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Les secrets de la Zâkât

L’aumône légale (az-zakât) est l’un des piliers de l’Islam.  Allah (azwadial) l’a liée à la prière.  Il a dit :

{ Et accomplissez la Salat et acquittez la zakat. }
[ Sourate 2 – Verset 111 ]

     Pour ce qui des genres de la zakât, de ses chapitres et des raisons de son obligation, ils sont traités en particulier dans des manuels de fiqh.  Contentons-nous ici d’évoquer quelques conditions et règles de bienséances qui s’y rapportent.

     Parmi ses conditions, il y a l’obligation de s’acquitter de ce qui est stipulé et non pas de sa valeur, car celui qui s’autorise à ne s’acquitter uniquement de la valeur ne fait seulement que colmater une brèche.  Or le fait de colmater une brèche ne constitue pas tout le but recherché mais uniquement une partie.  Ceci parce que les obligations de la Loi religieuse sont de 3 sortes :

La première partie – il s’agit d’un culte pur comme le fait de lancer des petits cailloux pendant le pèlerinage.  En effet, le but de la Loi religieuse consiste à éprouver le fidèle par I’oeuvre pour qu’il exprime sa servitude à travers un acte qui n’a pas un sens particulier bien concevable, parce que la nature humaine a tendance à favoriser ce qui a un sens.  Ce qui ne peut exprimer la servitude pure en y recourant, contrairement à ce que nous avons indiqué.

La deuxième partie : il s’agit de l’inverse, à savoir ce qui n’a pas pour but le culte et la dévotion, car ce qui y est visé c’est un droit pur comme le fait de s’acquitter d’une dette envers les humains ou de restituer un bien spolié et ainsi de suite.  Dans ce genre d’acte, on ne considère pas non plus l’intention et l’acte lui-même car le but est atteint et l’interpellation de la Loi cesse pour celui qui en est bénéficiaire.  Ces deux parties sont simples.

Quant à la troisième partie, elle est composée.  C’est qu’à travers l’acte on vise les 2 choses à la fois : éprouver celui qui en a la charge et garantir les droits des serviteurs.  Ainsi cet acte recèle à la fois le culte qui consiste à lancer les cailloux et l’obligation de restituer les droits.  Mais il convient de ne pas oublier ici celui des deux sens qui est le plus subtil, à savoir la dévotion, car ce qui est subtil est probablement plus important.  Or la zakât relève de cette catégorie.  En effet, la part du pauvre est visée par le colmatage d’une brèche et le devoir du culte constitue le but de la Loi religieuse de connaître les détails à ce sujet.

De ce fait la zakât est devenue une obligation comparable à la prière et au pèlerinage.  

Allah (azwadial) est Plus Savant.

Le coeur

Le cheminement spirituel se réalise par le coeur.  Ce dernier est l’élément essentiel et central de l’homme.  Le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) – que la Paix et le Salut soient sur lui – a dit:

« Il est dans le corps un morceau de chair qui, s’il est sain, rend tout le corps sain, mais s’il est corrompu, corrompt tout le corps.  Il s’agit du coeur. »

Allah (azwadial) – Exalté soit-Il –  dit dans un verset :

{ Allah n’a pas placé deux coeurs dans la poitrine de l’Homme [… ] }

[ Sourate 33 – Verset 4 ]

Un mystique commente ainsi ce verset: 

« La Majesté Incomparable qui t’a conféré le bienfait de l’existence n’a placé en toi qu’un seul coeur afin qu’avec lui tu n’aimes qu’Allah (azwadial) Seul, et que tu renonces à tout le reste et que tu ne le consacres qu’à Lui en t’abstenant de diviser ton coeur. »

Pour cheminer vers son Seigneur (azwadial), le coeur doit purifier son but par la sincérité et purifier sa recherche par la véracité de l’effort , car Allah (azwadial), comme l’a dit Son Messager (sallAllahou alayhi wa salam) est pur et n’accepte que ce qui est pur.

D’où l’importance, au début du cheminement surtout, d’extirper du coeur tout amour d’autre que Lui (azwadial).  La pureté de l’intention, à ce moment-là, est une condition sine qua non.

L’âme, toute âme, est aspirante à la connaissance d’Allah (azwadial).  Au plus secret d’elle-même, elle est consciente de cette recherche et de ce désir de retour :

{ Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam et les fit témoigner sur eux mêmes : « Ne suis-je pas votre Seigneur » – Ils répondirent : « Mais si, nous en témoignons » ; afin que vous ne disiez point au Jour de la Résurrection : « Vraiment, nous n’y avons pas fais attention. »} 

[ Sourate 7- Verset 172 ]

L’homme dans sa nature première et originelle est profondément croyant de par ce pacte qu’il a noué avec son Créateur dans le monde invisible des âmes.  Le souvenir de cette rencontre est à jamais gravé dans chaque âme humaine.  C’est ce qu’explicite le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) dans le hadîth suivant:

« Chaque nouveau-né vient au monde avec une nature pure, mais ce sont ses parents qui font de lui un juif, un chrétien ou un zoroastrien. »

Cette « nature pure » (fitra) est une prédisposition innée, chez chaque être humain, à connaître et à attester l’Unicité d’Allah.  Mais, par l’influence néfaste, le coeur peut être dévié de son orientation originelle :

{ Malheur, ce jour-là, aux négateurs, qui démentent le Jour de la Rétribution.  Or, ne le dément que tout transgresseur, pécheur qui, lorsque Nos versets lui sont récités, dit : « (Ce sont) des contes d’anciens! » Pas du tout, mais ce qu’ils ont accompli (comme péchés) couvre leurs coeurs.  En vérité, ce jour-là, un voile les empêchera de voir leur Seigneur. }  

[ Sourate 83 – Versets 10 à 15 ]

 Ainsi les péchés voilent le coeur dans son cheminement du retour. À l’origine, l’âme était encore dans sa nature première pure, elle pouvait recevoir la parole et « percevoir » le Majestueux (azwadial).  La purification du coeur et donc la transparence de l’âme aura pour but ultime de permettre à l’homme de « revenir à cet état », et de retrouver en lui-même la trace de cette rencontre sublime.

 Le mystère de la vie humaine, comme l’a dit un mystique, consiste en cette tension entre le désir du « retour » et l’impossibilité de le faire sans connaissance véritable d’Allah (azwadial).  Comme le dit El Ghazâlî (rahimahullâh) :

« Chaque âme, malgré les différences individuelles, est prédisposée à connaitre la « Réalité » (al-haqq).  C’est pour cela que l’âme se distingue des autres substances du monde, car elle est le lieu de la science des choses divines. »

La seule dimension de l’homme capable de connaitre et ressentir les réalités spirituelles est le coeur, miroir de l’âme. Cette âme fait partie intégrante du monde de l’au-delà et possède les moyens de l’explorer.  Ceci prend origine dans la raison, passe par l’adoration exotérique, par les sens et les membres, et finit par l’adoration ésotérique du coeur.

Si l’âme a été envoyée dans ce bas-monde enveloppée dans sa condition corporelle, c’est pour lui permettre de remplir ce « mandat » (amâna) de retour qui est sa véritable destinée ; ce « mandat » que les cieux, la terre et les montagnes ont refusé de porter :

 { Nous avions proposé le mandat aux cieux, à la terre et aux montagnes.  Ils ont refusé de le porter et en ont eu peur, alors que l’Homme s’en est chargé ; il est très injuste envers lui-même et très ignorant. } 

[ Sourate 33 – Verset 72 ]

« L’homme doit en effet acquérir en ce monde par l’usage de ses sens, et donc, sa raison, une certaine connaissance des oeuvres d’Allah (azwadial) et, par ce truchement, une connaissance d’Allah Lui-même. »

Ainsi, l’itinéraire spirituel présuppose-t-il, tout d’abord, que le coeur soit en perpétuelle purification, car plus le coeur se vide des traces de ce bas-monde, plus son miroir devient transparent, au point qu’il renvoie du profond de l’âme le souvenir de la Présence d’Allah (azwadial).  

En effet, Allah (azwadial) a donné à Son livre le nom de dhikr, qui veut dire le rappel.  Cette dénomination n’a de sens que s’il y a eu déjà une rencontre après laquelle l’oubli s’est installé.

