial) :

« […] Et si vous êtes en état impureté majeure, alors purifiez-vous […] »
[ Sourate 5 – Verset 6 ]

et selon Sa Parole :

{ Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. Dis : c’est un mal. Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que lorsque elles sont pures. Quand elles se sont purifiées, alors venez à elles suivant les prescriptions d’Allah car Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient } 

[ Sourate 2 – Verset 222 ]

CINQ SITUATIONS RENDENT LE BAIN RITUEL OBLIGATOIRE

1) L’éjaculation du sperme par plaisir, pendant son sommeil ou en étant éveillé.

Ceci implique la femme autant que l’homme. Cela est l’avis de la plupart des juristes qui se fondent sur la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam):

« L’éjaculation implique le bain rituel » [ Rapporté par Moslim ]

Par contre, le bain rituel n’est pas obligatoire si l’éjaculation n’est pas parvenue par plaisir mais par maladie ou par froid intense. Aussi, si la personne fait un rêve érotique, sans qu’elle ne trouve de trace de sperme, alors le bain rituel ne lui est pas obligatoire.
 

2) Lors de la rencontre des deux sexes qui n’est accomplie que lorsque le gland du pénis pénètre complètement dans le vagin et ceci même si l’éjaculation n’est pas parvenue. La preuve réside dans la Parole d’Allah (azwadial) :

{ Et si vous êtes en état impureté majeure, alors purifiez-vous } 

[ Sourate 5 – Verset 6 ]

Et dans la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) :

« Lorsque l’homme se positionne entre les jambes de sa femme, puis la pénètre, alors le bain rituel leur est obligatoire, qu’il ait ou non éjaculé » [ Rapporté par Moslim ]
 

3) L’interruption des règles et des lochies (règles après l’accouchement).
La preuve réside dans la Parole d’Allah (azwadial):

 » […] Et ne les approchez que lorsque elles sont pures.
Quand elles se sont purifiées, alors venez à elles suivant les prescriptions d’Allah […] »
[ Sourate 2 – Verset 222 ]

Et selon la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) quand il dit à Fatima bint Aby Houbaïch :

« ne prie pas le nombre de jours de tes règles habituelles, ensuite effectue le bain rituel, puis accomplis ta prière » [ Rapporté par Boukhâry et Moslim ].

On remarque que ce hadith ne mentionne que les règles, mais les lochies sont considérées par l’unanimité des savants comme étant des règles.
 

4) La mort: il est unanimement reconnu que l’on doit laver le musulman lorsque il meurt.
 

5) Le mécréant, lorsqu’il se convertit à l’islam, doit prendre un bain rituel. [ voir fiqh as-sunnah T.1 p64 ]
 

Ce qui est interdit à la personne en état d’impureté majeure

1) La prière est interdite d’après la Parole d’Allah (azwadial) :

{ Et si vous êtes en état impureté majeure, alors purifiez-vous } [ Sourate 5 – Verset 6 ]

2) Le tawaf (circuit autour de la maison sacrée) est interdit selon la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam):

« Le tawaf autour de la maison (Kaaba) est une prière, néanmoins Allah y a autorisé de parler. Donc que celui qui parle ne dise que du bien ». [ Rapporté par Tirmidhî et Dâraqoutnî, et Hâkim et ibnou Khouzaïma l’ont authentifié ].

3) Le fait de toucher ou porter le Coran

4) Le fait de demeurer dans la mosquée: ceci est interdit au musulman selon la Parole d’Allah (azwadial) :

{ Ô les croyants ! N’approchez pas la prière alors que vous êtes ivres, jusqu’à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi lorsque vous êtes en état d’impureté majeure, à moins que vous ne soyez en voyage, jusqu’à ce que vous ayez pris un bain rituel } 

[ Sourate 4 – Verset 43 ].

Cependant, il est toléré à la personne de franchir la mosquée sans y rester, comme le prouve ce verset, mais aussi la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) à Aïcha(Radhiallahu anha) :

« Donne-moi le tapis de prière qui est dans la mosquée » elle répondit : « mais je suis dans ma période de règles » il rétorqua : « tes règles ne sont pas dans tes mains » [ rapporté par Moslem, Abu dâoud, tirmidhî, Nassâï et ibnou Majâh. (voir fiqh as-sunna t1p77-78)]

Les piliers du bain rituel

Le bain rituel légiféré repose sur deux points

1) L’intention est le premier pilier, car c’est elle qui différencie une adoration d’une autre. Aussi, l’intention est un acte qui provient totalement du for intérieur, contrairement aux nombreuses personnes qui ont pris l’habitude de prononcer l’intention à voix haute, alors que cet acte est totalement inventé et n’est point légiféré. Donc, il faut le délaisser et le rejeter.

