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Le croyant

Le croyant est éveillé.

La première chose que l’Islam réclame du musulman, est d’être un vrai et sincère croyant en Allah (azwadial) , d’être puissamment lié à Lui, se rappelant toujours de Lui ayant confiance en Lui  quand il entreprend quoi que ce soit. Le musulman doit sentir, dans le tréfonds de son esprit, qu’il a toujours besoin du secours du Seigneur en dépit des efforts qu’il fait lui-même.

Le vrai musulman sincère et éveillé a un esprit ouvert quant à la magnificence de la création d’Allah Il sait que c’est Allah (azwadial) qui dirige les affaires de l’univers et de l’humanité. Il réalise les signes de son pouvoir illimité dans tous les aspects de la création. Alors seulement, sa foi en Allah (azwadial) augmentera. Il L’invoque constamment et met sa confiance en Lui :

{ En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence, qui debout, assis, couchés, sur leurs côtés, invoquant Allah et méditant sur la création des cieux et de la terre (disant) :
« Notre Seigneur ! Tu n’as pas créé cela en vain. Gloire à Toi Garde-nous du châtiment du Feu  » }


[ Sourate 3 – Versets 190-191]

Il obéit aux Commandements de son seigneur.

Il n’est pas étonnant, dès lors, que le musulman sincère obéit modestement à Allah (azwadial) en toute chose. Il ne transgresse jamais Ses lois et suit les règles d’Allah même si elles contrarient ses propres passions. Or, l’épreuve de la foi du musulman réside dans le fait d’accepter les préceptes d’Allah (azwadial)  et de son Messager (sallAllahou alayhi wa salam) en toute chose, grande ou petite, sans aucune hésitation ni réserve :

«Aucun de vous ne deviendra véritablement croyant, que lorsque ses passions se plieront aux règles que je vous ai apportées»[ an-Nawawi, les 40 Hadiths  » Hadith 41  » ]

{ Non ! … Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence] } 

[ Sourate 4 – Verset 65 ]

C’est donc une soumission totale et une obéissance complète à Allah (azwadial) et à son Messager (sallAllahou alayhi wa salam). Sans une telle soumission et obéissance, il n’y a pas de foi, donc, il n’y a pas d’Islam. Le musulman sincère ne se détourne pas de l’orientation tracée par Allah (azwadial) ni des instructions apportées par son Messager (sallAllahou alayhi wa salam) que cette orientation et ces instructions le touchent en tant qu’individu ou qu’elles touchent ceux dépendant de lui (comme les membres de sa famille par exemple). Il doit avoir un sens de responsabilité envers ceux qui dépendent de lui. Si un membre quelconque de la famille du musulman se montre défectueux dans ses devoirs envers Allah (azwadial) et son Messager (sallAllahou alayhi wa salam) c’est lui qui sera responsable, car :

« Chacun de vous est gardien et chacun de vous est responsable de son troupeau (c’est-à-dire de ceux qui dépendent de vous) » [Rapporté par AI-Bukhari et Muslim]

Ce sens de responsabilité se manifeste dans le fait que le musulman sincère se dérange beaucoup lorsqu’un membre de sa famille échoue dans une chose importante. Il ne peut tolérer un tel défaut. Il se précipite donc à vérifier les causes de cet échec en dépit des conséquences que cela engendra. Mais l’homme qui ignore et néglige une telle responsabilité, est un homme dont la foi est faible et dont l’humanité est défaillante voire défectueuse.
 

Il accepte la volonté et le décret d’Allah.

Le musulman sincère est toujours prêt à accepter la volonté et le décret d’Allah (azwadial) se rappelant le Hadith :

« Qu’est-ce qu’il est étonnant le sort du musulman ! Son sort est toujours bien. S’il vit la facilité et il remercie, il sera récompensé. S’il vit la difficulté avec patience et persévérance, il le sera également ».[Rapporté par AI-Bukhari].

Or, le musulman sincère est convaincu que croire en la volonté et décret d’Allah (azwadial) est l’un des piliers de la foi et que ce qui lui arrive dans la vie ne peut pas être évité, parce que c’est Allah qui en a décidé. Son acceptation, donc, de la volonté et décret d’Allah lui sera bénéfique dans la mesure où Allah (azwadial) le considérera comme l’un des croyants obéissants.

C’est justement pour cela que le hadith indique que le comportement du croyant ne lui apporte que du bien : quand il est dans l’aisance, il est reconnaissant et cela lui apporte du bien et quand un malheur le frappe, il se résigne et cela lui apporte également du bien.
 

Il cherche le repentir auprès d’Allah.

Le musulman peut se trouver négligeant, s’écartant du chemin de la droiture,. Il pourrait commettre un péché qui n’est pas digne de lui en tant que croyant soumis et vigilant. Mais il se rappelle, tout de suite, de son Seigneur, se repent et demande pardon de ses défauts :

{ Ceux qui pratiquent la piété, lorsqu’une suggestion du diable les touche se rappellent
[du châtiment d’Allah] : et les voilà devenus clairvoyants }

[ Sourate 7 – Verset 201 ]

Le coeur plein d’amour et de crainte d’Allah (azwadial) est toujours loin d’être négligeant. Ce sont ceux qui ignorent les règles et la direction d’Allah (azwadial) qui sont égarés. Le coeur du musulman sincère cherche le repentir et demande le pardon. Il trouve sa félicité dans l’obéissance, la direction et l’agrément d’Allah.
 

Sa préoccupation majeure est l’agrément de son Seigneur.

Dans tous ses actes, le musulman sincère cherche à obtenir l’agrément d’Allah (azwadial). Peu lui importe d’être approuvé par les autres. Il peut même être sujet au courroux et à la haine des gens dans ses efforts d’obtenir la grâce divine, comme l’a dit le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam):

« Quiconque cherche l’agrément d’Allah  au détriment de plaire aux gens, Allah se chargera de lui, le protégera contre eux. Mais quiconque cherche l’agrément des autres au détriment de déplaire à Allah, Allah l’abandonnera à leur soin »


Le musulman se retient donc et freine ses passions afin de plaire à Allah (azwadial). Les barrières et le chemin de droiture sont clairement tracés pour lui. Toutefois , le musulman peut commettre des contradictions ridicules lorsqu’il obéit à une chose et désobéit à une autre. C’est-à-dire lorsqu’il considère une telle chose comme « halal » et une autre comme « haràm ». Or, il n’y a pas lieu de contradiction tant que les modèles et les principes sont clairs et sains.

On voit souvent des gens qui accomplissent dévotement leurs prières rituelles à la mosquée tout en pratiquant l’usure au marché. Quand on les voit chez eux, dans la rue, à l’école ou dans le voisinage, ils n’appliquent pas, apparemment, les règles d’Allah (azwadial) ni sur eux–mêmes ni sur leurs femmes, enfants ni sur quiconque dépendant d’eux. Ces gens ignorent la réalité de l’Islam, cette religion qui oriente le musulman de plaire à Allah (azwadial). Ce grand objectif conduit le musulman à évaluer tous ses actes à la lumière des règles tracées par Allah (azwadial). Ces gens pourraient être considérés comme « mi-musulmans ». Ils sont des musulmans nominalement. Ce dédoublement de personnalité est l’un des grands dangers rencontrés d’habitude par les musulmans.

La purification et la femme

Question 1-2 : Qu’est-ce que les menstrues ? Quelle est leur quantité, quelle est leur durée la plus courte ?

Réponse : Al-hayd (menstrues, règles), signifie « écoulement ». Étymologiquement, les arabes disent :  » L’arbre est en menstruation, s’il dégage du mucilage  » et  » La rivière est en menstruation, si elle coule ».

En jurisprudence, la menstruation est l’écoulement périodique du sang provenant de la surface de la muqueuse utérine.  Les menstrues sont provoquées par des réactions naturelles à des moments déterminés, mais qui varient d’une femme à l’autre, d’un cycle à l’autre.  Quant à la durée minimale de la période menstruelle, elle est d’un jour et une nuit en continu ; cela signifie que la durée entre le début de l’écoulement du sang et la purification est supérieure à un jour et une nuit.  Si elle lui est inférieure, c’est un cas de ménorragie (istihâda).  La femme doit alors accomplir les prières antérieures, correspondant à cette période.

La durée maximale des règles est de quinze jours, nuits comprises même si le sang ne s’écoule pas de façon continue.  Ce qui importe c’est quinze nuits, même si la femme n’est pas sûre que le saignement constaté le premier jour n’est pas en fait apparu la nuit précédente.  Par exemple, lorsqu’elle constate la perte de sang à son réveil.

Quant à l’avis qui dit « La durée minimale des menstrues est de trois jours et celle maximale de dix jours », ceci est un avis faible. Dans la majorité des cas les menstrues durent six jours. 

Professeurs Hamza et Mâjid.

Question 3 : Est-il licite de manger avec une femme en état de menstruation ou de lochies ?

Réponse : Rien n’interdit de manger le repas préparé par une femme qui a ses menstrues, ni de boire dans le même verre qu’elle.

Anas (Radhiallahu anhu) rapporte que, chez les Juifs, les hommes ne mangent pas avec leurs femmes quand celles-ci ont leurs menstrues et s’abstiennent aussi d’avoir des rapports sexuels avec elles.  Mais, ils cohabitent dans les mêmes demeures.

Les Compagnons du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) ont interrogé celui-ci à propos de cette question, suite à quoi Dieu lui a révélé :
 » Tenez-vous à l’écart des femmes pendant les menstrues » (Sourate 2, verset 222).

L’Envoyé de Dieu (azwadial) a dit alors :  » Faites tout sauf les rapports sexuels  » (rapporté par Mouslim).

Aïcha [Qu’Allah soit satisfait d’elle] a dit :  » Je buvais alors que j’avais mes menstrues et je donnais à boire au Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) qui buvait, posant ses lèvres là où j’avais mis les miennes » (rapporté par Mouslim).

‘Abdallâh Ibn Mas’oûd (Radhiallahu anhu) a dit : J’ai interrogé l’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) au sujet de se mettre à table avec sa femme quand elle a ses menstrues.  Il a dit  » Mange avec elle » (rapporté par at-Tirmidhî et Ahmad).

Question 4 : Quels sont les actes illicites pour une femme en état de menstruation et de lochies ?

Réponse : A cause des menstrues et de l’accouchement, huit choses sont illicites :

1 – La prière ainsi que la prosternation lors de la lecture du Coran pour remercier Dieu. Le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :  » Si les menstrues arrivent, renonce à la prière » (rapporté par les deux cheikhs – al-Boukhârî et Mouslim).
2 – Le jeûne qu’il soit obligatoire ou surrérogatoire.
3 – La lecture du Coran.
4 – Porter le moushaf (Coran).
5 – Toucher le moushaf  
6 – Entrer dans une mosquée.
7 – Faire la tournée processionnelle autour de la Ka’ba (at-tawâf).
8 – Avoir des rapports sexuels.


Professeurs Hamza et Mâjid

Question 5 : Est-il autorisé à l’homme d’avoir des rapports sexuels avec sa femme pendant les menstrues ?

Réponse : Ce que l’on entend par menstrues ici c’est le sang qui provient de l’utérus de la femme, alors qu’elle n’est pas atteinte d’une maladie qui provoquerait cet écoulement.  Les règles apparaissent normalement à la puberté.  Leur couleur est noire, rouge ou jaunâtre.  Il y a normalement un cycle par mois.  Le sang des menstrues est reconnaissable pour une femme.

Il est interdit au mari d’avoir des rapports sexuels avec sa femme pendant ses menstrues.

 Cela a été décrété dans le Coran et la pure tradition prophétique.  Dans la sourate al-Baqara (la vache) Allah (azwadial) dit :  » Ils t’interrogent sur les menstrues, dis : c’est un mal.  Tenez-vous à l’écart des femmes pendant leur menstruation ; ne les approchez pas, tant qu’elles ne sont pas pures.  Lorsqu’elles sont pures, allez à elles, comme Dieu vous l’a ordonné.  Dieu aime ceux qui reviennent sans cesse vers lui, Il aime ceux qui se purifient » (Sourate 2, verset 222).

Il est permis au mari de jouir de sa femme pendant sa menstruation s’il le désire, en dehors de l’acte conjugal.  On a interrogé  Aïcha [Qu’Allah soit satisfait d’elle] sur ce qui est permis à l’homme de faire avec sa femme quand elle a ses menstrues.  Elle a répondu :  » Tout, sauf  l’acte sexuel « .

Docteur Ahmad Charabâsî

Question 6 : Que penser de la femme dont la période habituelle de menstruation est de 6 à 7 jours et qui se prolonge à 10 jours, ou plus, mais dont l’écoulement de sang s’interrompt durant une seule nuit puis reprend ensuite ! Doit-elle se laver et faire sa prière ou doit-elle attendre jusqu’à sa purification totale étant donné qu’elle a dépassé sa période habituelle, se trouvant alors en situation de ménorragie ?

Réponse : Si la réalité est conforme à ce qui a été dit – arrêt des menstrues une seule journée ou une seule nuit durant la période de menstruation – elle doit se laver et une fois purifiée, accomplir les prières qu’elle a manquées.  Ceci parce que Ibn ‘Abbâs (Radhiallahu anhu) a dit :  » Si elle constate que le sang est bien celui des règles, elle ne prie pas, et si elle constate qu’il s’est arrêté durant une heure, qu’elle se lave « .

Il a aussi été rapporté que si l’état de pureté dure moins d’un jour, on ne le prend pas en compte car Aicha [Qu’Allah soit satisfait d’elle] a dit :  » Ne vous pressez pas jusqu’à ce que vous constatiez que la serviette (ou le morceau de coton) soit blanche ».

Comme le sang coule en discontinuité, l’état de pureté ne s’établit pas par un arrêt qui dure moins d’une heure.  Tel est le choix de l’auteur du livre « Moughnî al-Hanbali ».

Cheikh ‘Abd al-‘Azîz Ibn Bâz

Question 7 : Que penser de la perte de sang en dehors de la période de menstruation

Réponse : L’écoulement du sang en dehors de la période de menstruation et de lochies indique une ménorragie, dont on se purifie en accomplissant les petites ablutions avant chaque prière.  S’il est plus abondant on le considère comme de l’incontinence urinaire.  La règle de purification des menstrues dans ce cas est la même que celle de l’impureté mineure ; les ablutions sont annulées dès que l’écoulement se produit avant la prochaine prière.  Dans le cas contraire, cela est considéré comme une incontinence urinaire excusable, ne nécessitant pas de refaire les ablutions.
Cheikh Moûsâ Sâlih Charaf

Question 8 : Qu’est-ce que la ménorragie ? Quelles sont ses règles ?

Réponse : La ménorragie est une perte de sang – due à une affection – qui provient de la rupture des petits vaisseaux sanguins qui tapissent le bas de l’utérus, ceci suite aux menstrues, à l’accouchement, etc.

D’ordinaire, on ne qualifie de ménorragie que le sang qui suit les menstrues.  Elle engendre les obligations suivantes :

1 – La femme atteinte de ménorragie doit faire sa toilette intime avant d’accomplir ses ablutions avec de l’eau ou du sable, si elle pratique les ablutions pulvérales (tayammoum).  Ensuite elle se protège d’une serviette, de tampons, etc.  Comme c’est une purification nécessaire, elle doit faire ses ablutions juste avant d’accomplir sa prière.

2 – Elle doit renouveler ses ablutions à chaque prière obligatoire et même pour accomplir des prières surrérogatoires.  Elle peut faire autant de prières qu’elle le désire.

3 – Elle doit changer de serviette à chaque prière obligatoire.

4 – Son mari peut avoir des rapports sexuels avec elle, même si les saignements persistent.

5 – Sa règle est la même que celle des femmes non atteinte de ménorragie.  Elle prie, jeûne, peut effectuer une retraite spirituelle à condition de ne pas souiller la mosquée.  Elle peut lire le Coran, toucher le moushaf, et accomplir toutes les adorations.

Professeurs Hamza et Mâjid

Question 9 : Quelles sont les règles des lochies ?

Réponse : Les lochies (an-nifâs) sont l’écoulement du sang suite à l’accouchement.  Elles l’accompagnent, le suivent ou le précèdent de deux ou trois jours avec les douleurs.  Cheikh al Islâm Ibn Taymiyya a dit:  » C’est ce qu’elle constate au moment où commencent les douleurs de l’accouchement.  Telles sont les lochies « .  Les deux ou trois jours ne sont pas posés comme condition.  Cela désigne simplement les douleurs qui précèdent la naissance, sinon ce ne serait pas une perte de sang liée à l’accouchement.

 Les savants ne sont pas d’accord au sujet de sa durée minimale.  Ibn Taymiyya a dit :  » Le sang des couches n’a pas de durée maximale ou minimale.  S’il arrive qu’une femme constate qu’elle perde du sang à plus de quarante, soixante ou soixante-dix jours puis qu’il cesse, c’est un « sang » de couches. Mais s’il continue à s’écouler, c’est un saignement pathologique.  La durée du sang de couches est fixée, selon le consensus, à quarante jours.

A mon avis, si l’écoulement du sang dépasse quarante jours et qu’elle a l’habitude de constater que le sang ne coule pas de façon continue, elle doit attendre jusqu’à son arrêt complet.  Sinon, elle se lave après quarante jours, sauf si cela coïncide avec la période de ses menstrues, dans ce cas elle doit attendre la fin de ses menstrues.  Le moment de l’arrêt du saignement doit être considéré comme une règle personnelle dont la femme doit tenir compte ultérieurement.  Si le sang continue à couler, alors elle est en ménorragie.  Elle doit appliquer les règles relatives à cela, et qui ont déjà été évoquées.

Si l’écoulement du sang s’arrête avant la fin des quarante jours, elle doit se laver puis prier ; elle peut jeûner et avoir des rapports sexuels avec son mari.  Si l’arrêt a duré moins d’un jour, cette règle ne s’applique pas.