Ainsi, la prière, le jeûne, la zakât, le pèlerinage et d’autres actes surérogatoires tels que l’évocation et le rappel du Nom d’Allah (azwadial) (dhikr), la demande (du’â), la méditation (tafakkur) etc., ainsi que tous les actes relevant des enseignements de l’islam sont des échelles vers la perfection recherchée et la transparence escomptée, et des confluants vers une purification qui mène à la vraie Vie :

{ Ô vous qui croyez!  Répondez à Allah et au Messager lorsqu’Il vous appelle à ce qui vous donne la (vraie) vie, et sachez qu’Allah s’interpose entre l’Homme et son coeur, et que c’est vers Lui que vous serez rassemblés. } 

[ Sourate 8 – verset 24 ]

Ibn ‘Atâllah Iskandarî disait dans ses Sagesses « Comment un coeur peut-il s’illuminer, alors que son miroir est imprégné par les formes illusoires de ce monde.  Ou comment peut-il partir vers Allah (azwadial) alors qu’il est enchainé par ses désirs ou comment peut-il espérer entrer dans la Proximité d’Allah sans se purifier de la souillure de l’oubli et comment espère-t-il comprendre la subtilité des secrets (spirituels) alors qu’il ne s’est pas repenti de ses fautes. »

 { Le jour où ni les biens, ni les enfants ne seront d’aucune utilité,
sauf pour ceux qui iront à Allah avec un coeur pur. }
 [ Sourate 26 – Versets 88 /89 ]

Mais l’outil est rouillé par les péchés et par l’influence extérieure, et ne peut retourner à sa nature première pure pour percevoir la lumière que par une prise de conscience qui le remet sur le chemin du retour.  La noblesse de l’homme, comme le dit Ghazâlî  (rahimahullâh)  , par rapport aux autres créatures, est qu’il est prédisposé à connaitre son Créateur (azwadial), et ceci non pas par un de ses sens ou par sa raison, mais par son coeur.  C’est lui qui oeuvre pour Lui, c’est lui qui chemine vers Lui et c’est lui qui reçoit ce qui advient de Lui (azwadial).  Les sens et les membres ne sont que ses serviteurs :

« Il est dans le corps un morceau de chair qui, s’il est sain, rend tout le corps sain mais s’il est corrompu, tout le corps est corrompu – certes, il s’agit du coeur. »

 { A réussi, certes, celui qui la (l’âme) purifie.  Et est perdu, certes, celui qui la corrompt. }
[ Sourate 91 – Versets 9 – 10 ]

C’est pour cela qu’il faut bien connaître son coeur, car celui qui le connaît, se connaît bien lui-même et celui qui se connaît lui-même connaîtra son Seigneur.  Sinon, Allah (azwadial) s’interpose entre l’homme et son coeur, c’est la perdition:

{ […] Et sachez qu’Allah s’interpose entre l’Homme et son coeur [… ] }

[ Sourate 8 – Verset  24 ]

Quand un coeur se détourne continuellement de son Créateur (azwadial), c’est la mort véritable dont les symptômes consistent à ce que l’on ne réagisse plus aux blessures de la désobéissance et que l’on ne ressente plus l’effet dévastateur de l’ignorance de la vérité et de l’adhésion aux vaines croyances.  Les causes de cette mort sont les séductions (fitna) de ce bas-monde qui assaillent les coeurs et constituent les causes de leurs maladies.  Elles peuvent être résumées dans les désirs de concupiscence (shahawât) et dans le doute (shakk).  Les premiers impliquent la corruption du dessein (al-‘azm) et de la volonté (irâda) à cheminer, les seconds impliquent la corruption de la connaissance et de la croyance.

En effet, le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

« Les séductions assaillent les coeurs une tache noire s’inscrit sur chaque coeur qui se laisse tenter par ces tentations, et une tache blanche s’inscrit sur chaque coeur qui les rejette ; jusqu’à ce que le coeur continuellement séduit devienne noirci et enflé comme une cruche usée qui ne reconnaît aucun bien et ne rejette aucun mal, et que le coeur résistant à la tentation devienne si blanc qu’aucune séduction n’atteindra préjudiciablement tant que les cieux et la terre perdurent. » [ Rapporté par Muslim.]

Ainsi, faut-il purifier le coeur de tout péché intérieur comme la jalousie (al-hasad), la haine (al-hiqd), l’orgueil (al-kibr), l’ostentation (riyâ) et, surtout, l’amour de ce bas-monde (hubbu-d-dunyâ) éphémère et illusoire.  Et pour faciliter cette tâche, il faut d’abord, purifier les membres et les sens des péchés extérieurs qui laissent un impact néfaste sur le coeur.

Selon Ibn al-Mubârak « Les péchés tuent les coeurs, les mauvaises accoutumances n’engendrent qu’humiliation (le Jour de Jugement), l’abandon des péchés est la vie des coeurs et le bien pour toi est de désobéir à ton ego (nafs). »

Ka’b al-Ahbâr a dit: «

Je suis entré chez  Aisha  (Radhiallahu anha)– Qu’Allah soit satisfait d’elle – et j’ai dit :

« les yeux de l’homme sont son guide; ses oreilles, des indicateurs ; sa langue est un interprète ; ses mains sont des ailes ; ses jambes sont un facteur (qui le transporte) et son coeur est le roi.  Si le roi est juste, ses soldats le sont aussi »

Aïsha (Radhiallahu anha) a reprit : « C’est exactement comme cela que j’ai entendu parler le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) »

     Si le coeur se soumet à l’ego, le Diable (shaytân) lui embellit les désirs et les plaisirs et lui présente les séductions de ce bas-monde jusqu’à ce que l’ego ordonne aux soldats d’assouvir ses penchants.  Mais si le coeur a la crainte d’Allah (azwadial), il se rappelle que son but sur terre est ce mandat de retour, il commence à rechercher la connaissance en se débarrassant de tout ce qui peut perturber la transparence de l’âme.

 C’est le sens du hadîth qui dit:

« Si les Diables ne voilaient pas (par les tentations égarantes) les coeurs des enfants d’Adam, ces derniers auraient vu le Royaume des cieux. » [ Rapporté par Ahmad.]

Dans ce combat, rien ne vaut l’aide et la grâce d’Allah (azwadial).  C’est Lui Seul qui a créé les coeurs et Lui Seul sait comment les préserver de leurs ennemis.  Donc, attache-toi à Lui et implore Son aide et Sa Miséricorde, et ne sois pas tel que celui qui cherche à ce que le Roi lui fasse grâce et le rapproche alors qu’il fait tout pour qu’il le refuse et l’éloigne :

{ Nous n’avons envoyé, avant toi, ni messager ni prophète qui n’ait récité (ce qui lui a été révélé) sans que le Diable n’ait essayé d’intervenir (pour semer le doute dans le coeur des gens au sujet) de Sa récitation.  Allah abroge ce que le Diable suggère et Allah renforce Ses versets.  Allah est Omniscient et Sage.  Afin de faire de ce qu’insuffle le Diable une tentation pour ceux qui ont une maladie au coeur et ceux qui ont le coeur dur.  Les injustes sont certes dans un schisme profond.  Et afin que ceux à qui le savoir a été donné sachent que (le Coran) est, en effet, la Vérité venant de ton Seigneur, qu’ils y croient alors, et que leurs coeurs s’y soumettent en toute humilité.  Allah guide, certes, vers le droit chemin ceux qui croient. } [ Sourate 22 – Versets 52 à 54 ]

Dans ce verset, Allah (azwadial)– Exalté soit-Il –  décrit 3 sortes de coeurs :

Un coeur malade (qalb marîdh) : c’est un coeur alimenté tantôt par la foi et tantôt par la concupiscence.

 Un coeur dur (qalb qâsî) : c’est un coeur mort spirituellement.  Dans cette catégorie, on peut discerner: le coeur de l’hypocrite (munâfiq).  C’est un coeur qui sait mais refuse la vérité.  Dans le Coran, Allah (azwadial) nous dit:

{ Qu’avez-vous à vous diviser en deux factions au sujet des hypocrites, alors qu’Allah les a refoulés (dans leur infidélité) pour ce qu’ils ont acquis (en actes) ? Voulez-vous guider ceux qu’Allah a égarés ?  Et quiconqu’Allah égare, tu ne lui trouveras pas de chemin (pour le ramener). }
 [ Sourate 4 – Verset 88 ]

Dans cette catégorie, il y a aussi le coeur du mécréant qui ne croit pas ; c’est un coeur voilé et couvert qu’Allah (azwadial) détourne de Sa parole:

{ Et quand tu lis le Coran, Nous plaçons entre toi et ceux qui ne croient pas en l’au-delà, un voile invisible.  Nous avons mis des voiles sur leurs coeurs, de sorte qu’ils ne le comprennent pas, et dans leurs oreilles une lourdeur.  Et quand, dans le Coran, tu évoques ton Seigneur l’Unique, ils tournent le dos par répulsion. } 

[Sourate 17 – Versets 45 /46 ]

Et enfin,

Un coeur soumis à la parole d’Allah en toute humilité (qalb mukhbit) – c’est un coeur vivant.  Il est le seul à avoir la garantie d’être guidé vers le droit chemin.

Le monde des Djinns

Ce qui est invisible n’est pas forcément inexistant

        Le fait que l’on puisse pas voir les djinns n’implique pas qu’ils n’existent pas pour autant. Tel est l’avis des matérialistes de notre époque et de ceux qui ont suivi leurs traces. En effet, combien existe-t-il de choses que nos yeux ne voient pas mais dont  les effets sont perceptibles ? Certes, les exemples sont aussi nombreux que variés. On peut citer, l’air, le courant électrique et se limiter à cela.

De plus, demandez à ces insensés qui prétendent qu’ils ne croient que ce qu’ils voient, pourquoi leur arrive-t-il parfois de voir des choses qui n’existent pas, telles que les mirages ou les hallucinations nées de l’imagination ?