2) Le fait de se laver tout le corps selon la Parole d’Allah (azwadial) :

{ Et si vous êtes en état impureté majeure, alors purifiez-vous } 

[ Sourate 5 – Verset 6 ]

et Sa Parole :

{ Ô les croyants ! N’approchez pas la prière alors que vous êtes ivres, jusqu’à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi lorsque vous êtes en état d’impureté majeure, à moins que vous ne soyez en voyage, jusqu’à ce que vous ayez pris un bain rituel } 

[ Sourate 4 – Verset 43 ].

Ce verset est la preuve que la signification de la purification désigne le bain rituel. Aussi, le véritable lavage consiste à se laver entièrement les membres, selon la compréhension du mot lavage en arabe et comme l’a décrit la sunna.

Les actes méritoires du bain rituel

Il est conseillé, pour celui qui se lave, de tenir compte des actes du Messager lors de son bain rituel

1) Il se lave les mains trois fois.
2) Ensuite il se lave les parties intimes.
3) Puis il effectue complètement ses ablutions comme celles pour la prière.
4) Enfin, il se verse de l’eau sur tout le corps, sans oublier les aisselles, l’intérieur des oreilles, le nombril et les doigts de pied et en frottant ce qui peut être frotté.


La preuve de tout cela repose sur ce qui a été rapporté par Aïcha (Radhiallahu anha) :

« Lorsque le Prophète était en état d’impureté majeure, il se lavait en commençant par ses mains, ensuite il se versait de l’eau à l’aide de sa main droite dans sa main gauche pour se laver les parties intimes, ensuite il faisait ses ablutions comme celles pour la prière, puis il trempait ses mains dans l’eau et les pénétrait jusqu’aux racines de ses cheveux et lorsqu’il s’assurait que l’eau eût bien pénétrée, il se versait trois poignées d’eau sur la tête, et pour finir il se versait de l’eau sur tout le corps »
[ Rapporté par Boukhâry et mouslim ]. (voir fiqh as-sunna t1 p72-73).

Le bain rituel recommandé

Le musulman conscient et pubère qui effectue ce bain rituel est complimenté et récompensé, mais il ne sera pas blâmé, ni châtié, s’il ne l’effectue pas.

1) Le bain rituel du vendredi: car ce jour est un jour de rassemblement pour l’adoration et la prière. Le Législateur a donc ordonné avec insistance aux musulmans de se laver lors de leur rassemblement, pour qu’ils soient bien présentables du point de vue de la propreté et de la purification. […]

Note Shaikh ‘Abdullah ibn Salih Al-‘Ubaylan dit  : Quant au ghousl (grande ablution) que l’on recommande (mustahab), on recommande fortement le ghousl le jour de Jumou’a, sauf dans le cas où quelqu’un dégage une mauvaise odeur, il est alors obligatoire à cette personne de faire le ghousl.D’après le hadith d’Abou Sa’id Al-Khoudri (Radhiallahu anhu) dans lequel le messager d’Allah  (sallAllahou alayhi wa salam) a dit « Faire le ghusl le jour de Jumu’a est un devoir (wajib) sur chaque personne pubère. »
 [Rapporté par Al-Bukhari et Muslim].Ceci est aussi basé sur le hadith de Samura ibn Jundub (Radhiallahu anhu) qui a dit : Le messager d’Allah 
(sallAllahou alayhi wa salam) a dit :« Quiconque fait al-woudou (les ablutions) le Jour de Jumu’a, c’est bien.
Et quiconque fait al-ghousl (les grandes ablutions), alors le ghousl est meilleur. »
[Rapporté par At-Tirmidhi, qui l’a classé bon].

2) Le bain rituel les deux jours de l’Aïd : les savants l’ont recommandé.

3) Le bain rituel de celui qui a lavé un mort : ceci est recommandé selon la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam):

« que celui qui lave un mort se lave donc à son tour et que celui qui porte un mort fasse ensuite ses ablutions» [ hadith approuvé par Tirmidhî et ibnou Hajar.]  

4) Le bain rituel est recommandé lors de la sacralisation (ihram) : ceci est donc recommandé à celui qui désire accomplir le hajj et la omrah.