L’enfantement ne s’affirme que si elle accouche de ce que l’on peut considérer comme une créature humaine. Si elle accouche d’un embryon dont on ne peut distinguer la forme humaine, son sang n’est pas considéré comme des lochies mais comme un saignement pathologique. On applique alors la règle de la femme atteinte de ménorragie.  La période la plus courte pour considérer le foetus comme créature humaine est de quatre vingt jours à partir de la constatation de la grossesse.  Souvent, cette période est de 90 jours.

Ibn Taymiyya a dit :  » Si elle constate l’apparition de sang avant les douleurs elle ne doit pas en tenir compte.  Si c’est après, elle doit cesser de faire la prière et de jeûner.  Mais si, après l’accouchement, il s’avère que le sang qui les a précédées n’était pas celui des lochies, elle doit rattraper ce qu’elle n’a pas accompli. Sinon, la femme purifiée n’a rien à rattraper ».

Cheikh Mohammad Sâlih al-‘Outhaymin

Question 10 : Quelle est la récompense de la femme décédée en couches ?

Réponse : ‘Oubâda Ibn as-Sâmit (Radhiallahu anhu) rapporte que l’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :  » Qui considérez-vous comme martyr ?  » On a répondu :  » Celui qui combat et meurt dans la voie de Dieu « .

L’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) a répondu: « Alors les martyrs de ma communauté ne sont pas nombreux ! Le mort dans la voie de Dieu est un martyr.  Celui qui a été poignardé est un martyr, celui qui est décédé d’un mal de ventre est un martyr, la femme décédée en couches est une martyre ».

Selon une autre version, ‘Oubâda Ibn as-Sâmit (Radhiallahu anhu) rapporte que l’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :  » Celui qui est mort dans la voie de Dieu est un martyr, à cause d’un mal de ventre est un martyr, noyé est un martyr, la femme morte en couches est une martyre ». 

Cheikh Ibn al-Jawei 

Les pièges du diable

Les Symptômes de La défaite Morale

   Lorsque le coeur de l’Homme devient dur, lorsqu’il perd son intelligence, suit ses passions et perd le combat contre le diable, le mal peut alors accéder à son âme.  Ainsi, l’Homme commet des péchés, le diable le contrôle et cohabite avec lui.  Dans ce sens, Allah (azwadial) dit :

{ [… ] Le diable les a dominés et leur a fait oublier le rappel d’Allah }


[ Sourate 58 – Verset 19 ]

Allah (azwadial) dit encore 

{ Il (Satan) a dit: « puisque Tu m’as désigné coupable, je les dévierai de Ton droit chemin.  Puis je les assaillirai de devant, de derrière, de leur droite et de leur gauche. Tu ne trouveras pas de reconnaissants parmi la plupart d’entre eux. » } 

 [ Sourate  7 – Versets 16-17 ]

Il est à signaler que la maladie la plus grave que les gens faibles peuvent contracter est le souffle du diable dans leur poitrine.  Le diable souffle dans leur coeur de façon permanente pour les empêcher de faire le bien.

 Dans ce sens, le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

« Le diable se met en travers du droit chemin pour corrompre l’être humain.  Il se met en travers du chemin de l’Islam en lui soufflant dans le coeur : « Vas-tu devenir musulman ou abandonner ta religion et celle de tes parents ? » Mais l’être humain lui désobéit et embrasse l’Islam.  

Puis le diable lui barre le chemin de l’émigration (pour soutenir la cause d’Allah) en lui soufflant (dans le coeur) : « Vas-tu émigrer ? Vas-tu laisser ton pays et son ciel ? » Mais l’être humain lui désobéit et émigre.

 Puis le diable lui barre le chemin de la lutte sacrée en lui soufflant : « Vas-tu mener la lutte sacrée qui te fera perdre ta vie et tes biens ? Car tu te battras et l’on te tuera.

 Ensuite, on se mariera avec tes femmes et l’on distribuera tes biens (à tes héritiers). » Mais l’être humain désobéit au diable et mène la lutte sacrée.

 C’est alors que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a ajouté : « l’être humain qui agit ainsi et meurt, Allah le fera sûrement entrer au Paradis. » [ Hadîth rapporté par Bukhâri ]

Pour plus d’informations, on peut lire l’histoire du diable et du moine, dans un commentaire coranique concernant le verset suivant :

{ Ils sont semblables au Diable quand il dit à l’homme : « sois incrédule ! » Puis quand il a mécru,
le Diable dit: « je te désavoue car je redoute Allah, le Seigneur de l’univers. » }


 [ Sourate 59 – Verset 16]

Il faut s’armer contre les pièges du diable

   Pour aider l’être humain à défier les pièges du diable et ses harcèlements diaboliques, l’Islam présente à l’Homme plusieurs solutions qui l’aideront, certes, dans son combat contre le diable, son ennemi le plus farouche.  Ces solutions ont été rassemblées par un homme pieux qui a dit: « J’ai bien réfléchi aux moyens que le diable utilise pour corrompre l’Homme.

 Et j’ai réussi à noter 10 moyens :

1/ L’amour des biens et la peur de les perdre.  Pour éviter ce piège, j’ai chassé le diable parla confiance en Allah 
(azwadial) et la satisfaction de ce qu’Il m’a donné.

2/ L’amour de la vie et le désir de tout posséder.  J’ai chassé cette idée par la peur de mourir à tout instant.

3/Le désir d’avoir des loisirs et de longues vacances.  J’ai évité ces caprices en me rappelant le jugement divin.

4/L’arrogance.  J’éloigne ce sentiment en me rappelant que c’est par la volonté d’Allah (azwadial) que j’agis.  En plus, j’imagine la mort qui peut me frapper en accomplissant un acte qui m’enverrait directement en Enfer.

5/Le mépris des gens.  Je l’évite en reconnaissant leurs droits qu’il ne faut pas transgresser.

6/ L’envie, que j’évite en me montrant satisfait, et en me rappelant que c’est Allah (azwadial) qui distribue les biens aux êtres humains sur la terre.

7/L’ostentation, ainsi que la flatterie des gens.  Pour éviter cela, j’essaie d’être sincère dans mes actes et mes paroles.

8/L’avarice que j’évite en me disant : tout ce que possèdent les Hommes disparaîtra, mais la récompense au Paradis auprès d’Allah (azwadial) sera éternelle.

9/L’orgueil que je chasse parla modestie.

10/ L’avidité que je combats parla confiance en ce qu’Allah (azwadial) peut m’apporter.  De plus, je ne dois pas attacher d’importance à ce que possèdent les autres. »

Parmi les éléments sur lesquels l’Islam a également mis l’accent, pour éviter les pièges du diable, on compte :

L’invocation d’Allah au début de toute action

   Dans ce sens, on rapporte qu’Abû Hurayra (Radhiallahu anhu) a dit :

«Le diable du musulman (qui l’accompagne pour le corrompre) a rencontré le diable du mécréant.  Celui-ci avait la peau douce et il était gros et méchant.  Par contre, celui du musulman était maigre, avec des cheveux dispersés, couverts de poussière et nu.  Le diable du mécréant a dit à celui du musulman:

« Pourquoi es-tu maigre comme ça ? » –  « J’accompagne une personne, lorsqu’elle mange, elle dit bismillah (au Nom d’Allah) alors je reste affamé ; lorsqu’elle boit, elle dit au nom d’Allah et je reste assoiffé ; lorsqu’elle s’habille, elle dit au nom d’Allah et je reste nu; lorsqu’elle se met de l’huile sur les cheveux, elle dit au nom d’Allah et je reste les cheveux couverts de poussière, sales et non peignés. » répondit le diable du musulman.  

 Le diable qui cohabite avec le mécréant dit alors : « moi, je suis avec une personne qui ne fait rien de la sorte ; ainsi, je partage avec elle sa nourriture, ses boissons et ses vêtements. » »

 Manger peu

   Le musulman ne doit pas trop manger, même si ce qu’il mange est licite.

Car Allah (azwadial) nous dit :

  { Mangez et buvez mais ne gaspillez pas. }
 [ Sourate 7 – Verset 31 ]

Dans le même sens, le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit : 

« Le Diable peut circuler dans (votre) sang, alors rendez-lui les veines étroites (inaccessibles) par la faim. »
[Hadîth rapporté par Ahmad ]

Le rappel d’Allah

   Il se compose de la lecture du Saint Coran, l’invocation d’Allah, l’imploration de Son pardon.

À ce sujet, le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

« Le diable met son tronc (bouche) sur le coeur de l’être humain ; lorsqu’il se rappelle Allah, le diable recule, mais lorsqu’il oublie Allah, le diable le manipule. »

 [ Hadîth rapporté par Ibn Abî Dunyâ.]

 La sagesse

   Parmi les moyens efficaces de chasser le diable, on compte aussila sagesse.  Le musulman doit réfléchir à tous ses projets et ne doit pas les entreprendre précipitamment.  Ainsi, il obéit au Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) qui dit:

« La précipitation  – dans l’exécution des projets –  est le fait du diable, mais la sagesse est d’Allah. »

Il faut savoir que l’on ne peut pas citer tous les moyens, les actes et les recommandations de l’Islam qui nous aident à éviter les pièges du diable.  Signalons cependant la pure vérité qu’Allah (azwadial) précise dans le Saint Coran, en disant :

{ Ceux qui pratiquent la piété, lorsqu’une suggestion du Diable les touche se rappellent
[le châtiment d’Allah] et les voilà devenus clairvoyants. }
[ Sourate 7 – Verset  201 ]

Le jour de Achoura

Dans les deux recueils authentiques de Boukhari et Mouslim, Ibn ‘Abbas (Radhiallahu anhu) fut questionné au sujet du jour d »Achoura, il répondit :

« Je n’ai pas vu le prophète jeûner un jour en y recherchant plus son mérite si ce n’est ce jour-ci,
c’est-à-dire ‘Achoura. »
 

 Le jour de ‘Achoura a un grand mérite. En effet, il est sacré de longue date, son jeûne était connu chez les prophètes de part son mérite. Nouh (Noé) et Moussa (alayhi as-salâm) l’ont jeûné, les Gens du Livre le jeûnaient, de même les Qouraychites le jeûnaient à l’époque préislamique. Le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) l’a jeûné en quatre étapes :

  • 1) Il le jeûnait à La Mecque, sans ordonner aux gens de le jeûner. Dans les deux recueils authentiques d’après Aïcha (Radhiallahu anha):

«’Achoura était un jour de jeûne pour les Qouraychites à l’époque préislamique et le Prophète le jeûnait. Puis, quand il émigra à Médine, il le jeûna et ordonna de le jeûner. Ensuite, quand fut révélée l’obligation du
mois de Ramadan, il ne jeûnait que le mois de Ramadan et délaissa le jeûne de ‘Achoura.
Donc, celui qui veut, le jeûne et celui qui ne veut pas, mange.»

  • 2) Lorsqu’il arriva à Médine, il vit que les Gens du Livre jeûnaient ce jour et le vénéraient. Et il aimait faire comme les Gens du Livre dans les choses pour lesquelles il n’avait pas reçu d’ordre. Il le jeûna donc et ordonna aux gens de le jeûner, et les incita, à tel point qu’ils faisaient jeûner leurs enfants, comme cela est rapporté dans les deux recueils authentiques d’après Ibn ‘Abbas et d’autres (Radhiallahu anhu).
  • 3) Lorsque fut prescrit le jeûne du mois de Ramadan, le prophète (sallAllahou alayhi wa salam) n’ordonna plus aux compagnons de jeûner ‘Achoura et n’insista plus à son sujet.

Le hadith de Aïcha (Radhiallahu anha) à ce sujet a été précité, et la plupart des savants jugent qu’il est conseillé de jeûner mais sans caractère obligatoire.

  • 4) A la fin de sa vie, le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) décida de ne plus le jeûner seul, mais d’y ajouter un jour, afin de faire le contraire des Gens du Livre dans leur jeûne.

Ibn El Qayyim ( Radhiallahu ) a dit : « Le jeûne d’Achoura se fait de trois façons :

 La plus complète consiste à jeûner un jour avant et un jour après.

 Ou bien, jeûner les neuvième et dixième jours, la plupart des hadiths concernent cela.

 Ou bien, jeûner le dixième  jour seul.

Certains prédécesseurs jeûnaient ‘Achoura en voyage, parmi eux Ibn ‘Abbas (Radhiallahu anhu), et ils disaient :

« Le mois de Ramadan peut être compensé par un nombre égal de jours, alors que ‘Achoura,
si son jour passe, on ne peut plus le compenser.»

Parmi ses mérites : Allah (azwadial) pardonna à un peuple en ce jour et Il pardonna à d’autres comme dans le hadith rapporté par At-tirmidhi d’après ‘Ali (Radhiallahu anhu). Ceci incite à renouveler le repentir sincère à Allah (azwadial), en ce jour de ‘Achoura, en espérant qu’Il accepte le repentir, car celui qui se repent à Allah (azwadial) de ses péchés, Allah accepte son repentir.

[Extraits de « Latâif El Ma’ârif » de Ibn Rajab et « Zâd El ma’âd » de Ibn El Qayyim] / Sajidine

Le bain rituel et ses obligations

La signification du bain rituel est le fait de se verser de l’eau sur tout le corps.

La preuve de cela réside dans la Parole d’Allah (azwadial) :

« […] Et si vous êtes en état impureté majeure, alors purifiez-vous […] »
[ Sourate 5 – Verset 6 ]

et selon Sa Parole :

{ Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. Dis : c’est un mal. Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que lorsque elles sont pures. Quand elles se sont purifiées, alors venez à elles suivant les prescriptions d’Allah car Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient } 

[ Sourate 2 – Verset 222 ]

CINQ SITUATIONS RENDENT LE BAIN RITUEL OBLIGATOIRE

1) L’éjaculation du sperme par plaisir, pendant son sommeil ou en étant éveillé.

Ceci implique la femme autant que l’homme. Cela est l’avis de la plupart des juristes qui se fondent sur la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam):

« L’éjaculation implique le bain rituel » [ Rapporté par Moslim ]

Par contre, le bain rituel n’est pas obligatoire si l’éjaculation n’est pas parvenue par plaisir mais par maladie ou par froid intense. Aussi, si la personne fait un rêve érotique, sans qu’elle ne trouve de trace de sperme, alors le bain rituel ne lui est pas obligatoire.
 

2) Lors de la rencontre des deux sexes qui n’est accomplie que lorsque le gland du pénis pénètre complètement dans le vagin et ceci même si l’éjaculation n’est pas parvenue. La preuve réside dans la Parole d’Allah (azwadial) :

{ Et si vous êtes en état impureté majeure, alors purifiez-vous } 

[ Sourate 5 – Verset 6 ]

Et dans la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) :

« Lorsque l’homme se positionne entre les jambes de sa femme, puis la pénètre, alors le bain rituel leur est obligatoire, qu’il ait ou non éjaculé » [ Rapporté par Moslim ]
 

3) L’interruption des règles et des lochies (règles après l’accouchement).
La preuve réside dans la Parole d’Allah (azwadial):

 » […] Et ne les approchez que lorsque elles sont pures.
Quand elles se sont purifiées, alors venez à elles suivant les prescriptions d’Allah […] »
[ Sourate 2 – Verset 222 ]

Et selon la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) quand il dit à Fatima bint Aby Houbaïch :

« ne prie pas le nombre de jours de tes règles habituelles, ensuite effectue le bain rituel, puis accomplis ta prière » [ Rapporté par Boukhâry et Moslim ].

On remarque que ce hadith ne mentionne que les règles, mais les lochies sont considérées par l’unanimité des savants comme étant des règles.
 

4) La mort: il est unanimement reconnu que l’on doit laver le musulman lorsque il meurt.
 

5) Le mécréant, lorsqu’il se convertit à l’islam, doit prendre un bain rituel. [ voir fiqh as-sunnah T.1 p64 ]
 

Ce qui est interdit à la personne en état d’impureté majeure

1) La prière est interdite d’après la Parole d’Allah (azwadial) :

{ Et si vous êtes en état impureté majeure, alors purifiez-vous } [ Sourate 5 – Verset 6 ]

2) Le tawaf (circuit autour de la maison sacrée) est interdit selon la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam):

« Le tawaf autour de la maison (Kaaba) est une prière, néanmoins Allah y a autorisé de parler. Donc que celui qui parle ne dise que du bien ». [ Rapporté par Tirmidhî et Dâraqoutnî, et Hâkim et ibnou Khouzaïma l’ont authentifié ].

3) Le fait de toucher ou porter le Coran

4) Le fait de demeurer dans la mosquée: ceci est interdit au musulman selon la Parole d’Allah (azwadial) :

{ Ô les croyants ! N’approchez pas la prière alors que vous êtes ivres, jusqu’à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi lorsque vous êtes en état d’impureté majeure, à moins que vous ne soyez en voyage, jusqu’à ce que vous ayez pris un bain rituel } 

[ Sourate 4 – Verset 43 ].

Cependant, il est toléré à la personne de franchir la mosquée sans y rester, comme le prouve ce verset, mais aussi la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) à Aïcha(Radhiallahu anha) :

« Donne-moi le tapis de prière qui est dans la mosquée » elle répondit : « mais je suis dans ma période de règles » il rétorqua : « tes règles ne sont pas dans tes mains » [ rapporté par Moslem, Abu dâoud, tirmidhî, Nassâï et ibnou Majâh. (voir fiqh as-sunna t1p77-78)]

Les piliers du bain rituel

Le bain rituel légiféré repose sur deux points

1) L’intention est le premier pilier, car c’est elle qui différencie une adoration d’une autre. Aussi, l’intention est un acte qui provient totalement du for intérieur, contrairement aux nombreuses personnes qui ont pris l’habitude de prononcer l’intention à voix haute, alors que cet acte est totalement inventé et n’est point légiféré. Donc, il faut le délaisser et le rejeter.