De quoi sont créés les djinns ?

        Les versets du Coran et les hadiths montrent sans équivoque que les djinns ont été créés de feu.

Allah  (azwadial) dit :

 « Et Il a crée les djinns de la flamme d’un feu sans fumée » 

(Sourate 55 verset 15).

     Selon Ibn Abbas (Radhiallahu anhu), l’expression « sans fumée » signifie «de l’extrémité de la flamme ». D’autres savants pensent que cette expression signifie qu’il s’agit du plus pur et du meilleur des feux. Dieu est le plus savant ! Ce qui nous importe c’est de savoir tout simplement que les djinns ont été créés de feu et qu’ils ont donc une constitution tout à fait différente de la nôtre.

Il dit aussi : « et quant au djinn, Nous l’avions crée auparavant d’un feu d’une chaleur ardente »

 (Sourate 15 verset 27)

 Ce verset nous apporte une information complémentaire ; il nous indique en effet que les djinns ont été créés avant l’homme.  

   Allah  (azwadial) dit aussi par la bouche d’Iblis (Que la malédiction soit sur lui !) :

« Tu m’as créé de feu alors que Tu l’as créé d’argile » 

(Sourate 7 verset 12).

     Certains argueront comment pouvez-vous prendre les paroles d’Iblis comme une preuve alors qu’il se peut qu’il mente ? Nous répondrons que la preuve ne se trouve pas dans la parole d’Iblis en elle-même mais dans le fait que cette parole a été rapportée par Allah Lui-même et il ne sied pas à Allah de rapporter des propos mensongers.

      Pour ce qui est de la Sunna, on peut citer le hadith du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)   rapporté par Muslim et Ahmad :  « Les anges sont créés de lumière, les djinns d’un feu sans fumée et Adam comme on vous l’a décrit »

Les demeures des djinn

 Les djinns  préfèrent les endroits non habités par les hommes tels que les déserts et les terrains vagues.

C’est pour cela que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)  sortait dans le désert pour leur rappeler Allah (azwadial), leur lire le Coran et leur enseigner leur religion. Ce fait est transmis par Ibn Abbas et Ibn Mass’oud (Radhiallahu anhu) dans le Sahih Muslim.

     Ainsi, certains parmi eux vivent dans les endroits sales (poubelles..), et d’autres vivent parmi les hommes. Les djinns vivent dans ces lieux sales afin de manger les restes de nourritures jetés par les hommes. Aussi, certains djinns vivent dans les cimetières et les ruines.

On les trouve aussi dans les toilettes et dans les salles de bain, c’est pour cela que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)  recherchait la protection d’Allah contre les démons mâles et les démons femelles lorsqu’il pénétrait dans les lieux d’aisance.

Les djinns mangent-ils et boivent-ils ?

        Les savants se sont divisés en trois groupes au sujet de savoir si les djinns mangent et boivent. Certains d’entre eux prétendent que les djinns ne mangent ni ne boivent et ceci est un propos nul et sans fondement. Un second groupe pense que certains djinns mangent et boivent et que d’autres ne mangent ni ne boivent. Tandis que le dernier groupe prétend que tous les djinns mangent et boivent.

     Al Bukhari rapporte un hadith dans lequel il est mentionné que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)  demanda  à Abu Hurayra (Radhiallahu anhu) de lui apporter des pierres avec lesquelles il puisse se nettoyer. Il dit : « N’apporte pas d’os ni d’excréments »

Plus tard, Abu Hurayra (Radhiallahu anhu) lui demanda la raison de cette interdiction. Il (sallAllahou alayhi wa salam) dit :

« Ils font partie de la nourriture des djinns. Une délégation des djinns Nasibi, qui sont les meilleurs parmi les djinns, est venue me demander des vivres pour un voyage. J’ai alors invoqué Allah en leur faveur afin qu’ils ne passent pas à proximité d’un os ou d’un excrément sans pouvoir en tirer quelque nourriture »  

Les djinns peuvent-ils changer de forme et d’apparence ?

        Les djinns ont la capacité de prendre des formes et de changer d’apparence. Selon Ibn Taymiya (rahimahullâh), ils peuvent prendre une forme humaine ou animale telle qu’une vache, un scorpion, un serpent, un oiseau. Il dit aussi que le chien noir est le diable des chiens et les djinns apparaissent souvent sous cette forme. Ils peuvent aussi apparaître sous forme d’un chat noir car en fait le noir ajoute à la force néfaste des diables.

     Il est rapporté aussi qu’Iblis prit l’apparence d’un vieil homme du Nadj lorsque les mécréants de Qoraysh s’étaient réunis à Dar An-Nadwa  (assemblée des notables de La Mecque) afin de discuter sur le sort qu’il fallait réserver à Muhammad (sallAllahou alayhi wa salam) . Iblis  – que la malédiction soit sur lui – leur avait suggéré de le tuer.

     Il faut préciser que lorsqu’un djinn prend une forme humaine ou animale alors il obéit aux lois physiques de cette forme ; à savoir, qu’il sera possible de le voir ou de le  tuer d’un coup de feu ou de le blesser d’un coup de couteau. C’est pour cela que les djinns ne restent que peu de temps sous une telle forme car ils deviennent alors vulnérables. En fait, ils profitent de leur invisibilité pour effrayer les gens.

Existe-t-il des mâles et des femelles parmi les djinns ?

        Lorsque le Prophète(sallAllahou alayhi wa salam)  entrait dans les lieux d’aisance, il récitait l’invocation suivante : « Ô Seigneur, je demande protection auprès de Toi contre les démons mâles et les démons femelles. » ( Allahouma ini a’oudoubika minal khoubthi wal khoubeyth ) (transmis par Anas et rapporté par Bukhari et Muslim.)

Ceci montre clairement qu’il existe des mâles et des femelles parmi les djinns.

Est-ce que les djinns ont des rapports sexuels et une progéniture ?

  Allah (azwadial) dit :  « qu’avant eux aucun homme ou djinn n’a déflorées » 

(Sourate 55 verset 74).

 Il dit aussi :  « Et lorsque Nous dîmes aux Anges : « Prosternez-vous devant Adam », ils se prosternèrent, excepté Iblis qui était du nombre des djinns et qui se révolta contre le commandement de son seigneur. Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour alliés en dehors de Moi, alors qu’ils vous sont ennemis ? » 

(Sourate 18 verset 50)

        Le premier verset montre que les djinns ont la capacité de déflorer donc d’avoir des rapports sexuels. Le second montre que les djinns ont une descendance issue de ces rapports sexuels d’une part et d’autre part il prouve clairement qu’Iblis est un djinn et non un ange comme certains le prétendent.

Est-ce que les djinns sont responsables de leurs actes ?

        Tout comme les humains, les djinns sont responsables de leurs actes. En effet, Allah (azwadial)  leur demandera le jour du Jugement dernier :  « Ô communauté des djinns et des humains, ne vous est-il pas venu des messagers, choisis parmi vous, qui vous ont raconté Mes Signes et averti de la rencontre de ce jour ? »  (Sourate 6 verset 130).

        Selon l’Imam Ibn Taymiya (rahimahullâh), les djinns observent des obligations en relation avec leur nature spécifique. Etant différents des êtres humains, leurs devoirs sont forcément différents aussi.

La foi et la religion des djinns

     Les djinns sont sur ce point comme les êtres humains. Ils peuvent être chrétiens, juifs, mécréants ou musulmans.

     Les musulmans parmi eux sont tout comme les musulmans parmi les hommes ; certains sont pieux, d’autres sont des pervers, d’autres encore suivent la Sunna du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)  tandis que d’autres commettent des innovations interdites. Et Allah montre que des djinns parmi eux ont dit : « Il y a parmi nous des vertueux et d’autres qui le sont moins ; nous étions divisés en différentes sectes. » (Sourate 72 verset 11)

     Ibn Abbas dit que la fin du verset « nous étions divisés en différentes sectes. » signifie « Il y a parmi nous des croyants et parmi nous des mécréants ».

Est-ce que les djinns croyants entreront au paradis ?

     Les savants sont unanimes sur l’entrée en enfer des djinns mécréants .

        L’Imam Ibn Taymiya dit que l’unanimité des savants sont d’avis que les djinns mécréants seront punis par le feu de l’enfer et l’avis le plus prépondérant sur le sort des djinns croyants est qu’ils iront au paradis.

        L’Imam Ibn Kathir dit à ce sujet que la vérité consiste à dire que les djinns croyants tout comme les hommes croyants iront au paradis. Il dit que les savants qui sont de cet avis s’appuient sur le verset suivant relatif aux houris du paradis: « qu’avant eux aucun homme ou djinn n’a déflorées » (Sourate 55 verset 74).

Les djinns ont peur des êtres humains

       L’Imam Ibn Kathir rapporte dans son Tafsir que les arabes avaient l’habitude, quand ils voulaient camper dans un lieu, de demander la protection du chef des djinns qui s’y trouvaient de peur de leur nuisance.  