5) Lorsque l’on entre dans la Mecque : il est donc recommandé de prendre un bain rituel à notre arrivée à la Mecque. La preuve de cela ainsi que du quatrième point réside dans les actes du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam). ( voir fiqh as-sunnah).

Quelques points concernant le bain rituel

1) Un seul bain rituel suffit pour celle qui est, par exemple, en même temps en état d’impureté majeure et en période de règles, ou comme lorsque l’Aïd coïncide avec le vendredi, ou lorsque la personne est en état d’impureté majeure le vendredi. Ainsi, un seul bain est suffisant si la personne a l’intention de se purifier des deux actes en même temps selon la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) :

« Toute personne sera récompensée selon son intention » [Rapporté par Boukhâry et Moslim].  

Par ailleurs, certains savants obligent une seule intention pour chaque bain rituel.
 

2) Celui qui prend un bain rituel en état d’impureté majeure, alors qu’auparavant il n’a pas fait ses ablutions, n’aura plus besoin de les faire sachant que le bain rituel lui suffit. Abou Bakr ibnou Al’araby a dit : « les savants n’ont pas divergé au sujet des ablutions comme faisant pleinement partie du bain rituel. Ainsi qu’au sujet de l’intention de se purifier de l’impureté majeure comme étant suffisante à l’intention des ablutions et les rendant inutiles.

3) Aller au hammam est toléré, si la personne est sûre de ne pas regarder les parties intimes des autres et que d’autres personnes soient dans l’impossibilité de regarder les siennes. L’Imam Ahmad a dit : « si tu est sûr que chaque personne se trouvant dans le hammam est vêtu d’un izâr (habit qui couvre les parties intimes depuis le nombril jusqu’aux genoux), alors tu peux y entrer ; sinon, n’entre pas ». Il est dit dans le hadith :

« Que l’homme ne regarde pas les parties intimes de l’homme et que la femme ne regarde pas celles de la femme » [Rapporté par Moslim.]
 

4) Il est permis à l’homme d’utiliser le reste d’eau dans lequel s’est lavée sa femme et réciproquement, comme il leur est permis de se laver ensemble avec le même récipient selon la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)  :

« l’eau ne devient pas impure » [ Rapporté par Tirmidhî qui a dit : « il est authentique et bon » ]
 

5) Il est interdit de se laver nu au milieu des gens, car dénuder ses parties intimes est interdit. Par contre, ceci est toléré si la personne se couvre avec un tissu ou ce qui lui ressemble. Aussi, il lui est permis de se laver nue loin des regards des gens, car Moussa (alayhi as-salâm) (Moïse) l’a fait, comme le rapporte Boukhâry.
 

6) Le bain de la femme n’est pas différent de celui de l’homme, sauf que la femme n’a pas à défaire sa natte si l’eau touche la racine des cheveux selon le hadith d’après Oumou Salamah (Radhiallahu anha) qui raconte le récit d’une femme qui vint au Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) et lui dit :

« Ô Prophète d’Allah ! Je suis une femme qui natte ses cheveux, faut-il que je défasse mes nattes pour le bain rituel  ?  Il répondit : il te suffit de verser trois poignées d’eau sur ta tête, ensuite tu verses de l’eau sur tout ton corps pour que tu sois enfin purifiée » [Rapporté par Moslim.] (voir fiqh as-sunnah t1 p74).

Par cheikh Mouhamed Zinou
« l’explication des piliers de l’islam et de la foi et ce que doit impérativement savoir le musulman de sa religion ».

Quand et comment faire la prière de l’Aïd ?

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Eid Takbir – Saad Al Qureshi

Un premier point s’impose : la prière de l’Aïd n’est pas une prière obligatoire mais est une pratique fortement recommandée, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, là encore pour une large majorité de savants. Elle peut être accomplie au cours de la matinée, peu après le lever du soleil jusqu’à peu avant la première prière de l’après-midi (dhor). Les musulmans sont appelées à se vêtir de leurs plus beaux habits pour marquer joliment ce moment de fête.