2) Le fait de se laver tout le corps selon la Parole d’Allah (azwadial) :

{ Et si vous êtes en état impureté majeure, alors purifiez-vous } 

[ Sourate 5 – Verset 6 ]

et Sa Parole :

{ Ô les croyants ! N’approchez pas la prière alors que vous êtes ivres, jusqu’à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi lorsque vous êtes en état d’impureté majeure, à moins que vous ne soyez en voyage, jusqu’à ce que vous ayez pris un bain rituel } 

[ Sourate 4 – Verset 43 ].

Ce verset est la preuve que la signification de la purification désigne le bain rituel. Aussi, le véritable lavage consiste à se laver entièrement les membres, selon la compréhension du mot lavage en arabe et comme l’a décrit la sunna.

Les actes méritoires du bain rituel

Il est conseillé, pour celui qui se lave, de tenir compte des actes du Messager lors de son bain rituel

1) Il se lave les mains trois fois.
2) Ensuite il se lave les parties intimes.
3) Puis il effectue complètement ses ablutions comme celles pour la prière.
4) Enfin, il se verse de l’eau sur tout le corps, sans oublier les aisselles, l’intérieur des oreilles, le nombril et les doigts de pied et en frottant ce qui peut être frotté.


La preuve de tout cela repose sur ce qui a été rapporté par Aïcha (Radhiallahu anha) :

« Lorsque le Prophète était en état d’impureté majeure, il se lavait en commençant par ses mains, ensuite il se versait de l’eau à l’aide de sa main droite dans sa main gauche pour se laver les parties intimes, ensuite il faisait ses ablutions comme celles pour la prière, puis il trempait ses mains dans l’eau et les pénétrait jusqu’aux racines de ses cheveux et lorsqu’il s’assurait que l’eau eût bien pénétrée, il se versait trois poignées d’eau sur la tête, et pour finir il se versait de l’eau sur tout le corps »
[ Rapporté par Boukhâry et mouslim ]. (voir fiqh as-sunna t1 p72-73).

Le bain rituel recommandé

Le musulman conscient et pubère qui effectue ce bain rituel est complimenté et récompensé, mais il ne sera pas blâmé, ni châtié, s’il ne l’effectue pas.

1) Le bain rituel du vendredi: car ce jour est un jour de rassemblement pour l’adoration et la prière. Le Législateur a donc ordonné avec insistance aux musulmans de se laver lors de leur rassemblement, pour qu’ils soient bien présentables du point de vue de la propreté et de la purification. […]

Note Shaikh ‘Abdullah ibn Salih Al-‘Ubaylan dit  : Quant au ghousl (grande ablution) que l’on recommande (mustahab), on recommande fortement le ghousl le jour de Jumou’a, sauf dans le cas où quelqu’un dégage une mauvaise odeur, il est alors obligatoire à cette personne de faire le ghousl.D’après le hadith d’Abou Sa’id Al-Khoudri (Radhiallahu anhu) dans lequel le messager d’Allah  (sallAllahou alayhi wa salam) a dit « Faire le ghusl le jour de Jumu’a est un devoir (wajib) sur chaque personne pubère. »
 [Rapporté par Al-Bukhari et Muslim].Ceci est aussi basé sur le hadith de Samura ibn Jundub (Radhiallahu anhu) qui a dit : Le messager d’Allah 
(sallAllahou alayhi wa salam) a dit :« Quiconque fait al-woudou (les ablutions) le Jour de Jumu’a, c’est bien.
Et quiconque fait al-ghousl (les grandes ablutions), alors le ghousl est meilleur. »
[Rapporté par At-Tirmidhi, qui l’a classé bon].

2) Le bain rituel les deux jours de l’Aïd : les savants l’ont recommandé.

3) Le bain rituel de celui qui a lavé un mort : ceci est recommandé selon la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam):

« que celui qui lave un mort se lave donc à son tour et que celui qui porte un mort fasse ensuite ses ablutions» [ hadith approuvé par Tirmidhî et ibnou Hajar.]  

4) Le bain rituel est recommandé lors de la sacralisation (ihram) : ceci est donc recommandé à celui qui désire accomplir le hajj et la omrah.

5) Lorsque l’on entre dans la Mecque : il est donc recommandé de prendre un bain rituel à notre arrivée à la Mecque. La preuve de cela ainsi que du quatrième point réside dans les actes du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam). ( voir fiqh as-sunnah).

Quelques points concernant le bain rituel

1) Un seul bain rituel suffit pour celle qui est, par exemple, en même temps en état d’impureté majeure et en période de règles, ou comme lorsque l’Aïd coïncide avec le vendredi, ou lorsque la personne est en état d’impureté majeure le vendredi. Ainsi, un seul bain est suffisant si la personne a l’intention de se purifier des deux actes en même temps selon la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) :

« Toute personne sera récompensée selon son intention » [Rapporté par Boukhâry et Moslim].  

Par ailleurs, certains savants obligent une seule intention pour chaque bain rituel.
 

2) Celui qui prend un bain rituel en état d’impureté majeure, alors qu’auparavant il n’a pas fait ses ablutions, n’aura plus besoin de les faire sachant que le bain rituel lui suffit. Abou Bakr ibnou Al’araby a dit : « les savants n’ont pas divergé au sujet des ablutions comme faisant pleinement partie du bain rituel. Ainsi qu’au sujet de l’intention de se purifier de l’impureté majeure comme étant suffisante à l’intention des ablutions et les rendant inutiles.

3) Aller au hammam est toléré, si la personne est sûre de ne pas regarder les parties intimes des autres et que d’autres personnes soient dans l’impossibilité de regarder les siennes. L’Imam Ahmad a dit : « si tu est sûr que chaque personne se trouvant dans le hammam est vêtu d’un izâr (habit qui couvre les parties intimes depuis le nombril jusqu’aux genoux), alors tu peux y entrer ; sinon, n’entre pas ». Il est dit dans le hadith :

« Que l’homme ne regarde pas les parties intimes de l’homme et que la femme ne regarde pas celles de la femme » [Rapporté par Moslim.]
 

4) Il est permis à l’homme d’utiliser le reste d’eau dans lequel s’est lavée sa femme et réciproquement, comme il leur est permis de se laver ensemble avec le même récipient selon la parole du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)  :

« l’eau ne devient pas impure » [ Rapporté par Tirmidhî qui a dit : « il est authentique et bon » ]
 

5) Il est interdit de se laver nu au milieu des gens, car dénuder ses parties intimes est interdit. Par contre, ceci est toléré si la personne se couvre avec un tissu ou ce qui lui ressemble. Aussi, il lui est permis de se laver nue loin des regards des gens, car Moussa (alayhi as-salâm) (Moïse) l’a fait, comme le rapporte Boukhâry.
 

6) Le bain de la femme n’est pas différent de celui de l’homme, sauf que la femme n’a pas à défaire sa natte si l’eau touche la racine des cheveux selon le hadith d’après Oumou Salamah (Radhiallahu anha) qui raconte le récit d’une femme qui vint au Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) et lui dit :

« Ô Prophète d’Allah ! Je suis une femme qui natte ses cheveux, faut-il que je défasse mes nattes pour le bain rituel  ?  Il répondit : il te suffit de verser trois poignées d’eau sur ta tête, ensuite tu verses de l’eau sur tout ton corps pour que tu sois enfin purifiée » [Rapporté par Moslim.] (voir fiqh as-sunnah t1 p74).

Par cheikh Mouhamed Zinou
« l’explication des piliers de l’islam et de la foi et ce que doit impérativement savoir le musulman de sa religion ».

Quand et comment faire la prière de l’Aïd ?

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Eid Takbir – Saad Al Qureshi

Un premier point s’impose : la prière de l’Aïd n’est pas une prière obligatoire mais est une pratique fortement recommandée, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, là encore pour une large majorité de savants. Elle peut être accomplie au cours de la matinée, peu après le lever du soleil jusqu’à peu avant la première prière de l’après-midi (dhor). Les musulmans sont appelées à se vêtir de leurs plus beaux habits pour marquer joliment ce moment de fête.

La prière de l’Aïd – Aïd al-Fitr comme Aïd al-Adha – compte deux unités de prière (raka’at) mais est différente des prières quotidiennes dans sa réalisation. Nul besoin de faire un appel à la prière (adhan) ; voici comment elle s’accomplit une fois les ablutions faites :

– Prononcer le takbir d’entrée en prière (« Allah akbar ») ;

– Répéter six fois « Allah akbar » sans avoir à lever ses mains ;

– Réciter Al-Fatiha, la sourate d’ouverture du Coran, suivie d’une deuxième sourate de son choix ;

– Poursuivre en faisant les gestes habituels d’une prière ;

– En se levant de la prosternation, prononcer le takbir ;

– Répéter cinq fois « Allah akbar », là aussi sans avoir à lever les mains ;

– Réciter Al-Fatiha, la sourate d’ouverture du Coran, suivie d’une deuxième sourate de son choix, différente de celle récitée lors du premier cycle, puis réaliser les gestes habituels d’une prière, qui prend fin normalement.

Dès lors que la prière de l’Aïd, faite à voix haute, est réalisée chez soi, il n’y a pas à faire de sermon ; celui-ci se fait uniquement dans les mosquées, à l’image de la prière du vendredi. 

Place alors aux félicitations !

sources : saphirnews.com

Aïd Moubarak

Mérites du jour d’Arafa

 Voici quelques mérites du jour d’Arafa.

1/ C’est le jour d’achèvement de la religion et de la perfection de la grâce (divine) accordée à la Umma.

Selon un hadith cité dans les Deux Sahih, Omar ibn al-Khattab (Radhiallahu anhu)a rapporté qu’un juif lui avait dit :

ô Commandeur des croyants ! Vous lisez dans votre livre qu’un verset que nous célébrions s’il nous avait été destiné !

« De quel verset s’agit-il » dit Omar (Radhiallahu anhu).   « C’est :

{ Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait.
Et J’agrée l’ Islam comme religion pour vous.}  [ Sourate 5 – Verset 3 ]

Omar (Radhiallahu anhu) dit : « Nous connaissons le jour et le lieu de révélation de ce verset au Prophète (sallAllahou alayhi wa salam). C’était un vendredi au cours duquel il s’était stationné à Arafa.

2/  C’est un jour de fête pour les gens en stationnement

Le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

« Les journées d’Arafa, du sacrifice et les trois journées suivantes constituent un temps de fête pour nous, Musulmans, des journées où l’on mange et boit (à satiété) »  [rapporté par les auteurs des Sounan].

Il a été rapporté qu’Omar ibn al-Khattab (Radhiallahu anhu)a dit  ( au sujet du verset 3 – sourate 5 ) :

« Ce verset a été révélé un vendredi à Arafa . Or ces deux circonstances sont fêtées par nous.»

3/ C’est un jour par lequel Allah a juré.

       Or le grand ne jure que par ce qui est grand. C’est le jour bien attesté dont il est question dans la parole du Très Haut  : {… et par le jour promis ! } [ Sourate 85, Verset 3 ]

D’après Abou Hourayra (Radhiallahu anhu) « le jour promis est le jour de la Résurrection et le jour bien attesté est le jour d’Arafa et le jour témoin  est le vendredi. » [ Rapporté par at-Tirmidhi ].

C’est le witr  par lequel  Allah  a juré dans Sa parole :  { Par le pair et l’ impair ! } [ Sourate 89, Verset 3 ].

Ibn Abbas (Radhiallahu anhu) dit :  ach-chaf’ signifie le jour du sacrifice et al-witr le jour d’Arafa. [ C’est également l’opinion d’Ikrima et Ad-Dhahhak.]

4/ Son jeûne expie deux années de péchés.

D’après Abou Qatada (Radhiallahu anhu) le Messager d’Allah (azwadial) a été interrogé à propos du jour d’Arafa et il en a dit :

«  Il expie les péchés de l’année précédente et ceux de l’année suivante »
[ Rapporté par Mouslim ]

Mais ce jeûne est recommandé à celui qui n’accomplit pas le pèlerinage. Quant au pèlerin, le jeûne de la journée d’ Arafa n’est pas institué pour lui, car le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) s’était abstenu de le jeûner. Il a même été rapporté qu’il n’en a pas interdit le jeûne.

5/ C’est le jour au  cours duquel Allah  a reçu l’engagement de la progéniture d’Adam.

D’après Ibn Abbas (Radhiallahu anhu) le Messager d’Allah (azwadial) a dit :  « Certes Allah a reçu l’engagement à partir du dos d’Adam à Nou’man. C’est-à-dire Arafa, il a fait sortir de ses entrailles toute sa progéniture qu’Il avait créé et les a éparpillées entre Ses mains telles des fourmis et leur a adressé cette parole :

{ Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d’ Adam et les fit témoigner sur eux-mêmes :  » Ne suis- Je pas votre Seigneur? « .
 Ils répondirent : « Mais si, nous en témoignons… » afin que vous ne disiez point, au Jour de la Résurrection :
« Vraiment, nous n’ y avons pas fait attention », ou que vous auriez dit (tout simplement) :
 » Nos ancêtres autrefois donnaient des associés à Allah et nous sommes leurs descendants, après eux.
Vas-Tu nous détruire pour ce qu’ ont fait les imposteurs?  » }  
[ Sourate 7, Versets 172-173]   [ rapporté par Ahmad et jugé authentique ].

Quel important jour ! Quel magnifique engagement !

6/ C’est le jour du pardon des péchés, de l’affranchissement de l’enfer et de la manifestation de la fierté qu’inspire l’état des gens rassemblés.

Dans le Sahih de Mouslim, Aïcha (Radhiallahu anha) rapporte que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)a dit :

« Il n’est pas de jour pendant lequel Allah affranchi  plus d’esclaves que le jour d’ Arafa. En effet, Il s’approche et se montre devant les anges fiers de l’état des gens et leur dit : que veulent ceux-là ? »

D’après Ibn Omar  (Radhiallahu anhu) le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

«  Certes le Très Haut se montre fier devant les anges au soir du jour d’ Arafa à cause de l’état des gens rassemblés à Arafa et il dit : «  Regardez mes serviteurs, ils sont venus vers moi couverts de poussière et les cheveux en bataille. »  [ rapporté par Ahmad et déclaré authentique ].

Et Allah le Très Haut sait mieux. Par cheikh Saleh el Mounajed

La dot – Mahr

Parmi les gages d’intérêt et de respect que l’islam a donnés à la femme, il y a le droit d’avoir un patrimoine propre. En effet, à l’époque antéislamique, la femme n’avait ni patrimoine, ni aucune personnalité juridique et c’était à son tuteur de gérer son patrimoine lequel l’empêchait généralement d’acquérir des biens et d’en disposer.

L’islam a voulu libérer la femme de ce carcan en lui octroyant une dot et en faisant de cette prescription une obligation qui incombe au mari, ainsi qu’un droit qui lui appartient en propre. Ainsi, ni son père ni quiconque parmi ses proches n’a le droit d’en récupérer une miette, à moins qu’elle n’y consente elle-même en toute liberté.

Dieu (azwadial) dit :

« Et donnez aux épouses leur dot -mahr-, de bonne grâce. Si de bon gré, elles vous en abandonnent quelque chose, disposez-en alors à votre aise et de bon cœur. » [ Sourate 4 – Verset 4 ]
 

On déduit de cela que si l’épouse donne de ses biens sous l’effet de l’intimidation, de la peur ou de la tromperie, il n’est pas permis d’en récupérer quoi que ce soit. Dieu (azwadial) dit :
 

 » Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l’une un qintâr(15), n’en reprenez
rien. Quoi! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste?

Comment oseriez-vous le reprendre, après que l’union la plus intime vous ait associés l’un à l’autre et
qu’elles aient obtenu de vous un engagement solennel? « 

[ Sourate 4 Verset 20-21 ]
 

Outre que la dot prescrite à la femme ait un sens aussi fort, elle offre de surcroît l’avantage de mettre celle-ci dans les meilleures conditions pour accepter l’autorité du mari sur elle. Dieu (azwadial) dit :

 » Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci,
et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. » [ Sourate 4 – Verset 34 ]
 

Sans parler de l’avantage que la dot offre de renforcer les liens conjugaux et de promouvoir l’affection et la miséricorde mutuelles des conjoints.

Le quantum de la dot

La loi islamique n’a déterminé ni minimum ni maximum légal pour la dot, car les gens n’ont pas tous les mêmes richesses ni la même aisance et chaque pays a ses coutumes et ses pratiques en la matière.

La détermination du quantum de la dot a donc été laissée à l’appréciation de chacun, afin que les gens donnent en fonction de leurs moyens et suivant les pratiques qui ont cours dans leurs pays respectifs.
Les énoncés scripturaires s’accordent à dire que la seule chose obligatoire en matière de dot est que celle-ci puisse faire l’objet d’une obligation valable, et cela, indépendamment de son quantum.

ll peut donc s’agir d’une simple bague en fer ou d’une assiette de dattes ou de l’engagement de la part du mari d’enseigner le Coran à sa femme, et autres choses du même genre, dès lors que les deux parties contractantes se sont mises d’accord sur la question.

D’après ‘Âmir Ibn Rabî’a (Radhiallahu anhu), une femme de la tribu des Banû Fazâra se maria moyennant une paire de sandales. L’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) lui demanda :

« Te satisfais-tu d’avoir pour dot une paire de sandales ? ». Ayant répondu que oui, le Prophète ratifia le mariage.
[ Rapporté par Ahmad, Ibn Mâja et at-Tirmidhî, lequel qualifie cette tradition de sahih ]
 

D’après Sahl Ibn Sa’d (Radhiallahu anhu) une femme a offert en mariage sa personne à l’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam).

