📵 Vidéos intimes et chantage sur internet

Il se faisait appeler El Hadji Babacar. Un nom noble, synonyme de foi, de piĂ©tĂ© et de respect, rappelant ceux qui ont eu l’honneur d’accomplir le pèlerinage Ă  la Mecque. Mais derrière cette apparente dignitĂ©, les accusations parlent d’un homme qui aurait fait de l’humiliation et du chantage une arme pour salir, dĂ©truire et gagner sa vie.

Usurpant le nom du célèbre penseur sénégalais Kocc Barma, il aurait mis en place un système malsain basé sur la collecte et la diffusion de vidéos intimes. Ce qu’il a fait, et ce que d’autres ont permis, soulève une question douloureuse : où sont passées les valeurs de notre société musulmane ?

Ce scandale révèle un malaise plus profond encore. Des hommes, blessés par un divorce, ont envoyé des vidéos de leurs anciennes épouses à ce maître-chanteur, dans un élan de vengeance et de haine. Des femmes ont fait de même.

Des jeunes garçons ont forcé leurs copines à leur envoyer des photos, sous prétexte d’amour, pour ensuite les menacer de tout exposer en cas de rupture. Et parfois, ces menaces ont été mises à exécution. Ce ne sont plus des ennemis extérieurs qui détruisent nos foyers, ce sont ceux-là mêmes qui jurent amour et fidélité, mais qui trahissent au premier conflit.

Dans tout cela, une vérité s’impose : peu importe à quel point on pense connaître ou aimer quelqu’un, il ne faut jamais, au grand jamais, envoyer de photo ou vidéo intime à travers un téléphone ou internet. Car un jour, cette image peut devenir une arme contre vous. Et ce jour-là, même vos larmes ne suffiront pas à effacer le mal causé.

L’islam que nous pratiquons – ou que nous prétendons pratiquer – nous enseigne la pudeur, la discrétion, le respect de la vie privée, la dignité humaine. Le Prophète Muhammad ﷺ a dit : « La pudeur fait partie de la foi. » Et Allah a clairement interdit l’espionnage, la médisance, la calomnie.

Pourtant, nos téléphones sont devenus des relais du haram. Nos partages WhatsApp diffusent l’indécence. Nos clics encouragent le vice. Et notre silence rend tout cela normal.

Il est temps de s’arrêter. De réfléchir. D’avoir peur. Pas des autorités, pas des réseaux sociaux, mais de Celui qui voit tout, entend tout, et demandera des comptes pour tout. Car ce que tu partages en cachette ici-bas te poursuivra au grand jour dans l’au-delà. Et ce que tu caches par pudeur, Allah le couvrira avec miséricorde.

Chacun de nous doit devenir un bouclier contre cette perversion : refuser de partager, supprimer les vidéos reçues, éduquer nos enfants, parler dans les mosquées, prévenir dans les écoles, alerter dans les familles. Nous devons briser ce cercle de honte, de vengeance et de buzz malsain.

Le Diable se réjouit quand un musulman humilie un autre. Il est satisfait quand l’honneur d’une sœur ou d’un frère est jeté aux chiens du web. Il gagne chaque fois que nous restons passifs. Mais nous pouvons encore lui fermer les portes. Il est encore temps de revenir à nos valeurs. Encore temps de nous repentir.

Que chacun de nous se demande : si je mourais aujourd’hui, que dirait mon téléphone de moi ? Que dira Allah de mes partages, de mes clics, de mes silences ?

Puisse Allah purifier nos cœurs, nos foyers, et faire de nous des croyants sincères. Amine.

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