La prière de l’Aïd – Aïd al-Fitr comme Aïd al-Adha – compte deux unités de prière (raka’at) mais est différente des prières quotidiennes dans sa réalisation. Nul besoin de faire un appel à la prière (adhan) ; voici comment elle s’accomplit une fois les ablutions faites :

– Prononcer le takbir d’entrée en prière (« Allah akbar ») ;

– Répéter six fois « Allah akbar » sans avoir à lever ses mains ;

– Réciter Al-Fatiha, la sourate d’ouverture du Coran, suivie d’une deuxième sourate de son choix ;

– Poursuivre en faisant les gestes habituels d’une prière ;

– En se levant de la prosternation, prononcer le takbir ;

– Répéter cinq fois « Allah akbar », là aussi sans avoir à lever les mains ;

– Réciter Al-Fatiha, la sourate d’ouverture du Coran, suivie d’une deuxième sourate de son choix, différente de celle récitée lors du premier cycle, puis réaliser les gestes habituels d’une prière, qui prend fin normalement.

Dès lors que la prière de l’Aïd, faite à voix haute, est réalisée chez soi, il n’y a pas à faire de sermon ; celui-ci se fait uniquement dans les mosquées, à l’image de la prière du vendredi. 

Place alors aux félicitations !

sources : saphirnews.com

Aïd Moubarak

L’Importance et l’Explication de l’Aïd al Adha

Comme l’Aïd approche, je vais commencer par lire la sourate As-Saffat à partir du verset 69 et on va faire un rapport avec ce passage et ce qu’on attend de nous le jour de jeudi.

Abraham, Ibrahim (alayhi as-salâm), dit : « Hasbya Allahou wa n’imal wakil » «Allah me suffit, il est mon meilleur garant». C’est une formule que toute personne prononce quand elle a un problème et il est important d’en comprendre le sens.

Ibrahim(alayhi as-salâm) a dit cette phrase quand on l’a jeté dans le feu, quand il a eu des problèmes avec sa communauté.

Quand il a dit ça, Allah (azwadial) dans le verset 69 de la sourate 62 Les Prophètes, dit : « Nous dîmes alors : ’’ Ô feu ! Sois pour Ibrahim d’une fraîcheur salutaire ! ’’»

Regardez mes frères, avant que je n’entre dans le sujet précis du dars, la capacité, ou on peut dire la force, d’Allah (azwadial). Ibrahim était contre sa communauté, il a cassé leurs statues. Quand on a voulu le tuer, Allah (azwadial) pouvait faire en sorte qu’il se sauve, comme Moïse, Mussa (alayhi as-salâm).

Ici, Allah (azwadial) aurait pu faire en sorte qu’Ibrahim s’échappe. Mais non ! Il a laissé les ennemis, les mécréants, attraper Ibrahim (alayhi as-salâm). Ils ont attrapé Ibrahim, ils ont allumé le feu, Dieu aurait pu faire descendre la pluie et éteindre le feu et c’était fini, non, simplement, Allah (azwadial) est en train de dire à ce petit homme dans ce globe, que sa seule capacité ne pourra rien.

Si Ibrahim (alayhi as-salâm) s’était échappé, qu’auraient dit les mécréants ? « Si on l’avait attrapé, on aurait fait ceci, on aurait fait cela » ... Mais ils ont attrapé Abraham et « Allumez le feu », Allah (azwadial) n’éteint pas le feu, il laisse le feu allumé. Et vous savez quel genre de feu ? Ils ont ramassé d’immenses bois ; d’ailleurs, ils ont jeté Abraham avec une catapulte. Les flammes étaient tellement immenses qu’on ne pouvait pas s’en approcher.

Le feu ne s’éteint pas. Il n’y a ni pluie, ni eau, rien. On l’a jeté dans le feu pour dire à ce peuple : « Même si vous le prenez, même si vous allumez le feu, même s’il est à l’intérieur du feu, Allah est capable de dire à ce feu-là : ne fais rien ». C’est Allah (azwadial) qui a créé le feu, c’est Allah qui dit au feu  d’être froid ou chaud. Voilà la puissance que nous oublions tout le temps quand on a des petits problèmes, nous oublions que Allah (azwadial) est capable de tout. Simplement en se dirigant vers Allah et dire « Hasbya Allahou wa n’imal wakil » – « Allah me suffit, il est mon meilleur garant ».

Maintenant, revenons à Abraham sur lui la paix, Ibrahim (alayhi as-salâm), quand il a eu des problèmes avec sa famille, Ibrahim dit dans la sourate As-Saffat, verset 99 : « Et il dit : « Moi, je pars vers mon Seigneur et Il me guidera .». Sa famille, ses parents et toute sa tribu adorent les statues et veulent lui faire du mal. Il décide donc de partir. On appelle cela la première hijra, c’est-à-dire se séparer d’une communauté qui n’est pas bien. Quand tu es dans un lieu et que tu ne t’y sens pas bien, tu n’arrives pas à pratiquer ta religion comme il faut, tu dois chercher un lieu où l’on adore Allah, comme Il l’a ordonné.