Un homme qui était là dit : « Ô Envoyé de Dieu ! Fais-la moi épouser. – Que possèdes-tu ? demanda le Prophète à l’homme. – Rien, répondit celui-ci. – Va chez toi et cherche bien, quand bien même n’aurais-tu qu’une bague en fer, reprit le Prophète . »

L’homme partit et revint en disant : « Par Dieu  ! Je n’ai rien trouvé, pas même une bague en fer, mais ce manteau est à moi, elle en aura la moitié. » Son bien consistait en un manteau, ajouta Sahl.  « – Que fera-t-elle de ton manteau, s’écria le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) ? Si tu le revêts, elle n’aura rien à mettre sur elle, et si c’est elle qui le revêt, tu n’auras rien à mettre sur toi. » L’homme s’assit et, après être resté longtemps ainsi, il se leva [pour partir]. En le voyant se lever, le Prophète l’appela (ou le fit appeler ) et lui dit : « Que possèdes-tu du Coran ? – Je sais, répliqua-t-il, telle sourate, telle sourate, en énumérant un certain nombre de sourates. – Eh bien ! reprit l’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam)je te donne cette femme moyennant ce que tu sais du Coran. » [ Rapporté par al-Bukhârî et Muslim ]

 Dans une version sahîh, le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) : « Apprends-lui le Coran », à savoir vingt versets selon une version rapportée d’après Abû Hurayra.

On rapporte d’après Anas (Radhiallahu anhu) que lorsque Abû Talha a demandé Umm Sulaym (Radhiallahu anha) en mariage, celle-ci lui répondit :

« Par Dieu (azwadial) ! On ne refuse pas à un homme comme toi, mais voilà ! Tu es incroyant, et moi, je suis musulmane ; il ne m’est donc pas permis de me marier avec toi. Ceci dit, si tu te convertis à l’islam, ta conversion me suffira comme dot et je ne te demanderai rien d’autre. » Et il en fut ainsi.
 

Ces traditions prophétiques prouvent qu’il est permis de constituer en dot une chose de peu de valeur. Comme il est permis de constituer en dot une utilité

Quant à prétendre que le contenu des hadiths précédemment mentionnés consistait en des prescriptions se rapportant spécifiquement au Prophète et qu’elles ont été abrogées, ou que la pratique des gens de Médine contredit ces traditions, voilà qui ne repose sur rien et qui est rejeté par les preuves scripturaires.

En effet, on sait que Sa’îd Ibn al-Musayyib, le seigneur des gens de Médine parmi les Successeurs des Compagnons, a marié sa fille moyennant une dot de deux dirhams et que nul ne l’a blâmé pour cela , au contraire, tous ont vu au travers de ce geste les signes de sa vertu et de ses qualités.

On sait aussi que ‘Abd ar-Rahmân Ibn `Awf (Radhiallahu anhu) s’est marié pour la modique somme de cinq dirhams et que l’Envoyé de Dieu n’y a pas vu d’inconvénient. D’autre part, seul le Législateur suprême, à savoir Dieu (azwadial), est habilité à fixer le quantum des choses.

Concernant le montant maximum de la dot, il n’a pas de plafond légal. Sa’îd Ibn Mansûr et Abû Ya’lâ rapportent au moyen d’une chaîne de transmetteurs qualifiée de jayyid que ‘Umar (Radhiallahu anhu) avait interdit sur la chaire que la dot ne dépasse les quatre cents dirhams.

Une femme Qurayshite le prit à partie quand il descendit de sa chaire et lui dit: « N’as-tu pas entendu Dieu (azwadial) dire :  » [ … ] eussiez-vous donné à l’une d’elles un quintal d’or  » [ Sourate 4 – Verset 20 ] « Seigneur ! Je te demande pardon, s’écria-t-il. Les gens en connaissent plus sur la religion que moi », puis il fit demi-tour, monta de nouveau sur la chaire et déclara : « Je vous avais interdit de donner aux femmes une dot de plus de quatre cents dirhams ; Je dis maintenant que chacun donne ce qu’il veut ».

On rapporte également d’après ‘Abdallâh Ibn Mus’ab que ‘Umar (Radhiallahu anhu) a dit :

« Que la dot que vous donnez aux femmes ne dépasse pas les quarante onces d’argent, car ce qui dépasse ce montant sera versé au bénéfice du trésor public. » Une femme lui rétorqua : « Il ne t’est pas permis de dire une chose pareille ! – Et pourquoi donc ? lui demanda ‘Umar (Radhiallahu anhu) interloqué. – Parce que Dieu (azwadial) dit :  » […] eussiez-vous donné à l’une d’elles un quintal d’or » lui répondit-elle. ‘Umar (Radhiallahu anhu) s’exclama alors : « Une femme a raison et un homme a tort ! »
 

 Il est blâmable de renchérir sur la dot

L’islam aspire à faciliter les voies du mariage au plus grand nombre d’hommes et de femmes possible afin que chacun profite du licite. Mais, ceci n’est possible que si les voies du mariage sont rendues faciles et que les pauvres, à savoir la majorité des gens, y ont accès. Raison pour laquelle l’islam réprouve le renchérissement de la dot et fait savoir que le mariage est d’autant plus béni par Dieu (azwadial) que la dot est modeste, et qu’une dot modeste est le signe que la femme est de bon augure. On rapporte d’après ‘Âïsha que l’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

« Le mariage qui reçoit le plus de bénédiction divine est celui qui est le moins onéreux. »
 

On rapporte aussi cette autre tradition :

« Une femme de bon augure est celle dont la dot est peu chère, dont le mariage est facilité et dont les mœurs sont bonnes ; tandis qu’une femme de mauvais augure est celle dont la dot est chère,
dont le mariage est compliqué et dont les moeurs sont mauvaises. »
 

Nombre de gens ignorent ces enseignements ou s’en détournent, préférant renchérir sur la dot au nom de coutumes païennes et refuser le mariage de leur pupille tant que le prétendant ne se saigne pas les veines et ne dépense pas des sommes mirobolantes. Comme si la femme était une marchandise dont on débat du prix et dont on fait commerce !

D’où les plaintes multiples qu’on enregistre tous les jours dans les tribunaux et la crise matrimoniale sans précédent dont souffrent à égalité hommes et femmes.

Sans parler des préjudices qui découlent de cet état de fait, lesquels entraînent une véritable dépression dans la fréquence des mariages et rendent le licite plus difficile à obtenir que l’illicite.

Le versement anticipé et différé de la dot

Il est permis d’anticiper ou de différer le versement de tout ou partie de la dot, en fonction des us et coutumes qui ont cours dans chaque pays. Cela dit, il est préférable d’anticiper le versement d’une partie de la dot, conformément au contenu du hadith suivant :

Ibn ‘Abbâs rapporte que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a défendu à ‘Alî (Radhiallahu anhu) de consommer l’union avec Fâtima (Radhiallahu anha) tant qu’il n’avait pas offert quelque chose à cette dernière. Celui-ci lui répondit qu’il ne possédait rien. – « Et le bouclier fabriqué à Hutâm que tu possèdes ? », demanda le Prophète. Et ‘Alî le lui donna.[ Rapporté par Abû Dâwûd, an-Nasâ’î et al-Hâkim, lequel déclare cette tradition sahîh ]

Ceci étant, Abû Dâwûd et Ibn Mâja rapportent d’après ‘Aïsha (Radhiallahu anha) le propos suivant :

« L’Envoyé de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) m’a ordonné de conduire une femme chez son mari, et cela,
avant que ce dernier lui ait donné quoi que ce soit [de la dot]. »
 

Ce dernier hadith prouve qu’il est permis au mari de consommer le mariage avant de verser quoi que ce soit de la dot. Quant à l’interdiction formulée dans le hadith rapporté par Ibn ‘Abbâs (Radhiallahu anhu), elle doit être comprise comme signifiant seulement une recommandation.

AI-Awzâ’î (Radhiallahu) a dit : « Les Compagnons recommandaient de ne pas consommer le mariage tant qu’une partie de la dot n’avait pas été donnée. »

Az-Zuhrî (Radhiallahu ) a dit : « Il nous a été rapporté dans la Sunna qu’on ne doit pas consommer l’union avec l’épouse tant qu’on ne lui a pas donné une somme d’argent ou un vêtement. Cette prescription était en vigueur chez les premiers musulmans. »

Par ailleurs, l’épouse doit se laisser conduire au domicile conjugal et ne pas se refuser à son mari, même si celui-ci ne lui a pas encore versé la dot anticipée qu’il lui avait promise, et quoique la dot lui soit acquise de droit. […]

Quand la totalité de la dot déterminée [lors du contrat de mariage] devient-elle exigible ?

La totalité de la dot qui a été stipulée dans le contrat de mariage est exigible dans les cas suivants :

1/ En cas de consommation effective du mariage, eu égard à l’énoncé divin suivant:

« Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l’une un qintâr, n’en reprenez rien. Quoi! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste?

Comment oseriez-vous le reprendre, après que l’union la plus intime vous ait associés l’un à l’autre et qu’elles aient obtenu de vous un engagement solennel? » [ Sourate 4 – Versets 20-21]
 

2/ À la mort de l’un des époux, même avant que le mariage ait été consommé, de l’avis unanime des juristes.

[…] Par ailleurs, ash-Shâfi’î, Mâlik et Dâwûd le Dhâhirite (Radhiallahu) considèrent que la totalité de la dot n’est exigible que s’il y a eu acte sexuel ; quant au tête-à-tête d’une femme et d’un homme selon les modalités évoquées ci-dessus, il ne rend exigible que le versement de la moitié de la dot. Ceux-ci se fondent sur le verset coranique suivant :

 » Et si vous divorcez d’avec elles sans les avoir touchées, mais après fixation de leur mahr versez-leur alors
la moitié de ce que vous avez fixé, à moins qu’elles ne s’en désistent, ou que ne se désiste celui
entre les mains de qui est la conclusion du mariage… » [Sourate 2 – Verset 237 ]
 

[…] Sa’îd Ibn Mansûr rapporte qu’Ibn `Abbâs (Radhiallahu anhu) a été questionné sur celui qui a répudié sa femme après qu’elle ait été conduite chez lui et prétend ne pas l’avoir touchée. Il a dit : « Il est tenu de lui verser la moitié de la dot. » ‘Abd ar-Razzâq rapporte, d’après Ibn ‘Abbâs (Radhiallahu anhu), le propos suivant : « La totalité de la dot n’est exigible que s’il s’unit à elle. »

La dot stipulée dans un contrat de mariage vicié est exigible du moment que l’union a été consommée


Si un homme contracte un mariage avec une femme et qu’il consomme l’union avec elle, puis il apparaît que ledit contrat était vicié pour une raison ou une autre, la dot stipulée est exigible dans sa totalité.

Cette tradition rapportée par Abû Dâwûd (Radhiallahu ) le prouve :

« Basra Ibn Aktham épousa une femme prétendument vierge et consomma l’union avec elle, or il s’avéra qu’elle était enceinte. Basra ayant fit part de cela au Prophète (sallAllahou alayhi wa salam), celui-ci lui répondit : « La dot lui revient pour avoir rendu son sexe licite. » Puis il les sépara l’un de l’autre. »
 

Cette tradition prouve que la dot est exigible même si le contrat de mariage est vicié, et que le mariage est frappé de nullité au cas où le mari s’aperçoit que sa femme est illégitimement enceinte d’un autre.

Le versement de la moitié de la dot

Il incombe au mari qui a répudié sa femme avant de consommer l’union avec elle et qui a stipulé le montant de la dot dans le contrat de mariage, de lui en verser la moitié.

Dieu (azwadial) dit :

« Et si vous divorcez d’avec elles sans les avoir touchées, mais après fixation de leur mahr versez-leur alors la moitié de ce que vous avez fixé, à moins qu’elles ne s’en désistent, ou que ne se désiste celui entre les mains de qui
est la conclusion du mariage. Le désistement est plus proche de la piété. Et n’oubliez pas votre faveur mutuelle.
Car Allah voit parfaitement ce que vous faites. » [ Sourate 2 – Verset 237 ]
 

L’annulation de la dot

Le mari n’est pas tenu de verser la totalité de la dot à sa femme quand la séparation a eu lieu avant la consommation du mariage et que l’épouse est la cause de la séparation, comme dans les cas où elle apostasie, où elle dissout le mariage pour cause d’indigence du mari ou vice caché chez lui, où il dissout le mariage pour vice caché chez elle…

La dot est également annulée si l’épouse en fait remise à son mari avant la consommation du mariage ou si elle lui en fait don, car elle a capacité de disposer librement de la dot, elle peut l’annuler d’elle-même.

Dot réelle et dot fictive

Si les parties contractantes se mettent secrètement d’accord sur le montant d’une dot et font état d’un montant plus important dans le contrat de mariage, puis tombent en désaccord et saisissent la justice, Abû Yûsuf (Radhiallahu) considère que le juge devra assigner à l’épouse le montant de la dot sur lequel les deux parties se sont mises secrètement d’accord, invoquant le fait que seule celle-ci traduit la volonté et l’intention véritables des contractants.[…]  (se référer au livre pour plus d’informations)  

L’Importance et l’Explication de l’Aïd al Adha

Comme l’Aïd approche, je vais commencer par lire la sourate As-Saffat à partir du verset 69 et on va faire un rapport avec ce passage et ce qu’on attend de nous le jour de jeudi.

Abraham, Ibrahim (alayhi as-salâm), dit : « Hasbya Allahou wa n’imal wakil » «Allah me suffit, il est mon meilleur garant». C’est une formule que toute personne prononce quand elle a un problème et il est important d’en comprendre le sens.

Ibrahim(alayhi as-salâm) a dit cette phrase quand on l’a jeté dans le feu, quand il a eu des problèmes avec sa communauté.

Quand il a dit ça, Allah (azwadial) dans le verset 69 de la sourate 62 Les Prophètes, dit : « Nous dîmes alors : ’’ Ô feu ! Sois pour Ibrahim d’une fraîcheur salutaire ! ’’»

Regardez mes frères, avant que je n’entre dans le sujet précis du dars, la capacité, ou on peut dire la force, d’Allah (azwadial). Ibrahim était contre sa communauté, il a cassé leurs statues. Quand on a voulu le tuer, Allah (azwadial) pouvait faire en sorte qu’il se sauve, comme Moïse, Mussa (alayhi as-salâm).

Ici, Allah (azwadial) aurait pu faire en sorte qu’Ibrahim s’échappe. Mais non ! Il a laissé les ennemis, les mécréants, attraper Ibrahim (alayhi as-salâm). Ils ont attrapé Ibrahim, ils ont allumé le feu, Dieu aurait pu faire descendre la pluie et éteindre le feu et c’était fini, non, simplement, Allah (azwadial) est en train de dire à ce petit homme dans ce globe, que sa seule capacité ne pourra rien.

Si Ibrahim (alayhi as-salâm) s’était échappé, qu’auraient dit les mécréants ? « Si on l’avait attrapé, on aurait fait ceci, on aurait fait cela » ... Mais ils ont attrapé Abraham et « Allumez le feu », Allah (azwadial) n’éteint pas le feu, il laisse le feu allumé. Et vous savez quel genre de feu ? Ils ont ramassé d’immenses bois ; d’ailleurs, ils ont jeté Abraham avec une catapulte. Les flammes étaient tellement immenses qu’on ne pouvait pas s’en approcher.

Le feu ne s’éteint pas. Il n’y a ni pluie, ni eau, rien. On l’a jeté dans le feu pour dire à ce peuple : « Même si vous le prenez, même si vous allumez le feu, même s’il est à l’intérieur du feu, Allah est capable de dire à ce feu-là : ne fais rien ». C’est Allah (azwadial) qui a créé le feu, c’est Allah qui dit au feu  d’être froid ou chaud. Voilà la puissance que nous oublions tout le temps quand on a des petits problèmes, nous oublions que Allah (azwadial) est capable de tout. Simplement en se dirigant vers Allah et dire « Hasbya Allahou wa n’imal wakil » – « Allah me suffit, il est mon meilleur garant ».

Maintenant, revenons à Abraham sur lui la paix, Ibrahim (alayhi as-salâm), quand il a eu des problèmes avec sa famille, Ibrahim dit dans la sourate As-Saffat, verset 99 : « Et il dit : « Moi, je pars vers mon Seigneur et Il me guidera .». Sa famille, ses parents et toute sa tribu adorent les statues et veulent lui faire du mal. Il décide donc de partir. On appelle cela la première hijra, c’est-à-dire se séparer d’une communauté qui n’est pas bien. Quand tu es dans un lieu et que tu ne t’y sens pas bien, tu n’arrives pas à pratiquer ta religion comme il faut, tu dois chercher un lieu où l’on adore Allah, comme Il l’a ordonné.

Écoutez bien dans le verset qui suit ce que Ibrahim va dire. « Rabbi hab li mina as-salihin » Il demande : « Seigneur, fais-moi don d’une [progéniture] d’entre les vertueux ». Regardez la demande qu’il fait. Nous, on demanderait : « Ô Allah, donne-moi un enfant, ô Allah, donne-moi un héritier». Ici, on voit bien que Ibrahim ne demande pas un enfant simple mais un enfant vertueux, un enfant pieux.

Ibrahim (alayhi as-salâm) est arrivé à un certain âge et il n’a pas encore d’enfant, il demande à Allah (azwadial) de lui donner un enfant vertueux. Allah (azwadial) dit :

 «Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon (Ismaël) longanime (d’une patience tolérante).  Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit : « Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses». (Ismaël) dit : « Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants». (sourate 37 – verset 101)

Allah (azwadial) a donné à Ibrahim un enfant et cet enfant est Ismaïl sur lui la paix. Quand Ismaïl (alayhi as-salâm) est devenu un jeune homme, quand il est devenu pubère, Ibrahim (alayhi as-salâm) va avoir un compagnon. Comme tout parent, je ne sais pas si vous avez senti cela, quand vous avez le premier enfant, vous lui faites pleins de cadeaux, vous le chouchoutez, vous vous promenez avec lui, vous êtes fiers, vous le prenez partout où vous allez. Quand son fils est devenu pubère, Ibrahim (alayhi as-salâm) n’était plus tout seul.  

Mais voilà l’épreuve de Allah (azwadial) : quand Ismail est devenu plus grand, Dieu révèle à Abraham dans un songe qu’il doit immoler son fils, retenez bien, car vous devrez faire le lien avec ce mot-là et ce qu’on va faire le jour de l’Aid el Adha.