     En constatant cela, les djinns accablaient les hommes par la peur, la folie et la détresse de sorte que ces derniers redoutaient la puissance des djinns à tout moment et en tout lieu.

     Ikrima a expliqué ce fait et dit : « Les djinns et les hommes se redoutaient mutuellement mais les djinns éprouvaient une crainte plus intense que les hommes. Quand les hommes descendaient dans une vallée, les djinns prenaient la fuite.  Le chef des humains disait : « Nous demandons la protection du maître de cette vallée » Les djinns se disaient alors : « Puisqu’ils nous craignent, approchons nous d’eux et accablons-les par la folie et la peur. »

Tel est le sens des dires d’Allah (azwadial) :  « Or, il y avait parmi les humains, des mâles qui cherchaient protection auprès des mâles parmi les djinns mais cela ne fit qu’augmenter leur détresse. » (Sourate 72 verset 6)

        Il ressort de ce récit que les djinns sont des êtres peureux  par nature mais qu’ils peuvent ressentir les sentiments de l’humain tels que la colère, la tristesse, la peur ou la quiétude. En fait, les djinns profitent de ces états de l’homme pour le mettre en déroute et susciter l’effroi dans son coeur. Ils sont comme ces chiens qui sitôt qu’ils ont compris que vous aviez peur vous mordent.

Le droit de l’enfant

1 – L’enfant et les temps de l’ignorance ou jahiliya

 Dans l’Arabie antéislamique, l’usage était, pour bon nombre de polythéistes,d’enterrer vivants, au nom de leurs dieux, leurs nouveau-nés, principalement les enfants illégitimes et les filles, qui constituaient pour eux un déshonneur. Ainsi, l’infanticide était une pratique courante.

{ Ainsi les dieux de nombreux polythéistes leur ont fait croire qu’il était bon de tuer leurs enfants.
C’était dans le but de les faire périr eux-mêmes et de couvrir leur religion d’obscurité.
Ils ne l’auraient pas fait, si Allah l’avait voulu. Laisse-les Ô  Mohamed à ce qu’ils ont inventé }
[ Sourate 6 – Verset 137 ]

Voici un autre verset coranique démontrant le mépris qu’avaient les Arabes païens pour leurs filles :

{ (…) Lorsquon annonce à l’un d’eux la naissance d’une fille, son visage s’assombrit, il suffoque, il se tient à l’écart, loin des gens, à cause du malheur qui lui a été annoncé. Va-t-il conserver cette enfant, malgré sa honte, ou bien l’enfouira-t-il dans la poussière ? Leur jugement n’est t-il pas détestable.} 

[ Sourate 16 – Versets  57 à  59 ]

2 – Le statut de l’enfant revalorisé dans les textes

a –  Condamnation de l’avortement et de l’infanticide

Le Coran condamne fortement la pratique de l’infanticide, quant aux enfants illégitimes, ils ne peuvent être reconnus, mais étant présumés juridiquement libres, ils sont recueillis par la communauté musulmane, qui les adoptera.

Voici comment se prononce le Coran quant à l’interdiction de tuer les enfants : 

{ Accablés par l’indigence, ne tuez pont vos enfants. Nous vous donnerons de la nourriture pour vous et pour eux. } 

[ Sourate 6 – Verset 151 ]

{ Ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté ; Nous leur accorderons leur subsistance avec la vôtre. Leur meurtre serait une énorme faute. } 

[ Sourate 17 – Verset 31 ]

Le sens de « tuer » est à  prendre au sens large ; il vaut aussi bien pour le meurtre d’un enfant déjà né, que pour un foetus.  En effet, l’islam, considère quele fœtus est un être qui vit, car il a été insufflé du souffle divin, appelé communément l’âme, et seul Allah (azwadial) peut disposer des âmes.

Dans les cinq piliers de l’islam, cheikh Sadek Mohammed Charef  nous livre l’explication suivante : « Ni le père ni la mère n’ont le droit d’attenter à la vie du fœtus, c’est pour cela que l’avortement provoqué est interdit en islam, excepté dans les cas de nécessité impérieuse, lorsqu’il est prouvé par exemple que la vie de la mère et en réel danger si l’on ne met pas fin à  la grossesse. Le même auteur cite ce hadith ou tradition prophétique :

On demanda au Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) quel était le plus grand des péchés. Il répondit :  

« C’est que tu donnes à Allah un associé égal à Lui, alors que c’est Lui Qui t’a crée !  » On lui demanda : « Et quoi encore ? «  Et il dit :« Que tu tues ton enfant de peur qu’il ne partages avec toi ta nourriture et que tu commettes l’adultère avec l’épouse de ton voisin ! » [Rapporté par Bukhari et Moslem ]

b –  Accueil du nouveau-né

D’après la pensée islamique, les enfants, qu’ils soient filles ou garçons, sont considérés comme des richesses, « des éléments de bonheur de ce bas-monde ». Et pour preuve, le Coran allie très souvent le terme d’enfants à celui de richesses ou  bien il assimile les enfants à « des choses excellentes » :

{ Allah vous a donné des épouses nées parmi vous, de vos épouses, Il vous a donné des enfants et des petits-enfants ; Il vous a accordé des choses excellentes… } 

[ Sourate 16 – Verset 72 ]

Les enfants sont donc « des signes de bonne nouvelle et de biens ; C’est un don d’Allah (azwadial), et cela fait partie de l’islam que de se réjouir à la naissance d’un enfant, de féliciter les parent et de fêter l’événement  ». [ cité par Hassan Amdouni ]

Certaines règles de bienséance après la naissance d’un nouveau né ont été établies principalement par la tradition prophétique :

a – Il est souhaitable de prier pour l’enfant et de lui mettre des dattes à la bouche.

Selon Abou Moussa (Radhiallahu anhu) :« J’ai eu un enfant, et je l’ai amené au Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) qui lui a donné le nom d’Ibrahim, lui a mis des dattes et a prié pour lui et me l’a redonné. » [Rapporté par Al-Boukhâri et Muslim ]

Le terme ‘tahnikh’ signifie : mettre quelque chose délicieuse, datte ou miel, dans la bouche de l’enfant, le premier jour de sa naissance.

b) Il est permis dedonner un nom à l’enfant au premier ou au septième jour de sa naissance. On a rapporté d’après Anas ibn Malick  (Radhiallahu anhu) que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit : «J’ai eu un enfant et je lui ai donné le nom de mon père.»[ Rapporté par Muslim,3126 ]

Aïcha – Qu’Allah soit satisfait d’elle – a dit :  « Le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a baptisé Hassan et al Houseyn au septième jour (de leur naissance) et il leur a donné un nom.» [ Rapporté par Ibn Hibbane, Al-Hakim, et authentifié par Ibn Hadjar dans Fateh al-Bârri 589/9 ]

Le baptême et la circoncision :Selon Souleymane ibn Amir (Radhiallahu anhu) le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :« L’enfant a droit au baptême ; faites couler du sang et enlevez-lui les impuretés. »[ Rapporté par At-Tirmidhi ]

Selon Sumrata Ibn Dioundoub : le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit que :« Tout enfant est un gage avant son baptême, on immole pour lui au septième jour, on lui donne un nom et lui rase la tête.» [ Rapporté par At-Tirmidhi,  Abou Daoud et  Nasai ]

 Quant à la circoncision, elle fait partie de la Sunna.

Selon Abou Houraya (Radhiallahu anhu) :   « Cinq actes font partie de la religion : circoncir, faire le deuil, épiler l’aisselle, tailler les ongles et couper les moustaches.» [ Rapporté par Al Boukhâri et Muslim ]

Les ulémas ont mentionné parmi les pratiques recommandées par la Sunna dans le cadre du baptême du nouveau-né la prononciation de l’appel à la prière sur à son oreille droite pour que le nom de l’unicité d’Allahsoit le premier qu’il entend dans ce bas monde. Cela a un effet immense. Quant à la prononciation de l’annonce du début de la prière sur son oreille gauche, cela n’est pas confirmé. [ Voir As Silsilatou Ad-dayifa 1/491 ]

Il faut raser les cheveux de sa tête et enduir la tête du parfum ‘’Safaran’’ car il y’a dans cela beaucoup d’intérêts. Ensuite, on donne en aumône le poids en or ou en argent de ses cheveux. Il n’est pas exigé de peser les cheveux. Quand cela est difficile, on se contente seulement de sortir une pièce de monnaie de même valeur que le poids estimé en or ou en argent de ses cheveux. On donne en aumône cette valeur pour le bien de l’enfant.

c –  Recommandation en faveur des orphelins

C’est parce qu’ils sont démunis, car privés d’affection et de protection matérielle, et émotionnellement plus sensibles que les enfants entourés de la bienveillance parentale, que les orphelins ont suscité une attention particulière en islam.

Le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)  lui-même orphelin, et Allah (azwadial) à travers le Coran, ont fait plusieurs recommandations en faveur des déshérités d’une manière générale, et des orphelins, en particulier.