Écoutez bien dans le verset qui suit ce que Ibrahim va dire. « Rabbi hab li mina as-salihin » Il demande : « Seigneur, fais-moi don d’une [progéniture] d’entre les vertueux ». Regardez la demande qu’il fait. Nous, on demanderait : « Ô Allah, donne-moi un enfant, ô Allah, donne-moi un héritier». Ici, on voit bien que Ibrahim ne demande pas un enfant simple mais un enfant vertueux, un enfant pieux.

Ibrahim (alayhi as-salâm) est arrivé à un certain âge et il n’a pas encore d’enfant, il demande à Allah (azwadial) de lui donner un enfant vertueux. Allah (azwadial) dit :

 «Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon (Ismaël) longanime (d’une patience tolérante).  Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit : « Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses». (Ismaël) dit : « Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants». (sourate 37 – verset 101)

Allah (azwadial) a donné à Ibrahim un enfant et cet enfant est Ismaïl sur lui la paix. Quand Ismaïl (alayhi as-salâm) est devenu un jeune homme, quand il est devenu pubère, Ibrahim (alayhi as-salâm) va avoir un compagnon. Comme tout parent, je ne sais pas si vous avez senti cela, quand vous avez le premier enfant, vous lui faites pleins de cadeaux, vous le chouchoutez, vous vous promenez avec lui, vous êtes fiers, vous le prenez partout où vous allez. Quand son fils est devenu pubère, Ibrahim (alayhi as-salâm) n’était plus tout seul.  

Mais voilà l’épreuve de Allah (azwadial) : quand Ismail est devenu plus grand, Dieu révèle à Abraham dans un songe qu’il doit immoler son fils, retenez bien, car vous devrez faire le lien avec ce mot-là et ce qu’on va faire le jour de l’Aid el Adha.

Écoutez bien le dialogue du musulman :

Ibrahim, quand il a parlé à son père, lui a dit : « Ya abati ». En français, ce n’est pas comme Abi « mon père », il dit « abati », o mon cher père. Écoutez la réponse du père : « Ya Ibrahim », o Abraham. Vous avez vu le dialogue entre un mécréant et un musulman ?  Le musulman, Abraham parle à son père et dit « Ya abati » ; le père, le mécréant, répond à son fils « Ya Ibrahim ».

Écoutez maintenant le dialogue entre le père et le fils musulman :

Le père dit : « Ya bouneya», o mon cher fils. L’enfant va répondre : « Ya abati », o mon cher père.

Vous avez vu le dialogue entre deux musulmans ?  Nous devons prendre un dars (rappel) de la discussion entre Ibrahim et son fils. C’est une leçon inimaginable et on passe dessus comme ça, on lit simplement. Le Coran est un mode d’emploi pour l’humanité, pour savoir comment parler, comment discuter, comment fonctionner.

Alors regardez ça : ô mon fils, mon cher fils, je vois dans le songe que je vais t’immoler. Ibrahim (alayhi as-salâm) a eu cette Révélation comme il est dit dans certains tafsir à trois reprises. La première fois, il a eu un doute ; la deuxième fois, cela commence à devenir plus clair et la troisième fois, il a compris que c’était une Révélation. Et malgré cela, il met son fils, dans la confidence.

Beaucoup de parents, quand ils discutent avec leurs enfants, parlent comme ceci : « Toi, suis-moi, maintenant on va aller chercher le mouton ». S’il prend son fils avec lui et que son fils lui dit : « Mon père, ce mouton il est… » « …qu’est-ce que tu y connais toi, tais-toi ! ». Par contre, dans cette histoire, Ibrahim (alayhi as-salâm) dit à son fils : « Qu’en penses-tu ? ». Comment cela, qu’est-ce qu’il en pense … c’est un ordre d’Allah … Simplement, Ibrahim (alayhi as-salâm) veut que son fils soit dans l’adoration.

Les enfants, quand ils sont adultes et pubères, il faut les prendre comme des amis. Simplement, il faut apprendre aux enfants qu’il y a une différence entre « amis et amis ». Il faut l’emmener avec soi lorsqu’on sort. Tu veux acheter quelque chose ? Mets-le dans l’affaire : qu’en penses-tu mon fils, il est bien ce mouton, tu préfères qu’on en choisisse un autre ? Le dialogue avec son enfant doit être comme cela, il faut donner à l’enfant une certaine responsabilité.