Écoutez bien le dialogue du musulman :

Ibrahim, quand il a parlé à son père, lui a dit : « Ya abati ». En français, ce n’est pas comme Abi « mon père », il dit « abati », o mon cher père. Écoutez la réponse du père : « Ya Ibrahim », o Abraham. Vous avez vu le dialogue entre un mécréant et un musulman ?  Le musulman, Abraham parle à son père et dit « Ya abati » ; le père, le mécréant, répond à son fils « Ya Ibrahim ».

Écoutez maintenant le dialogue entre le père et le fils musulman :

Le père dit : « Ya bouneya», o mon cher fils. L’enfant va répondre : « Ya abati », o mon cher père.

Vous avez vu le dialogue entre deux musulmans ?  Nous devons prendre un dars (rappel) de la discussion entre Ibrahim et son fils. C’est une leçon inimaginable et on passe dessus comme ça, on lit simplement. Le Coran est un mode d’emploi pour l’humanité, pour savoir comment parler, comment discuter, comment fonctionner.

Alors regardez ça : ô mon fils, mon cher fils, je vois dans le songe que je vais t’immoler. Ibrahim (alayhi as-salâm) a eu cette Révélation comme il est dit dans certains tafsir à trois reprises. La première fois, il a eu un doute ; la deuxième fois, cela commence à devenir plus clair et la troisième fois, il a compris que c’était une Révélation. Et malgré cela, il met son fils, dans la confidence.

Beaucoup de parents, quand ils discutent avec leurs enfants, parlent comme ceci : « Toi, suis-moi, maintenant on va aller chercher le mouton ». S’il prend son fils avec lui et que son fils lui dit : « Mon père, ce mouton il est… » « …qu’est-ce que tu y connais toi, tais-toi ! ». Par contre, dans cette histoire, Ibrahim (alayhi as-salâm) dit à son fils : « Qu’en penses-tu ? ». Comment cela, qu’est-ce qu’il en pense … c’est un ordre d’Allah … Simplement, Ibrahim (alayhi as-salâm) veut que son fils soit dans l’adoration.

Les enfants, quand ils sont adultes et pubères, il faut les prendre comme des amis. Simplement, il faut apprendre aux enfants qu’il y a une différence entre « amis et amis ». Il faut l’emmener avec soi lorsqu’on sort. Tu veux acheter quelque chose ? Mets-le dans l’affaire : qu’en penses-tu mon fils, il est bien ce mouton, tu préfères qu’on en choisisse un autre ? Le dialogue avec son enfant doit être comme cela, il faut donner à l’enfant une certaine responsabilité.

Ici, on voit bien que Ibrahim (alayhi as-salâm) dit à son fils : Vois ce qu’il y a lieu de faire ! Écoutez la réponse de Ismaïl, un autre musulman : «  Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé ». Imaginez-vous ça … Un père qui dit à son fils « je me vois en songe en train de t’immoler » et le fils qui répond « Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé ». Pourquoi ? Parce que Ismaïl connaît son père, il sait comment il réagit.

Ce n’est pas un père comme les autres, c’est un prophète, c’est un père qui a de la connaissance, un père qui a de la science, un père qui craint Allah, un père qui sait ce qu’il fait, non pas un père ignorant.

D’ailleurs, j’ouvre une petite parenthèse pour parler d’une situation similaire : quand Ibrahim (alayhi as-salâm) a emmené Hajar son épouse et Ismaïl dans le désert, Hajar a demandé : « Que fais-tu Ibrahim, tu vas nous laisser ici tous seuls ? » Elle a répété deux, trois fois cette question mais Abraham ne répondit pas. Plus tard seulement Hajar réalisa qu’Abraham est quelqu’un de sage.

Il ne fait pas des actions au hasard, il y a une raison. C’est pour cela qu’elle lui posa l’autre question. Elle ne lui dit pas « Ibrahim, que fais-tu ? », mais elle lui demande « Ya Ibrahim, est-ce que c’est Dieu qui t’a ordonné de faire cela ? » Ibrahim lui répond que oui. Écoutez la réponse de Hajar : « Puisque c’est Allah qui l’a décidé, tu peux partir, Ibrahim, car Allah ne va pas nous délaisser, Allah (azwadial) viendra à notre secours ».

Revenons à ce dialogue. (Ismaël) dit: «Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants». Vous voyez que Ismaïl comprend bien la situation. Il entre dans cette épreuve de l’adoration. Et quelle épreuve ! Ecoutez bien le verset suivant, on voit bien que Ismaïl et Ibrahim vont passer à l’action. « Puis quand tous deux se furent soumis (à l’ordre d’Allah) et qu’il l’eut jeté sur le front, » …

Qu’elle était l’épreuve ? L’épreuve au début ne concernait que Ibrahim, qui voit en songe qu’il doit égorger son fils. Mais regardez ce verset, ils se soumettent tous les deux, Ismaïl (alayhi as-salâm) est rentré dans cette épreuve, cette adoration, cette soumission «… et qu’il l’eut jeté sur le front», vous voyez bien que l’acte va aller jusqu’à la dernière situation.

Quand il l’a allongé Allah (azwadial) dit :   

« Voilà que Nous l’appelâmes « Abraham ! Tu as confirmé la vision. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisant». C’était là certes, l’épreuve manifeste. Et Nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse »

Ô Ibrahim, tu as cru au songe, tu as exécuté ce qu’Allah (azwadial) t’a ordonné de faire. C’est comme cela qu’on récompense les hommes pieux, qui écoutent, qui obéissent à Allah. Alors, que va-t-il se passer ? Nous allons voir le verset qui nous concerne pour la fête du sacrifice.

Qu’allait sacrifier Abraham ? Il allait sacrifier son fils pour l’adoration de Dieu, mais l’épreuve arrivée à sa fin, Allah (azwadial) intervient et dit en quelque sorte, puisque tu as cru et que tu as passé à l’action, Je vais te récompenser . Que va-t-Il donner comme récompense ?  « Et Nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse. » (sourate 37, verset 107). La rançon est le mouton. Regardez bien : Allah (azwadial) remplace Ismaïl par une autre rançon, al-fidya, pour que Ismaïl ne soit pas sacrifié.

« Et Nous perpétuâmes son renom dans la postérité : Paix sur Abraham. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants». Dans les générations à venir, le nom d’Abraham sera prononcé.  « Car il était de Nos serviteurs croyants. Nous lui fîmes la bonne annonce d’Isaac comme prophète d’entre les gens vertueux. » Allah (azwadial) donne à Ibrahim un mouton à sacrifier à la place de son fils et, en plus, il lui donne un autre enfant, qui s’appelle Ishaq, prophète également.

L’épreuve de Ibrahim (alayhi as-salâm) consistait à immoler son fils unique ; il reçoit à la place un mouton et ensuite il reçoit un autre enfant. Vous voyez la grandeur de Dieu ?  Vous voyez les bienfaits que Allah (azwadial) nous donne ?

Maintenant, Ibrahim (alayhi as-salâm) a reçu le cadeau après l’épreuve. L’histoire raconte que, quand Ibrahim allait immoler son fils, Iblis avait des problèmes, de gros problèmes. Car Allah (azwadial) avait simplement dit à Iblis « Prosterne-toi », et il n’a pas voulu obéir. Regardez Ibrahim. Il a pour épreuve d’immoler son fils, son unique fils, et il allait s’exécuter.

Le mouton est venu après l’épreuve, les 10 premiers jours de Dhul-hijja vont vous amener au jour du sacrifice, le jour d’el Aid. Est-ce que, dans ces 10 jours, vous avez eu une épreuve ? Est-ce qu’on fait un effort pour mériter ce mouton le jour du sacrifice ?

Quelqu’un dira peut-être qu’il ne préfère pas faire ce sacrifice ; il tombe dans un autre piège, un autre problème. C’est un bienfait que Allah (azwadial) lui a donné. Achète le mouton, fais des méchouis, donne des aumônes et tu gagneras des hassanats. La première goutte de sang qui coule de ton mouton pardonne à toute ta famille présente.

Quand Ibrahim (alayhi as-salâm) allait immoler son fils, Iblis se mettait au travers de son chemin. Il disait à Ismaïl de ne pas laisse son père l’immoler ; à Ibrahim (alayhi as-salâm) il disait : « Tu vas égorger ton fils ? ».

Abraham l’a lapidé. C’est ce qu’on fait au pèlerinage. Il y a trois stèles contre lesquelles il faut jeter des pierres ; c’est devenu une adoration.

Iblis a voulu dévier Ibrahim de son adoration et ce dernier lui a jeté à chaque fois sept pierres. Malheureusement, au pèlerinage, les gens croient que Iblis est toujours là. Ils commencent alors à jeter des pierres, des sandales…

Non, Iblis n’est plus là, il ne va pas rester ici ! Il était là pour le pieux Ibrahim. Toi, tu fais ce geste-là dans l’adoration. Si tu veux vraiment viser la stèle, vise-la dans ton coeur, dans ton action.

Le jour où l’on va jeter les cailloux sur les stèles, certains jettent les cailloux en insultant ach-Chaytan, certains visent la stèle avec des pierres, des sandales, des parapluies, peut-être qu’ils vont même blesser leurs frères. Mais que fais-tu mon frère ? Et dès qu’ils ont fini, ils vont vite se raser la barbe ! (Quand on entre en état d’ihram, on ne peut pas se couper les cheveux). Lorsque j’étais au pèlerinage, je suis passé devant un groupe de personnes ; il y avait un qui rasait la barbe d’un autre en disant : « Enlevons cette saleté ! ». Quand ils m’ont vu, ils étaient gênés… « Euh, ce n’est pas une saleté, on plaisante ! »  Est-ce cela une adoration ? Le jour où tu as jeté les cailloux sur la stèle, tu viens raser ta barbe ?

Malheureusement, ce qui se passe le jour d’el Aid est encore pire, c’est la guerre ! En ce jour, incha Allah, il ne sera pas juste question d’aller chercher un mouton et de l’égorger. Quand vous direz Bismillah Allahou akbar, il faudra réaliser comment ce bienfait est arrivé là, pourquoi on fête l’aïd.

L’islam a deux grandes fêtes et une de ces deux grandes fêtes aura lieu dans quelques jours. Mes frères et soeurs, nous devons réaliser qu’en tant que musulmans, la question n’est pas simplement d’égorger le mouton, de le ramener et de faire le méchoui. Il faut faire attention ce jour-là. Imagine que le jour où tu égorges le mouton, le jour où tu vas faire ce geste d’adoration, ce jour est celui où l’on voit la majorité des musulmans commettre plein de péchés.

Que ce soit dans l’habillement, dans le comportement, les cousins, cousines, les amis, ça rigolent, ça s’embrassent, ça dansent. Ce jour-là, le jour de l’Aïd, le jour de l’adoration, c’est le jour où on fait la débauche, où on fait le l’illicite ? Alors quel aïd, quel genre d’aïd on a ?

Je vous le rappel mes les frères et soeurs, faites très attention, les jours passent, les semaines passent, les mois passent, et votre année diminue chaque jour. On a demandé à quelqu’un : « Quel âge as-tu ? » Il lui a répondu : « J’ai 30 ans ». Non, les 30 ans, tu les as perdus. Ils sont déjà partis. Mon frère, ma soeur, vous avez combien, 25, 40 ans ? Ils sont partis, ils ne reviendront plus.

Mes frères et soeurs, réalisez que toute la vie du musulman est de l’adoration. Sa vie, tous ces mouvements sont de l’adoration. Aller rendre visite au malade, c’est de l’adoration ; aller dormir, c’est de l’adoration. Tout est de l’adoration. Il n’y a pas de perte de temps pour le musulman. Alors pour l’adoration du jour d’el Aid, n’oubliez pas de jeûner la veille, le jour de Arafat. Sauf ceux qui sont au pèlerinage, ils ne jeûnent pas ce jour-là. Car si tu jeûnes ce jour avec une sincérité, un ikhlas, avec une tawba, un repentir, Allah (azwadial) efface tes péchés de l’année passée et de l’année qui vient. Imaginez-vous, quelle miséricorde ! Simplement aller vers Allah (azwadial) avec l’intention de s’améliorer. Il ne faut pas faire comme certains qui vont au hajj pour « se laver », se purifier et après ils continuent à désobéir. C’est catastrophique d’avoir une intention comme celle-là.

Je dis simplement à mes frères et soeurs de penser à l’aïd, de penser à l’épreuve passée. Le jour de l’aïd et de Arafat, prenez, je le dis encore une fois, le train dans lequel Allah (azwadial) vous invite à monter, repentez-vous, revenez vers Allah, arrêtez d’aller sur internet pour passer votre temps à vous amuser. On ne vous dit pas de ne pas faire de blague, on ne vous dit pas que vous ne pouvez pas rire, simplement rire et faire des blagues ont des règles.

L’islam ne t’a pas laissé faire ce que tu veux, l’islam t’a tout détaillé. L’islam te montre comment tu dois aller aux toilettes, l’islam te montre comment avoir des rapports, l’islam te montre comment dialoguer avec tes enfants, et ainsi de suite.

Je rappelle que le jour de l’aïd, il faut immoler un mouton par famille. Les personnes qui sont en voyage peuvent égorger un mouton mais ce n’est pas une obligation. Pour ceux qui ne sont pas en voyage, la majorité des savants dit que c’est une sunna muaqada, (fortement recommandé) que ce n’est pas une obligation. Personellement, je suis plutôt de l’avis que c’est obligatoire pour chaque famille, pour celui qui en a les moyens. Il doit le faire après avoir fait la prière. La sunna est de partager ce mouton en trois parties : une partie pour manger, une partie pour faire l’aumône et une partie pour offrir.

Une autre chose importante : n’oubliez pas le tahlil (El hamdoulilah) et le takbir (Allahou Akbar) le jour de l’aïd. Dès l’heure du fajr, vous dites le takbir, sans arrêt ; dans la voiture ou dans la rue, vous le dites tout doucement. Et faites sortir tous vos enfants, vos femmes, vos filles, tout le monde doit être présent. Même les femmes indisposées doivent venir pour écouter le dars, faire les douas et le dhikr. Même indisposées, elles doivent faire le dhikr avec les musulmans présents ce jour-là.

C’est également l’heure de de rendre visite aux proches, parents, familles, amis. Pour ceux qui rendent visite aux parents, vous savez que les parents font parfois des choses qui ne sont pas bien. Ne soyez pas durs, ce jour-là. Si vous avez le temps pour faire la dawa ou le rappel, essayez d’être cléments.

Si vous voyez qu’il y a des grands manquements, ne restez pas. Le Prophète(sallAllahou alayhi wa salam) a dit : «Celui qui voit un mal, qu’il le change, avec sa main, sa langue ou son coeur». Je crois que le jour de l’aïd, il est impossible de changer quoique ce soit car les gens sont dans la fête, dans l’amusement. Essayez de leur faire un rappel doux. Si vous voyez qu’ils ne savaient pas, alors alhamdulillah. Si vous voyez que vous l’avez déjà dit plusieurs fois et qu’ils ne vous écoutent pas, allez leur rendre visite, dites-leur « Assalam alaykum » et repartez, et qu’Allah accepte nos oeuvres et les vôtres.

Par Abou Chayma

Le Mari, la belle-fille et la belle-mère

Ceux qui ont remarqué le titre m’ont posé un tas de questions : le mari, la belle mère, l’épouse ? Pourquoi pas le beau-père ? Qui vas-tu juger aujourd’hui ? Parce que c’est aujourd’hui, le tribunal de la belle-mère, de la belle-fille ou bien du mari ? Comme vous le savez ces derniers temps on choisit des titres un peu bizarres pour laisser à chacun l’occasion de réfléchir et de se situer par rapport à ce que l’on va dire plutôt que de ne s’occuper que d’un titre.

C’est un sujet très délicat et qui fait très mal au cœur et ces derniers temps beaucoup de conflits apparaissent dans nos familles alors que normalement, on est toujours fiers lorsque l’on apprend qu’un mariage va se faire, on est toujours fiers lorsque deux familles vont se rencontrer mais on est étonné de comment cela se termine et aussi de ce qu’il se passe avant que cela ne se termine. On va être sincère aujourd’hui, on va appeler ça une rencontre de sincérité même si c’est vrai que l’on se doit mutuellement le respect, mais on va parler sincèrement.

On va parler sincèrement du mari, ce jeune époux, de l’épouse, cette jeune sœur, et des beaux-parents qui sont nos parents wa al-hamdulillâh comme vous le savez. Et on va essayer de dire la vérité à chacun car chacun d’entre nous commet des erreurs. 

« Koullo bani adam khatâ»

« Tous les fils d’Adam commettent des péchés. »

Mais la porte du repentir est toujours ouverte et il ne faut jamais penser qu’il n’y a plus moyen de revenir en arrière, qu’il n’y a plus moyen d’arranger les choses car comme nous le dit Allâh (azwadial):

« […] Et quiconque craint Allah, Il Lui donnera une issue favorable,
et lui accordera Ses dons par [des moyens] sur lesquels il ne comptait pas.[..] »
[ Sourate 65 – Versets 2 et 3 ]

Celui qui a une bonne intention, qui craint Allâh (azwadial) comme il se doit et qui veut arranger les choses, Allâh (azwadial) lui trouve toujours une issue à ses problèmes. C’est pour cela que j’appelle tous nos frères et sœurs mariés, tous ceux qui vont se marier aussi afin qu’ils sachent que fonder une famille ce n’est pas quelque chose de facile et vous allez le voir, vivre avec quelqu’un que l’on ne connaît pas n’est pas une chose aisée alors qu’il s’agit de son mari ou de son épouse, que dire alors de ses parents ? Ce sont des gens qui nous sont souvent étrangers. Des fois il arrive que ce soient des proches comme les fils ou filles de ta tante mais tu restes quand même étrangère. Donc à ce moment-là comment faire pour vivre avec ces gens-là, toi, l’homme ou bien toi, la femme.