C’est ainsi que nous lisons dans la sourate La Vache (qui est une sourate à caractère législatif) au verset  215 :

{ Ils t’interrogent au sujet de ce que vous devez dépenser : Dis : « ce que vous dépensez sera pour vos père, mère, vos proches, pour les orphelins, les pauvres et pour le voyageur – Allah connaît ce que vous faîtes de bien }

A côté des recommandations, le Coran exposedes interdictions formelles imposées aux croyants quant à la relation à avoir avec l’enfant ayant perdu ses deux parentsou l’un des deux. Dans la morale du Coran Interdiction :

De toucher aux biens des orphelins, sauf de la manière la plus honnête (en vue de les mettre en valeur)  [ Sourate 4 – Verset 6], [ Sourate 6 – Verset 152 ]


De repousser l’orphelin [ Sourate 107 – Verset 2 ]


De lui faire quelque violence [ Sourate 93 – Verset 9 ]


De le traiter dédaigneusement [ Sourate 89 – Verset 17 ]

Le texte coranique insiste particulièrement sur la première interdiction, celle de protéger les biens des orphelins, considérés comme des biens sacrés que nul ne peut s’octroyer, même pas le tuteur de l’enfant. Dans la sourate 4, versets 2 et 6, nous lisons :

{ Rendez leurs biens aux orphelins (devenus majeurs). Ne prenez pas l’illicite en échange du licite (en substituant ce que les orphelins possèdent de bon à ce que vous posséder de mauvais) Ne substituez pas leurs biens en les confondant aux vôtres. C’est un crime énorme (…) Gardez-vous de les consumer par prodigalité ou en vous hâtant de les en priver avant qu’ils ne deviennent majeurs. }

Sous l’angle de la législation musulmane, il serait intéressant de soulever le problème du statut de l’enfant par rapport à son tuteur, quel est-il,l’enfant est-il considéré comme son fils adoptif, a-t-il les mêmes droits que ses enfants légitimes ?

En fait, les réponses apportées à ces questions sont doublement négatives, pour la simple raison quel’islam, non seulement ne reconnaît en aucun cas l’adoption filiale, mais il l’interdit catégoriquement, mettant ainsi fin à une pratique préislamique qui consistait à se choisir un enfant et à l’insérer à part entière au sein de sa famille. « Ceci est un acte contre nature » affirme Cheikh Sadek, car il « autorise une personne étrangère à la famille de bénéficier et de jouir illégalement de tous les droits d’un enfant légitime. »

De plus, cet enfant « va considérer à tort que les personnes de son entourage constituent sa véritable famille et, de ce fait, il va tout naturellement s’interdire d’épouser une prétendue sœur ou prétendu frère (selon le cas), alors que ces personnes lui sont en réalité étrangères et qu’il est tout à fait en droit de les épouser. Sous cette optique, « l’enfant adoptif va pouvoir hériter illégalement de ses faux parents et, par-là, il va peut être priver indûment les vrais ayant droit d’une part légitime de leur héritage. » Voici ce que disent les textes saints :

{ Il n’a point fait de vos enfants adoptifs vos propres enfants. Ce sont des propos que sortent de vos bouches ! Mais Allah dit la vérité. Et c’est Lui qui met (l’homme) dans la bonne direction. Appelez les du nom de leur père, c’est plus équitable devant Allah. Mais si vous ne connaissez pas leur père, alors considérez-les comme vos frères en religion ou vos alliés. } 

[ Sourate 33 – Versets 4-5 ]

Si la formule de l’adoption, par reconnaissance filiale, est interdite, le musulman, peut très bien prendre à sa charge un orphelin ou en enfant naturel, afin de l’élever, mais tout en lui faisant savoir son histoire, à savoir qu’il est le fils d’un autre. D’ailleurs, l’islam encourage et recommande cette dernière formule, et autorise de « faire des dons en espèce ou en nature à  l’enfant adoptif en lui léguant par testament une partie de l’héritage, sans toutefois en dépasser le tiers. »

Voici ce que dit le prophète Mohamed (sallAllahou alayhi wa salam) à l’égard des orphelins, et de ceux qui en prennent soin :

Selon Abou Houreyra (Radhiallahu anhu) le Messager d’Allah (sallAllahou alayhi wa salam) a dit : « Celui qui entretient l’orphelin (qu’il soit ou non de sa famille) sommes, lui et moi dans le Paradis comme ces doigts. » Le narrateur (Malek Ibn Anas (Radhiallahu anhu) ) montra ses deux doigts (l’index et le majeur, c’est à dire côte à côte.) [ Rapporté par Muslim ]

d) Recommandation en faveur des filles

     L’éducation des filles a longtemps été laissée pour compte dans la société arabo-islamique, même de nos jours, car l’enfant-fille est porteuse de préjugés largement répandus ; Elle est le reflet de l’honneur de la famille, d’où la sévérité de son éducation, plus fondée sur la tradition sociale, donc teintée de superstition, de crainte et de soumission aveugle, et bien sûr, de mauvais traitements qu’elle subit de la part de ses aînés ou éducateurs. N’oublions pas qu’elle fut jadis sujette à des ensevelissement lorsqu’elle venait au monde(pratique qui était courante dans la péninsule arabique avant l’avènement de l’islam.)

Nefissa Zerdouni introduit son chapitre sur l’éducation des filles en milieu traditionnel algérien ainsi : « Accueillie sans enthousiasme, même par la maman qui a peut être souhaité que son premier bébé soit féminin mais qui sait bien que l’entourage est consterné,la fille aura une enfance très différente du garçon (…) Sa personnalité est systématiquement étouffée, c’est à dire qu’elle est dans l’impossibilité de se révéler et de s’épanouir. Toute notion d’initiative, de devoir et de responsabilité sera plus tard amoindrie dans le comportement féminin »

Dans les textes saints, et nous l’avons vu plus haut, la condamnation de l’infanticide (ensevelissement des filles) est très forte. Donc,les recommandations en faveur d’une bonne éducation des filles sont nombreuses et insistantes ; l’équité, la démonstration affective, la justice, le respectsont les mot-clefs qui doivent régir la relation entre l’enfant-fille et ses éducateurs. Dans son énumération des concepts de justice sociale, voici ce que dit Cheikh Al Munajid :

« L’islam a prescrit aussi la justice envers les enfants. Dans le hadith, on lit « Craignez Allah et soyez justes envers vos enfants » [ Rapporté par El Boukhari ]

L’auteur  approfondit un peu plus le sujet en exposant l’analyse d’un juriste :« il n’est pas permis à un individu de faire une donation ou une aumône (qu’elle soient d’ordre affectif ou matériel) à l’un de ses enfants, à moins d’en faire autant à chacun d’eux, ni de favoriser un garçon sur une fille, et vice versa, sous peine de nullité. » Voici pour ce qui concerne le hadith :Anas (Radhiallahu anhu) a rapporté qu’un jour « un homme était assis en compagnie du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) lorsque son fils vint auprès de lui : il l’embrassa et le fit asseoir sur ses genoux. Vînt ensuite sa fille, il la prit et l’assit à côté de lui.  Alors le Messager d’Allah lui dit : « Tu n’as vraiment pas été équitable. » Le traducteur note que « non seulement il n’a pas embrassé sa fille comme il avait embrassé son fils, mais encore, il ne l’a pas prise sur ses genoux : il lui a donc montré moins de tendresse. »

Une autre tradition prophétique est rapporté par El Boukhari (Radhiallahu anhu) : Aïcha (Radhiallahu anha) a raconté ceci :

« Une femme vint à moi, accompagnée de ses deux filles, me demander l’aumône. Je ne trouvai rien auprès de moi, sauf une unique datte que je lui donnai. Et elle de la partager en deux entre ses filles.  Puis elle se leva et partit. Le Prophète(sallAllahou alayhi wa salam) entra alors et je lui racontai la chose. Il dit : « Pour celui qui a été affligé en quelque manière du fait de ses filles et qui a été bon avec elles, celles-ci seront une protection contre le feu» (sous-entendu de l’enfer)

Bien sûr, il ne faut pas lire ce texte au premier degré, car je pense qu’il y a une symbolique derrière ce récit ; L’objet du partage n’est pas important en soi, seul le partage équitable envers ses propres filles est à considérer, ainsi que la privation de la mère,qui a préféré nourrir ses filles, en premier lieu, malgré sa propre faim.

Enfin, un autre hadith complète ce dernier :

« Celui qui élève deux filles jusqu’à ce qu’elles atteignent leur pleine maturité, viendra au Jour du Jugement, sur le même pied d’égalité que moi » .

C’est à dire qu’il les aura nourries, vêtis, instruites.