Ici, on voit bien que Ibrahim (alayhi as-salâm) dit à son fils : Vois ce qu’il y a lieu de faire ! Écoutez la réponse de Ismaïl, un autre musulman : «  Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé ». Imaginez-vous ça … Un père qui dit à son fils « je me vois en songe en train de t’immoler » et le fils qui répond « Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé ». Pourquoi ? Parce que Ismaïl connaît son père, il sait comment il réagit.

Ce n’est pas un père comme les autres, c’est un prophète, c’est un père qui a de la connaissance, un père qui a de la science, un père qui craint Allah, un père qui sait ce qu’il fait, non pas un père ignorant.

D’ailleurs, j’ouvre une petite parenthèse pour parler d’une situation similaire : quand Ibrahim (alayhi as-salâm) a emmené Hajar son épouse et Ismaïl dans le désert, Hajar a demandé : « Que fais-tu Ibrahim, tu vas nous laisser ici tous seuls ? » Elle a répété deux, trois fois cette question mais Abraham ne répondit pas. Plus tard seulement Hajar réalisa qu’Abraham est quelqu’un de sage.

Il ne fait pas des actions au hasard, il y a une raison. C’est pour cela qu’elle lui posa l’autre question. Elle ne lui dit pas « Ibrahim, que fais-tu ? », mais elle lui demande « Ya Ibrahim, est-ce que c’est Dieu qui t’a ordonné de faire cela ? » Ibrahim lui répond que oui. Écoutez la réponse de Hajar : « Puisque c’est Allah qui l’a décidé, tu peux partir, Ibrahim, car Allah ne va pas nous délaisser, Allah (azwadial) viendra à notre secours ».

Revenons à ce dialogue. (Ismaël) dit: «Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants». Vous voyez que Ismaïl comprend bien la situation. Il entre dans cette épreuve de l’adoration. Et quelle épreuve ! Ecoutez bien le verset suivant, on voit bien que Ismaïl et Ibrahim vont passer à l’action. « Puis quand tous deux se furent soumis (à l’ordre d’Allah) et qu’il l’eut jeté sur le front, » …

Qu’elle était l’épreuve ? L’épreuve au début ne concernait que Ibrahim, qui voit en songe qu’il doit égorger son fils. Mais regardez ce verset, ils se soumettent tous les deux, Ismaïl (alayhi as-salâm) est rentré dans cette épreuve, cette adoration, cette soumission «… et qu’il l’eut jeté sur le front», vous voyez bien que l’acte va aller jusqu’à la dernière situation.

Quand il l’a allongé Allah (azwadial) dit :   

« Voilà que Nous l’appelâmes « Abraham ! Tu as confirmé la vision. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisant». C’était là certes, l’épreuve manifeste. Et Nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse »

Ô Ibrahim, tu as cru au songe, tu as exécuté ce qu’Allah (azwadial) t’a ordonné de faire. C’est comme cela qu’on récompense les hommes pieux, qui écoutent, qui obéissent à Allah. Alors, que va-t-il se passer ? Nous allons voir le verset qui nous concerne pour la fête du sacrifice.

Qu’allait sacrifier Abraham ? Il allait sacrifier son fils pour l’adoration de Dieu, mais l’épreuve arrivée à sa fin, Allah (azwadial) intervient et dit en quelque sorte, puisque tu as cru et que tu as passé à l’action, Je vais te récompenser . Que va-t-Il donner comme récompense ?  « Et Nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse. » (sourate 37, verset 107). La rançon est le mouton. Regardez bien : Allah (azwadial) remplace Ismaïl par une autre rançon, al-fidya, pour que Ismaïl ne soit pas sacrifié.

« Et Nous perpétuâmes son renom dans la postérité : Paix sur Abraham. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants». Dans les générations à venir, le nom d’Abraham sera prononcé.  « Car il était de Nos serviteurs croyants. Nous lui fîmes la bonne annonce d’Isaac comme prophète d’entre les gens vertueux. » Allah (azwadial) donne à Ibrahim un mouton à sacrifier à la place de son fils et, en plus, il lui donne un autre enfant, qui s’appelle Ishaq, prophète également.