Il faut savoir aussi que maintenant lorsque l’on parle de couple c’est une génération assez jeune donc il y a des fois un manque d’expérience ou bien des petits problèmes qui ne sont pas vraiment compris. Il y a de grandes différences d’âge étant donné que maintenant entre la deuxième et troisième génération par rapport à la première et la deuxième il y en a qui ne remarque pas qu’ils ont des beaux-parents qui ont 70 ans et certains même 80 ans !

Imaginez-vous déjà si moi qui vous parle à mon âge, trente-sept ans, mon père approche les soixante-dix ans, alors que penser des jeunes avec qui le décalage est d’une trentaine d’année, que penser de ceux qui sont plus jeunes que moi qui ont dix-huit, dix-neuf ou vingt ans, qui se marient et qui ont un beau-père ou une belle-mère de soixante-dix ans.

Cinquante années les séparent !Ce n’est pas facile, tu ne peux pas t’adapter comme ça en dix minutes. C’est pour cela que l’on va pousser nos jeunes à la réflexion, pousser nos parents aussi à la réflexion. C’est vrai c’est une conférence en français mais chacun d’entre nous a une responsabilité pour transmettre.

Je n’oublierai jamais soubhan Allâh, fut un temps il y avait un cheykh ici (Radhiallahu), qui était venu dans les années 80 et un jour il avait expliqué que la vie de famille lorsqu’il y a des beaux-parents, lorsqu’il y a une belle fille et lorsqu’il y a un beau-fils, il nous disait d’imaginer si on était dans un village et que la mère se lève et sort le matin tôt et passe devant la maison de sa fille, qu’est-ce qu’elle dit ? « Ma fille tu as raison, continue à dormir, il n’y a que les fous qui sortent, il fait froid, repose toi bien et occupe-toi bien de ton mari. » Et lorsqu’elle passe à côté de la maison de son fils, elle interpelle la femme de son fils « ô mauvaise femme où es-tu ? Les gens sont sortis, ils ont balayé, ils ont nettoyé devant la maison, le feu est déjà allumé pour le repas et toi tu dors, et tu délaisses comme ça ton mari ?… Qu’Allâh  te donne ceci et cela.»

Quand j’avais entendu cette histoire, Allâh (azwadial) est Témoin,je ne devais pas dépasser les douze, treize ans et ça m’est resté dans la tête car il l’avait racontée comme un genre de blague et je me disais que c’était un peu exagéré. Et au fur et à mesure des années, avec tout ce que l’on entend ici au travail, je me suis dis soubhan Allâh, ce cheykh, (Radhiallahu), a donné le résumé de ce que l’on entend en général aujourd’hui. Il y a toujours du bien, comme vous le savez, je le rappelle toujours lorsque l’on fait des conférences, on n’est pas là pour critiquer l’un ou l’autre loin de là, c’est pour parler de nos faiblesses, de nos erreurs. Il y a toujours du bien dans la communauté et celui qui dit qu’il n’y a pas de bien il est le premier à être mauvais. Il y a du bien mais il faut seulement restructurer les choses. Comme vous le savez aussi, s’il fallait parler chacun de sa belle-mère, chacun va donner un avis différent.

Il y en a un si tu lui dis de te parler de sa belle-mère, il ne va même pas lever la tête, il va te dire « hasbunâ llâh wa ni’mal-wakil » (Allâh nous suffit, Il est Le meilleur garant)! Tu vas te dire qu’il y a un problème déjà…Tu lui dis de te parler de ton beau-père, il te dit « wa llâhi il n’y a rien à dire, je ne sais pas ».

Si tu demandes à un autre il va te décrire quelque chose de positif, comme moi par exemple si vous m’interrogez sur ma belle-mère, je pourrais faire des éloges jusqu’à demain matin. Mais est-ce que tout le monde a cette belle mère là ? Qu’Allâh la préserve.

Elle a toujours été à la hauteur et je l’ai même prise comme une mère car je n’ai pas ma mère. J’ai trouvé quelqu’un de mature, une personne qui des fois aurait pu faire des choses bizarre mais soubhan Allâh elle a toujours eu une retenue.

Alors que c’est une personne convertie mais elle a pris l’éducation qu’elle avait eu depuis qu’elle était jeune et lorsqu’elle est entrée en Islam il y a au moins une trentaine d’années, elle a pris le comportement de l’Islam, la théorie, pas les traditions, pas ce qu’on entend au pays dans les villages et autre. Non, non, non ! Elle a pris ce que l’Islam dit.

Et c’est ça un des gros problèmes qu’il y a aujourd’hui dans nos familles. Il ne faut pas fonctionner d’après la tradition de un tel ou un tel, du village un tel, de la nationalité une telle car à ce moment-là on comprend que ça ne donne rien dans la vie du couple. J’ai trouvé aussi un beau-père, qu’Allâh (azwadial) le récompense, très mature, qui aurait pu aussi s’immiscer dans la vie du couple, faire un tas de choses, il est le père…il a beaucoup de droits, mais j’ai vu une certaine maturité, une certaine retenue. Et ça, c’est une chose telle que si quelqu’un parmi vous l’a entre les mains, il doit beaucoup louer Allâh (azwadial). Parce que sinon c’est un manque et c’est très important d’avoir des beaux-parents à la hauteur. Et il y en a wa al-hamdulillâh mais des fois c’est l’inverse.

On va essayer de rappeler à chacun d’entre nous qu’arrivera un jour où va se passer deux choses :

 Soit tu vas mourir, toi la mère, toi le père, tu vas devoir rencontrer Allâh (azwadial) et tu vas devoir répondre de tout ce que tu as fait sur terre, même la plus petite injustice vis-à-vis de ceux qui étaient sous ta responsabilité et tu seras aussi récompensé pour tout le bien que tu as fait. Donc fais attention. Et pourquoi je fais cette remarque, c’est parce que dès que l’on est beaux-parents, on a un certain âge et plus on avance en âge et plus on se rapproche de la mort, c’est un peu normal. Pour les jeunes c’est la même chose, ce n’est pas parce que vous êtes jeunes et là Shaytan il se joue de vous d’une autre manière, ce n’est pas parce que vous êtes jeunes que vous devez vous dire que tout va bien, qu’il y a le temps de se repentir et autre. Non ! La mort ne prévient personne parmi nous, comme on le rappelle toujours.

 Ce couple qui se plaint ne doit pas oublier qu’un jour il va devoir à son tour être beaux-parents. Donc tous ceux que tu accuses aujourd’hui, un jour tu auras la même place, tout ceux dont tu fais l’éloge insha Allâh un jour tu vas prendre leur place et on espère que tu feras comme eux alors…Vous voyez soubhan Allâh la Terre comment elle tourne, vous voyez ce que fait le temps ?
 

C’est pour cela que je pousse nos jeunes à la réflexion et de voir ce qu’est le mariage car comme vous le savez, qui dit mariage, dit acte d’adoration, qui dit acte d’adoration dit pacte et tu dois honorer ce pacte jusqu’à la fin de ta vie. Donc tu dois faire très attention et c’est pour cela que ce n’est pas facile.

Cette coexistence pacifique à l’intérieur de cette famille, elle n’est pas facile, elle est semée d’embûches et Shaytan est au courant et sait qu’il y a des bénéfices quelque part. Il sait qu’il y a parfois de très grands bénéfices par rapport à la manière dont tu vas parler à tes beaux-parents, si par exemple il y a un débat, est-ce que tu vas t’énerver, élever la voix, lever la main, comme il arrive à certains des fois.

Comment réagis-tu, comment parles-tu ? Donc on te dit de faire attention. Ta belle-mère est comme ta mère et ton beau-père est comme ton père. Il y a un respect incroyable à avoir et à garder. Mais on va voir qu’il y a des limites parfois que l’on franchit ou bien il arrive que l’on joue sur les mots ou que l’on profite un peu de certaines situations et comme vous le verrez il y a des limites qui sont donc dépassées et même des fois des petites menaces par ci par là ou autre. Et en général lorsque tu convoques ces personnes, beaucoup d’entre elles lorsqu’elles viennent pour une médiation elle te disent :

– « tu es qui toi ?» – « Je suis l’Imam.»
– « Qu’est-ce que tu veux ?»   
« Voilà ton beau-fils ou ta belle-fille nous a appelé pour arranger les choses, pour discuter… »
– « Ce ne sont pas tes affaires !»

A ce moment là on vous dit que si ce genre d’épreuves ne sont pas travaillées, que rien n’est corrigé, que vous ne voulez pas discuter, alors comment voulez vous arranger les choses ?  Qui est- en face de toi ?  Ton fils ou bien ta fille, celui que tu as éduqué depuis qu’il est petit jusqu’à un moment où tu as envie qu’il continue le reste de sa vie heureux et que toi en tant que parent tu sois aussi heureux.

Nous allons aussi essayer de discuter de situations qui sont un peu bizarres mais qui ont été vécues. On a eu beaucoup d’histoires qui nous ont été rapportées durant toutes ces années où l’on a travaillé un peu dans ce domaine et vous allez voir que parfois ce n’est pas très beau à entendre. Ca peut étonner ou faire rire certains mais le but n’est pas là.

Aujourd’hui je vais parler du côté le plus négatif, parce que ceux qui sont bien entre eux, al-hamdulillâh je n’ai pas besoin d’en parler. Mais je veux parler des erreurs qu’il y a.  Des fois, lorsque tu discutes avec certaines belles-mères qui nous rendent visite tu les entends te dire : « oui effectivement je l’avoue, je suis mauvaise, je suis même méchante mais ne me jugez pas comme ça. Il y a un manque de respect de la part de ma belle-fille. Il y a un manque de respect dans la manière de parler, dans la manière de regarder…»

Pourtant la belle-fille ne doit pas oublier une chose, c’est qu’en face de toi il y a qui ? La mère de ton mari ! Celui avec qui tu es sensée faire du bien, alors tu dois continuer à faire du bien vers cette personne qui est au-dessus de lui et que lui-même sait qu’il est sur Terre parce qu’il a eu une mère et un père qui sont la cause de cette présence avec la volonté d’Allâh (azwadial). Et toi tu viens et tu ne remarques pas ce que tu es en train de faire, tu attaques justement ce qu’il a de plus cher, sa mère ! Comment veux-tu alors que le mari accepte ça de n’importe quelle manière ou façon. C’est illogique et ça, c’est déjà une première erreur bizarre.

Même si des fois la belle-fille pense qu’elle a raison, le respect doit quand même rester. Tu n’as pas le choix. Tous ceux qui veulent revenir aux conférences qui parlent du respect des parents ils remarqueront que ton père, ta mère, wallâhi même si des fois ils sont en tort et que tu veux leur parler, est-ce que tu vas lever la main sur ta mère, est-ce que tu vas lever la main sur ton père ? Non ! Impossible. Jamais de la vie. Un vrai musulman ou une vraie musulmane ne lèvera jamais la main sur ses parents.

Donc si on te dit en Islam que ta belle-mère est comme ta mère jamais tu ne pourras lui manquer de respect, lever la main sur elle ou quoi que ce soit. Et aujourd’hui on a entendu des disputes, des bagarres entre la fille et la belle-mère qui en viennent même aux mains quand c’est une belle-mère qui est encore jeune, à peine cinquante ans. Il y a aussi les insultes : « vieille », « vielle peau », elles ont bien appris les petits mots et elles viennent et disent ça au visage de la mère ! Impossible ! Interdiction totale ! Le respect doit rester.

Certaines belles-filles aussi profitent de la belle-mère. Il y a des belles-mères qui nous disent «c’est vrai que j’ai changé vis-à-vis d’elle mais c’est parce qu’elle me prenait pour la bonne poire… Je suis mauvaise pour tout le reste mais pour tenir les enfants, je suis bien…» Et voilà, la maman n’est là que pour le travail de l’autre.

D’autres nous disent « je suis mauvaise, mais je suis bien pour manger. Et oui,deux ou trois fois par semaine ils viennent pour manger à la maison. Tout le monde est content, pour ça, je suis bien…» Soubhan Allâh regardez déjà comment en face de vous vous avec une personne dont vous pensez qu’elle n’a pas de réaction, qu’elle ne remarque pas, alors qu’elle a compris mais elle ne parle pas.

Et ça c’est une erreur, il faut parler.

La personne elle enregistre et voit ta façon de fonctionner, c’est comme ça les beaux-parents, ils voient souvent ton fonctionnement, ton caractère. Même si des fois il y a des parents qui avouent « je n’ai pas besoin de ce beau-fils ou de cette belle-fille, j’ai toujours vécu à l’aise wa al-hamdulillâh… » mais ils veulent voir côté respect jusqu’où tu es capable d’aller, ce que tu es capable d’apporter, jusqu’où tu peux aider.

 Montrer des traces d’affection, d’amour qui prouvent que tu respectes la personne.

Et puis on verra après qu’il y a un juste milieu des deux côtés mais au moins fais le pas.

On entend aussi : « je profite, mais je ne dois rien ». Il y a pleins de sœurs qui me disent lors des médiations avec la belle-famille : « moi je suis mariée avec son fils, ça m’est égal si les enfants ne voient pas leur grands-parents ! » Soubhan Allâh ! Même si tu sais que chez les grands-parents ils vont entendre parler de religion ?

Parce que al hamdulillâh il y a des familles qui sont pratiquantes masha Allâh. Le grand-père il va peut-être apprendre ou donner des choses à ses petits enfants que même les parents ne peuvent pas donner. Ne serait-ce que le jeu. Combien de fois les enfants passent une heure ou deux heures à jouer avec le grand-père alors que toi tu es là à être fatigué ou à avoir du travail. Des fois les grands-parents donnent des choses que l’on n’est pas capables de donner. Ils ont un rôle à jouer. En fait ils ont une patience qui est très bizarre ; ils ont éduqué tabârak Allâh pendant des années des enfants et ils sont heureux, ils sont fiers de cet aboutissement de leur éducation qu’ils voient se réaliser dans le mariage de leurs enfants. Et l’on sous-estime cela.

D’autres nous avouent et nous disent que pour elles, la belle-fille, c’est une rivale. Ce qui veut dire que la belle-mère est directement aux aguets, elle surveille sa belle-fille. Et si tu vas voir du côté de la belle-fille, qu’est-ce qu’elle te dit ? « C’est vrai je l’ai senti parce que depuis que je me suis mariée avec son fils, elle me suis partout. Elle est toujours derrière. Toutes les cinq minutes elle téléphone à son fils pour savoir ce qu’on fait, où on va… » On te dit chère sœur que tu ne pourras jamais rivaliser avec ta belle-mère et ça je vous le dis à l’avance si vous voulez partir à la guerre, tu ne pourras jamais rivaliser et tu sais pourquoi ? Parce qu’elle reste une mère. Le choix n’est pas à faire, ça n’existe pas chez nous dans la religion.

Et on va voir ce point parmi les erreurs qu’il y a parce que des fois il y a des sœurs qui remarquent qu’il y a une rivalité alors la sœur vient un jour voir son mari et lui dit : « Tu choisis : ta mère ou moi.» Je vous assure que pour moi cette sœur c’est une suicidaire, une kamikaze… ! Tu crois que ton mari il va lui dire « y’a pas de problème : « Allo el walida (maman), tu dégages parce que je viens de faire un choix et vu les investissements, les pertes et tout c’est ma femme que je choisis » A’oudhou billâh ! Wallâhi, jamais de la vie ! Un frère qui craint Allâh (azwadial) ne pourra jamais. Et une sœur qui craint Allâh (azwadial) ne pourra jamais venir demander ce genre de chose. Elle ne fera jamais cela. Mais il y en a qui le font car elles pensent que c’est une affaire de rivalité mais ça ne marche pas de cette manière.

C’est pour cela que l’on te dit lorsque l’on parle de ces petites erreurs c’est parce que toi la belle-fille, tu as un certain vécu, il y a des choses que tu connais et que la belle-mère ne connaît pas. Tu as peut-être vécu chez toi à la maison d’une certaine manière et tes beaux-parents ne le savent pas. Il y a des fois par exemple des belles-filles qui oublient qu’elles ont vécu d’une manière un peu « tranquille », « gâtée », encore plus si c’était une fille unique. Alors il faut comprendre pourquoi il peut y avoir des problèmes assez graves. Quand tu as une fille unique à la maison avec que des garçons, il arrive que cette fille ce soit la reine de la maison, il ne faut pas la toucher.  S’il faut travailler dans la cuisine, non, laissez-là miskina (la pauvre), toujours miskina, faut pas la toucher, faut pas s’approcher, faut pas lui faire…Et puis du jour au lendemain elle se retrouve belle-fille dans une famille de quinze ! « elle meurt, elle est avalée, wallâhi elle va être avalée » !

Parfois le mari est tout content d’aller voir sa mère avec sa femme et il part plus tôt pour pouvoir l’aider et là elle tombe la pauvre. Et c’est là que les excuses commencent : « je ne peux pas aller chez ta mère » « Et pourquoi ? » « Je ne me sens pas bien… » « Mais il y a cinq minutes tu allais bien ! » Et la guerre commence… Qui va faire la part des choses ?

Des fois, la connaissance religieuse n’est pas la même et on a beaucoup de parents qui ne connaissent pas comme nous la religion. Ils ne savent pas. Et s’ils ne sont pas formés en religion, comment vas-tu fonctionner ?

Alors tu entends des belles-filles dire que leur belle-mère est une égarée, une innovatrice, ma belle-mère ci ma belle-mère cela ! Peut être, je dis, tu as peut-être raison, mais en disant cela de cette manière, en critiquant ta belle-mère ou ton beau-père, qu’est-ce que tu as gagné ? Est-ce que tu as arrangé quelque chose ?

Jamais ! Tu n’as rien arrangé, parce qu’elle restera dans la même situation. Alors essaye de trouver le moment opportun, le moment idéal pour aller lui parler mais d’une certaine manière.