     Concernant ce récit, Hassan Amdouni apporte une explication à propos du statut de la fille en islam : « En droit musulman, une fille arrive à sa maturité lorsque, étant en âge de se marier, elle contracte effectivement  mariage et passe ainsi de la responsabilité de son père à la responsabilité de son mari. En effet, l’islam impose au père (ou tuteur)de prendre en charge l’entretien des enfants, et plus spécialement des filles. » Il est vrai qu’une fille ou une femme ne doit jamais être contrainte à subvenir à ses besoins (elle peut disposer d’une fortune personnelle sans toutefois y avoir recours), son père ou son mari a le devoir de veiller à ce qu’il ne manque de rien. Amdouni ajoute à ce propos « qu’en islam, on ne conçoit pas qu’il y ait une limite d’âge au-delà de laquelle une fille n’aurait plus droit à l’entretien, ainsi qu’à l’aide et à la protection morale qui lui sont corrélatives. » Et cela n’enlève rien au fait qu’une fille pubère non mariée ou même une femme mariée est considérée comme une personne civilement responsable, et « le fait qu’on pourvoie à son entretien ne diminue en rien son statut personnel et ne la prive pas de son droit à disposer d’elle-même. »

Voici un hadith qui relate la relation qu’entretenait le Prophète Mohamed (sallAllahou alayhi wa salam) avec sa propre fille Fatima  – Qu’Allah soit satisfait d’elle – : La mère des croyants, Aïcha  (Radhiallahu anha) – Qu’Allah soit satisfait d’elle – (épouse du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) ) a dit :

« Je n’ai jamais vu une personne qui ressemblât autant au Messager d’Allah, tant pour la façon d’être que pour la guidance ou pour la dignité, que fatima : lorsqu’elle entrait chez lui, il se levait pour aller à  sa rencontre, il la prenait par la main, l’embrassait et la faisait asseoir à sa place ; Et lorsqu’il entrait chez elle, elle se levait, le prenait par la main, l’embrassait et le faisait asseoir à sa place ! »

Les compagnons du prophète

Chaque Envoyé de Dieu a eu son cercle de disciples qui l’a soutenu et affermi dans sa mission en ce bas-monde.  Ces croyants de la première heure sont ceux aussi qui ont eu le mérite de garder et de préserver les enseignements transmis par les prophètes de Dieu aux générations futures.  Si le judaïsme a eu ses « juges » et si le christianisme a eu ses « apôtres », l’islam a eu ses « compagnons »  As-Sahâba , les proches disciples du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) qui l’ont soutenu dans son apostolat et qui ont propagé, après sa mort, son message.
 

 C’est grâce à eux que les enseignements de l’islam nous sont parvenus intacts.  Par leur dévouement et leur fidélité à la voie du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) ils ont pu nous transmettre les dires et les actes de ce qui constitue aujourd’hui, la Sunna de l’Envoyé de Dieu, deuxième fondement de l’islam après le Coran.

 N’est-ce pas grâce à eux que le Saint Coran fut conservé et protégé des altérations que connurent les précédentes Écritures saintes ?  N’est-ce pas grâce à eux que le Message du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) se propagea aux quatre coins du monde et supplanta les autres croyances tombées en désuétude ?  Le Saint Coran les a décrit ainsi :

« Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certain d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore; et ils n’ont varié aucunement dans leur engagement »


[ Sourate 33 – verset 23 ]

   Riches ou pauvres, libres ou esclaves, le seul dénominateur commun qui les liait était la foi en Dieu et la fidélité au Message du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) c’était leur raison de vivre et leur idéal pour lequel ils ont tout donné, y compris leur vie.

    À ce titre, le professeur Khâlid Muhammad Khâlid s’interroge « Qui a incité les nobles du peuple du Prophète à accourir pour embrasser ses paroles et sa religion : Abû Bakr, Talha, Az-Zubayr, ‘Uthmân ibn ‘Affân, ‘Abd Ar-Rahmân ibn ‘Awf et Sa’d ibn Abî Waqqâs (Radhiallahu anhu). Ils quittèrent tout ce qu’ils avaient comme gloire et faste pour la voie de l’épreuve ? »

En effet, qu’est-ce qui a poussé les faibles de son peuple à accourir pour être sous son étendard et le suivre, lui qui était sans armes et sans argent.  Il n’était pas à l’abri de la méchanceté et de la haine de ses proches, de son clan, de son peuple.  Ces premiers temps de l’islam où l’épreuve était grande pouvaient repousser les premiers convertis, mais la force du message les a attirés.  Seul Dieu (azwadial) savait à ce moment-là, les répercussions de la Révélation.  Par conséquent, il est du devoir de chaque croyant et de chaque croyante de connaître la vie et l’oeuvre prodigieuse des compagnons pour imprégner sa vie de leur exemple. 

 Ces femmes et hommes qui méritent notre respect et notre admiration expriment bien la force de ce message et la grandeur de notre Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) qui leur a enseigné l’islam et les a aimés.  Cette fraternisation, cet amour qui les unissait ne pouvait être que le fruit d’un message divin.  Leurs épreuves et leur dévouement sont à la mesure du sentiment du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) :

« Ne dites pas du mal de mes compagnons, car je jure, par Dieu, que même si l’un d’entre vous donne en aumône l’équivalent de la montagne de Uhud, il n’égalerait pas les mérites d’un seul de mes compagnons. »  


[ Rapporté par Boukhari et Mouslim ]

La générosité du prophète

La générosité du prophète (sallAllahou alayhi wa salam) était l’exemple à citer. Il répondait  en  effet, à la demande de tout mendiant.

Un jour un homme lui demanda de lui faire don de l’habit qu’il  portait. Pour ne pas le décevoir, il entra dans sa maison, enleva l’habit et sortit pour le lui donner.

Dans les sahih,  Boukhari et Mouslim  rapportent que Anas bin Malek (Radhiallahu anhu)  a dit :

« Le prophète, n’a jamais refusé de donner une aumône à celui qui la lui demande. Un homme lui avait demandé une aumône,   et il lui avait accordé des moutons qui se trouvaient entre deux monts. L’homme accourut chez son peuple et leur dit : « O gens, embrassez l’Islam car Mouhamed est un homme généreux qui fait des dons tel un homme qui ne craint pas la pauvreté »

Lorsqu’un homme se présentait après du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) et lui demandait une des choses de la vie,   il sortait de chez lui transformé : sa religion devenait plus aimée et plus chère que la vie et  ses jouissances.

Citons   également le hadith de Boukhari rapporté par Ibn ‘Abbas (Radhiallahu anhu).

On avait  demandé à ce dernier de parler de la générosité du Messager de Dieu, il avait dit : 

« Le messager d’Allah (sallAllahou alayhi wa salam) que Dieu le  bénisse et le salue, était le plus  prodigue des hommes. Sa prodigalité atteignait son culminant au mois de  Ramadan, lorsque Gabriel  (alayhi as-salâm) venait à  sa rencontre et lui apprenait  le Coran. »

Sa   générosité ne cessait jamais , confirmons-la par des exemples  suivants

On lui offrit quatre vingt dix dihrams qu’on avait posé sur un tapis. Il les distribua, tous,  
et ne refusa pas d’accorder quelque chose à celui  qui le lui demandait.

Il donna à  Al’Abass, une si grande quantité d’or qu’il ne put la porter.

Un homme vint à lui et demanda  son aide. « Je n’ai rien à te donner », lui dit-il, « mais vas acheter ce que tu veux à  mon compte. Je rembourserai le vendeur lorsque j’aurai de  quoi le payer. »

Comment le prophète de Dieu (sallAllahou alayhi wa salam) ne peut-il pas être le plus prodigue de tous alors qu’il est celui qui avait dit :

« Chaque jour, deux anges descendent  le matin au bas monde, l’un d’eux dit :
« Seigneur, donne à celui qui dépense (en aumône) en compensation »  et l’autre  dit :
« Seigneur, inflige une perte à celui qui   retient son argent. »

Il est celui qui a rapporté ce hadith à provenance   divine : « Le Seigneur tout puissant a dit : Fils d’Adam, dépense et je dépenserai pour toi. »

Allah  (azwadial) a  également révélé à cet égard :

« Dis : « Mon Seigneur dispense avec largesse ou restreint Ses dons à ce qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et toute dépense que vous faites [dans le bien], Il la remplace, et c’est Lui le Meilleur des donateurs. » 

( Sourate 34, verset 39)

Le mariage interreligieux ou mariage mixte

Il est permis au musulman d’épouser une femme libre des gens du livre eu égard à la parole de Dieu (azwadial):

« Vous sont permises, aujourd’hui, les bonnes nourritures. Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise. (Vous sont permises) les femmes vertueuses d’entre les croyantes, et les femmes vertueuses d’entre les gens qui ont reçu le Livre avant vous, si vous leur donnez leur mahr, avec contrat de mariage, non en débauchés ni en preneurs d’amantes. Et quiconque abjure la foi, alors vaine devient son action, et il sera dans l’au-delà, du nombre des perdants. »

 [ Sourate 5 – Verset 5]
 

Ibn Mundhir a dit : « Personne parmi les compagnons n’a interdit ce genre de mariage ».

II n’y a pas de contradiction entre les deux versets, car le sens du mot polythéisme ne comprend pas les gens du Livre dans la parole de Dieu (azwadial) :

 « Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les Associateurs,
ne cesseront pas de mécroire jusqu’à ce que leur vienne la Preuve évidente »
[ Sourate 98 – Verset 1 ]

 

Uthmân (Radhiallahu anhu) s’est marié avec Na’ila Bint Farafisa Kalbiyya la chrétienne. Elle s’est convertie à l’Islam chez lui.