L’épreuve de Ibrahim (alayhi as-salâm) consistait à immoler son fils unique ; il reçoit à la place un mouton et ensuite il reçoit un autre enfant. Vous voyez la grandeur de Dieu ?  Vous voyez les bienfaits que Allah (azwadial) nous donne ?

Maintenant, Ibrahim (alayhi as-salâm) a reçu le cadeau après l’épreuve. L’histoire raconte que, quand Ibrahim allait immoler son fils, Iblis avait des problèmes, de gros problèmes. Car Allah (azwadial) avait simplement dit à Iblis « Prosterne-toi », et il n’a pas voulu obéir. Regardez Ibrahim. Il a pour épreuve d’immoler son fils, son unique fils, et il allait s’exécuter.

Le mouton est venu après l’épreuve, les 10 premiers jours de Dhul-hijja vont vous amener au jour du sacrifice, le jour d’el Aid. Est-ce que, dans ces 10 jours, vous avez eu une épreuve ? Est-ce qu’on fait un effort pour mériter ce mouton le jour du sacrifice ?

Quelqu’un dira peut-être qu’il ne préfère pas faire ce sacrifice ; il tombe dans un autre piège, un autre problème. C’est un bienfait que Allah (azwadial) lui a donné. Achète le mouton, fais des méchouis, donne des aumônes et tu gagneras des hassanats. La première goutte de sang qui coule de ton mouton pardonne à toute ta famille présente.

Quand Ibrahim (alayhi as-salâm) allait immoler son fils, Iblis se mettait au travers de son chemin. Il disait à Ismaïl de ne pas laisse son père l’immoler ; à Ibrahim (alayhi as-salâm) il disait : « Tu vas égorger ton fils ? ».

Abraham l’a lapidé. C’est ce qu’on fait au pèlerinage. Il y a trois stèles contre lesquelles il faut jeter des pierres ; c’est devenu une adoration.

Iblis a voulu dévier Ibrahim de son adoration et ce dernier lui a jeté à chaque fois sept pierres. Malheureusement, au pèlerinage, les gens croient que Iblis est toujours là. Ils commencent alors à jeter des pierres, des sandales…

Non, Iblis n’est plus là, il ne va pas rester ici ! Il était là pour le pieux Ibrahim. Toi, tu fais ce geste-là dans l’adoration. Si tu veux vraiment viser la stèle, vise-la dans ton coeur, dans ton action.

Le jour où l’on va jeter les cailloux sur les stèles, certains jettent les cailloux en insultant ach-Chaytan, certains visent la stèle avec des pierres, des sandales, des parapluies, peut-être qu’ils vont même blesser leurs frères. Mais que fais-tu mon frère ? Et dès qu’ils ont fini, ils vont vite se raser la barbe ! (Quand on entre en état d’ihram, on ne peut pas se couper les cheveux). Lorsque j’étais au pèlerinage, je suis passé devant un groupe de personnes ; il y avait un qui rasait la barbe d’un autre en disant : « Enlevons cette saleté ! ». Quand ils m’ont vu, ils étaient gênés… « Euh, ce n’est pas une saleté, on plaisante ! »  Est-ce cela une adoration ? Le jour où tu as jeté les cailloux sur la stèle, tu viens raser ta barbe ?

Malheureusement, ce qui se passe le jour d’el Aid est encore pire, c’est la guerre ! En ce jour, incha Allah, il ne sera pas juste question d’aller chercher un mouton et de l’égorger. Quand vous direz Bismillah Allahou akbar, il faudra réaliser comment ce bienfait est arrivé là, pourquoi on fête l’aïd.

L’islam a deux grandes fêtes et une de ces deux grandes fêtes aura lieu dans quelques jours. Mes frères et soeurs, nous devons réaliser qu’en tant que musulmans, la question n’est pas simplement d’égorger le mouton, de le ramener et de faire le méchoui. Il faut faire attention ce jour-là. Imagine que le jour où tu égorges le mouton, le jour où tu vas faire ce geste d’adoration, ce jour est celui où l’on voit la majorité des musulmans commettre plein de péchés.

Que ce soit dans l’habillement, dans le comportement, les cousins, cousines, les amis, ça rigolent, ça s’embrassent, ça dansent. Ce jour-là, le jour de l’Aïd, le jour de l’adoration, c’est le jour où on fait la débauche, où on fait le l’illicite ? Alors quel aïd, quel genre d’aïd on a ?