Deuxièmement on t’a dit que tu ne connais pas le caractère parce que tu viens d’entrer dans cette famille, tu es nouvelle. Essaye alors les premières semaines, les premiers mois de rester silencieuse, de scruter, d’observer, essaye de voir comment il est ce caractère, comment elle est la belle-mère. Pourquoi ? 

Et bien ça va me permettre d’introduire le sujet de la belle-mère car jusqu’à présent je n’ai parlé que de la belle-fille.

Il arrive des fois que nos belles-mères, qu’Allâh (azwadial) les guide, le jour où elle viennent pour demander la fille de quelqu’un, elle vient avec ses meilleurs côtés, hajja mâsha Allâh ! Habillée tout en blanc, la politesse, que de belles paroles, tout masha Allah. Alors la maman de la fille elle a honte devant elle et ne peut lui refuser sa fille, d’autant qu’elle lui en a fait un éloge incroyable ! La fille mesikina quand elle rentre et voit la future belle-mère, masha Allâh, elle n’en croit pas ses yeux, impossible, elle ne parle même pas ! Et si elle parle, que pour dire du bien ! Parce que le fils il sait très bien que sa mère, surtout si c’est une nerveuse, elle peut tout casser ce jour là pour un seul mot qu’elle va lâcher ! Donc avant d’aller voir la famille de la fille, le garçon supplie sa mère de se taire et de se contenter de demander la main de la fille sans poser aucune question !

Il y a un frère qui m’a appelé un jour et me dit que sa mère lui a cassé son projet de mariage. Quand j’ai reçu sa mère pour essayer de comprendre les choses, qu’est-ce qu’elle me dit ? Qu’elle est allée voir la famille et quand la fille est rentrée dans la pièce, en fait elle ne parlait pas un mot d’arabe. Et là elle qu’est-ce qu’elle me dit ?  « Comment j’allais parler avec elle moi après !!! » Je lui réponds « mais elle va se marier avec ton fils hajja, et puis il va lui apprendre petit à petit » Mais elle n’a rien voulu savoir…

Regardez sur quoi elle s’est basée ! Elle n’a pas réalisé que les jeunes d’aujourd’hui ce n’est pas comme avant.

Alors les belles-mères sont étonnées car elles pensent qu’elles vont avoir une belle-fille comme elles ont été. Parce que nos mères et qu’Allâh (azwadial) les récompense, on n’arrive même pas à la hauteur de leurs chevilles. Elles ont subi ce qu’elles ont subi et d’une manière très silencieuse. Nos pères, pour certains d’entre eux, ont eu un caractère très dur, ils en ont fait « baver » à nos mères. Et nos mères sont restées patientes. D’autres ont été très gentils, ont fonctionné vraiment bien. Il y a des mères qui pleurent encore quatre ans après la mort de leur mari. C’était un drôle de couple les anciens. C’était un coupe très rare, on ne retrouve plus ce genre de « marque » aujourd’hui. Et c’est pour ça que la mère miskina elle a peut-être une bonne intention, elle voudrait bien que sa belle-fille soit comme elle était. Mais ça c’est impossible, ou alors c’est très rare.

Et là c’est déjà une erreur qui se fait à ce moment là, un jugement qui se fait. Et on ne peut pas. Chaque génération a sa spécificité. Il faut garder ça en tête et vous les maris il faut le dire à vos mères, à vos pères et les sœurs la même chose. Chaque époque a une spécificité incroyable, souvent qu’on ne peut même pas imaginer.

Il y a aussi des fois des belles-mères qui veulent avoir un regard sur tout. Si le fils a eu le malheur de ne pas appeler durant 24 heures, il est mort !Sa mère l’appelle le matin : « où tu étais, qu’est-ce que tu as fait ? Pourquoi tu n’as pas appelé ? Elle t’a aveuglé ?… » Et le frère meskine, il est là entre deux. Qu’est-ce qui se passe alors…

On dit à nos belles-mères que pour la vie de couple on peut donner des conseils, mais l’ingérence ça doit être très bien compris. Même les maris ne comprennent pas ça. Même nos parents font des erreurs. On doit respecter chacun dans son environnement.

Une fois que ton fils s’est marié ou que te fille s’est mariée, il y a un nouveau responsable. Qui reprend la tutelle ? Qui devient le « walid » (le père) dans le couple là ? C’est le mari. Et il a un sale rôle, vous allez le voir après. C’est le mari qui devient un régulateur, et à ce moment on ne peut pas laisser chacun rentrer dans la vie de l’autre ! Jamais !

Tu peux conseiller ton fils ou ta fille mais tu ne peux pas être celui ou celle qui va s’ingérer dans leur vie pour un oui ou pour un non et demander tous les rapports, tous ce qu’il se passe, ce n’est pas faisable je vous assure. On ne peut pas le faire de cette manière là et c’est ce qui a crée de graves problèmes ces derniers temps. Les gens commencent au fur et à mesure soubhan Allâh à venir et à vouloir savoir même ce qui se passe dans le lit conjugal. Et des fois on a des frères qui nous appellent et nous passent leur mère qui nous demande si c’est interdit qu’elle demande à son fils s’il va faire un enfant. On lui dit : « non ce n’est pas haram si tu lui demandes comme ça mais si tout les jours tu vas chez lui et tu demandes : « Alors ? Vous avez fait quelque chose ? », là tu n’as pas le droit ». On ne peut pas parler de ses relations en Islam, c’est haram, on ne peut pas, qu’Allâh vous accorde Sa satisfaction, même pas la mère avec sa fille. On ne peut pas, on ne parle pas des relations intimes. Il y a des hadith très graves dans ce domaine là.

Il y a des belles-mères qui lorsqu’elles demandent les rendez-vous que le mari a ou que sa belle-fille a, qu’est-ce qu’elle fait ? Par exemple elle sait que sa belle-fille doit sortir le lendemain à 15h, elle appelle son fils une heure avant pour lui dire qu’elle arrive. Si le fils lui dit « mais on doit sortir… », sa mère lui dit « tu n’as pas honte, tu dois sortir justement le moment où je te dis que je viens !!! ».

Il y a même des frères qui nous appellent pour nous demander : « qui passe avant, ma femme qui attend son rendez-vous depuis trois semaines et moi qui ait pris congé exprès ou bien ma mère ? «  Et il y en a soubhan Allâh qui n’osent rien dire et qui sont entre deux feux et on va voir ça aussi.

C’est très grave parce qu’il y a des personnes qui n’imaginent pas que déjà, venir avec cet esprit un peu malsain, ça ne se fait pas en Islam. C’est grave parce que l’intention n’est pas bonne et que les actes ne valent que d’après leur intention.

On sait qu’il y a alors des histoires très bizarres qui commencent à ce moment là et c’est normal. La belle-fille, ça reste un être humain, elle est toute contente, elle s’est préparée pour passer une journée avec son mari, un pique-nique ou deux trois jours de vacances avec son mari et il y a la belle-mère qui arrive et qui casse tout… Ce n’est pas normal.

Il y a aussi des belles-mères qui se permettent de critiquer la belle-fille devant le fils. Ou alors l’appeler par des surnoms devant le mari : « elle est où la tordue ? Elle est où la pierre ? » Tu entends des mots incroyables en dialecte et autre. On ne peut pas, il faut qu’il y ait un certain respect. On ne peut pas critiquer quelqu’un, aucun être humain n’aime qu’on le critique comme ça ouvertement. On n’aime pas ça parce que l’on reste des êtres humains et parce que la personne va estimer directement que c’est rabaissant. Toutes ces remarques lorsqu’elles sont dites l’une derrière l’autre, après une semaine, deux semaines, trois semaines comment veux-tu que la personne continue d’accepter l’autre personne. C’est très rare.


La belle-mère doit aussi savoir que son fils ou sa fille n’est pas parfait. Il faut que nos belles-mères le sachent, elles doivent le savoir. Pourquoi ? Parce que des fois, nos jeunes ont une manière de parler, ils ont une manière de fonctionner parce qu’ils en ont hérité chez eux dans leur famille, alors comment elle va faire la belle-mère ? Au lieu de patienter de se dire qu’ils sont encore jeunes, qu’ils vont changer, non, elle met de l’huile sur le feu et ça n’arrange rien du tout.

 Des fois aussi la belle-mère n’accepte pas le mode de vie de sa belle-fille. Des fois la belle-mère, à chaque fois elle vient chez le fils: « qu’est-ce que tu as mangé aujourd’hui ?». Et vous savez les couples d’aujourd’hui ce sont des couples « light », tout le monde veut maigrir même le chat ! Alors l’épouse, comme elle est de l’année 2008 et que son mari c’est aussi un 2008/2009, vous savez … ce n’est plus l’autre génération où tu rentres chez la « walida » (maman) la pauvre qui prépare le plat de un mètre circulaire de lentilles pour trois semaines, bien congelé en paquets, tu rentres, tu n’as pas le choix, tu t’assois et tu manges ! Aujourd’hui le mari est au travail et sa femme toute contente l’appelle et lui demande:
– « je te fais un coulis de sauce » !? – « Oui »
– « Tu la veux gratinée ou pas gratinée ? » – « Gratinée oui »…
– « Et tu la veux comme ci ou comme ça ?»… – « Oui je préfère comme ci… »
– « Et le poivre tu le veux doux ou aigre-doux ou … »

Alors, imaginez-vous la scène … la femme, version 2008, elle est tout contente, elle a été dans un magasin spécial pour acheter une petite brindille, vous savez que l’on met sur l’assiette au bord avec le coulis de sauce, et elle te met un petit morceau de steak, 4 cm de côté sur 4 parce que ça se coupe avec un genre de petit carré métallique. Elle le coupe, elle le pose et elle met une « crotte » de purée…Ce sont des termes très spécifiques…Donc elle dépose cette « crotte » de purée et elle met une petite bougie avec un beau petit verre…

Imaginez-vous la scène avec une petite lumière tamisée et là Hajja (la belle-mère) qui rentre !!! « Qu’est-ce qui se passe ici ? Y’a quelqu’un qui est mort ou quoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ?» Alors la belle-fille elle est toute gênée. Chez les jeunes ils appellent ça l’amour… le respect… La belle mère elle te dit « Y’a quelqu’un qui est mort ou quoi ? »

J’ai eu des sœurs avec des histoires comme ça qui ont été très vexées. C’est là qu’elles ont juré « Wa llâhi c’est fini, ne me parle plus de ta mère ». Vous voyez c’est tout bête mais voilà.  Parfois on a l’inverse, le mari rentre et il entend que ça mère va venir, alors il appelle sa femme : « enlève les bougies et tout le bazar ma mère arrive… »  Ne commettez jamais cette erreur, la belle-mère doit comprendre qu’aujourd’hui les jeunes vivent autrement qu’elle avec son mari.

Des fois aussi la belle-mère a moins d’indulgence pour sa belle-fille que pour sa fille. Si sa fille est mariée, quand un problème arrive elle dit : « oh, c’est une erreur, ça arrive à tout le monde… » mais si c’est sa belle-fille… : « Ah ! Je l’avais dit qu’elle était tordue…je le savais qu’ il ne fallait pas la prendre… » Et ça, ça arrive souvent. On ne peut pas faire de différences comme ça, c’est de l’injustice, du « dhulm », il faut faire attention.

Il y a aussi les belles-mères qui rabaissent, dénigrent la fille même si elle fait tout son possible. Une fois j’ai eu le cas au bureau où une belle-fille était partie en ville pour acheter un beau pyjama pour sa belle-mère et aussi un bouquet de fleur. La pauvre, depuis le matin elle courait partout. Puis elle va chez sa belle-mère toute contente pour lui offrir son cadeau. La belle fille lui montre:  » Voilà c’est un pyjama ! » et là la belle-mère qui lui dit : « Tu m’as vue dormir avec un pyjama ? Tu sais au moins si je dors avec un pyjama ? »… Soubhan Allâh, directement elle rentre dedans ! Pourquoi ? Pourquoi être comme ça ? Le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) nous a dit de se faire des cadeaux entre nous, ça met de l’amour entre les personnes. C’est quelque chose de normal chez nous de faire des cadeaux.

Et c’est pour cela que l’on dit que rares sont les compliments. Rares sont les belles-mères qui viennent qui prennent leur belle-fille dans leurs bras pour la complimenter : « ah ma belle-fille al-‘aziza … je t’aime en Allâh », c’est rare hein ? Et la belle file qui serre sa belle-mère et qui lui dit : « ah khalti l-habiba (ma tante bien aimée) tu es comme ma mère… » Et les deux qui pleurent dans les bras l’une de l’autre…Pourquoi on n’a plus cette scène ? Pourquoi c’est directement le négatif ? Et bien c’est à cause de l’ignorance, des fois on croit bien faire, ça ne veut pas dire que la belle-mère est mauvaise, des fois c’est des caractères mais on va voir après pour les solutions in sha’a Allâh.
 

Des fois il y a aussi la jalousie, il y a beaucoup de belles-filles qui oublient et pourtant les sœurs devraient toujours garder en tête qu’une mère qui marie son enfant se dit la plus part du temps: « elle a volé mon fils.»  C’est drôle à dire et pourtant il ne faut pas sous-estimer cela.

Et si jamais la belle-fille vit à l’aise, des fois la belle-mère ne l’admet pas. Je vous donne un exemple: il arrive des fois que la mère a vécu toute sa vie sans machine à laver, sans lave-vaisselle, sans sèche-linge ; pas de micro-ondes, pas de mixer, pas de four à pain…Dans nos couples maintenant, on a tous les appareils et ta mère la pauvre ça fait juste un an qu’elle a sa machine à laver.

Alors toi tu te maries, tu es jeune, tu as de l’argent, tu as tout et c’est normal, ce n’est pas interdit, et tu achètes tout un tas de petits appareils et il y a des belles-mères qui rentrent en conflit à cause de ça. Yâ khaltî, Allâh (azwadial) a donné des choses que vous dans votre temps vous avez eu alors que vos parents ou grands-parents n’avaient pas eu. Au contraire, il faut que les belles-mères voient ce progrès pour leurs enfants comme une ni’ma (un bienfait). Hélas, pour certaines, la jalousie fait qu’elles veulent que cette fille n’ait rien à la maison. Pourquoi ? Ca aussi c’est un sujet à étudier. On ne peut pas penser comme ça. Si la personne vit à l’aise, il faut que nos parents soient contents, disent hamdullâh !

Et il y a un pourcentage qui a quel type de belle-mère ? Celles qui sont divorcées ou bien veuves. On a remarqué statistiquement que lorsqu’une femme est veuve ou divorcée, qui prend la place de son mari ? Son fils. Elle choisit souvent un de ses fils qui prend la place et à chaque fois qu’elle a besoin de quelque chose elle l’appelle, toutes les dix secondes s’il faut.

C’est là cher fils que tu as intérêt à faire attention parce que tu devras absolument apprendre à jouer 50/50 et la belle-mère devra comprendre qu’effectivement on perd un mari, ce n’est pas facile mais tu ne peux pas substituer ton fils à ton mari. Le fils oui, il doit rester, il doit rester absolument présent si jamais sa mère a besoin de lui mais la mère doit comprendre qu’il y a des heures qu’il est obligé de donner à ses enfants et s’il est intelligent, il y a alors moyen de s’occuper de tout le monde.

De la mère et des enfants. Mais à condition de mettre un juste milieu comme il se doit et dans le respect. Mais il y a des mères qui ne veulent pas, qui veulent que le fils soit là tout le temps.

Il y a encore un autre cas, c’est les filles qui se marient avec des garçons du « Bled ». Alors, la fille des fois elle est maligne… Il y en a une qui m’a raconté avec son mari et regardez un peu la « niyya », l’intention, un peu tordue, elle m’a dit, « moi j’ai pris un mari tranquille, il n’a aucune famille ici ». Je lui dis « et alors ? » Elle me dit « sa mère vient dans trois semaines » Je lui dit « c’est bien, tu as du ajr (récompense) en plus » Et là elle me dit : « non, elle m’a même menacé par téléphone, en me disant « j’arrive… » » Soubhan Allâh on dirait un gladiateur qui sort de l’arène et qui arrive chez toi…

Une fois j’ai dû appeler une belle-mère au Maroc, pour lui demandé de ne pas venir s’installer chez son fils ici en Belgique ! Car qu’est-ce qui se passe alors, la femme avant même que la belle-mère ait quitté le Maroc elle est déjà chez nous au bureau pour parler de quoi ? De divorce…  Alors le fils se pose la question de savoir qui il doit choisir  ! L’appartement avec ma femme ou partir avec ma mère ?

C’est pas un choix qui existe en Islam. Si tu as décidé de faire venir ta mère, c’est toi qui doit en subir les conséquences. Tu prépares un deuxième étage ou alors tu lui prends un logement. Et si t’as pas l’argent et bien fais tout ton possible pour que la famille là bas s’occupe de ta mère. Soubhan Allâh khaltî ! Tu as eu le bienfait de vivre toute ta vie dans un pays musulman, reste là bas, ne viens pas en Europe. Et vous savez de quoi je parle.

Il y a des mères les pauvres qui arrivent ici et elles restent mourantes dans un hôpital, puis elle devient lourde pour la famille, les enfants commencent à n’y aller qu’une fois sur deux…Comment est-ce qu’on fait ? On a même des couples qui nous appellent et j’ai même gardé une lettre que l’un d’entre eux m’a envoyée avec des questions comme preuve. Regardez les questions : Ma belle-mère est malade, combien de fois je dois lui rendre visite par semaine ? Allâhou Akbar ! Ca se pose cette question ? Ca se demande ? Cette belle-mère qui est comme ta mère, combien de fois je dois lui rendre visite ?

– Ma belle mère va venir habiter chez nous. Est-ce que je lui donne la plus grande pièce ou bien la plus petite parce qu’elle est toute maigre et petite ! C’est quoi ces questions ? On voit déjà que l’intention elle est bizarre. On dirait que c’est un animal qui arrive, tu lui prépares sa cage, la plus petite… Hacha lillâh ! Donc vous voyez jusqu’où ça va ?