Hudhayfa a épousé aussi une juive de la ville persane « El-Madâin ». Jâbir (Radhiallahu anhu) fut questionné à propos du mariage avec les juives et les chrétiennes, il a répondu : « Nous les avons épousés à l’époque des conquêtes avec Sa’d Bin Abi Waqqâs »

L’abomination du mariage avec elles:

Ce mariage, même qu’il est permis, est détestable parce qu’il n’est pas sûr que l’homme ne penche vers sa femme, qu’elle le séduise, trouble son esprit et l’éloigne de sa religion et il se peut qu’il abandone la religion.

Quelques ulémas trouvent le mariage avec une non résidente dans le pays de l’Islam, illicite.

La morale de l’autorisation de ce genre de mariage:

L’islam a autorisé le mariage avec les femmes des gens du Livre pour abolir les obstacles entre les musulmans et les gens des autres Livres. Par le mariage se fait la fréquentation des individus, les familles se rapprochent les unes des autres et les chances se multiplient pour étudier l’Islam et connaître son histoire, ses principes et ses règles.

C’est un des moyens pratiques du rapprochement entre les musulmans et les gens du Livre. Une propagande de la bonne direction et de la religion de vérité.

Alors celui qui désire épouser une de ces femmes-ci doit prendre en considération ce moyen et le prendre comme objectif dans son mariage.

La différence entre le polythéisme et la religion des gens du livre :

La femme polythéiste n’a pas une religion qui lui interdit la trahison et lui impose la fidélité et l’honnêteté, qui lui ordonne de faire les bonnes actions et lui interdit les mauvaises. Elle suit sa nature, ses habitudes dans sa famille, les superstitions d’idolâtrie et ses illusions, elle peut trahir son mari et porter préjudice à la croyance de ses enfants.

Si l’homme continue à avoir de l’admiration pour sa beauté, cela va l’inciter à s’enfoncer dans sa perdition et sa séduction. S’il se détourne de sa beauté, et abhorre ses intentions, cela lui empoisonnera l’existence.

Mais il n’y a pas grande différence entre croyant et femme des gens du Livre. Elle croit en Dieu, elle L’adore, elle croit aux prophètes, à l’au-delà et son châtiment, elle croit également à l’obligation de faire les bonnes actions et à l’interdiction de commettre le mal.

La différence essentielle entre les deux c’est la croyance à la prophétie de Muhammad. Celui qui croit à la prophétie générale, rien d’autre que l’ignorance de ce que Muhammad (sallAllahou alayhi wa salam) a rapporté ne l’empêche de croire à la prophétie du dernier Messager.

La femme sera sur le point de se convaincre par sa fréquentation avec l’homme que sa religion est plus exacte, que sa légalité est meilleure. Elle sera au courant de la biographie et la conduite de celui qui a apporté cette religion, de ce que Dieu (azwadial) a confirmé par des versets clairs et évidents. Sa croyance s’affirmera, son Islam se réalisera et s’accomplira. Elle aura une double rétribution si elle est parmi les pieuses.

Le mariage d’une musulmane avec un non musulman:

Les ulémas se sont mis d’accord sur le fait qu’il est illicite à une musulmane de se marier avec un non musulman qu’il soit polythéiste ou qu’il appartienne aux gens du Livres.

La preuve c’est la parole de Dieu :

« Ô vous qui avez cru ! Quand les croyantes viennent à vous en émigrées, éprouvez-les; Dieu connaît mieux leur foi; si vous constatez qu’elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants. Elles ne sont pas licites [en tant qu’épouses] pour eux, et eux non plus ne sont pas licites [en tant qu’époux] pour elles… »
[ Sourate 60 – Verset 10 ]

La morale de cela, c’est que l’homme a le droit de prendre le pas sur sa femme, elle doit obéir à ses ordres dans le bien et il a autorité sur elle, or un athée n’a pas le droit d’autorité sur un musulman ou une musulmane.

Dieu dit :

« … Et jamais Dieu ne donnera une voie aux mécréants contre les croyants. »
[ Sourate 4 – Verset 141 ]

Ensuite un mari athée ne reconnaît pas la religion de la musulmane, il dément son Livre, ainsi que le message de son prophète. Or une famille ne peut avoir une situation stable et une vie ne peut continuer avec un tel désaccord et une telle divergence.

Au contraire, un musulman marié avec une femme appartenant aux gens des Livres, reconnaît sa religion. Et sa croyance en son Livre et son prophète est une nécessité pour sa croyance même.

Le mari a-t-il le droit de frapper sa femme ?

Je vous envoie, comme réponse à votre question, l’extrait d’un article écrit par un conférencier et dont je trouve qu’il traite bien la question que vous posez :

“Il ne suffit pas de citer un passage du Coran pour avoir tout démontré, définitivement. Car il faut également savoir comment le texte en question s’insère dans la Révélation et dans son histoire. (…)

En effet, le Coran a été révélé sur vingt-trois années, il y a eu la période mecquoise et la période médinoise, certains versets répondent à des événements circonstanciés, tel verset précède tel autre, certaines interdictions ont été révélées par étapes (le vin, ou ar-ribâ par exemple), enfin, l’absolu du message révélé est sujet à une interprétation tenant compte du moment historique – et donc relatif – que lui donne le sens. (…)

C’est en gardant ces considérations en mémoire que l’on peut aborder la question qui nous occupe ici. En effet, la question qui a trait à la femme en islam nécessite une lecture du Coran forcément précise, méticuleuse et pointue.

La société des Arabes de la Mecque était patriarcale. La femme était peu considérée et n’avais pas, à proprement parler, de véritable statut social. (…) Pendant de nombreuses années [quand le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) vit à la Mecque], les révélations vont se succéder pour faire mûrir les croyants et leur permettre, chaque jour davantage, de se distancer, de « s’arracher » pourrait-on dire, de leurs anciennes habitudes, de leurs anciens réflexes. (…) Par la Révélation et par l’exemple du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam), les premiers musulmans apprenaient à se réformer.

Bientôt, avec l’Hégire [l’émigration de la Mecque à Médine], ils allaient franchir une étape décisive dans leur éducation religieuse. (…) La société de Médine est tout à fait différente de celle de la Mecque. La femme a un rôle social bien plus important et certains clans sont organisés selon les principes du matriarcat. Très vite, les nouveaux émigrés [d’origine mecquoise] vont être troublés par les façons de faire des femmes Ansâr (femme de Médine). Présentes dans la vie publique, elles s’affirment nettement dans l’espace privé. Omar ibn al-Khattâb (Radhiallahu anhu) (qui sera plus tard le second calife de Muhammad) affirma qu’avant l’hégire “nous nous imposions à nos femmes, mais lorsque nous nous sommes rendus chez les Ansâr où les femmes s’imposent dans leur clan, nos femmes commencèrent à prendre les habitudes des femmes ansârites” (Al-Bukhârî, Muslim) (…).

Ainsi, la vie à Médine allait être une seconde étape décisive dans l‘affirmation du statut des femmes dans la société islamique. (…) La révélation de la sourate Les femmes va déterminer quelques-uns des droits intangibles de la femme. De façon claire, et après que lui fut reconnu un statut identique à l’homme sur le plan religieux, elle trouve là la formulation claire de sa personnalité juridique sur le plan familial et social. On perçoit dès lors que le Coran a mené l’homme à comprendre tout à la fois l’égalité fondamentale et la complémentarité nécessaire de la l’homme et de la femme.

(…) Il a fallu de nombreuses années pour réformer les coutumes de l’époque. A la Mecque surtout, mais à Médine également, il restait un nombre considérable de femmes maltraitées. Après être intervenu contre le meurtre des filles, le Coran détermine le mode de conduite des hommes s’il devait se trouver que leur femme les néglige ou les trahisse :

“Quant à celles dont vous redoutez (savez) la négligence (la trahison, la rébellion),
exhortez-les, éloignez-les alors dans le lit et frappez-les…”
( Sourate 4 verset 34)

Beaucoup ont vu dans ce verset la preuve que l’homme avait tous les droits, dont celui de frapper son épouse. Or, à y regarder de plus près, – et en tenant compte de nos remarques préalables – on s’aperçoit qu’il n’en est rien. Tous les commentateurs, et cela dès la première heure, ont relevé le fait qu’il y avait dans ce verset un ordre précis qui, par sa nature même, avait une fonction pédagogique pour des hommes enclins à en venir immédiatement aux mains (ce verset fut révélé après qu’une femme se soit plainte auprès du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) d’avoir été giflée par son mari – at-Tabarî).

En effet, il s’agit, d’abord, d’exhorter (« fa’izoûn hounna ») son épouse (et non pas de « l’admonester » comme l’écrivent les traductions de Masson et de Chouraqui) en lui rappelant les versets du Coran, disent les commentateurs (Ibn Kathîr, al-Qurtubî). Ce n’est que si elle persiste dans son attitude de refus qu’il convient de “l’éloigner dans le lit”, ce que l’on a interprété comme le fait de manifester clairement la volonté d’éviter tout rapport affectif.