Je vous le rappel mes les frères et soeurs, faites très attention, les jours passent, les semaines passent, les mois passent, et votre année diminue chaque jour. On a demandé à quelqu’un : « Quel âge as-tu ? » Il lui a répondu : « J’ai 30 ans ». Non, les 30 ans, tu les as perdus. Ils sont déjà partis. Mon frère, ma soeur, vous avez combien, 25, 40 ans ? Ils sont partis, ils ne reviendront plus.

Mes frères et soeurs, réalisez que toute la vie du musulman est de l’adoration. Sa vie, tous ces mouvements sont de l’adoration. Aller rendre visite au malade, c’est de l’adoration ; aller dormir, c’est de l’adoration. Tout est de l’adoration. Il n’y a pas de perte de temps pour le musulman. Alors pour l’adoration du jour d’el Aid, n’oubliez pas de jeûner la veille, le jour de Arafat. Sauf ceux qui sont au pèlerinage, ils ne jeûnent pas ce jour-là. Car si tu jeûnes ce jour avec une sincérité, un ikhlas, avec une tawba, un repentir, Allah (azwadial) efface tes péchés de l’année passée et de l’année qui vient. Imaginez-vous, quelle miséricorde ! Simplement aller vers Allah (azwadial) avec l’intention de s’améliorer. Il ne faut pas faire comme certains qui vont au hajj pour « se laver », se purifier et après ils continuent à désobéir. C’est catastrophique d’avoir une intention comme celle-là.

Je dis simplement à mes frères et soeurs de penser à l’aïd, de penser à l’épreuve passée. Le jour de l’aïd et de Arafat, prenez, je le dis encore une fois, le train dans lequel Allah (azwadial) vous invite à monter, repentez-vous, revenez vers Allah, arrêtez d’aller sur internet pour passer votre temps à vous amuser. On ne vous dit pas de ne pas faire de blague, on ne vous dit pas que vous ne pouvez pas rire, simplement rire et faire des blagues ont des règles.

L’islam ne t’a pas laissé faire ce que tu veux, l’islam t’a tout détaillé. L’islam te montre comment tu dois aller aux toilettes, l’islam te montre comment avoir des rapports, l’islam te montre comment dialoguer avec tes enfants, et ainsi de suite.

Je rappelle que le jour de l’aïd, il faut immoler un mouton par famille. Les personnes qui sont en voyage peuvent égorger un mouton mais ce n’est pas une obligation. Pour ceux qui ne sont pas en voyage, la majorité des savants dit que c’est une sunna muaqada, (fortement recommandé) que ce n’est pas une obligation. Personellement, je suis plutôt de l’avis que c’est obligatoire pour chaque famille, pour celui qui en a les moyens. Il doit le faire après avoir fait la prière. La sunna est de partager ce mouton en trois parties : une partie pour manger, une partie pour faire l’aumône et une partie pour offrir.

Une autre chose importante : n’oubliez pas le tahlil (El hamdoulilah) et le takbir (Allahou Akbar) le jour de l’aïd. Dès l’heure du fajr, vous dites le takbir, sans arrêt ; dans la voiture ou dans la rue, vous le dites tout doucement. Et faites sortir tous vos enfants, vos femmes, vos filles, tout le monde doit être présent. Même les femmes indisposées doivent venir pour écouter le dars, faire les douas et le dhikr. Même indisposées, elles doivent faire le dhikr avec les musulmans présents ce jour-là.

C’est également l’heure de de rendre visite aux proches, parents, familles, amis. Pour ceux qui rendent visite aux parents, vous savez que les parents font parfois des choses qui ne sont pas bien. Ne soyez pas durs, ce jour-là. Si vous avez le temps pour faire la dawa ou le rappel, essayez d’être cléments.

Si vous voyez qu’il y a des grands manquements, ne restez pas. Le Prophète(sallAllahou alayhi wa salam) a dit : «Celui qui voit un mal, qu’il le change, avec sa main, sa langue ou son coeur». Je crois que le jour de l’aïd, il est impossible de changer quoique ce soit car les gens sont dans la fête, dans l’amusement. Essayez de leur faire un rappel doux. Si vous voyez qu’ils ne savaient pas, alors alhamdulillah. Si vous voyez que vous l’avez déjà dit plusieurs fois et qu’ils ne vous écoutent pas, allez leur rendre visite, dites-leur « Assalam alaykum » et repartez, et qu’Allah accepte nos oeuvres et les vôtres.

Par Abou Chayma