« – Je prends une décision pour notre couple, est-ce que je dois appeler ma mère ? » –  » Peut-on refuser le contact avec une personne externe à la famille si ma belle-mère ne veut pas ? »  Mais qu’est-ce que la belle-mère a à voir la dedans ? Regardez jusqu’où on a été soubhan Allâh. Ca c’est comme des fois celui qui n’a pas de travail, qui n’a rien à faire il prend un clou et un marteau et il se dit « ah tien …il y a de la place sur ce mur.» Et bien il y a des couples maintenant c’est la même chose, ils ont tout vécu, ils ont tout fait, la seule chose qui leur reste c’est de savoir où est-ce qu’on va mettre un tel ou bien où est-ce qu’on ne va pas le mettre, si on va appeler ou on ne va pas appeler, si on va expliquer ou on ne va pas expliquer! C’est une grave erreur, faites attention.

Il y a aussi beaucoup de belles-mères qui jouent avec l’affectif. Elles vont jusqu’à demander à leur fils de divorcer leur femme. Et si il refuse, elle lui dit et c’est arrivé dans le bureau devant moi : « tu veux la malédiction d’Allâh  ou bien tu veux l’agrément de ta mère ? » Et une fois il y en a un qui a divorcé devant moi !!  Mon frère, crains Allâh, c’est interdit ! haram ! On ne peut pas divorcer suite à la demande de son père, de sa mère ou de qui que ce soit. Pourquoi divorcer ? Parce que ta mère ne l’aime pas ? Haram, lâ yajouz (ce n’est pas permis).

Il y a aussi des fois des belles-mères veuves ou divorcées qui viennent dormir tous les jours chez leur fils alors qu’il est marié. Ca aussi, on dit à la belle-mère, fais attention. Ton fils est marié, il a une certaine vie privée, intime. C’est important, c’est la vie de couple. Donc fais attention. Viens passer la soirée et puis on te raccompagne à la maison par exemple. Mais il y a beaucoup de problèmes à cause de ça. Vous voyez comment c’est délicat ? On veut se respecter tous, mais comment faire ? Ce n’est pas facile.

Maintenant, le mari ! Le pauuuuvre ! La victime… ! Il est celui en vérité qui est le plus à plaindre quand tu réfléchis…D’un côté sa femme, de l’autre ses parents ! Sa femme lui dit « je t’aime … » et sa mère lui dit « moi aussi je t’aime … » ! Sa femme lui dit « je veux ton bien », sa mère lui dit « moi aussi je veux ton bien! » Sa femme lui dit « suis-moi », sa mère lui dit « suis-moi ». Et là il les regarde. Et des fois il nous appelle. Il nous demande ce qu’il doit faire. Il nous dit que sa femme le menace et que sa mère l’appelle toutes les 24 heures et le menace aussi.

Dans l’Islam on n’a pas ça et c’est pour ça que vous allez comprendre que celui que je vise le plus, ce n’est ni la belle-mère, ni la belle-fille mais c’est l’époux. Le plus grand régulateur, le thermostat de la famille c’est l’époux parce que c’est lui qui a tout entre les mains. Il a le « qawwâmah », il est responsable de son couple, il connaît sa mère, son père, il connaît les limites, il connaît la religion, il sait que celui qui transgresse les limites fixées par Allâh (azwadial) il ne va faire de mal qu’à lui-même. Il connaît tout cela. Donc c’est lui le plus grand des régulateurs dans le couple, c’est lui qui doit savoir normalement quand est-ce qu’il peut dire oui ou quand est-ce qu’il peut dire non. Il a un « sale boulot » parce qu’il doit plaire aux deux. Et là on lui dit de faire attention parce que c’est lui qui va devoir savoir comment apaiser, comment faire lorsque quelqu’un vient se plaindre chez lui.

Maintenant des fois on a l’inverse. On a des hommes, des maris, qu’Allâh les guide, dès qu’ils ont un problème ils appellent leur mère. Il faut choisir quelqu’un de neutre pour une médiation car il doit être juste, sans avoir aucune pitié ni pour l’un ni pour l’autre. Il ne faut pas que le cœur aille vers l’une ou vers l’autre personne. C’est normal si tu parles à ta mère, qu’après il y ait des problèmes entre ta femme et elle. Pour une mère c’est normal de penser que son enfant est le meilleur. Un père c’est pareil. Et c’est pour cela qu’il y a des disputes entre voisins si des enfants ont fait une bêtise car aucun des deux n’accepte et chacun dit que c’est les enfants de l’autre. C’est naturel soubhan Allâh ! Donc ne va pas te plaindre chez ta mère ou ton père. Tu es un homme ! Laissez les parents tranquilles. Laissez-les vivre. Ils ne doivent rien savoir.

Ton père, laisse-le tranquille, ta mère, laisse-la tranquille. Parce que tu es des fois la cause de l’allumage entre les deux. On ne peut pas. C’est important, même si on s’emporte un peu là-dessus, c’est important. Le mari doit rester dans ses limites. C’est lui qui a reçu la responsabilité, c’est fini, il doit s’arranger dans son couple et dire les choses comme elles sont. Pourquoi ? Parce que des fois il est lâche. Des fois les maris sont très lâches. Il voit la vérité, il sait que la vérité est peut-être du côté de sa mère ou bien de sa femme d’autres fois, mais il se tait, pour faire plaisir aux deux. Ce n’est pas permis. Il ne faut jamais se taire devant la vérité.

Si ta mère a fait une erreur, passe dans un magasin, prends un petit cadeau, rentre, embrasse-lui la tête, demande lui: « ma mère j’ai une simple question ; imagine si un jour je te vois aller vers l’Enfer et je ne te dis rien, est-ce que tu accepterais ? » Ta mère, elle va te dire qu’elle voudrait que tu lui dises, que tu l’arrêtes, que tu la préviennes non ? Et là tu lui expliques le problème avec sa belle-fille et tu les réconcilies bi idhnillâh. Tu lui demandes de pardonner à ta femme insha Allâh. Explique-lui que chacun d’entre nous peut commettre des erreurs… Le mari a un rôle très important.

Il doit être aussi très diplomate et on a des maris qui ne le sont pas du tout. Quand sa femme a le malheur de lui dire: « Allâhi jazik, parle un peu avec ta mère parce que là vraiment elle fait des trucs bizarres… », qu’est-ce qu’il fait alors ? Il lui dit : « Et toi tu t’es pas vue ?»

Et directement il va critiquer sa femme. Non ! Si tu t’es mariée avec elle c’est parce qu’elle est honnête, tu ne t’es pas marié en disant al-hamdulillâh j’ai pris la plus tordue du quartier, et si tu as pris celle qui a la religion, alors tu as fait le bon choix. Et pour l’homme c’est la même chose, si on a pris un homme qui a la religion et le comportement, al hamdulillâh. Comment se marier pour la religion et après traiter l’un ou l’autre de menteur ? Ce n’est pas logique. Donc on dit au mari : « Sois quelqu’un qui va être capable de parler, de discuter. Parfois il est bon que tu laisses ta femme parler à ta mère. »

Il y a des maris toujours dans le domaine de la lâcheté, qu’est-ce qu’ils font ? D’un côté ils savent que leur mère est dure mais ils ne laissent pas leur femme lui parler, s’expliquer, s’exprimer. Pourquoi ? « Parce que chez nous à la maison on n’est pas comme ça, on parle pas à la mère. » Il ne faut pas partir comme ça avec une idée négative, non, il faut être positif et Allâh (azwadial), Il t’aide.

Il y a également des maris qui ne remarquent pas que la femme peut détester sa belle-mère sans qu’il n’y ait aucun contact entre elles. Vous savez comment ?

C’est le style de mari qui fait l’erreur par exemple toutes les cinq minutes il rentre dans la cuisine il voit sa femme préparer un œuf et il lui dit : « ah c’est comme ça que tu fait l’œuf…parce que ma mère elle le fait pas comme ça… » Elle le regarde et elle le fait comme sa belle-mère. « Ah mais tu le mets dans une assiette comme ça l’œuf… Parce que ma mère elle le met dans une assiette comme ça… » Alors la femme elle prend l’œuf et le met dans l’autre assiette…

A la fin elle sait même plus ce qu’elle va manger, son mari ou l’œuf !!!

Il y a des maris comme ça, toutes les deux secondes, ma mère ci ma mère ça, ma mère elle fait comme ci, ma mère elle fait pas comme ça. A force la femme miskina elle lui dit : « Eh bien tu sais quoi ? Va chez ta mère !!! » Certaines soeurs viennent nous voir et nous disent « soubhan Allâh on dirait que je ne suis pas marié avec lui, je suis mariée avec sa mère !!! ». Ce n’est pas bon, parce que tu casses la personne. Ta femme elle est cassée à ce moment-là. Ce n’est pas bien.

Il y a des maris, si sa femme fait une erreur avec sa mère, il ne pardonne rien. Il veut la justice directement. Mais si jamais c’est sa mère qui fait une erreur avec sa femme, qu’est-ce qu’il lui dit ? « Pardonne-lui, il faut être indulgent.» Ca c’est grave parce que la femme elle peut le pendre comment ? Et bien elle va penser que tu ne reconnais pas qu’une injustice a été commise. Il ne faut pas bien sûr venir dire à ton mari qu’il aille se fâcher avec sa mère, ça c’est haram mais il peut aller pour discuter avec sa mère et de préférence avec toi. Ca dépend si jamais tu sens que ça peut s’envenimer entre elle et toi, alors à ce moment n’y va pas et laisse ton mari aller avec ta mère par exemple parler à sa mère. 

Il existe un autre groupe dans la famille qui ont beaucoup de pouvoir mais qu’on sous-estime, ce sont les filles de la belle-mère. Ce sont souvent des « chipies ». Elles sont là, elles regardent un peu la belle-fille comment elle fonctionne. De toutes les façons, pour elles, elle ne sera jamais bien. Je connais plusieurs familles comme ça. Je ne connaissais pas ce cas et quand j’ai eu les histoires de deux ou trois je me suis dis soubhan Allâh ça va jusque là ! Et des fois dans le bureau tu as un tribunal : trois sœurs avec la belle-fille qui est là qui demande:  – « Mais qu’est-ce que je vous ai fait ? »
– « On t’aime pas c’est tout. Depuis qu’on t’a vu, ta tête elle ne nous revient pas.»

Et elles font quoi soubhan Allâh, elles vont parler à la mère pour la monter contre elle. Il y a des mères, elles sont gentilles mais elles font confiance à leurs enfants. La maman elle te dit: « Moi mes filles, c’est elles qui reconnaissent qui est mauvais ou qui est bien. Elles sentent ça, elles remarquent ça. Donc si mes filles m’ont dit que cette fille est mauvaise, alors elle est mauvaise.» Haram, c’est de l’injustice. Faites attention, les sœurs du mari doivent rester neutres dans la vie du couple. On peut se conseiller, on peut s’entraider mais faites attention lorsque ça arrive comme à des situations où on provoque la fitna, « les troubles ».

Des fois aussi on a des filles qui n’osent pas dire la vérité. J’ai eu un cas il y a quelques mois où les sœurs sont témoins qu’il y a une injustice et quand j’ai demandé à ces filles de témoigner, elles ont refusé. Pourquoi ? « Parce que ça ne se fait pas chez nous dans notre famille.» 

Ah d’accord, dans votre famille parce que vous avez vos règles mais en Islam, vous êtes en train de témoigner dans le mensonge, c’est comme si vous disiez à votre frère qu’il ne se passe rien.  Vous mentez.

Et vous commettez une injustice sur une personne, si elle lève les mains vers le ciel et demande à Allâh (azwadial) Sa justice et que la porte de l’invocation est ouverte et exaucée, wallâhi c’est grave.

Et ça on le sous estime, on n’y fait pas attention.


 A présent le beau-père… Je l’ai laissé à la fin le pauvre. Le beau père c’est spécial, c’est un peu comme « le pacha » qui est assis et qui regarde le couple de loin. Ca ne veut pas dire qu’il est « bête », et même, on a peur qu’il « s’allume », qu’il se réveille, parce que son réveil est très dur. Et même lui des fois il est à plaindre et il n’a pas forcément une bonne place parce que d’un côté il y a sa femme et de l’autre la femme de son fils. Mais c’est un homme, il est un mari, celui de sa femme, et comme pour le mari de sa belle fille, son fils, il doit être strict, il doit connaître les limites. Il doit raisonner.

Et combien de fois j’ai remarqué que le père il y a moyen qu’il arrange les choses en cinq minutes mais il n’ose pas. Comme m’a dit une fois un beau-père : « Hajja, je vis avec elle tous les jours, mais la femme de mon fils, je la vois une fois par semaine… » Qu’est-ce que tu vas dire à celui-là ? Ce n’est pas bien ! On ne peut pas fonctionner comme ça. Et des fois on n’emploie le père que pour les menaces, pour la casse ou alors pour aller au Maroc, pour aller au Tribunal, pour aller faire les démarches. On ne l’emploie que pour les petits besoins personnels comme ça, c’est assez étrange.

Mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, pas de cette manière. Des fois tu appelles le beau-père pour qu’il intervienne dans le couple et il refuse, il te dit : « c’est lui (son fils) qui s’est marié avec elle.» Soubhan Allâh !Cette phrase on l’entend tout le temps. Non ! cher père. Intervient, parle quand il faut intervenir parce que maintenant c’est nous qui te demandons de parler donc fais ton possible pour être présent.   Et il y aurait encore un tas de choses à dire, le sujet est très long mais on vous apporte des pistes, on vous montre les problèmes, pour que vous essayiez de mettre fin à cela.

Le principal c’est qu’il est important d’avoir la crainte d’Allâh (azwadial) quoi que vous fassiez, belle-mère, belle-fille, beau-fils, beau-père, s’il n’y a pas cette crainte d’Allâh, il peut y avoir n’importe quoi.

On vous rappelle aussi que nul n’est parfait et que c’est un pacte que vous avez signé entre vous et Allâh (azwadial) dans ce couple. Il faut aussi qu’il y ait de l’honnêteté parce que des fois avant même le mariage, au moment de demander la main, le futur mari il sait que sa mère ou son père est dur et il ne dit pas la vérité. C’est bien qu’il le dise à la future mariée, qu’il la prévienne sur le caractère de ses parents. Comme ça soit elle accepte soit elle refuse. Il faut dire la vérité car sinon on ne l’apprend qu’une fois marié et là comme vous le savez c’est parfois trop tard.

Il faut aussi savoir prendre ses responsabilités. Ca c’est aussi une des solutions, un remède. Si tu ne sais pas prendre tes responsabilités, comment veux-tu avancer dans ce couple ? Il faut aussi voir que le couple est un investissement, tu as le « ajr » (récompense) pour chaque minute passée avec ton épouse ou toi ma sœur avec ton époux. C’est une adoration, une ‘ibada. Donc partant de là il faut bien gérer cela et ne pas laisser les choses aller n’importe comment ou même des fois semer la discorde ou la zizanie dans ce couple.

Tu dois au mieux gérer ce que j’appelle la forteresse parce que wallâhi le couple c’est une forteresse attaquée de tous les côtés. Soir par shaytan, soit par les jaloux, soit par n’importe, il y a de tout, ceux qui sont mariés savent de quoi je parle. Donc il faut que tu sois quelqu’un qui sait gérer tout cela. Il faut aussi savoir qu’il y a des personnes qui sont très exigeantes, qui demandent trop, n’ont jamais assez et tu dois être au courant en tant qu’époux et en tant qu’épouse pour te préparer à cela pour lorsque tu seras marié(e).

Et on appelle aussi nos enfants à la patience, à l’endurance comme on appelle les futurs époux à demander à leurs parents de leur dire ce qu’est le mariage, c’est quoi être un époux, c’est quoi être une épouse et là des fois, la mère peut expliquer à sa fille ce qu’est une belle-mère, la bonne et la mauvaise, elle lui donne les deux cas comme ça le jour où il y a un problème elle est au courant. Que le mari demande à son père comment ça fonctionne avec le beau-père, comment est-ce qu’il faut parler avec comment est-ce qu’on fait.

Nous on ne nous a jamais appris ça il faut être honnête. Demandez autour de vous, chez les maghrébins c’est comme ça, tu te maries, débrouille-toi. Comment le couple a-t-il appris à vivre ensemble ? Dans les petits livres en français. Et nous notre génération, il n’y avait pas les livres en français et si tu ne savais pas lire l’arabe, on teste et on verra si ça passe ou ça passe pas. On n’était même pas au courant des règles, ni de jurisprudence ni rien du tout.

Non, une vie de couple il faut qu’il y ait un apprentissage, il faut qu’il y ait un enseignement car c’est un acte d’adoration et à ce moment là, elle doit être faite comme il se doit.

Et n’oubliez pas une chose ; il ne faut pas être de ceux qui interprètent à chaque fois toute petite situation qui apparaît dans le couple, tout problème qui apparaît, non ! Derrière le soupçon il y a un péché. Donc ne soyez pas de ceux qui ont à chaque fois des doutes.

Invoque Allâh pour ta mère, invoque Allâh pour ton père et fais de même pour tes beaux-parents et la fille la même chose, qu’elle invoque Allâh pour ses parents et ceux de son mari. Qu’Allâh (azwadial) leur ouvre les yeux, les guide et fasse que ce soient des personnes qui vous apportent des bénéfices insha Allâh.

Et on vous demande aussi de faire preuve de franchise et que les rencontre avec la belle famille ne soient pas juste d’arriver bien habillé, poser un gâteau, manger et repartir. Non ! Parlez d’un sujet de religion, faites un petit dars (cours), que le mari fasse un petit dars devant sa femme, ses parents, ses enfants. On n’a pas ça aujourd’hui, on ne parle pas de religion lorsque l’on est en famille, on ne discute de rien. Qu’Allah (azwadial) nous guide.

Soubhanaka allâhoumma wa bihamdik, ash-hadou anlâ ilâha illâ anta, astaghfirouka wa atoubou ilayk.