Tous les commentateurs du Coran, du plus ancien (at-Tabarî) au plus récent, ont précisé qu’il s’agissait de passer par les étapes prescrites. Si rien de tout cela n’y fait, alors, et alors seulement, il serait permis de “frapper” : il s’agit, comme le dit Ibn Abbâs (Radhiallahu anhu) dans une interprétation qui date de l’époque du Prophète d’un coup symboliquement manifesté à l’aide de la branchette du siwâk.

Siwak

Le propos devient dès lors plus clair. A l’adresse des Arabes, il est précisé que toutes les voies doivent être utilisées avant d’en arriver à exprimer sa mauvaise humeur. Il est la dernière instance et en cela, dans son non-violence, il est la seule violence permise. Le message adressé aux hommes est on ne peut plus clair : la voie du dialogue et de la concertation avec son épouse est celle qui correspond à l’esprit qui se dégage de la Révélation. Par ailleurs, l’enseignement ne s’arrêtait pas à ce verset et à son interprétation : l’exemple du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam), plus que tout, était à même d’exprimer le comportement idéal”

(Islam, le face à face des civilisations, Tariq Ramadan, annexe IV).


Je voudrais, pour ma part, juste ajouter deux lignes pour rappeler qu’en effet, le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

“Ne frappez pas les servantes de Dieu [les femmes]“
(rapporté par Abû Dâoûd, authentifié par an-Nawawî, fa hiya-l-azîma).

Des femmes musulmanes étaient venues se plaindre auprès des épouses du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) que leurs maris les frappaient et le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) fit  une intervention dans la mosquée à ce sujet (rapporté par Abû Dâoûd, authentifié par an-Nawawî). D’autres Hadîths authentiques du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) existent encore sur le sujet. 

Aïcha (Radhiallahu anha), épouse du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) , raconte de lui :

“Jamais il n’a frappé quelqu’un, ni une épouse, ni un serviteur.
La seule occasion [où il utilisait la force de son bras contre quelqu’un]
était lorsqu’il combattait pour la cause de Dieu [contre des combattants ennemis]“
(rapporté par Muslim).

Le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit aussi :

“Le plus parfait des croyants est celui qui a le meilleur caractère.
Et les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leur femme”
(rapporté par at-Tirmidhî, authentifié par an-Nawawî).

De plus, des juristes musulmans sont d’avis que la femme battue ou maltraitée a le droit au divorce et qu’il lui suffit de porter plainte auprès du juge musulman (qâdî) Wallâhou A’lam (Dieu sait mieux).

Ahmad Anas Lala

La Sounna envers la maladie

En ce qui concerne la maladie : tous les hadiths ont été bien clairs que la maladie efface les fautes commises dans le passé.

1 – Bukhâry et Muslim ont rapporté d’après Abu Hurayra (Radhiallahu anhu)que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :  « Celui à qui Allah (azwadial) veut faire du bien, Il le prend chez Lui.».

2 – Ils ont de même rapporté d’après le Messager d’Allah (sallAllahou alayhi wa salam) :  «Tout ce qui atteint le musulman comme la maladie, la fatigue, le malheur, la calamité même une aiguille qui le touche, Allah (azwadial) lui effacera à cause d’elle des péchés».

3 – Bukhâry a rapporté d’après Ibn Mass’ud (Radhiallahu anhu) :  «Je suis entré une fois chez le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) qui était bien malade. J’ai dit : Mais ô Messager d’Allah, tu as une grave fièvre.  – C’est que moi, répondit le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) je reçois une peine que deux personnes ne peuvent supporter. – Est-ce parce que tu reçois une double récompense ? lui demandai-je. – Oui, c’est ça. Tout musulman qui affronte une peine (celle de la piqûre d’une épine et au delà) Allah (azwadial) lui effacera ses fautes tout à fait comme un arbre qui fait tomber ses feuilles.».

4 – On avait rapporté d’après Abu Hurayra (Radhiallahu anhu) que le Messager d’Allah (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :

 « Le croyant ressemble à la plante qui s’incline sous la force du vent, elle se redresse normalement, ils ont la même capacité de force. Le libertin ressemble au cèdre qui fait front contre le vent jusqu’à ce qu’Allah (azwadial) l’arrache s’il le désire.»

[Rapporté par Bukhârî]

La patience en cas de maladie

       L’homme se doit de patienter en cas de nocivité et de malheur. Il n’a reçu une chose meilleure ni plus vaste que la patience.

1 – Muslim a rapporté d’après Suhayb Bin Sinân (Radhiallahu anhu) que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit :  « Je m’étonne du cas du croyant qui a du bien dans toutes ses situations – ceci n’est valable que pour le croyant – s’il remercie Allah (azwadial) en cas de joie et de satisfaction il lui accordera du bien, s’il patiente en cas de malheur, Allah lui accordera du bien »

 2 – Bukhâry a rapporté d’après Anas (Radhiallahu anhu) : J’ai entendu le Messager d’Allah (sallAllahou alayhi wa salam) dire : Allah (azwadial) le très haut dit:  «Si mon serviteur subit un malheur sur ses deux biens aimés [il veut dire les yeux] et patiente Je les lui échangerai par le paradis». 

3 – Bukhâry et Muslim ont rapporté d’après Ata Bin Rabâh que Ibn ‘Abbâs (Radhiallahu anhu) a dit: est-ce que je te désigne une femme qui ira au paradis ? – Oui, bien sûr,  répondis-je. – C’est cette femme noire. Elle est venue une fois chez le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) lui dire :

 – Je souffre de l’épilepsie et je me découvre, demande-moi la protection d’Allah (azwadial). – Si tu veux,  patienter tu iras au paradis si tu veux que je te demande la protection Allah Il te guérira, répondit le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam)

 –  Non, je  patiente mais demande  pour moi à  Allah (azwadial) de ne pas me découvrir  – répliqua-t-elle.

la Plainte du malade

  Il est permis au malade de se plaindre devant le médecin et l’ami ce dont il souffre s’il ne s’agit pas d’exaspération.

On avait cité le propos du Prophète (sallAllahou alayhi wa salam):  « Je souffre la peine de deux personnes ».

Ibn Mass’ud (Radhiallahu anhu) a dit :  « Si on loue Allah (azwadial) avant de se plaindre ce n’est plus une plainte. Et la plainte à Allah (azwadial) est légale». Le Messager (sallAllahou alayhi wa salam) a dit : « ô mon Seigneur je me plains à Toi de ma faiblesse »

Les actes accomplis en bon état de santé s’inscrivent au compte du malade

Bukhâry (Radhiallahu anhu) a rapporté d’après Abu Mussa Ach’ary (Radhiallahu anhu) que le Prophète (sallAllahou alayhi wa salam) a dit : « Si un croyant tombe malade ou voyage, ses actes en cas de santé lui seront écrites».

Le libre arbitre

La croyance en la Prédestinée comme nous l’avons décrite ne signifie en aucun cas que l’être ne possède pas sa propre volonté dans les actes qu’il choisit, ni de pouvoir sur ceux-ci. La législation et la réalité sont deux preuves attestant le libre arbitre.

1 – La législation

Allah (azwadial) dit à propos de la volonté de chacun :


« Que celui qui veut, prenne refuge auprès de son Seigneur. »
Sourate La nouvelle (An-Naba). Verset 39


« Allez à vos champs par où vous le voulez. »
Sourate 2. La vache (Al-Baqarah) Verset 223

Allah (azwadial) dit concernant le pouvoir de chacun :


« Craignez Dieu selon ce que vous pouvez, écoutez et obéissez Lui »
Sourate 64. La grande perte (At-Tagabun). Verset 16

« Dieu n’impose à chaque âme que ce qu’elle peut porter, elle sera rétribuée selon se qu’elle peut porter, elle sera rétribuée selon ce qu’elle aura accompli et elle sera punie selon le mal qu’elle aura fait. »
Sourate 2. la Vache (Al-Baqarah) Verset 286

2- La réalité

       Tout être humain sait qu’il a une volonté et un pouvoir qui lui permettent d’agir ou de ne pas agir. Il fait la distinction entre ce qui peut être sous l’effet de sa volonté, comme par exemple, marcher et qui peut arriver en dehors de sa volonté, par exemple trembler.

Cependant la volonté et le pouvoir de l’individu ne peuvent avoir lieu sans la volonté et le pouvoir de Dieu le Très Haut, Allah (azwadial) dit :


« Que celui qui le veut prenne donc un chemin vers son Seigneur, mais vous ne le voudrez que si Dieu, le Seigneur des mondes, le veut. »
Sourate 81. L’obscurcissement (At-Takwir). Verset 28-29

La création appartient à Allah (azwadial), il ne peut y avoir dans ce qui Lui appartient, quelque chose qui puisse échapper à Sa connaissance et à Sa volonté.